Laboratoire de biologie médicale

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Un laboratoire de biologie médicale (abrégé en LBM), ou, anciennement, laboratoire d'analyses médicales, est un lieu où sont prélevés et analysés divers fluides biologiques d'origine humaine ou animale sous la responsabilité des biologistes médicaux, qui en interprètent les résultats dans le but de participer au diagnostic et au suivi de certaines maladies.

Disciplines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Biologie médicale.

Types de laboratoires[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Tous les laboratoires de biologie médicale (LBM) sont sous le même régime. Ils comprennent un ou plusieurs sites. La phase analytique (automate de laboratoire) n'est pas nécessairement réalisée sur tous les sites. Ceux-ci doivent toutefois rendre les résultats dans les délais de l'état de l'art (dans la journée pour la plupart des examens non urgents). Tous les LBM de France sont entrés depuis le 1er novembre 2013 dans une démarche d'accréditation selon une norme internationale (ISO EN NF 15189) qui sera obligatoire pour la totalité de leur activité avant le 1er novembre 2020.

  • les laboratoires hospitaliers que l'on trouve au sein des CHU ou des CHR participent au diagnostic au sein des hôpitaux ;
    • les laboratoires de biologie médicale des CHU ont également une activité de recherche et réalisent des examens spécialisées,
  • l'Assurance maladie gère — au travers des caisses primaires d'assurance maladie[1] — des centres d'examen de santé (CES), dont une quinzaine possède son propre laboratoire de biologie médicale[2] ;


Principales sociétés exploitant des laboratoires privés[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années avec l'assouplissement de la législation et notamment la loi MURCEF en 2001 et la création des SELAS (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiées) en 2003 (dissociation du capital des droits de vote) des groupes capitalistiques de plusieurs centaines de laboratoires ont fait leur apparition [3]:

Équipe et hiérarchie au sein du laboratoire[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En France, les professionnels travaillant au sein d'un laboratoire ont des fonctions et responsabilité bien établies. La liste des professionnels suivantes est établie par ordre décroissant de responsabilité. Depuis janvier 2010, la législation française est la même pour les laboratoires privés et publics. Les uns et les autres sont ouverts au public.

Dans les laboratoires privés[modifier | modifier le code]

Dans les laboratoires hospitaliers[modifier | modifier le code]

  • l'organisation est la même. Le biologiste médical qui assure la fonction de biologiste-responsable est le plus souvent un chef de pôle.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Tout département clinique formé dans un centre hospitalier est dirigé par un chef qui doit être un médecin, un dentiste ou un pharmacien, sauf le département clinique de biochimie dont le chef peut être un biochimiste clinique. Le chef de département clinique est nommé pour au plus quatre ans par le conseil d'administration après consultation des médecins, dentistes et pharmaciens et, le cas échéant, des biochimistes cliniques exerçant dans le département, du directeur des services professionnels et du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens[4].

Les différentes phases de l'analyse médicale[modifier | modifier le code]

Phase préanalytique[modifier | modifier le code]

C'est la première phase très importante de l'analyse médicale. Elle comprend l'état du patient (à jeun ou non), la phase de prélèvement, celle de l'étiquetage des échantillons prélevés, de l'enregistrement des demandes d'analyses, de la centrifugation, de l'aliquotage des prélèvements et de leur prétraitement éventuel : filtration, lyse des cellules, etc. Pendant cette étape un certain nombre d'opérations peut fausser les résultats comme l'utilisation d'un tube avec un mauvais anticoagulant ou la présence d'une hémolyse.

En France, cette partie du processus est parfaitement bien contrôlée en raison du maillage territorial et donc de la proximité des laboratoires d'analyses. En effet, dans les laboratoires privés, les prélèvements sont très souvent réalisés au sein même du laboratoire ce qui limite au maximum les erreurs liées au transport par exemple.

Types de prélèvements[modifier | modifier le code]

  • Prélèvements de sang veineux (au pli du coude, sur la main, à la malléole…) et artériel.
  • Prélèvements cutanéo-muqueux (vaginaux, urétraux, de la cavité buccale…)
  • Prélèvements de peaux et phanères (ongles, cheveux…)
  • Prélèvements de liquides d'épanchement (pleural, péritonéal, etc.) ou de ponction (liquide céphalo-rachidien, moelle osseuseetc.)
  • Prélèvements de selles, d'urines ou de liquides de stomies.
Article détaillé : liquide biologique.
  • Cas particuliers des prélèvements environnementaux (eaux, air, surfaces, dispositif médicaux).

