Arvida

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Arvida
Aluminerie de la compagnie Alcan à Arvida
Aluminerie de la compagnie Alcan à Arvida
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Saguenay
Statut Secteur
Arrondissement Jonquière
Démographie
Gentilé Arvidien et Arvidienne
Langue(s) parlée(s) Français
Anglais
Géographie

Arvida est une ancienne ville du Saguenay, au Québec, incorporée en 1926 et fusionnée à Jonquière en 1975. Son premier maire fut Frank E. Dickie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ville industrielle a été spécifiquement créée pour les besoins de la compagnie Alcoa (devenue ensuite l'Alcan et maintenant Rio Tinto Alcan), qui y a installé une importante usine de production d'aluminium, la plus grande du monde pendant longtemps[1]. Arvida tient son nom des initiales du président de la compagnie Alcoa: Arthur Vining Davis[2]. À l'époque, la compagnie Alcan gère la majorité des aspects de la vie municipale, de l'urbanisme, des services de santé, de l'éducation, des sports et des loisirs de la ville jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Arvida, surnommée la « Washington du Nord », est un modèle parmi les villes de compagnies planifiées du XXe siècle[3]. Elle a été construite à partir de 1926 pour y loger les ouvriers et cadres de l’aluminerie.

C’est l’architecte et « town planner » New Yorkais Harry B. Brainerd qui dessina les plans en intégrant les plus récentes théories urbaines de l’époque. Par la suite, le Arvida Works, filiale de l’Alcoa, et son ingénieur, Harold Wake, se chargent de la construction de cet ambitieux projet urbain : une ville dont les 270 premières résidences ont été construites en 135 jours.

Le paysage d’Arvida se distingue par son paysage hétérogène, avec 35 types différents de résidences construites durant la première phase de 1926 à 1927. Pendant cette période, on commence déjà à expérimenter l’usage de l’aluminium dans l’architecture. Dès 1927, l'Aluminium Company of Canada érige un petit hôpital général sur la rue Oersted afin de dispenser les premiers soins aux ouvriers, ainsi qu'un service d'hospitalisation à la population avec 38 lits[4].

Arvida se caractérise par l’aménagement de son territoire. Dès 1942, on crée la Commission d’urbanisme d’Arvida qui sera responsable de l’aménagement urbain et du contrôle architectural en prenant la relève du Arvida Works.

Au milieu des années 1930, Arvida comptait plus de 15 000 résidents. En 1942, en pleine guerre mondiale[5], quand les alliés ont besoin d’aluminium en très grandes quantités, York fait construire la centrale hydroélectrique de Shipshaw sur la rivière de Saguenay. À l’époque, c’était la plus puissante centrale au monde (en fait, c’était la deuxième centrale hydro-électrique implantée dans la région ). »[6]

En 1970, Arvida fusionne avec la municipalité du village de Saint-Jean-Eudes.

En 1975, Arvida et Kénogami sont fusionnées avec la ville de Jonquière. Dans la foulée des dernières grandes fusions municipales de 2002, la ville de Jonquière a elle-même été amalgamée avec les villes de Chicoutimi, La Baie, Laterrière, Shipshaw, Lac-Kénogami et une partie de Canton-Tremblay pour former la ville de Saguenay.

En 2010, le conseil de ville de Saguenay adoptait un règlement municipal ayant pour objet la reconnaissance du quartier historique Sainte-Thérèse d'Arvida comme site du patrimoine[7]. De plus la municipalité constituait le comité pour la reconnaissance patrimoniale d'Arvida (CORPA) afin d'être reconnu comme Patrimone mondial de l'UNESCO[8].

Le 29 juin 2012, le ministre de l'Environnement et de Parc Canada l'honorable Peter Kent, confirmait à la ville de Saguenay que le secteur d'Arvida obtenait le statut de Lieu Historique national du Canada.

En septembre 2012, la ville de Saguenay obtenait le Prix Prince de Galles[9] pour son leadership municipal en matière de conservation du patrimoine[10] à l'égard de l'ancienne citée d'Arvida[11].

Maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de la Cité d’Arvida
Nom Dates
Frank-E. Dickie 1926
J.-P. Walsh 1926-1928
A.-E. Riddel 1928-1941
J.-Louis Fay 1941-1957
Georges Hébert 1957-1967
Francis Dufour 1967-1974

