Saguenay–Lac-Saint-Jean

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Saguenay–Lac-Saint-Jean
Drapeau de Saguenay–Lac-Saint-Jean
Drapeau
Localisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec.
Localisation du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec.
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Statut Région administrative
MRC et TE Le Domaine-du-Roy
Lac-Saint-Jean-Est
Le Fjord-du-Saguenay
Maria-Chapdelaine
Ville de Saguenay
Nombre de municipalités 49
Siège de la Conférence régionale des élus Saguenay
Président de la CRÉ André Paradis
Fuseau horaire Heure de l'Est (UTC−05:00)
Indicatif téléphonique +1 418, +1 581
Code géographique 02
Démographie
Gentilé Saguenay–Lac-Saint-Jeannois(e)
Population 279 873 hab. (2014)
Densité 2,9 hab./km2
Variation 2007-2014 +2,5 %
Géographie
Superficie 95 760,39 km2
– incluant eau 106 521,00 km2
Économie
PIB régional 9 905,0 M CAD (2011)
Taux d'activité 60,9 % (2012)
Taux de chômage 8,1 % (2012)
Liens
Site web www.creslsj.ca
Sources
Institut de la statistique du Québec 2013, p. 48

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est l'une des dix-sept régions administratives du Québec, située sur la rive nord du Saint-Laurent. Elle est composée de quatre municipalités régionales de comté (MRC) et de 49 municipalités locales.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est la troisième plus grande division territoriale québécoise avec une superficie de 95 893 km2. Malgré son étendue, on retrouve principalement les 273 461 Saguenéens et Jeannois dans une immense dépression du bouclier canadien, le long de la rivière Saguenay et autour du Lac Saint-Jean. La forêt et surtout l’eau sont les principales ressources naturelles de la région.

Habitée au départ par les Montagnais, la région, exploitée par les premiers Européens (français et anglais) pour commerce des fourrures au XVIIe siècle et XVIIIe siècle, fut ouverte à la colonisation au cours du XIXe siècle. L’installation de scierie et l’exploitation du bois pour la pulpe, puis le papier permirent le développement économique de la région au début du XXe siècle. Au cours des années 1920, les principaux cours d’eau sont harnachés pour la production électrique qui mèneront à l’implantation d’alumineries. Celles-ci stimuleront la croissance démographique et économique de la région qui deviendra un pôle industriel important du Québec.

En 2013, le Saguenay a fêté ses 175 ans.

Géographie[modifier | modifier le code]

La région (en vert pâle) et son espace municipalisé (en vert foncé)

Situé au sud-est du Québec et au nord du fleuve Saint-Laurent, entre le 48° et le 53° de latitude nord et entre le 70° et le 75° de longitude ouest, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean représente la troisième division territoriale en superficie de la province avec ses 95 782 km2 (1,04 % du Canada et 6,74 % du Québec)[1]. Elle couvre une superficie équivalente à la Corée du Sud[2], l'Indiana[3] ou de plus de trois fois la Belgique[4]. Sur une carte, les limites du territoire prennent la forme d'un cerf-volant inversé (550 kilomètres du nord au sud et 330 kilomètres d'est en ouest) et correspondent pratiquement au bassin hydrographique de la rivière Saguenay. Au nord-est on retrouve la Côte-Nord; au nord-ouest; le Nord-du-Québec au sud-ouest; la Mauricie et au sud-est; la région de la Capitale-Nationale. Son découpage administratif a lieu le 29 mars 1966 avec la création des région administrative du Québec.

La région est composée de 4 municipalités régionales de comté (MRC) :

et de la Ville de Saguenay
qui possède le statut de MRC.

Ces MRC regroupent un total de 49 municipalités, dix territoires non-organisés et une réserve indienne.

L'espace municipalisé et ses divisions administratives

Municipalités:

  1. Municipalité d'Albanel
  2. Ville d'Alma
  3. Municipalité de Bégin
  4. Municipalité de Chambord
  5. Ville de Desbiens
  6. Ville de Dolbeau-Mistassini
  7. Municipalité de Ferland-et-Boilleau
  8. Municipalité de Girardville
  9. Municipalité d'Hébertville
  10. Village d'Hébertville-Station
  11. Municipalité de Labrecque
  12. Municipalité de Lac-Bouchette
  13. Paroisse de La Doré
  14. Municipalité de Lamarche
  15. Municipalité de L'Anse-Saint-Jean
  16. Municipalité de Larouche
  17. Paroisse de L'Ascension-de-Notre-Seigneur
  18. Ville de Métabetchouan–Lac-à-la-Croix
  19. Ville de Normandin
  20. Municipalité de Notre-Dame-de-Lorette
  21. Municipalité de Péribonka
  22. Municipalité de Petit-Saguenay
  23. Municipalité de Rivière-Éternité
  24. Ville de Roberval
  25. Ville de Saguenay
  26. Municipalité de Saint-Ambroise
  27. Village de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean
  28. Paroisse de Saint-Augustin
  29. Municipalité de Saint-Bruno
  30. Municipalité de Saint-Charles-de-Bourget
  31. Municipalité de Saint-David-de-Falardeau
  32. Municipalité de Saint-Edmond-les-Plaines
  33. Municipalité de Sainte-Hedwidge
  34. Village de Sainte-Jeanne-d'Arc
  35. Municipalité de Sainte-Monique
  36. Paroisse de Sainte-Rose-du-Nord
  37. Municipalité de Saint-Eugène-d'Argentenay
  38. Ville de Saint-Félicien
  39. Municipalité de Saint-Félix-d'Otis
  40. Municipalité de Saint-François-de-Sales
  41. Municipalité de Saint-Fulgence
  42. Municipalité de Saint-Gédéon
  43. Municipalité de Saint-Henri-de-Taillon
  44. Municipalité de Saint-Honoré
  45. Municipalité de Saint-Ludger-de-Milot
  46. Municipalité de Saint-Nazaire
  47. Municipalité de Saint-Prime
  48. Municipalité de Saint-Stanislas
  49. Municipalité de Saint-Thomas-Didyme

Territoires non-organisés :

Réserve Indienne :

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le graben du Saguenay, surplombé au nord par les monts Valin.

