Arvert

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arvert
L'église Saint-Étienne (XIIe ‑ XVIIe siècles) et le puits à dôme (XVIIIe siècle).
L'église Saint-Étienne (XIIe ‑ XVIIe siècles) et le puits à dôme (XVIIIe siècle).
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Arrondissement Rochefort
Canton La Tremblade
Intercommunalité Communauté d'agglomération Royan Atlantique
Maire
Mandat
Michel Priouzeau
2014-2020
Code postal 17530
Code commune 17021
Démographie
Gentilé Alvertons
Population
municipale
3 133 hab. (2011)
Densité 119 hab./km2
Population
aire urbaine
11 630 hab.
Géographie
Coordonnées 45° 44′ 30″ N 1° 07′ 36″ O / 45.7416666667, -1.12666666667 ()45° 44′ 30″ Nord 1° 07′ 36″ Ouest / 45.7416666667, -1.12666666667 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 25 m
Superficie 26,22 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

Voir sur la carte administrative de Charente-Maritime
City locator 14.svg
Arvert

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

Voir sur la carte topographique de Charente-Maritime
City locator 14.svg
Arvert

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Arvert

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Arvert
Liens
Site web arvert.fr

Arvert est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Poitou-Charentes). Ses habitants sont appelés les Alvertons.

Tirant profit de sa situation au cœur de la presqu'île d'Arvert et du Royannais, dans la frange continentale de la côte de Beauté et en bordure du célèbre bassin ostréicole de Marennes-Oléron, entre Seudre, Gironde et océan Atlantique, Arvert est un petit pôle urbain à vocation résidentielle de la « grande banlieue » ouest de Royan, centré sur le tourisme, le commerce et les services. Il compte deux ports ostréicoles, Coux et La Grève à Duret.

Connaissant ces dernières années une croissance démographique régulière, cette petite cité de 3100 habitants forme avec La Tremblade, Étaules et Chaillevette une conurbation comptant 11 630 habitants, au centre d'une Communauté d'agglomération Royan Atlantique forte de 79 441 habitants (2011)

Ancienne baronnie sous l'Ancien régime, « capitale » historique de la presqu'île, Arvert dispute à La Tremblade le titre de chef-lieu de canton au moment de la Révolution, mais doit finalement s'incliner devant cette dernière. Marquée par l'ostréiculture, puis par la sylviculture au moment de la plantation de la vaste forêt de la Coubre, elle s'adapte à la grande vogue du tourisme balnéaire qui prend son plein essor dans la seconde moitié du XIXe siècle. De nos jours, elle subit fortement l'influence de Royan, principal centre économique du sud-ouest du département.

Géographie[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

« Ici on voit tout, on court sur le faîte des murs — où l'on peut s'allonger dans les hautes herbes face au ciel sans être aperçu du village et dans le fond, vers l'océan, le clocher d'argent de Marennes »

— Michel Braudeau, Naissance d'une passion, 1985 —

La commune d'Arvert est située au sud-ouest du département de la Charente-Maritime et de la région Poitou-Charentes, au cœur de la presqu'île d'Arvert, dans la frange continentale de la côte de Beauté. Au centre d'une conurbation regroupant également La Tremblade (principal pôle urbain), Étaules et Chaillevette, elle peut être considérée comme partie intégrante de la « grande banlieue » de Royan, principal centre urbain et pôle économique des environs. Administrativement parlant, Arvert dépend du canton de La Tremblade et de l'arrondissement de Rochefort.

Carte de la commune d'Arvert au sein de la Charente-Maritime
Position d'Arvert en Charente-Maritime

Pôle économique et touristique important, Arvert bénéficie tout à la fois de sa situation dans le bassin de Marennes-Oléron, « Pays des Claires » et de sa proximité avec les infrastructures touristiques de la côte de Beauté. La commune est au carrefour de plusieurs centres urbains, vecteurs d'emplois et de services : Royan, bien sûr (14,7 kilomètres[1]), mais aussi Rochefort (25,8 kilomètres[2]) et Saintes (37,9 kilomètres[3]), voire, dans une moindre mesure, La Rochelle (46,8 kilomètres[4]) et Bordeaux (108,7 kilomètres[5]), grande métropole régionale dont le rayonnement reste particulièrement prégnant. Elle est également proche de nombre de petits centres de moindre importance, mais formant autant de petits relais entre les grands centres : Étaules (2,3 kilomètres[6]) et La Tremblade (3,5 kilomètres[7]), qui forment une même agglomération, Breuillet (7,8 kilomètres[8]) ou encore Marennes (9,5 kilomètres[9]) et Bourcefranc-le-Chapus (11,8 kilomètres[10]), aux portes de l'île d'Oléron.

Appartenant comme le reste du département au midi de la France — on parle plus précisément de « midi atlantique »[11], elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français. Elle forme un territoire de 2622 hectares, constitué en grande partie de territoires agricoles, de forêts (prémices de la forêt de la Coubre) et de territoires artificialisés qui correspondent au centre-ville et aux principaux hameaux (le Piochet, le Maine-Amouroux, Dirée, Villeneuve, le Boudignon, ports ostréicoles de Coux et d'Avallon, etc.). La partie orientale du territoire borde directement le vaste estuaire de la Seudre, et est formée de zones ostréicoles faisant partie du célèbre bassin de Marennes-Oléron. Les paysages y sont constitués de prairies humides verdoyantes ou de vasières aux reflets gris-bleu (marais de la Seudre) qui s'étendent à perte de vue, soulignées par des lignes dorées de roseaux et des haies de plantes aquatiques, avec, en ligne de mire, le clocher de Marennes, repère incontournable de ce vaste ensemble.

