Service au volant

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Un service au volant d'un restaurant rapide Arby's aux États-Unis
Une enseigne Quick Drive en France.

Le service au volant[1] ou point-retrait[2], est une forme d'interface entre le client et le vendeur dans les secteurs de la restauration et la distribution alimentaire.

Initialement un service proposé dans le cadre de la restauration rapide ou des cinémas qui permet aux clients de passer commande et de bénéficier d'une prestation sans descendre de leur voiture . Ce service est généralement[réf. nécessaire] désigné par les anglicismes drive-in ou simplement drive (de l'anglais « drive-through », parfois orthographié « drive-thru ») en Belgique et en France, et service à l'auto au Québec[3].

Aujourd'hui une formule de distribution et en plein essor, permettant au consommateur de se rendre dans un lieu convenu pour recevoir une prestation ou charger ses courses dans le coffre de sa voiture, dans le cas des achats de produits alimentaires et de grande consommation, après avoir passé sa commande sur un site internet dédié. Les termes « Bricks and clicks » ou « Click and mortar » sont également utilisés par les concepteurs et opérateurs des systèmes d'information pour caractériser le fonctionnement générique de ces nouvelles formes de distribution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers services au volant[modifier | modifier le code]

Ce type de service apparait aux États-Unis à la fin des années 1940[4],[5] et se répand dans de nombreux pays.

La terminologie aux États-Unis différencie le « drive-through » où les véhicules forment une file pour récupérer leur commande à un guichet (restaurant, pharmacie, banque), du « drive-in » où les clients garent leurs véhicules sur un parking pour profiter d'un service à bord (restauration, cinéma).

En France, la première ouverture semble être celle du « Quick drive » de Plan de Campagne en 1983[réf. nécessaire].

Le premier service au volant alimentaire s'est ouvert le 21 juin 2000 à Leers dans le nord de la France sous l'enseigne VOLUME EXPRESS en avant-première mondiale[réf. nécessaire].

Ce nouveau concept de vente imaginé par Géry Duvet pour le groupe Auchan a fait l'objet d'un dépôt de brevet à l'INPI.

Les nouveaux développements de la formule[modifier | modifier le code]

Avec l'essor des technologies de l'information et de la communication, la formule du service au volant s'élargit à d'autres prestations notamment du fait de la grande distribution et connait un développement spectaculaire : en France, les services au volant progressent très fortement ces dernières années[6]. En 2012, 2 000 les services au volant en France gèrent 2,8 % de toute la consommation alimentaire[7].

Le service au volant dans la grande distribution[modifier | modifier le code]

Le service au volant connait un fort développement dans le secteur de la grande distribution française. Le succès est tel qu'en septembre 2012, la barre des 1 000 emplacements ouverts et dédiés au service au volant a été franchie[8].

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Ce service propose au consommateur de passer ses commandes à l'avance sur un site internet créé à cet effet, ou par le biais d'une borne, ou directement au point de livraison et ce, avant d'aller récupérer ses achats au lieu et selon un délai convenus, pour les charger directement dans le coffre de sa voiture[1]. Le règlement s'effectue en général au point de livraison, après réception de la commande.

Typologie des emplacements « drive »[modifier | modifier le code]

Plusieurs formules coexistent[8] :

Le « drive solo »[modifier | modifier le code]

Ce type d'emplacement est implanté, s'approvisionne et fonctionne de façon autonome. Leur stratégie d'implantation est fondée sur la capacité à faciliter l'approche des consommateurs au volant de leur véhicule, mais aussi de se positionner dans la zone de chalandise d'un ou de plusieurs de leurs concurrents. En France, la surface implantée représente 4 000 à 5 000 m² dont environ 2 000 m² pour le bâti et 2 000 à 3 000 m² pour les voiries[8]. Le fonctionnement de l'ensemble implique l'existence d'un personnel dédié.

En France, les principaux acteurs présents sur ce segment sont Leclerc (44 sites) et Chronodrive (36 sites).

Le « drive adossé »[modifier | modifier le code]

L'emplacement jouxte un magasin mais s'approvisionne et fonctionne de manière autonome. La formule implique la création d'un entrepôt (en France de 1 500 à 2 000 m²) à proximité de la surface de vente à laquelle il est adossé. L'offre (5 000 à 6 000 références) est moins large que celle offerte dans le magasin voisin. L'investissement n'en est pas moins conséquent (sensiblement du même ordre qu'un Drive solo ). Les principaux acteurs en France sont Leclerc (46 sites) et Auchan (42 sites).