Comme près de 90 % du territoire québécois, le sous-sol de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait partie du bouclier canadien. Situé plus précisément dans la province de Grenville, il est formé en majeure partie de roches ignées (gneiss, anorthosite et granite) de l’ère précambrienne et, à l'est du Lac Saint-Jean et près du secteur Chute-aux-Galets, à Shipshaw, de roches de la période du Paléozoïque[5].

Cette composition solide, érodée par le temps, a donné naissance à un relief arrondi et peu abrupt dans la plupart des plateaux qui entourent la vallée encaissée entre deux failles (les monts Valin au nord et l'abrupte d'Héberville au sud) dans laquelle on trouve la majeure partie de la population de la région. L'élévation se fait principalement par plateaux[6].

Par exemple, au Saguenay, la majeure partie des sols en dessous de 100 mètres prend la forme de microreliefs élaborés par un ravinement intense. La section de 100 à 180 mètres s'élève en plateaux et représente les terres les plus favorables à l'agriculture. Au-delà de 180 mètres, le relief adopte les caractéristiques du bouclier Canadien avant une élévation rapide causée par les massifs des monts Valin, point culminant de la région (pic Dubuc à 980 mètres), au nord et le massif des Laurentides au sud[6].

C'est au Quaternaire, durant la dernière grande glaciation, que la plupart des sols en prendront leur apparence actuelle. Le relief de la région est composé de hautes-terres (plateau des Laurentides et plateau du Labrador) façonnées par des glaciers de 2 kilomètres d'épaisseur il y a 12 000 ans et pauvres en sédiments ainsi que les basses-terres (pourtour du Lac Saint-Jean et Basses-terres du Saguenay séparés par le horst de Kénogami) résultant de l'invasion marine qui suivit la glaciation 1 500 ans plus tard et qui forma le golfe de Laflamme, un bras de la mer de Champlain. Les sols inférieurs à 180 mètres résultent de dépôts marins argileux[7].

Topographie de l'espace municipalisé du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Les sols argileux de la région, où demeure la majeure partie de la population représentent les principales terres fertiles mais démontrent également leur instabilité par les nombreux exemples visibles d'anciens glissements de terrains[8]. Ces zones, la plupart du temps situés près des cours d'eau, provoquent parfois des coulées argileuses.

Les événements de Saint-Jean-Vianney sont une preuve éloquente de l'instabilité des sols de la région. Le 4 mai 1971, une partie de ce village situé sur la rive nord de la rivière Saguenay, près de Jonquière, s'est effondré dans la rivière suite à un glissement de terrain laissant un cratère de 32 hectares et causant 31 morts.

Fjord du Saguenay[modifier | modifier le code]

Lever du soleil sur le fjord du Saguenay, par Lucius O'Brien

Une des principales particularités géomorphologiques de la région est le fjord du Saguenay. Constituant l'un des rares fjords qui ne débouchent pas sur une mer, cette profonde déchirure du bouclier canadien[9] est considérée comme le fjord le plus méridional du monde[10]. Les falaises escarpées surplombant la rivière Saguenay aurait été formées par une succession d'événements géologiques s'échelonnant sur 900 millions d'années[9]. La phase finale se serait produite il y a 180 millions d'années créant un fossé d'effondrement appelé graben du Saguenay. Les glaciers auraient par la suite altéré et modelé cette gigantesque faille en forme d'auge, caractéristique des vallées glaciaires. Suite au retrait des glaciers, l'eau de mer envahissait le secteur conférant à la faille ses caractéristiques de fjord, soit une vallée glaciaire envahie par la mer.

Le fjord du Saguenay est aujourd'hui une aire protégée, un statut assumé pour sa partie terrestre par le Parc national du Saguenay et par le Parc marin du Saguenay/Saint-Laurent pour sa partie maritime. Cette réalisation est le fruit d'une concertation des deux paliers gouvernementaux, fédéral et provincial, ce qui constitue un précédent au Québec en matière de protection de territoire. Recevant à la fois l'eau salée du fleuve Saint-Laurent et l'eau douce du lac Saint-Jean, la rivière fait près de 120 kilomètres de longueur, possède une largeur maximale de 3 kilomètres et une profondeur maximale de 275 mètres.

Plaine du Lac Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Plaine du Lac Saint-Jean à Albanel.

Le pourtour du Lac-Saint-Jean, réservoir d'eau douce, est le résultat du retrait du golfe de Laflamme de la mer de Champlain il y a 10 000 ans. Constituant une plaine fertile à l'est comme à l'ouest du lac, enrichie par des dépôts marins argileux, cette vallée est entourée par le bouclier canadien.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Rivière Saguenay et Lac Saint-Jean.

L’eau douce recouvre plus de 7,4 % (7 929 km2) de la superficie du Saguenay–Lac-Saint-Jean[11]. On y compte des milliers de cours d’eau et plus de 35 000 lacs[12]. Le territoire englobé par la région correspond de très près au bassin hydrographique des affluents de la rivière Saguenay. Avec des ramifications sur 88 000kilomètres carrés, il est le deuxième plus grand bassin affluent du fleuve Saint-Laurent après la rivière des Outaouais[13]. La région compte 24 sous-bassins.