Localisation des principales communes bordant l'estuaire de la Seudre sur une image satellite
Localisation d'Arvert au bord de la Seudre (image satellite SPOT)

Des « prises » qui forment un étonnant mélange d'eau et de lumière délimitent les parcs à huîtres (prise de Brémont, du Grand Jas de Coux, de Malletatier, etc.) ou « claires », casiers d'eau miroitante au soleil ou s'affinent les huîtres du pays. De petits « ruissons » viennent se jeter dans le fleuve (ruisson de la Granderie, d'Orivol, de la Varaigne, etc.) au détour de petits chemins tortueux et de sentiers, de cabanes de bois, parfois peintes de couleurs vives, et de petits bateaux ou « plates ». Espace naturel d'une grande richesse floristique et faunistique, les marais de la Seudre sont un conservatoire de plantes rares et un sanctuaire ornithologique de premier plan.

D'une manière générale, la commune a un relief peu accentué, étant formée d'un plateau crétacé légèrement ondulé bordé de marais humides (marais de la Seudre) et partiellement asséchés (Pré des Landes, reliquat de l'ancien golfe d'Arvert, devenu étang de Barbareu au Moyen Âge), drainés par de petits cours d'eau (Le Grand Écours). Le point culminant de la commune peine à dépasser les 25 mètres. Le plateau s'élève à 12 mètres au Martichou, 17 mètres au pied de l'église, 20 mètres au Maine-Amouroux, 22 mètres près de l'école.

La commune est située sur l'axe routier N.O / S.E reliant La Tremblade à Saujon (D 14). L'estuaire de la Seudre longeant la commune au nord-est, deux solutions sont possibles pour rejoindre Rochefort, La Rochelle, Poitiers (145 km) ou Paris (433 km) : passer par le pont de la Seudre entre La Tremblade et Marennes ou passer par le pont de L'Éguille.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Arvert
La Tremblade Saint-Just-Luzac Nieulle-sur-Seudre
Arvert Étaules
Les Mathes

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Charente-Maritime.

Le climat dont bénéficie la Charente-Maritime est un climat océanique tempéré de type aquitain, marqué par un ensoleillement moyen assez important : avec 2 250 heures par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéenne[12]. La pluviosité y est modérée, les précipitations ne dépassant pas 1 200 mm par an. Les températures, quant à elles, varient en moyenne de +5 °C en hiver à +20 °C en été.

Les îles et l'ensemble du littoral de la Charente-Maritime se caractérisent par un climat particulièrement doux en hiver, et rafraîchissant l'été, grâce aux influences océaniques perpétuellement en mouvement (brise marine). Ces conditions climatiques favorables, toujours soumises aux influences de l'océan Atlantique, ont favorisé un véritable microclimat de type sub-aquitain et l'existence d'une végétation déjà méridionale. Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier. Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent une forte présence de palmiers, figuiers, orangers et même oliviers. Pour autant, l'arbre-roi est ici le pin (maritime, parasol) qui s'épanouit dans la forêt de la Coubre.

Il existe un contraste entre le littoral, assez sec et ensoleillé et l'intérieur des terres, davantage pluvieux. La pluviométrie passe ainsi de 750 mm sur le littoral à 950 mm en Haute-Saintonge.

La ville d'Arvert, campée sur son plateau calcaire, domine une petite plaine verdoyante.

Les relevés de la station météorologique de La Rochelle entre 1946 et 2000 permettent de déterminer quelques dates majeures au point de vue climatique en Charente-Maritime : ainsi, au cours de ce laps de temps, la température la plus froide est relevée le 15 février 1956 : -13,6 °C.
Un pic de température (dépassé seulement au cours de la canicule de 2003) est atteint le 8 juillet 1982 avec près de 39 °C à l'ombre. Si 1953 est considérée comme l'année la plus sèche, 2000 est au contraire la plus pluvieuse[13].

La Charente-Maritime est le département français qui a été le plus durement touché par la tempête Martin du 27 décembre 1999. Les records nationaux de vents enregistrés ont été atteints avec 198 km/h sur l'île d'Oléron et 194 km/h à Royan. D'importants dégâts matériels sont relevés dans la commune (chute d'arbres, toitures arrachées, réseaux électriques et téléphoniques endommagés, infrastructures routières coupées).

Un an après le passage de la tempête Klaus (janvier 2009), la commune est sévèrement touchée par la tempête Xynthia (février 2010). Des rafales de vent atteignant les 137 km/h balaient la presqu'île d'Arvert.

Données générales[modifier | modifier le code]

Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Arvert 2 250 755 1 13 26
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Strasbourg 1 633 610 30 29 65
Brest 1 492 1 109 9 11 74
Données climatiques à La Rochelle
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3,4 2,8 5,4 7,4 10,7 13,7 15,8 15,7 13,7 10,5 6,3 3,9 9,2
Température moyenne (°C) 5,9 6,9 8,7 11,1 14,3 17,5 19,8 19,6 17,8 14,2 9,4 6,6 12,7
Température maximale moyenne (°C) 8,5 9,9 12,1 14,7 17,9 21,3 23,8 23,5 21,8 18 12,6 9,2 16,1
Ensoleillement (h) 84 111 174 212 239 272 305 277 218 167 107 85 2 250
Précipitations (mm) 82,5 66,1 57 52,7 61,1 42,9 35,1 46,4 56,5 81,6 91,8 81,8 755,3
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de La Rochelle de 1961 à 1990[14].


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'un réseau de pistes cyclables faisant partie des « Chemins de la Seudre ». Issu d'une collaboration entre le Conseil général du département, la Communauté d'agglomération Royan Atlantique et la Communauté de communes du Bassin de Marennes, ce réseau, mis en service à partir de 2007, permet de découvrir les espaces ostréicoles et les paysages des marais de la Seudre.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cara'Bus.