Personnalités natives d'Arvida[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alcan, Arvida, Aluminium Company of Canada Limited, [s.l.], [s.d.], 8 p.
  • Alcan, Picture story of Aluminium, Aluminium Company of Canada Limited, [s.l.], [s.d.], 24 p.
  • Aluminium Limited, Aluminium Panorama, Montréal, 1953, 126 pages.
  • Archibald, Samuel, Arvida, Le Quartanier, 2011.
  • Bouchard, Jean-Claude, Transformations d'une cité mono-industrielle et ségrégation sociale: une étude sur Arvida, Chicoutimi, mémoire de maîtrise en études régionales, UQAC, 1993.
  • Campbell, Duncan C., Mission mondiale. Histoire d'Alcan jusqu'à 1950, vol.I, Ontario Publishing Company Limited, 1985, 438 pages.
  • Campbell, Duncan C., Mission mondiale. Histoire d'Alcan, vol. II, Publication privée, 1990, 736 pages.
  • Campbell, Duncan C., Mission mondiale. Histoire d'Alcan, vol. III, Publication privée, 1990, 1495 pages.
  • De Launière-Dufresne, Anne-Marie, « Arvida, une vivante histoire du Canada », Saguenayensia, vol. 18, no 5-6, septembre-décembre 1976, p. 99-104.
  • Garon, Alexandre, « Arvida: La grève du 24 juillet 1941 », Saguenayensia, volume 49, numéro 1, Janvier-mars 2007, p. 26-35.
  • Hartwick, John M., Out of Arvida, Queen's University Press, 2010.
  • Iguarta Jose E, Arvida au Saguenay: Naissance d'une ville industrielle, Toronto, McGill-Queen's University Press, 1996, 288 pages.
  • Lapointe, Paul-André, Usine Arvida: de la crise du travail au renouvellement du fordisme, Cahiers du CRISES, Collection Études théoriques, 1993, 102 p[12].
  • Laroche, Pierre, « La communauté anglophone d'Arvida dans les années 1960: une histoire qui fait maintenant partie de celle de Jonquière », Saguenayensia, volume 39, numéro 4, octobre-décembre 1997, p. 17-26.
  • Le Lingot[13],
  • McGuire B. J., Sarrazin, Jean, « Aluminium. L'Histoire de l'Alcan », Canadian Geographical Journal, Ottawa, 1962, 24 p.
  • Morisset, Lucie K., Arvida Cité-modèle Capitale mondiale de l'aluminium, [s.l.], 2010, 20 p.
  • Morisset, Lucie K., Arvida cité industrielle, Septentrion, 1998, 252 pages.
  • Morisset, Lucie K., « Arvida, Cité industrielle made Real », Architecture au Canada, vol. 36, no 1, 2011, p. 3-40.
  • Morisset, Lucie K., Noppen Luc, Étude historique, analyse architecturale et évaluation du centre des affaires traditionnel d’Arvida, Ville de Saguenay, décembre 2007, janvier 2008, 77 p.
  • Quinn, Carolyn, « Meeting social needs with heritage building: The Îlot St. Mathias Project, Arvida District, Saguenay, Qc », Municipal World, February 2013, p. 12.
  • Ringuette, Martin, « Arvida, la ville de l'Alcan », Saguenayensia, vol. 19, no 3, mai août 1977, p. 72-74.
  • Saguenayensia, « Armoiries de la cité d'Arvida », volume 2, numéro 5, sept-oct 1960, p. 114.
  • Stacey, C.P. Six years of War, Volume I, Official History of the Canadian Army in the Second World War, Queen's printer and controller of Stationery, Ottawa, 1955.
  • Tremblay, Patrick, « Les associations sportives et récréatives à Arvida de 1925 à 1965. Reflets de clivages culturels, sociaux et religieux ou creuset d'un esprit communautaire », Saguenayensia, volume 51, numéro 2, Avril-Juin 2009, p. 3-13.
  • Ville de Saguenay, Arvida, la ville construite en 135 jours, 2002, 48 pages[14]
  • Ville de Saguenay, Arvida, une cité modèle en Amérique, Circuits patrimoniaux, 17 pages.
  • Ville de Saguenay, Demande de nomination et de commémoration d'Arvida au titre de Lieu historique national du Canada d'Arvida, Saguenay, novembre 2010, 143 p.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] L’Alcan et la croissanceéconomique du Saguenay—Lac-St-Jean
  2. « Sanction de la Loi créant la municipalité d'Arvida », sur Bilan du siècle (consulté le 7 août 2014)
  3. [PDF] Journal pour l'étude de l'architecture au Canada
  4. Myriam Gilbert, « La naissance des hôpitaux de Jonquière et Arvida », Le Réveil, mardi 12 juin 2012, p. 22.
  5. Stéphane Bégin, « Au cœur de la Deuxième Guerre mondiale », Le Quotidien, jeudi 28 octobre 2010, p. 2.
  6. Grand Québec : Arvida
  7. Mélyssa Gagnon, « Reconnaissance patrimoniale du quartier Sainte-Thérèse. Le dossier présenté à Parc Canada », Le Progrès-Dimanche, 11 septembre 2011, p. 18.
  8. Stéphane Bégin, « Reconnaissance patrimoniale à Arvida. Une nouvelle étape franchie », Le Quotidien, 6 juillet 2011, p. 12.
  9. Sophie Richard, « Arvida reçoit le Prix du Prince de Galles », Toit & moi, Progrès-Dimanche, semaine du 7 octobre 2012, p. B6-B7.
  10. La ville de Saguenay (Québec) a remporté le Prix du prince de Galles
  11. La cité d'Arvida reçoit le Prix du prince de Galles
  12. sine Arvida: de la crise du travail au renouvellement du fordisme
  13. Le Lingot
  14. Arvida, la ville construite en 135 jours

Liens externes[modifier | modifier le code]

Arvida en 1928
Arvida en 1928