La rivière Saguenay possède un débit de 1 750 m3⋅s-1 et peut atteindre une profondeur de 278 mètres dans son fjord. Des marées sont présentes jusqu’à Chicoutimi. Plusieurs rivières se jettent directement dans le Saguenay, on compte de l’aval vers l’amont la rivière Sainte-Marguerite, la rivière Petit-Saguenay, la rivière Saint-Jean, la rivière Éternité, la rivière Ha! Ha! et la rivière à Mars dans la baie des Ha! Ha!, la rivière Valin, la rivière Caribou, la rivière du Moulin, le lac Kénogami (49 km2) via ses émissaires la rivière Chicoutimi et la rivière aux Sables, la rivière Shipshaw, la rivière Mistouk et la rivière Bédard.

Se jetant dans la rivière Saguenay par la Grande et la Petite Décharge, le lac Saint-Jean collecte les eaux de 90 % du bassin et avec ses 1 041 km2 est le cinquième plus grand lac du Québec. Ses principaux affluents, par ordre de superficies de leur bassins versants, son le rivières Péribonka et Petite Péribonka, les rivières Mistassini et Mistassibi, la rivière Ashuapmushuan, la rivière Métabetchouane, la rivière Ouiatchouane, la rivière Ticouapé, la Belle Rivière, la rivière des Aulnaies, la rivière Ouiatchouaniche et la rivière aux Iroquois.

Parmi les milliers d’autres étendues d’eau douce de la région, les plus importantes sont le réservoir Pipmuacan (676 km2), le lac Manouane (465 km2), le réservoir Plétipi (331 km2) et le réservoir Péribonka (676 km2).

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est l'une des régions habitées les plus au nord de l'écoumène québécois[14]. La température dans la vallée qui ceinture le Saguenay et le lac Saint-Jean est toutefois plus clémente que sur les massifs dans lesquels elle est encaissée d'où son surnom d'« oasis tempérée en milieu nordique »[15].

La région possède un climat humide a été frais selon la classification de Köppen et une moyenne de température de 2 °C dans l'espace municipalisé; cette moyenne oscille entre 1,4 au nord du Lac Saint-Jean et 3,3 au Saguenay[16].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque pré-coloniale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Innus.

Les premiers occupants du Saguenay–Lac-Saint-Jean sont les Innus (ou Montagnais), plus précisément les Kakoutchak ou la Nation du porc-épic[17], qui s'établissent au cours du Ve millénaire av. J.-C.[18]. Vivant principalement de chasse et de pêche, ils sont nomades et se déplacent sur tous les territoires de la région jusqu'à la Côte-Nord[18]. Bien qu'ils sont sur le territoire depuis plusieurs millénaires, leur mode de vie en symbiose avec la nature rend leurs traces très discrètes[19]. À leur arrivée au Saguenay, les premiers européens explorent une contrée pratiquement à l'état vierge[19].

Par sa situation entre le fleuve Saint-Laurent et la Baie d'Hudson et sa faune abondante, le Saguenay–Lac-Saint-Jean est également un point de rencontre important pour la majorité des nations amérindiennes de l'est du Canada[20]. Des fouilles archéologiques permettent de révéler le passage de Cris, d'Attikameks, d'Abénaquis[21] et d'Iroquois[22].

Exploration européenne[modifier | modifier le code]

Jacques Cartier est considéré comme le découvreur de la région.

Dès 1526, les premiers morutiers et baleiniers européens naviguent dans le golfe du Saint-Laurent et jettent l'ancre aux alentours de Tadoussac bien avant le premier établissement permanent érigé en 1550[23]. Le 1er septembre 1535, au cours de son deuxième voyage, Jacques Cartier découvre officiellement le Fjord du Saguenay en mouillant la Grande Hermine, la Petite Hermine et l'Émérillon à Tadoussac, lieu situé à l'embouchure de la rivière[24]. Les Amérindiens qu'il avait amenés en France suite à son premier voyage en 1534, Taignoagni et Domagaya, lui avait déjà parlé du Royaume du Saguenay[24], Donnacona, le chef de Stadaconé, confirmera également ces dires lors de sa visite à François Ier en 1536 : « [Un] royaume appelé Saguenay, où les gens étaient habillés comme en France et où se trouvais des mines de cuivre rouge »[24] ».

Les limites de ce royaume sont décrites à l'époque comme partant du site actuel Sept-Îles jusqu'à l'île d'Orléans et englobant tout l'arrière pays jusqu'au lac Supérieur[25]. Les deux chemins d'accès vers ces terres de l'intérieur du continent « d'où l'eau sort » (saki-nip, Sagnenay dans la langue amérindienne) sont la rivière Saguenay et la rivière des Outaouais[25]. C'est Jacques Cartier qui baptise la rivière Saguenay, le nom donné par les nations autochtones est Pitchitaouichetz[26]. Venu avec le sieur de Roberval en 1542, le pilote Jean Alfonce entreprend d'explorer l'entrée du fjord du Saguenay[27]. La force du courant, qui l'empêche de se rendre bien loin, lui laisse croire que la rivière pourrait être un bras de mer vers l'océan Pacifique[27].

Carte du Port de Tadoussac par Samuel de Champlain, 1608.

Peu à peu, la traite des fourrures, découlant d'une demande de plus en plus forte pour les peaux de castors utilisées dans la confection de chapeaux en France, s'intensifie au point d'être la principale activité économique en Nouvelle-France au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, rendant la pêche une activité secondaire[28]. Tadoussac, qui est un carrefour économique important pour les Kakouchack, est à cette époque de plus en plus prisé par les marchands français qui y voient une alternative à l'approvisionnement en peaux depuis la destruction de la Huronie en 1648-1649, et aux Grands Lacs pris d'assaut par des Iroquois qui chassent pour les marchands des colonies hollandaises d'Amérique[29]. Tadoussac devient rapidement un lieu d'échange très fréquenté par les Français et les Basques de 1560 à 1600 ; durant l'été, on peut y voir jusqu'à 20 vaisseaux à la fois[30]. Malgré ce fort achalandage d'Européens à son embouchure, la rivière Saguenay et son bassin demeurent un mystère pour ces marchands qui concluent entre 1560 et 1565 une entente avec les Kakouchack pour établir une chasse gardée au Saguenay contre un approvisionnement en peaux à Tadoussac[31].