La ville est desservie par le réseau de transports urbains Cara'Bus qui la relie aux autres communes de l'agglomération royannaise. Inauguré le 2 janvier 2006 sous le nom « Très Royannais », il était à l'origine composé de minibus de type hybride (électrique et diesel). Exploité depuis septembre 2008 par la société Veolia Transport, il est rebaptisé « Cara'Bus » depuis lors[15].

La modernisation du réseau de transports urbains de l'agglomération le 5 janvier 2009 a conduit à l'achat de navettes de type Heuliez GX 127 ainsi qu'à l'accroissement du nombre de lignes régulières, passant de trois à dix, auxquelles s'ajoutent trois ligne supplémentaires en période estivale[16].

Cinq stations Cara'Bus sont implantées dans la commune : Maine-Giraud, Arvert-Mairie, Les Fouilloux, L'Étrade et Le Petit Pont, à la sortie de la ville, à la limite des communes d'Arvert et de La Tremblade. Trois lignes de bus desservent la commune. La ligne 42, qui part d'Étaules, passe par les différentes stations de la commune rejoint ensuite La Tremblade, Ronce-les-Bains et Marennes, bien que cette ville ne soit pas une commune de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique. La ligne 41 part de Ronce-les-Bains et rejoint Cozes, en passant par La Tremblade, Arvert, Étaules, Chaillevette, Breuillet (station Le Magarin), Saint-Sulpice-de-Royan (station Fontbedeau), Saujon, Le Chay et Grézac. Quant à la ligne 22, elle relie Ronce-les-Bains à la gare multimodale de Royan en passant par La Tremblade, Arvert, Étaules, Chaillevette, Breuillet (centre-ville), Vaux-sur-Mer (centre commercial Val Lumière) et le centre-ville de Royan.

La commune est également desservie par la compagnie de transports départementaux Les Mouettes, et plus spécifiquement par les lignes 409, 410 et 411 qui relient Breuillet à Bourcefranc-le-Chapus via Étaules, La Tremblade et Marennes. Les transports départementaux permettent de rejoindre les principales villes du département.

Transports aériens[modifier | modifier le code]

L'aéroport le plus proche est celui de Rochefort-Saint-Agnant, à environ 25 kilomètres au nord. L'aéroport de La Rochelle-Île de Ré, à 50 kilomètres au nord, permet de relier quelques grandes villes françaises, comme Paris ou Lyon, ainsi que les Îles Britanniques ou l'Europe du Nord. À environ 100 kilomètres au sud-est de la commune, l'aéroport de Bordeaux - Mérignac est un aéroport international permettant des liaisons vers de nombreux pays.

L'aérodrome de Royan-Médis, à environ 17 kilomètres, est réservé à l'aviation légère.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Arvert tire son nom du latin « artum », désignant un espace étroit, et « virens », signifiant verdoyant. [réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Habité dès l'époque néolithique, le site de l'actuelle commune d'Arvert se limitait autrefois à une mince bande de terre située entre deux golfes marins. Si un premier village apparaît à l'époque romaine, ce n'est qu'à partir du XIIe siècle qu'il prendra de l'importance et verra s'établir une communauté monastique, qui relèvera l'église grâce à un don du seigneur de Mornac.

Peu après, Arvert devient une seigneurie indépendante, comprenant sous sa juridiction de nombreuses paroisses : celles de Trembledam (aujourd'hui La Tremblade), de Notre-Dame de l'Isle (aujourd'hui Étaules), de Chaillevette, des Mathes ou encore la paroisse, disparue aujourd'hui, de La Roche.

En 1534, Calvin tient des discours à Angoulême et à Poitiers que de jeunes moines saintongeais entendent. La Réforme sera bientôt prêchée dans toute la presqu'île d'Arvert et vers 1550, la majorité de la population est protestante. En 1546 puis en 1553, ce sont en tout trois moines qui sont condamnés au bûcher pour avoir prêché la réforme à Arvert[17].

En 1568, l'église est incendiée et presque entièrement détruite. Cette même année, un premier temple est édifié dans le village.

En 1598, l'Édit de Nantes est promulgué. On cherche cependant par tous les moyens à convertir les Protestants. En 1644, les cultes protestants sont interdits à Arvert[18].

En 1682, le roi Louis XIV ordonne la destruction du temple. La révocation de l'Édit de Nantes, en 1685 va accélérer l'exode des protestants de la presqu'île, malgré l'interdiction qui leur est faite de quitter la France. Des passeurs sont arrêtés et les fugitifs envoyés aux galères. Le 21 février 1687, trois barques surchargés de fugitifs partant de Mornac, Chaillevette et La Tremblade sont immobilisées par des soldats sur la Seudre[19].

Malgré ces arrestations, la presqu'île se vide de sa population. Ceux qui restent vont créer une église clandestine qu'ils appelleront Église du désert. Des assemblées clandestines sont organisées dans les dunes, les bois ou dans des granges. Jean-Louis Gibert, pasteur du Désert, aménage ainsi des granges en "Maisons d’oraison" à partir de 1751. On en trouve deux à proximité d'Arvert : à Avallon[20] et à Chaillevette. En 1754, le pasteur, condamné à mort, s'exilera en Amérique[21],[22].

Baronnie sous l'ancien régime, Arvert appartiendra au cardinal de Richelieu, avant de passer à la famille des Senectère. En 1790, Arvert est érigé en commune. Une querelle intervient peu après entre les représentants des communes de La Tremblade et d'Arvert, chacune voulant devenir le chef-lieu du canton. Pour des raisons économiques, c'est La Tremblade qui obtient finalement ce privilège.

