Nasalisation

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En phonétique, la nasalisation est la production d'un son alors que le voile du palais est abaissé, de telle sorte que de l'air s'échappe par le nez durant la production du son par la bouche. Tout se passe comme si un son [n] était produit simultanément au son oral.

Dans l'alphabet phonétique international, la nasalisation est indiquée par la présence d'un tilde au-dessus du symbole du son à nasaliser : [ã] est l'équivalent nasalisé de [a], et [ṽ] est celui de [v].

Les sons nasalisés les plus couramment sont les voyelles nasales que l'on trouve en français, en portugais, en breton, en polonais etc. Dans quelques cas, on peut rencontrer des voyelles avec plusieurs degrés de nasalité. (Voir voyelles nasales.)

Il existe également des consonnes nasalisées qui contrastent avec les consonnes purement orales. Par exemple :

  • Certaines des langues sudarabiques modernes possèdent des consonnes fricatives nasalisées, telles que [z̃], dont le son ressemble à l'émission simultanée de [n] et [z].
  • Le son noté r en mandarin a une histoire singulière – par exemple, le japonais l'a emprunté à la fois comme [z] et [n] – et dérive probablement d'une ancienne fricative nasalisée, peut-être une fricative palatale nasalisée [ʝ̃].
  • En hupa, il est fréquent que la langue ne soit pas complètement en contact avec le palais lors de l'articulation, de la consonne [ŋ], ce qui entraîne l'émission d'une spirante vélaire nasalisée [ɰ̃]. Ce phénomène s'apparente à la consonne nasalisée [j̃] d'autres langues athapascanes.
  • En umbundu, le phonème [ṽ] contraste avec [w̃], et il s'agit probablement d'une véritable fricative plutôt que d'une spirante.

Les consonnes nasales ne sont pas nasalisées, car il ne s'agit pas d'une articulation surajoutée au son oral correspondant, mais d'un mode d'articulation par blocage du flux d'air au niveau de la bouche, alors que son passage par le nez est libre. On parle donc aussi d'occlusives nasales.

En dehors des fricatives orales nasalisées, il existe de vraies fricatives nasales, dénommées fricatives naréales, qui sont parfois émises par des personnes ayant des défauts de phonation. Pour ce type de consonnes, la turbulence du flux d'air qui caractérise les fricatives est produit non pas dans la bouche mais dans les cavités nasales. L'alphabet phonétique international étendu les note par deux diacritiques combinés, un tilde et un tréma : [n͋] est une fricative naréale alvéolaire, sans flux d'air buccal, alors que [v͋] est une fricative orale (un [v]) avec frication naréale simultanée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]