Monopole de la traite des fourrures à Tadoussac
au temps de la Nouvelle-France
Détenteur(s) du monopole Période
Pierre Chauvin 1600 - 1603
Aymar de Chaste 1603
Pierre Dugua de Mons 1603 - 1607
Compagnie des Marchands 1614 - 1620
Compagnie des Sieurs de Caen 1621 - 1627
Compagnie des Cents-Associés 1627 - 1652

Cette chasse gardée retardera toute exploration supplémentaire de la région avant l'arrivée de Samuel de Champlain au début du XVIIe siècle. En 1600, le roi Henri IV change les pratiques commerciales à Tadoussac et offre le monopole de traite à un certain Pierre Chauvin qui, en échange de cette faveur du roi, doit amener de France et implanter 50 colons par année[32]. Chauvin décide d'implanter le peuplement à Tadoussac, cet endroit est décrit plus tard par Samuel de Champlain comme « le lieu le plus désagréable et le plus infructueux qui soit en ce pays »[33]. La première année sera désastreuse pour Chauvin ; l'hiver canadien viendra à bout de 13 des 16 colons français établis sur place. La colonisation est abandonnée dès 1601[34]. Chauvin décède en 1603 suite à son dernier voyage au Saguenay[35].

Le monopole d'exploitation de Tadoussac et ses alentours est accordé à Aymar de Chaste en 1603 qui charge Samuel de Champlain d'explorer le territoire et de lui rapporter le plus d'informations possibles[35]. L'explorateur mouille son bateau la Bonne-Renommée à Tadoussac le 24 mai 1603 et conclut un traité d'alliance, le premier de Nouvelle-France, avec les Innus et leur chef, le grand sagamo Anadabijou, sur la Pointe-aux-Alouettes à Baie Ste-Catherine, situé sur l'autre rive de l'embouchure du Saguenay le 27 mai 1603[36]. Le 11 juin 1603, Samuel de Champlain pénètre de 40 à 50 kilomètres[37] dans le fjord du Saguenay[38]. N'y trouvant pas d'endroit propice à la colonisation, il rebrousse chemin[38]. Il retournera en France le 16 août après avoir exploré le fleuve Saint-Laurent[39]. Aymar de Chaste décède la même année et le monopole est accordé à Pierre Dugua de Mons jusqu'en 1607, année où le monopole est levé jusqu'en 1614[40].

Bien que Québec est fondée en 1608, toutes les marchandises transitant entre la Nouvelle-France et l'Europe sont reçues et expédiées par le port de Tadoussac jusqu'en 1632[41]. En 1628, les frères Kirke, des huguenots français à la solde de l'Angleterre, envahissent la Nouvelle-France avec une flotte de neuf navires. L'un d'entre eux, David Kirke, se rend à Tadoussac pour y brûler toutes les barques du port et capturer le plus gros navire[42]. En 1629, les frères Kirke reviennent d'Angleterre avec 14 navires de guerre, Samuel de Champlain est forcé, par la supériorité numérique et militaire de ces adversaires, de donner la reddition de Québec le 19 juillet 1629. La colonisation sera perturbée jusqu'en 1632, année de la reprise du territoire par la France. Tadoussac sera de plus en plus délaissé au profit de Québec après la reprise de la colonisation[43].

Pour qu’un premier explorateur pose le pied sur l’actuel territoire de Chicoutimi, il faut attendre le père Jean de Quen qui, à la demande des tribus du Piekouagami (lac Saint-Jean) atteintes d’une épidémie dévastatrice, emprunte la rivière Chicoutimi pour atteindre le Lac Kénogami puis le Lac Saint-Jean du 11 au 16 juillet 1647.

Commerce des fourrures[modifier | modifier le code]

En mai 1652, l’épidémie perdure toujours et force l’établissement d’une mission au lac Saint-Jean par les jésuites qui utilisent la même route que le père Jean Dequen pour se rendre à destination. Selon leurs récits, plusieurs sépultures amérindiennes jonchent alors les rives du Saguenay du fait des ravages importants de l’épidémie. Les missionnaires empruntent cette route jusqu’en 1671 pour venir en aide aux tribus victimes de l'épidémie et de la guerre contre les Iroquois.

La première mention du nom Chicoutimi remonterait à cette époque. En l’an 1661, on pouvait lire dans La Relation du Père Gabriel Bruillet et Claude Dablond :

« Chicoutimi, lieu remarquable pour être le terme de la belle navigation et le commencement des portages. »


Industrie de l’aluminium (1923-1945)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Arvida et Tragédie du lac Saint-Jean.
Barrage de l'Isle-Maligne en construction

Les premières tentatives de harnacher la rivière Saguenay remontent au début du siècle alors que Thomas H. Wilson achète le réservoir en aval de Chute-à-Caron en 1901 et L. T. Haggin achète les terres en bordure de l’Isle-Maligne[44]. Le reste de la rivière entre ces deux points revient à Benjamin A. Scott, un entrepreneur de Chicoutimi qui gère une scierie à Roberval[45]. Malgré l’acquisition des droits par ces industriels, aucun projet de barrage hydroélectrique ne sera concrétisé avant l’arrivée du géant du tabac James Buchanan Duke[45]. Ce dernier acquiert les droits de la rivière suite à une visite en 1912 du Saguenay en aval de Chicoutimi jusqu’à Alma. La Première Guerre mondiale éclate en 1914 et retarde ses projets de barrages hydroélectriques[46].