Occupé par les troupes allemandes pendant la seconde guerre mondiale, le village sera le théâtre de durs combats au moment de la libération de la poche de Royan, en avril 1945.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

De 1789 à 1799, en vertu de la loi du 14 décembre 1789, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune âgés d'au moins 25 ans, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt équivalent au moins à dix journées de travail.

La nouvelle mairie d'Arvert, en centre-ville.

De 1799 à 1848, La constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après les lois organiques 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus au suffrage censitaire pour six ans.

Du 3 juillet 1848 à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.

De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855. Après 1871, les maires sont de nouveau élus, sauf dans les chefs-lieux (de départements, d'arrondissements ou de cantons).

Ce n'est que le 28 mars 1882, qu'une loi sur l’organisation municipale (encore en vigueur) est votée, et qui régit le principe de l'élection du maire et des adjoints par le conseil municipal, quelle que soit l'importance de la commune (sauf pour Paris). La loi du 5 avril 1884 fixe le mandat à quatre ans, durée portée le 10 avril 1929 à six ans[23].

De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 23 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[24]).

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 2001 René Morillon PCF  
mars 2001 en cours Michel Priouzeau DVG[25]  

Canton[modifier | modifier le code]

Arvert est une des six communes du canton de La Tremblade, dont elle est, en 2010, la deuxième commune la plus peuplée derrière La Tremblade et devant Étaules.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Arvert est une des 34 communes adhérant à la Communauté d'agglomération Royan Atlantique, qui rassemble nombre de communes de la grande périphérie de Royan.

Instances judiciaires[modifier | modifier le code]

Article connexe : Justice en Charente-Maritime.

Arvert dépend du tribunal d'instance et du conseil de prud'hommes de Rochefort, du tribunal de grande instance, du tribunal pour enfants et du tribunal de commerce de La Rochelle, du tribunal administratif et de la cour d'appel de Poitiers. La cour administrative d'appel est à Bordeaux[26]

Fiscalité locale[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Arvert en 2010[27]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 10.48 % 0.00 % 7.12 % 0.00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 18.01 % 0.00 % 14.01 % 3.32 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 37.69 % 0.00 % 29.17 % 8.63 %
Cotisation foncière des entreprises (CFE) 0.00 % 22.54 % 0.00 % 0.00 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[28]).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 133 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 650 2 717 2 496 2 425 2 402 2 360 2 432 2 430 2 539
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 620 2 627 2 773 2 483 2 443 2 532 2 496 2 571 2 485
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 494 2 334 2 323 2 036 1 957 1 926 2 071 2 028 2 003
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 155 2 183 2 380 2 541 2 734 2 887 3 031 3 133 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[29] puis Insee à partir de 2004[30].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (32,9 %) est en effet supérieur au taux national (21,8 %) et au taux départemental (29 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,9 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante :

  • 47,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,6 %, 15 à 29 ans = 12,1 %, 30 à 44 ans = 19,8 %, 45 à 59 ans = 21,3 %, plus de 60 ans = 31,2 %) ;
  • 52,8 % de femmes (0 à 14 ans = 14,7 %, 15 à 29 ans = 11,6 %, 30 à 44 ans = 17,9 %, 45 à 59 ans = 21,3 %, plus de 60 ans = 34,5 %).
Pyramide des âges à Arvert en 2008 en pourcentage[31]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,9 
90  ans ou +
2,8 
8,6 
75 à 89 ans
11,5 
21,7 
60 à 74 ans
20,2 
21,3 
45 à 59 ans
21,3 
19,8 
30 à 44 ans
17,9 
12,1 
15 à 29 ans
11,6 
15,6 
0 à 14 ans
14,7 
Pyramide des âges de la Charente-Maritime en 2008 en pourcentage[32].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,5 
8,8 
75 à 89 ans
12,2 
16,8 
60 à 74 ans
17,4 
21,1 
45 à 59 ans
21,0 
18,9 
30 à 44 ans
18,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,5 
17,2 
0 à 14 ans
15,1 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Arvert dépend de l'académie de Poitiers. La commune dispose d'une école maternelle (petite, moyenne et grande section) et d'une école élémentaire. Les deux écoles disposent d'un restaurant scolaire (en self-service pour les élèves à partir du CP).

La politique jeunesse est pensée à l'échelle du canton de La Tremblade. Elle est gérée par un Sivom (Syndicat intercommunal à vocations multiples) et a pour vocation d'accueillir les enfants en dehors des périodes scolaires[33]. Il se compose de trois pôles : petite enfance, enfance (3/12 ans) et jeunesse (13/18 ans). Trois crèches sont ouvertes aux enfants du canton : « La Farandole » et « Pirouettes Cacahuètes », en centre-ville, et « Les petites goules » à La Tremblade.

Le centre de loisirs cantonal, implanté dans la commune, est ouvert aux enfants à partir de 3 ans. C'est un centre de loisirs sans hébergement proposant des activités manuelles, des ateliers d'expression, des jeux ou des sorties (accro-branche, piscine, équitation, etc.). Des mini-camps sont organisés pendant l'été. Enfin, la « Maison de La Treille », à La Tremblade, est ouverte aux jeunes de 13 à 18 ans. Elle propose des activités sportives, des ateliers, des sorties (surf, paint-ball, plongée, etc.) et offre une salle avec des jeux vidéo et un accès internet. Les jeunes peuvent également soumettre leurs propres projets.

Santé et sécurité[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'un cabinet de médecine généraliste, de deux cabinets d'infirmières, d'un kinésithérapeute et d'une pharmacie. Les villes voisines de La Tremblade, Étaules ou Royan offrent une palette de soins plus étendue, avec la présence de nombreux spécialistes, d'un centre hospitalier disposant d'un service d'urgences et de deux cliniques privées à Royan.

La sécurité des biens et des personnes est assurée par une antenne de police municipale et par la gendarmerie de La Tremblade. Cette ville accueille également un centre de secours des sapeurs-pompiers.