Le « drive-picking magasin »[modifier | modifier le code]

Dans cette formule, les produits délivrés proviennent d'une surface de vente déjà existante. Une surface de voirie et de parking est réservée à l'activité « drive ». L'investissement est réduit : Une surface de 150 à 300 m² est suffisante pour abriter le service. L'investissement initial est nettement plus faible. La formule est également attractive car les effectifs de service peuvent être partagés avec ceux du point de vente magasin. En revanche la nouvelle activité peut rendre plus délicate la gestion des approvisionnements et des stocks.

Avantages de la formule de service au volant[modifier | modifier le code]

Pour le consommateur[modifier | modifier le code]

Les consommateurs fréquentant les « drives » sont plutôt jeunes et urbains : Leur motivation repose sur le gain de temps permis par la formule qui les dispense de parcourir les rayons du magasin et de devoir faire la queue aux caisses pour régler leurs achats. 38 % des familles ayant de jeunes enfants privilégient ce mode d'achat alors qu'elles ne sont en moyenne que 19 % à fréquenter les points de vente habituels. L'étude du profil des CSP des utilisateurs révèle que 62 % des clients appartiennent aux « professions intermédiaires » et que 34 % sont des cadres.

Pour l'exploitant[modifier | modifier le code]

L'ouverture d'un service au volant est plus simple et plus rentable a priori que l'ouverture d'un point de vente traditionnel :

  • L'investissement initial est cinq à six fois inférieur à celui nécessaire pour la création d'un supermarché avec l'obtention d'un CA équivalent à celui d'une surface de 2 000 m² en libre-service et un retour sur investissement rapide permis par une rentabilité nette constatée de 5 % contre 4,5 % pour des points de vente traditionnels.
  • Jusqu'au 31 décembre 2013, l'ouverture d'un service au volant n'était généralement pas soumise à la législation relative à l'urbanisme commercial ( exonération qui semble moins évidente pour la vente de produits de bricolage ou les espaces implantés à l'intérieur de surfaces de vente existantes.) . De ce fait, les délais requis pour l'ouverture étaient réduits.
  • Enfin, la formule « drive » n'est pas soumise à la TascoBoulangeriem redevable aux collectivités locales (Taxe sur les surfaces commerciales ).

L'essor des implantations en France[modifier | modifier le code]

En avril 2013, la France comptait 2 150 drives ouverts[9] (tous formats confondus). Ces drives sont répartis entre les drives « piétons » (simple retrait à l'accueil du magasin) et les drives « voitures » (zones de retrait sur le parking via des bornes d'accueil).

La répartition du parc par enseigne est la suivante :

  • Le drive Intermarché : 581 drives
  • Courses U : 525 drives
  • E. Leclerc Drive : 312 drives
  • Carrefour Drive : 252 drives
  • Casino Drive : 126 drives
  • Auchan Drive : 74 drives
  • Monoprix : 62 drives
  • Leader Drive : 59 drives
  • Chronodrive : 58 drives
  • Coradrive : 55 drives
  • Simply Market : 37 drives
  • Casino Express : 6 drives
  • Supermarchés Match : 1 drive
  • Houra Drive : 1 drive
  • Jumbo Drive : 1 drive

Exemples de services au volant[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Faites vos courses au volant - Le Parisien, 5 novembre 2008
  2. http://www.lepoint.fr/economie/hypermarches-la-revolution-du-drive-16-10-2012-1517413_28.php
  3. Grand Dictionnaire Terminologique
  4. (en) Robert J. Sickels (dir.), The 1940s, Greenwood Press, 2004, p. 107
  5. L'expression « drive-through » ou « drive-thru » est attestée en 1948. Cf. Merriam-Webster's Collegiate Dictionary, p. 382
  6. L’essor du « drive » en France : des synergies à développer et des avantages compétitifs à créer - Enrico Colla et Paul Lapoule, 2011 [PDF]
  7. Le "drive", un cadeau empoisonné pour la grande distribution, Francis Lecompte, Management, février 2013, page 33
  8. a, b et c Les concepts : Le drive - Service de veille économique de l'agence d'urbanisme de Lyon, décembre 2012 [PDF]
  9. Plus de 2 000 drives en France : décryptage - Le guide des drives
  10. « Boulange drive »
  11. « Pharmacie Drive »
  12. « Fleuriste drive »
  13. « Drive in bancaire »

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Bader, « Comment le « drive » va révolutionner nos hypermarchés », Capital, no 252,‎ septembre 2012, p. 52-53.