Peu après la guerre, alors que l’industrie de la pulpe s’affaiblit dans les années 1920 pour être abandonnée ou complètement remplacée par la production papetière dans les années 1930, Duke collabore avec William Price III qui obtient les permis du gouvernement québécois en décembre 1922 pour exploiter le site de l’Isle Maligne sur la Grande Décharge près d’Alma[47]. La construction du barrage de l’Isle-Maligne s’échelonne de 1923 à 1925[47]. En tout, 40 % des 720MW produits par la centrale sont réservés pour la nouvelle usine de papier de Riverbend détenue par Price[47]. Les surplus sont achetés le 15 avril 1925 par la compagnie Alcoa et son dirigeant Arthur Vining Davis lors d'une fusions avec les intérêts détenus par Price et Duke au Saguenay qui décèdent respectivement en 1924 et 1925[48].

Alcoa devient propriétaire des droits d'exploitation de la rivière Saguenay et entreprend, dès le 24 juillet 1925, la construction de la ville industrielle d'Arvida. En 1926, la compagnie se porte acquéreur de la Compagnie de Chemin de fer Roberval-Saguenay et des installations portuaires et ferroviaires de Port-Alfred suite à la liquidation de la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi et ses infrastructures[49]. Le 26 juillet de la même année, les cuves de l'usine d'Arvida débutent la production d'aluminium.

Inondation à Roberval en 1928.

Alors que le Saguenay bénéficie de l'essor économique apporté par l'implantation d'une nouvelle industrie, le lac Saint-Jean subit la montée des eaux entrainée par l'inauguration officielle et la fermeture des vannes du barrage de l’Isle-Maligne le 24 juin 1926. L'augmentation des eaux du lac cause des inondations à Roberval, Chambord, Saint-Jérôme, Saint-Gédéon et Saint-Prime en plus d'engloutir les deux-tiers de la paroisse de Saint-Méthode, en aval de Saint-Félicien, et d'inonder à jamais près de 3 240 hectares[50] de terres arables causant des dommages pour près de 800 propriétaires de terres[51]. Ces événements ainsi que la lutte acharnée et sans résultats des agriculteurs pour obtenir réparation de la part des gestionnaires du barrage sont décrits comme la tragédie du lac Saint-Jean. Les villes affectés par les inondations de 1926 le seront également en 1928 alors qu'un printemps pluvieux cause une montée des eaux encore plus importante mais passagère[51].

En 1927, une autre ville de compagnie est fondé par la Lake Saint-John Power and Paper à la confluence des rivières Mistassini et Mistassibi ; il s'agit de Dolbeau au lac Saint-Jean dont l'économie est basée sur l'exploitation forestière et la fabrication de papier[52]. En 1929, cette municipalité compte déjà 4 000 habitants[52]. Pendant ce temps, au Saguenay, la centrale de la Chute-à-Caron en est en construction jusqu'à son inauguration en 1931. La Grande Dépression des années 1930 touche autant le Saguenay industriel que le Lac Saint-Jean agricole ; d'une part les usines réduisent leurs nombre d'employés et l'on assiste à l'effondrement de plusieurs coopératives agricoles[53]. Dans le domaine des pâtes et papiers on assiste à la fermeture temporaire de l'usine de Port-Alfred au cours de l'année 1931, à la fermeture permanente de la Pulperie de Chicoutimi en 1930 et à une réduction de moitié du nombre de travailleurs aux usines de Jonquière et Kénogami alors que la Price Brothers and Company déclare faillite en 1933[54]. De son côté, l'aluminerie d'Arvida réduit sa main-d'œuvre de 60 % et est considérée au bord du gouffre 6 ans après sa construction[54]. Tandis que des subventions de l'État aident les agriculteurs à s'en sortir[53], plusieurs grands projets sont financés par le gouvernement dans les villes durant ces années de crise comme le Pont Sainte-Anne à Chicoutimi qui est inauguré en 1934[55]. D'autres grandes voies de communications sont améliorés durant cette période comme les routes de terre vers Saint-Siméon (170), Saint-Urbain (381) et Québec à partir d'Héberville (169)[55].

Construction du Pont Sainte-Anne qui relira Chicoutimi à Sainte-Anne-de Chicoutimi (septembre 1933)

Modernisation[modifier | modifier le code]