Sports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sport en Charente-Maritime.

La commune dispose de nombreuses infrastructures sportives qui viennent s'ajouter à celles déjà présentes dans les autres communes de l'agglomération trembladaise (La Tremblade, Étaules et Chaillevette). Implanté à proximité immédiate du centre-ville, le stade Valentin Guillon peut accueillir 2100 spectateurs (122 dans les tribunes)[34]. Il se compose de deux terrains de football en gazon, où évolue l'équipe locale (Presqu'île d'Arvert Football Club), d'une piste d'athlétisme et d'un aire de sauts et de lancers.

La ville accueille également une salle omnisports (tennis d'intérieur, handball et basketball), deux courts de tennis et un parc de loisirs comportant un espace multisports ados, un terrain de pétanque et une aire de jeux pour les enfants. Quatre circuits de randonnée (à pied ou à vélo) balisés ont été aménagés sur le territoire communal.

Médias[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Les émetteurs de Royan-Vaux-sur-Mer et de Niort-Maisonnay permettent la réception des 18 chaînes gratuites de la télévision numérique terrestre (TNT) dans l'ensemble de la commune, dont le décrochage local de France 3 Poitou-Charentes. Le 31 mai 2009, l'émetteur de forte puissance a été parmi les premiers à diffuser un nouveau multiplexe, permettant la réception des premières émissions de télévision haute définition (HD)[35]

Radio[modifier | modifier le code]

La plupart des radios nationales présentes dans le département peuvent être écoutées dans la commune. Les informations départementales sont relayées par la station de radio publique France Bleu La Rochelle. Les stations de radio locales pouvant être écoutées dans la commune sont principalement Vogue Radio (radio locale de l'agglomération, dont les studios sont en centre-ville, elle est diffusée dans toute la presqu'île, Royan compris), Demoiselle FM (généraliste, émettant depuis Rochefort, et disposant de studios à Saint-Georges-de-Didonne), Terre Marine FM (généraliste, émettant depuis Fouras), Mixx radio (techno, dance et musiques électroniques, émettant depuis Cognac et reprise par le réémetteur de Saintes), et RCF Accords Charente-Maritime (religieuse, émettant depuis La Rochelle). Wit FM (généraliste, émettant depuis Bordeaux) peut parfois être captée, mais de façon plus aléatoire, en fonction des conditions climatiques.

Presse[modifier | modifier le code]

La presse locale est représentée par le quotidien Sud Ouest, dont le siège est à Bordeaux, et qui dispose d'une rédaction locale à Royan.

Internet haut débit[modifier | modifier le code]

Un répartiteur téléphonique est implanté dans la commune. En 2013, il est dégroupé par plusieurs opérateurs alternatifs (SFR, Free et Bouygues Telecom)[36], en plus de l'opérateur historique, Orange. ADSL, ADSL2+, Re-ADSL 2 et la télévision par ADSL sont disponibles dans la commune.

Cultes[modifier | modifier le code]

Arvert appartient au diocèse catholique de La Rochelle et Saintes, lui-même subdivision de la province ecclésiastique de Poitiers depuis 2002 (de la province ecclésiastique de Bordeaux avant cette date) et au doyenné de Marennes-Oléron. La paroisse est comprise dans le secteur pastoral de la presqu'île d'Arvert, centré sur Marennes. La messe est célébrée chaque samedi soir à 18 heures 30 en l'église Saint-Étienne.

Arvert abrite un temple de l'Église réformée où le culte est célébré certains dimanches à 10 heures 30, en alternance avec La Tremblade, Marennes, Étaules ou Chaillevette.

Les autres confessions ne disposent pas de lieu de culte dans la commune.

Marché[modifier | modifier le code]

Un marché alimentaire se tient chaque mercredi et samedi matin (de 8 heures à 12 heures 30) sur la place du Marché, en centre-ville. Il rassemble deux fois par semaine une dizaine de producteurs (poissonniers, boucher, primeurs, etc.). La restructuration de la place du Marché, initiée au début des années 2010, a permis la construction de halles modernes, aux lignes simples et ajourées. Inaugurées le 1er juin 2011, elles accueillent désormais clients et commerçants[37].

Économie[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Le taux de chômage de la commune est plus élevé que la moyenne nationale. Il était de 14,9 % en 1999 (moyenne nationale de 12,9 %), de 12,8 % en 2006 (moyenne nationale 9,8 %)[38] et de 13 % en 2010 (moyenne nationale : 12,3 %)[39].

Un « point emploi » a été mis en place dès 1992 à La Tremblade pour tenter de réguler ce problème et aider les personnes concernées à s'adapter aux changements du marché du travail. Fonctionnant en partenariat avec la maison de l'emploi du Pays Royannais, le pôle emploi de Royan, la maison des saisonniers et la mission locale du Pays Royannais, il permet de consulter des offres d'emploi, de bénéficier d'aide pour certaines démarches (rédaction de CV, préparation d'entretiens d'embauche) et de participer à des réunions d'information collective.

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

La commune est au cœur d'un bassin d'emploi particulièrement attractif, la zone d'emploi de Royan (issue de la partition de l'ancienne zone d'emploi Saintonge maritime, qui regroupait de nombreuses communes du Pays Rochefortais, du Pays Marennes-Oléron et du pays royannais[40]), forte de 27 753 emplois en 2008[41]. La zone d'emploi de Royan est, avec celle de La Rochelle, la plus dynamique de la région Poitou-Charentes, toutes deux profitant « d'un tissu économique et d'une démographie dynamiques » (Insee)[41]. La croissance y est particulièrement soutenue, du fait du développement des activités tertiaires.