Théoriquement les prélèvements qui n'ont pas d'origine animale ou humaine ne rentrent pas dans le champ de la biologie médicale. Cependant étant donnée l'origine parfois environnementale des infections au sein des établissements de soin (infection nosocomiale), le contrôle microbiologique de l'environnement est dévolu au département d'hygiène au sein des laboratoires de biologie médicale.

Phase analytique[modifier | modifier le code]

Selon le laboratoire et le domaine de science, la phase analytique utilisent de plus en plus souvent des automates très sophistiqués qui permettent d'améliorer la rapidité du rendu de résultats et la reproductibilité des résultats.

Même le domaine de la microbiologie, jusqu'à présent très manuel, voit son exercice révolutionné par l'apparition de chaines robotisées traitant les prélèvements de l'ensemencement jusqu'à l'identification du germe en passant par la gestion des temps de cultures, des autoclaves (étuves), de la détection et du repiquage des colonies.

Automates d'analyses médicales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Automates d'analyses médicales.

Plusieurs entreprises se partagent le marché des bio-réactifs et des automates d'analyses médicales.

Article détaillé : Entreprises du diagnostic in vitro.

Phase post-analytique[modifier | modifier le code]

C'est la phase de validation technique, de validation biologique et d'interprétation du résultat par le biologiste médical et de rendu de résultats auprès des cliniciens et des patients. Elle repose fortement sur l'existence d'un système d'informatique de laboratoire ou SIL.

Informatique de laboratoire[modifier | modifier le code]

En France la Société française d'informatique de laboratoire (SFIL), association loi 1901 crée en 1985, travaille en collaboration avec les ordres, les syndicats, les acteurs publics, la CNIL, l'ASIP Santé, les laboratoires privés, les hôpitaux publics et les industriels (matériel et logiciel). Ses buts sont de promouvoir et structurer l'évolution du marché des logiciels et des automates de laboratoire[5].

Article détaillé : LIMS.

Législation[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

LBM privés[modifier | modifier le code]

Ces laboratoires sont dirigés en France par des pharmaciens ou médecins spécialisés en biologie médicale, qui sont des biologistes médicaux. La fonction de direction du LBM est exercée par un biologiste-responsable, comme dans le secteur public.

LBM hospitaliers[modifier | modifier le code]

Les chefs de service dans les LBM hospitalo-universitaires sont des docteurs ès sciences quasiment exclusivement médecins ou pharmaciens. Actuellement, l'ordonnance dite « Ballereau » publiée en janvier 2010 et réformant la biologie médicale rend obligatoire le DES de Biologie médicale pour l'exercice en milieu hospitalo-universitaire. Les chefs de service des LBM purement hospitaliers doivent être obligatoirement des spécialistes en biologie médicale.

Exploitation des LBM privés[modifier | modifier le code]

Au minimum 50 % du capital des LBM ouverts au public doit être détenu par des professionnels titulaires des diplômes permettant l'exercice de la Biologie médicale (actuellement le diplôme d'études spécialisées (DES) de Biologie médicale) et exerçant dans la société en question[6].

Depuis quelques années avec l'assouplissement de la législation et notamment la loi MURCEF en 2001 et la création des SELAS (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiées) en 2003 (dissociation du capital des droits de vote) des groupes capitalistiques de plusieurs centaines de laboratoires ont fait leur apparition : Novescia, Labco, Unilabs, Cerba, Biomnis…

Normes de qualité[modifier | modifier le code]

La norme ISO 15189 est la norme de qualité internationale spécifique des laboratoires d'analyses médicales.

En France, tous les laboratoires de biologie médicale (LBM) devront appliquer cette norme pour l'ensemble de leurs analyses au plus tard au 31 octobre 2020 (50 % des examens en 2016, 80 % en 2018)[6]. L'organisme chargé d'accréditer tous les LBM selon la norme ISO 15189 est le COFRAC. Le Guide de Bonne Exécution des Analyses (GBEA) était, jusqu'à la parution de l'ordonnance du 15 janvier 2010[7], le seul référentiel qualité obligatoire en France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À Nancy, le Centre d'Examens de Santé est géré par une union de caisses, et pas strictement par la CPAM
  2. Ce réseau des CES est animé par le CETAF ; plus de 600 000 personnes bénéficient chaque année d'un examen périodique de santé
  3. [Acteurs de la financiarisation de la Biologie médicale|http://blog.sjbm.fr/?p=845]
  4. [1]
  5. SFIL Société Française d'Informatique de Laboratoire, association loi 1901 crée en 1985
  6. a et b LOI no 2013-442 du 30 mai 2013 portant réforme de la biologie médicale.
  7. Ordonnance no 2010-49 du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]