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le lac Saint-Jean, vu de l'espace.
  • 1603 - 27 mai : Premier traité entre les Blancs et les Montagnais, conclu par Champlain, à Tadoussac.
  • 1628 - Printemps : Prise de Tadoussac par les Frères Kirke, huguenots français à la solde des Britanniques.
  • 1641 - Début de la mission des Jésuites au Saguenay.
  • 1647 - décembre : Création du Domaine Royal par le Roi de France. Le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean est donc détaché du reste de la Nouvelle-France.
  • 1661 - Les Iroquois incendient le poste de traite de Tadoussac.
  • 1664 - Guerre entre les Iroquois et les Montagnais au Lac-Saint-Jean.
  • 1676 - Établissement d'une mission catholique et d'un poste de traite à Chicoutimi.
  • 1680 - Établissement d'une résidence pour les missions catholiques, à Métabetchouan.
  • 1756 - Début de la guerre de Sept Ans, opposant les colonies britanniques et françaises.
  • 1759 - Débarquement de la Flotte britannique devant le poste de traite de Chicoutimi et prise de toutes les fourrures comme butin de guerre.
  • 1760 - Capitulation de Montréal et de la Nouvelle-France face à la Couronne Britannique.
  • 1791 - L'Acte constitutionnel - Division du Canada en deux parties, le Haut-Canada et le Bas-Canada.
  • 1838 - Arrivée à L'Anse-Saint-Jean et à la Grande Baie des 14 colons à la solde de la Société des Vingt et Un sur la goélette de Thomas Simard.
  • 1842 - mai : Revendication de toutes les installations de la Société des Vingt-et-Uns au Saguenay–Lac-Saint-Jean par William Price.
  • 1842 - Fondation de la municipalité de Chicoutimi par Peter McLeod.
  • 1847 - Fondation de la municipalité de Jonquière par Marguerite Belley et ses fils
  • 1849 - Exploration du Lac-Saint-Jean par l'abbé Nicolas Tolentin Hébert qui est à la recherche d'un territoire pour fonder le village d'Hébertville.
  • 1852 - Mort de Peter McLeod, surnommée Le Roi de Chicoutimi, ce qui permettra à William Price d'exercer un monopole sur l'exploitation forestière de la région.
  • 1858 - Fondation de la municipalité de L'Anse-Saint-Jean.
  • 1859 - Fondation des municipalités d'Hébertville et de Roberval.
  • 1866 - Établissement d'un service de traversier entre Chicoutimi et le village de Sainte-Anne, sur la rive de la rivière Saguenay.
  • 1867 - Confédération Canadienne.
  • 1867 - Fondation de la paroisse de St-Joseph-d'Alma (Alma).
  • 1870 - 19 mai : Destruction presque totale du territoire compris entre Mistassini et la Baie des Ha! Ha! par le Grand Feu.
  • 1881 - Fondation de la municipalité de Saint-Méthode (Ticouape).
  • 1885 - Fondation de la municipalité de Saint-Bruno.
  • 1888 - Arrivée du chemin de fer à Chambord.
  • 1889 - Automne : Grave épidémie de typhoïde.
  • 1892 - Fondation de la municipalité de Mistassini
  • 1893 - Arrivée du chemin de fer à Chicoutimi.
  • 1898 - Ouverture du Moulin de Chicoutimi qui fabrique des pâtes et papiers.
  • 1899 - 17 juillet : Construction d'une usine de pâtes et papiers à Jonquière.
  • 1900 - Construction d'une usine de pâtes et papiers à Métabetchouan.
  • 1902 - Incendie de l'usine de pâtes et papiers de Métabetchouan.
  • 1902 - Fondation de la municipalité de Saint-Ambroise.
  • 1910 - Arrivée du chemin de fer à Bagotville.
  • 1912 - Fondation de la municipalité de Kénogami.
  • 1915 - Fondation de la municipalité de Val-Jalbert.
  • 1915 - Début de la construction du port en eaux profondes à Port-Alfred.
  • 1916 - Construction d'une usine de pâtes et papiers à Port-Alfred.
  • 1918 - Incorporation par Julien-Édouard-Alfred Dubuc de la municipalité de Port-Alfred.
  • 1918 - Automne : Grave épidémie de grippe espagnole - Plusieurs centaines de victimes à travers la région.
  • 1927 - Fermeture de la pulperie de Val-Jalbert.
  • 1938 - Adoption du drapeau régional lors des fêtes du centenaire de la région.
  • 1942 - Construction de l'Aéroport de Bagotville.
  • 1954 - Ouverture de l'Aéroport de Roberval.
  • 1971 - mai : Glissement de terrain à Saint-Jean-Vianney qui cause la mort de 31 personnes.
  • 1976 - Grève de plusieurs mois des ouvriers des usines de pâtes et papier de Jonquière et d'Alma.
  • 1988 - novembre : Tremblement de terre d'une magnitude de 6,2.
  • 1996 - juillet : Des pluies diluviennes causent la mort et des dégâts considérables sur le bassin versant du Lac Kénogami et sur la Rivière des Ha! Ha!, notamment dans les villes de Chicoutimi, Jonquière et La Baie.
  • 1997 - Fusion des villes de Dolbeau et Mistassini pour former l'actuelle ville de Dolbeau-Mistassini
  • 2001 - février : Fusion de la ville d'Alma avec la municipalité de Delisle, pour former la ville d'Alma
  • 2002 - février : Fusion de Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Laterrière, Shipshaw, Lac Kénogami et une portion du territoire de Canton Tremblay pour former l'actuelle ville de Saguenay.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population
du Saguenay–Lac-Saint-Jean[56]
Année Nombre
d'habitants
1852 5 241
1861 10 329
1871 17 493
1881 24 952
1891 28 726
1901 37 367
1911 51 113
1921 73 117
1931 105 977
Année Nombre
d'habitants
1941 143 187
1951 197 910
1961 262 426
1971 265 642
1981 285 284
1991 286 159
2001 278 279
2011 274 880

La population du Saguenay–Lac-Saint-Jean est presque totalement concentrée dans l'espace municipalisé autour de la rivière Saguenay et du Lac Saint-Jean qui représente 11 % des 95 892,8 km de la région. Répartis à l'ensemble du territoire, la densité moyenne est très faible ; 2,9 habitants au kilomètre.

En 2008, 274 919 Saguenéens et Jeannois étaient dénombrés[57] majoritairement répartis dans 5 principaux centres urbains, c'est-à-dire Saguenay (53 % de la population), Alma (11 %), Dolbeau-Mistassini (5 %), Saint-Félicien (4 %) et Roberval (4 %). La région compte pour 3,8 % de la population du Québec.