284 établissements étaient recensés dans la commune par les services de l'Insee au 31 décembre 2010, essentiellement des très petites entreprises : 28,5 % ont en effet des effectifs compris entre 1 à 9 salariés, et 4,6 % ont plus de 10 salariés. Les secteurs de l'ostréiculture et de l'agriculture conservent une place importante dans la commune, rassemblant à eux deux 23,9 % des actifs[39]. Une trentaine d'entreprises ostréicoles sont implantées à Arvert, essentiellement dans les deux ports de Coux et de La Grève à Duret, toutes se chargeant de la production, de l'affinage et de l'expédition des huîtres du bassin de Marennes-Oléron.

En plein développement depuis quelques années, le secteur du commerce et des services est aujourd'hui largement majoritaire, conséquence du développement de l'agglomération et des retombées du tourisme, qui ne concerne plus aujourd'hui les seules communes littorales. La proximité des stations balnéaires de la Côte de Beauté (mais aussi de Ronce-les-Bains) et d'une vaste pinède aux portes de la commune (forêt de la Coubre) expliquent une hausse croissante de la fréquentation touristique, qui a favorisé à son tour l'implantation d'infrastructures adaptées (quatre campings, deux hôtels, trois maisons d'hôtes) et d'un office du tourisme en centre-ville. En 2010, le commerce, les services — à la personne et aux entreprises — et le tourisme rassemblent 47,3 % des actifs[39]. Le secteur de la construction, qui arrive en troisième position, connaît également un grand développement, et concerne 16,9 % des actifs, un chiffre à mettre en parallèle avec la moyenne départementale, qui est de 10,6 %. L'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale concernent 10,6 % de la population active et l'industrie, qui n'est que peu représentée dans la commune, ne rassemble qu'à peine 2,8 % des actifs[39].

La commune rassemble de nombreux commerces de proximité, qui viennent compléter ceux déjà présents dans les communes voisines de La Tremblade et d'Étaules, ces trois villes formant un seul et même ensemble, intimement lié au niveau macro-économique. Ils se concentrent en centre-ville, le long de la route de La Tremblade mais aussi dans la zone d'activité des Justices, à proximité de la rocade. Le centre-ville rassemble ainsi un supermarché de proximité (Carrefour City) entouré d'une petite galerie marchande et doté d'une station-service, d'un magasin hard-discount ALDI, de deux boulangeries, d'une librairie/maison de la presse, d'une auto-école, de deux agences immobilières (Orpi et Cabinet immobilier), de deux magasins de bricolage (Brico Pro et Big mat), d'un fast food, de plusieurs restaurants, d'un dépôt vente, d'un centre funéraire, d'une boutique d'informatique et de deux salons de coiffure. À la sortie de la ville, un hypermarché de l'enseigne Super U (2985 mètres carrés de surface de vente) est venu remplacer un magasin plus petit. Sa construction, entammée à l'automne 2013, a duré jusqu'au printemps 2014 et le centre commercial a ouvert ses portes le 24 avril 2014. À quelques centaines de mètres de là, mais sur la commune de La Tremblade, se trouve un supermarché Intermarché.

Les grandes surfaces les plus proches sont situées dans l'agglomération royannaise (CC Val Lumière — Hyper Intermarché — à Vaux-sur-Mer et CC Royan II — E.Leclerc — à Royan).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Saint-Étienne d'Arvert.

De fondation très ancienne, l'église Saint-Étienne a énormément souffert pendant les Guerres de religion. En 1568, la vieille église romane subit les assauts des Huguenots, qui la détruisent presque intégralement, tout comme l'église Saint-Symphorien de Dirée (cette dernière ne sera jamais reconstruite).

L'église Saint-Étienne date essentiellement du XVIIe siècle.

La façade conserve cependant quelques éléments architecturaux datés du XIIe siècle : deux faisceaux de sept colonnes surmontés de chapiteaux et quelques modillons. Tous témoignent de la fantaisie et de l'humour déployé par les imagiers du Moyen Âge. L'un des chapiteaux montre ainsi un personnage vomissant un serpent, qui se retourne et vient lui mordre la joue ; un autre représente une tête d'homme, regardant vers l'ancien golfe d'Arvert, et qui serait un pirate ou un viking.

L'église actuelle date de 1683 (date inscrite sur un des contreforts du chœur), ce qui en fait la plus ancienne du canton de La Tremblade. Elle doit sa reconstruction à l'abbé Jean de Lafargue, prêtre de la paroisse de 1672 à 1717. Des modifications sont apportées à l'édifice au XIXe siècle, qui se traduisent d'abord par l'édification du clocher (1845), solide tour de pierre surmontée d'une flèche en ardoises, par le surhaussement des murs, par l'adjonction de petites chapelles (faux transept) et par un agrandissement du chœur (1890). L'église, très sobre, se compose d'une nef très large couverte d'une voûte en plâtre surbaissée et éclairée par une série de baies tantôt ogivales, tantôt en plein cintre, où ont été placés des vitraux dans le goût du XIXe siècle. Dans le chœur, deux vitraux représentent saint Étienne et saint Paul. Une chaire en pierre est placée près de la chapelle nord. Le clocher abrite un ensemble de trois cloches : « Marie-Émilie » (La bémol, 450 kg), « Françoise, Stéphanie, Josèphe, Jeanne » (Si bémol, 310 kg) et « Marie, Marthe, Léon, Eustelle » (Do, 230 kg). Le parvis de l'église conserve un puits à dôme du XVIIIe siècle.