  • Population: 274 095 (2006)
  • Superficie: 95 893 km2
  • Densité: 2,9 hab./km2
  • Taux de natalité: 10,0 ‰ (2012)
  • Taux de mortalité: 8,4 ‰ (2012)

Source: Institut de la statistique du Québec

Langue parlée à la maison

  • Français, 99,0 %
  • Anglais, 0,6 %
  • Autres, 0,4 %

Agglomérations[modifier | modifier le code]

20 municipalités saguenéennes et jeannoises les plus peuplées[58]
Saguenay 147 100 (2014) Saint-David-de-Falardeau 2 732 (2014)
Alma 31 398 (2014) Saint-Bruno 2 711 (2014)
Dolbeau-Mistassini 14 516 (2014) Hébertville 2 540 (2014)
Saint-Félicien 10 326 (2014) Albanel 2 289 (2014)
Roberval 10 022 (2014) Saint-Nazaire 2 077 (2014)
Saint-Honoré 5 733 (2014) Saint-Gédéon 2 014 (2014)
Métabetchouan–Lac-à-la-Croix 4 273 (2014) Saint-Fulgence 2 013 (2014)
Saint-Ambroise 3 715 (2014) L'Ascension-de-Notre-Seigneur 2 011 (2014)
Normandin 3 218 (2014) Chambord 1 820 (2014)
Saint-Prime 2 797 (2014) La Doré 1 440 (2014)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Conférence régionale des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Nom Président(e) Siège Région
CRÉ du Saguenay–Lac-Saint-Jean André Paradis Jonquière Saguenay–Lac-Saint-Jean

Municipalités régionales de comté[modifier | modifier le code]

Municipalité hors MRC[modifier | modifier le code]

  • Ville de Saguenay qui possède aussi le statut de MRC.

Municipalité autochtone hors MRC[modifier | modifier le code]

Commissions scolaires[modifier | modifier le code]

MRC Lac-Saint-Jean Est dont la ville principale est Alma, Delisle, Desbiens, Hébertville, Hébertville-Station, Lac-à-la-Croix, L'Ascension, Métabetchouan, Notre-Dame-du-Rosaire, Saint-Bruno, Sainte-Monique, Saint-Gédéon, Saint-Henri-de-Taillon, Saint-Léon, Saint-Nazaire

Anse-Saint-Jean, Ferland-Boilleau, Petit-Saguenay, Rivière-Éternité, Sagard, Saguenay, Saint-David-de-Falardeau, Saint-Félix-D'Otis, Saint-Fulgence, Saint-Honoré, Sainte-Rose-du-Nord

Santé[modifier | modifier le code]

  • Carrefour de santé Jonquière
  • CLSC de la Jonquière
  • CLSC des Prés-Bleus
  • CLSC du Grand Chicoutimi
  • CLSC Le Norois

Représentation provinciale[modifier | modifier le code]

Représentation fédérales[modifier | modifier le code]

Langue et dialecte[modifier | modifier le code]

L'arrondissement Chicoutimi de la ville de Saguenay.

Le français local est largement reconnaissable par ses particularismes autant phonétiques que lexicaux. À la différence de plusieurs sous-idiomes québécois, celui de la région est francisant envers tous les anglicismes, ainsi, le mot anglais lighter, n'aura pas la prononciation anglaise que l'on peut retrouver à Montréal, il sera prononcé "Lacteur". De plus, plusieurs mots sont uniques à la région, ainsi, on dira coteur pour les bordures de routes, « soute » pour les vêtements d'hiver, "froque" pour un manteau, etc. Les habitants de la région posent aussi un accent tonique très fort sur les voyelles u et i, en plus de nasaliser fortement les voyelles nasales.

Particularités régionales[modifier | modifier le code]

En raison d'un effet fondateur, certaines maladies génétiques ne se rencontrent essentiellement que dans cette région du monde, tel le syndrome d'Andermann. L'accent très particulier des gens originaires du Saguenay et du Lac-Saint-Jean.

Les familles très nombreuses : dont les Tremblay, les Simard, les Brassard, les Bergeron, les Gagnon, les Bouchard, les Perron, les Côté et les Blackburn. Le nom de famille Tremblay est le plus répandu dans l'Amérique française.

Religion[modifier | modifier le code]

Le premier missionnaire du Saguenay est un récollet du nom de Jean Dolbeau, il est de passage à Tadoussac à l'automne 1615 alors qu'il entreprend de suivre des coureurs des bois innus[60]. Cependant, c'est en 1617 qu'est célébrée la première messe à Tadoussac par le père récollet Paul Huet[61]. Les missionnaires sont que de passage jusqu'en 1639[62].

De 1625 à 1629, un groupe de jésuites composé des pères Jean de Brébeuf, Charles Lalemant, Ennemont Massé et le frère Gilbert Buret s'installent temporairement à Tadoussac pour tenter d'évangeliser les Kakouchacks du Saguenay[63].

Économie[modifier | modifier le code]

En 2009, les secteurs de la fabrication, de l’enseignement, la santé et l'assistance sociale et du commerce représentaient près de la moitié du PIB au Saguenay–Lac-Saint-Jean. La fabrication était un des secteurs important de l’économie de la région, avec 20,7 % du PIB régional, plaçant la région au troisième rang pour ce secteur au Québec. Ce secteur arrivait au troisième rang en termes d’emploi, avec 13,4 % de l'emploi de la région. Le secteur de l’enseignement, de la santé et de l'assistance sociale arrivait au deuxième rang de l’économie de la région, avec 15,4 % du PIB, mais au premier rang des emplois, avec 21,6 %, tandis que le commerce représentait 11,7 % du PIB et 18,8 % des emplois[64].

Selon les estimations du gouvernement canadien, l'exploitation forestière génère près de deux milliards de dollars et 25 000 emplois au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Sur un total de 49 municipalités, 23 dépendraient de l'industrie forestière[65].

Matières premières[modifier | modifier le code]

Balles de foin séchant dans un champ aux abords du rang Saint-Martin à Chicoutimi
Bleuets du Lac Saint-Jean

Agriculture et élevage[modifier | modifier le code]

Superficie des terres agricoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean par type de culture [66]
Type de culture Superficie en Acres
Plantes fourragères 72 835
Céréales et légumes protéagineux 41 000
Bleuets 17 835
Pommes de terre 2 663
Fruits et légumes 560
Plantes ornementales 460
Autres 500
Total 135 853

Symboles[modifier | modifier le code]

La gaillarde, emblème floral de la région.

Les couleurs du drapeau du Saguenay–Lac-Saint-Jean représentent des éléments plus ou moins significatifs de la région. Ainsi le rouge représente les habitants, le vert représente la nature, le jaune représente l'industrie agroalimentaire et le gris représente l'industrie de l'aluminium.

Le Lac-Saint-Jean est reconnu pour ses bleuets et sa tourtière. Le Saguenay, lui, est reconnu pour son point de liaison avec le Lac-Saint-Jean et ses alumineries (en).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le territoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean
  2. 98 480 km2
  3. 94 321 km2
  4. 30 528 km2
  5. Encyclobec : Le sous-sol du Saguenay—Lac-Saint-Jean
  6. a et b Encyclobec : Le paysage du Saguenay—Lac-Saint-Jean
  7. Encyclobec : Le sol du Saguenay—Lac-Saint-Jean
  8. Site de recherche sur les anciens glissements de terrain dans la région du Saguenay
  9. a et b Formation - Saguenay fjord
  10. L'Encyclopédie canadienne : Fjord du Saguenay
  11. (fr) Jacques Ouellet, op. cit., page 18-19
  12. (fr) Jacques Ouellet, op. cit., page 18
  13. (fr) « Encyclobec - L'Eau au Saguenay-Lac-Saint-Jean », Encyclobec,‎ 2002 (consulté le 2009-05-09)
  14. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 43
  15. Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec, Une vaste oasis nordique
  16. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 44
  17. (fr) Pierre Gill, op. cit., page 41
  18. a et b (fr) Pierre Gill, op. cit., page 33
  19. a et b (fr) Pierre Gill, op. cit., page 43
  20. (fr) Pierre Gill, op. cit., page 34
  21. (fr) Pierre Gill, op. cit., page 35
  22. (fr) Claude Chapedeleine, op. cit., page 176-180
  23. (fr) Christian Pouyez et Yolande Lavoie, op. cit., page 70
  24. a, b et c (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 45
  25. a et b (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 48
  26. Commission de toponymie du Québec - Rivière Saguenay
  27. a et b (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 51
  28. (fr) Christian Pouyez et Yolande Lavoie, op. cit., page 73
  29. (fr) Christian Pouyez et Yolande Lavoie, op. cit., page 67
  30. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 59
  31. (fr) Christian Pouyez et Yolande Lavoie, op. cit., page 74
  32. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 60
  33. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 61
  34. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 62
  35. a et b (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 63
  36. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 64
  37. 12 à 15 lieues
  38. a et b (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 65
  39. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 66
  40. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 67
  41. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 72
  42. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 77
  43. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 79
  44. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 314-315
  45. a et b (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 315
  46. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 316
  47. a, b et c (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 317
  48. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 318
  49. (fr) Russel Bouchard, Jean Martin, op. cit., page 48-49
  50. 8000 acres
  51. a et b Histoire de Roberval, op. cit., p. 321.
  52. a et b (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 338
  53. a et b (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 401
  54. a et b (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 461
  55. a et b (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 449
  56. (fr) Camil Girard et Normand Perron, op. cit., page 447
  57. L’Institut de la statistique du Québec - Profils des régions et des MRC - Saguenay-Lac-Saint-Jean
  58. Statistique Canada : Profils des communautés de 2011
  59. Sources: Gouvernement du Québec, 2003 ; Statistique Canada, Recensement 2001
  60. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 73
  61. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 74
  62. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 75
  63. (fr) Victor Tremblay, op. cit., page 76
  64. http://qe.cirano.qc.ca/theme/regions/les_regions_peripheriques/saguenay_lac_saint_jean
  65. GEO no 404 d'octobre 2012 p.94
  66. (fr) Jocelyn Caron, op. cit., page 101

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Claude Chapedeleine. « Les Iroquoiens de la province de Canada au Royaume du Saguenay: alliances, foire ou diaspora à Chicoutimi » dans Saguenayensia, octobre-décembre 1985, p. 176-180.
  • (fr) Dugas Renaud, « Bilan et analyse de la régionymie dans l'administration publique québécoise », 450 ans de noms et de lieux français en Amérique du Nord, Québec, Publications du Québec, 1986, p. 192-204.
  • (fr) Magalie Hurtubise, « Les centrales privées. La richesse du Saguenay-Lac-St-Jean », CONSTATS, octobre 2012, no 21, p. 35-39.
  • (fr) Pierre Gill, Les Montagnais, premiers habitants du Saguenay Lac St-Jean, Pointe-Bleue : Mishinikan, 1987, 145 pages
  • (fr) Christian Pouyez et Yolande Lavoie, Les Saguenayens, Québec : Presses de l'Université du Québec, 1983, 386 pages
  • (fr) Russel Bouchard et Jean Martin, Ville de La Baie : une fenêtre sur le monde depuis 150 ans, Société historique du Saguenay,‎ 1988 (ISBN 2980037362).
  • (fr) Camil Girard et Normand Perron, Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Institut québécois de recherche sur la culture,‎ 1979 (ISBN 289224126[à vérifier : ISBN invalide]).
  • Québec, Le Québec chiffres en main : Édition 2013, Québec, Institut de la statistique du Québec,‎ 2013, 71 p. (ISBN 978-2-550-67323-1, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]