Temple protestant[modifier | modifier le code]

La Réforme s'implante très tôt dans la presqu'île d'Arvert, région ouverte sur la mer et par voie de conséquence, sur les idées nouvelles que colportent marins et négociants en provenance des pays d'Europe du Nord. La population protestante est assez importante pour qu'un premier temple soit édifié dès 1566, en bordure du chemin reliant Arvert aux Mathes. Devenu trop petit, trop vétuste ou tout simplement ne correspondant peut-être plus aux nécessités du culte, il est remplacé par un nouvel édifice en 1609. Un temps menacé de destruction, il est maintenu en fonction par un arrêt du 28 février 1664[42].

Las ! Il ne s'agit là que d'un répit et bientôt, les pressions sur la communauté protestante se font plus intenses. Pressés de renoncer à leurs « erreurs », les religionnaires se voient privés de leur lieu de culte par un édit du conseil du Roi le 2 mars 1682. Le bâtiment est entièrement détruit, fondations comprises. Les matériaux servent à restaurer l'église Saint-Étienne. Le culte est dès lors célébré dans des maisons particulières ou en plein air, ce qui lui vaut d'être nommément interdit par un édit du roi Louis XIV le 23 mars 1683[42].

En 1685, l'édit de Fontainebleau, qui révoque l'édit de Nantes, vient jeter pour plus d'un siècle les protestants de la région dans une semi-clandestinité, parfois sur les routes de l'exil. En 1755, une maison d'oraison est édifiée à Avallon. Il faut attendre 1834 pour que la commune fasse l'acquisition d'une vaste propriété, achetée aux héritiers Martin Descombes : tandis que la commune vend les jardins aux enchères, le consistoire protestant achète les matériaux pour édifier le nouveau temple, à partir de l'année 1836. Il est restauré à plusieurs reprises en 1885, 1897, 1902 (achat d'un nouveau mobilier) et est soumis à une véritable « cure de jouvence » en 1903 (remise en état de la toiture, de la charpente, des huisseries, etc.) et en 2000[42]. D'une grande sobriété au point de vue architectural, il forme une simple salle rectangulaire éclairée de baies en plein cintre.

Maison d'oraison d'Avallon[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, sous l'influence des idées des Lumières et grâce à la ténacité de pasteurs opiniâtres tels que Louis Gibert, une série de maisons d'oraison (sorte de temples aménagés dans des granges ou des maisons particulières) sont édifiées dans les environs de Royan. Les persécutions contre les protestants, toujours d'actualité, baissent en intensité grâce à la protection du marquis de Sénecterre, maréchal de France et gouverneur de Saintonge[43].

Une première maison d'oraison est édifiée à partir de 1755 à Breuillet; si elle est brûlée sur décision de justice, elle est immédiatement reconstruite. En quelques semaines, d'autres lieux de culte sortent de terre. La cession d'une parcelle de terrain à Avallon (petit port alors situé à peu de distance du bourg) par Martine Pasdejeu permet l'édification d'une première maison d'oraison, et vaut à la généreuse bienfaitrice d'être condamnée à la détention à l'hospice de La Rochelle[43]. Le lieu de culte, démoli, est reconstruit à la première occasion. Il a une certaine importance car en 1781, il abrite le synode des Églises de Saintonge, Angoumois et Bordeaux. Toutefois, son entretien cause bien des soucis et il est décidé de construire un temple plus moderne en 1834[43].

La maison d'oraison d'Avallon, excentrée, continue néanmoins d'être utilisée et est même restaurée la même année (dédicace effectuée le 20 avril 1834). Elle est vendue en 1955 et est désormais partie intégrante d'une propriété privée. Elle est un des rares témoignages toujours debout de ce type de constructions en Charente-Maritime, avec le temple de Maine-Geoffroy à Royan et l'ancienne maison d'oraison de Luzac (celle de Paterre, à Chaillevette, a hélas été entièrement détruite).

Moulin des justices[modifier | modifier le code]

Si au début du XIXe siècle la commune comptait encore une vingtaine de moulins à vent, seul quatre ont survécu jusqu'à nos jours. Le moulin des justices, construit dès le XVIe siècle, est le plus ancien d'entre eux. Ce moulin doit son nom au lieu où l'on exécutait la justice seigneuriale sous l'ancien régime. Ses ailes, aujourd'hui manquantes, étaient équipées du système Berton, qui permettait de régler la voilure, même lorsque le moulin était en action.

Stèle du Général de Gaulle[modifier | modifier le code]

Revue des Mathes du 22 avril 1945 dans la plaine d'Arvert.

Cette stèle datant de 1949, commémore la venue du général de Gaulle à Arvert, le 22 avril 1945, peu après la libération de la presqu'île d'Arvert et de la poche de Royan. Il avait fallu trois jours de combats acharnés pour arriver enfin à la capitulation des dernières troupes allemandes, retranchées dans leurs blockhaus de la forêt de la Coubre[44].

Autres sites et monuments[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs moulins implantés dans la commune: le moulin de Cabouci, le moulin de Lauriers, le moulin du petit pont...
  • Un puits à dôme situé sur la place de l'église.
  • Le port de La Grève à Duret et le port de Coux.
  • Le Train des mouettes traverse la commune.
  • Le logis de Fouilloux.
  • Le monument aux morts.

Culture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Culture en Charente-Maritime.

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Arvert dispose d'une bibliothèque municipale située face à la mairie (dans les locaux de l'ancienne mairie).

Langue saintongeaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Saintongeais.
Carte représentant l'aire linguistique du Saintongeais dans les Charentes et le Nord-Gironde
Aire linguistique du saintongeais.

La commune est située dans l'aire linguistique du saintongeais, un dialecte faisant partie de la famille des langues d’oïl, branche des langues romanes, qui comprend également le français, l’angevin le picard et le poitevin avec lequel il est souvent regroupé dans un domaine plus vaste, le poitevin-saintongeais.

Le saintongeais (saintonjhais) est la langue vernaculaire parlée dans les anciennes provinces d'Aunis, Saintonge et Angoumois. On l’appelle aussi le charentais ou encore le patois charentais. Les locuteurs sont dits patoisants. Le saintongeais a fortement influencé l’acadien et en conséquence, par ricochet, le cadien ; quant au québécois, il a été influencé par les parlers tels que le normand, le francien et le saintongeais.

La langue saintongeaise présente de nombreux traits communs avec des langues telles que le cadien ou l'acadien, ce qui s'explique par les origines saintongeaises d'une partie des émigrants vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La gastronomie saintongeaise est principalement axée sur trois types de produits : les produits de la terre, les produits de la mer et les produits de la vigne.

Carte des différentes zones de production du Cognac et du Pineau dans les deux Charentes : Saint-Georges-de-Didonne est en bois ordinaires
Zone de production du cognac et du pineau.

Les préparations à base de viande de porc occupent une place prépondérante dans la cuisine régionale : ainsi des gratons ou des grillons, sortes de rillettes à base de viandes rissolées et confites dans leur graisse, du gigorit (ou gigourit), un civet mêlant sang, gorge, foie et oignons, ou de la sauce de pire, à base de fressure, d'oignons et de vin blanc de pays[45].

La cuisine saintongeaise intègre tout naturellement de nombreuses recettes à base de « cagouilles », le nom local de l'escargot petit-gris. Animal tutélaire de la Saintonge, il est notamment cuisiné « à la charentaise », c'est-à-dire cuit dans un court-bouillon agrémenté de vin blanc, d'ail et de mie de pain.

Parmi les autres spécialités locales, il convient de noter également les pibales (alevins d'anguille pêchés dans la Gironde, spécialité des villes de Mortagne et de Blaye), les huîtres de Marennes-Oléron, les sardines de Royan, les « thyeusses de gueurnouilles » (cuisses de grenouilles) ou encore la « sanglette », une galette préparée à base de sang de poulet et d'oignons cuits.

Les desserts traditionnels sont issus de la cuisine paysanne : millas (gâteau à la farine de maïs, qu'on retrouve dans une grande partie du Sud-Ouest de la France), galette charentaise, au beurre Charentes-Poitou, ou encore « merveilles » (beignets).

Les vignes de la région servent à la confection d'eaux-de-vie réputées, telles que le pineau des Charentes et plus encore, le cognac. La commune d'Arvert est ainsi intégralement située dans la zone de production des « bois ordinaires ».

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Travers, curé des Mathes, En pays d'Arvert, ouvrage historique et folklorique, 1973.
  • Henri Moreau, Seigneurs et domaines en Arvert, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Orthodromie entre Arvert et Royan », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  2. « Orthodromie entre Arvert et Rochefort », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  3. « Orthodromie entre Arvert et Saintes », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  4. « Orthodromie entre Arvert et La Rochelle », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  5. « Orthodromie entre Arvert et Bordeaux », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  6. « Orthodromie entre Arvert et Étaules », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  7. « Orthodromie entre Arvert et La Tremblade », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  8. « Orthodromie entre Arvert et Breuillet », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  9. « Orthodromie entre Arvert et Marennes », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  10. « Orthodromie entre Arvert et Bourcefranc-le-Chapus », sur le site lion1906.com de Lionel Delvarre (consulté le 1er septembre 2012).
  11. Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984
  12. Préfecture de Charente-Maritime : Météo France
  13. Relevés Météo-France de 1946 à 2000, sur le site Bernezac.com
  14. « Climatologie mensuelle à La Rochelle », sur infoclimat.fr (consulté le 22 octobre 2009)
  15. « Du changement à Royan », sur Trans'bus,‎ septembre 2008 (consulté en 1er juillet 2009)
  16. « Plan du réseau Cara'bus (PDF) », sur Carabus transport,‎ janvier 2009 (consulté en 1er juillet 2009)
  17. Protestantisme en pays royannais.
  18. Mémoire protestante.
  19. Révocation de l'Édit de Nantes.
  20. Maison d'oraison d'Avallon.
  21. Résistance protestante.
  22. Les frères Gibert.
  23. La décentralisation, site de l'Assemblée nationale
  24. « nombre des membres du conseil municipal des communes », Legifrance
  25. Résultats élections municipales Arvert
  26. « Juridictions d'Arvert », sur le site du ministère de la Justice (consulté le 13 janvier 2013).
  27. « Impôts locaux à Arvert », taxes.com.
  28. Loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 (Légifrance)
  29. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  30. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  31. « Évolution et structure de la population à Arvert en 2008 », sur le site de l'Insee (consulté le 8 janvier 2011).
  32. « Résultats du recensement de la population de la Charente-Maritime en 2008 », sur le site de l'Insee (consulté le 8 janvier 2011).
  33. SIVOM Jeunesse Presqu'île d'Arvert
  34. Stade Valentin Guillon d'Arvert, site France Stades
  35. « Les émetteurs pour la TNT-HD se dévoilent », sur Degroupnews (consulté en 11 décembre 2010)
  36. « Déploiement ADSL à Arvert », sur Degroupnews (consulté le 12 janvier 2013)
  37. La lettre d'Arvert, n°54, septembre 2011, p.12
  38. conseil-general.com : Arvert
  39. a, b, c et d Arvert : résumé statistique, site de l'Insee
  40. Présentation de la zone d'emploi de Saintonge maritime, site de l'ARTLV
  41. a et b « Treize nouvelles zones d’emploi en Poitou-Charentes », sur le site de l'Insee (consulté en 05 août 2012).
  42. a, b et c Arvert : l'histoire des temples, site temple.free
  43. a, b et c Robert Martel, Les maisons d’oraison de la presqu’île d’Arvert
  44. La Poche de Royan
  45. Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, p. 106-107