Tempête Lothar
| Tempête Lothar | |
La trajectoire de la tempête. |
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| Localisation | |
|---|---|
| Régions affectées | Nord de la France, Allemagne, Suisse, Danemark |
| Caractéristiques | |
| Type | Tempête synoptique hivernale |
| Vent maximal | 259 km/h (vents moyens de 150 km/h) |
| Pression minimale | 960 hPa |
| Cumul des précipitations | inconnue |
| Date de formation | 25 décembre 1999 |
| Date de dissipation | 27 décembre 1999 |
| Conséquences | |
| Nombre de morts | au moins 38 directement et 15 indirectement |
| Coût | 6 400 000 000 dollars américains |
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Lothar est le nom donné par les météorologistes européens à la première des deux tempêtes de fin décembre 1999 en Europe. Ses vents moyens (autour de 150 km/h) de force équivalente à un ouragan de catégorie 1 ont dévasté dans la journée du 26 décembre 1999 le nord de la France et de la Suisse, l’Allemagne et le Danemark. Ils causèrent des dommages importants, en particulier aux forêts, avec des rafales atteignant jusqu'à 259 km/h (Wendelstein en Allemagne près de la frontière autrichienne)[1]. Lothar s'est déplacé à 100 km/h sur un axe Bretagne (vers 4 h) - Lorraine et Alsace (11 h) avec un front mesurant 150 km de large[2].
Ce système explosif n'était pas un ouragan (cyclone tropical), bien que ce nom lui soit donné par certains, mais une dépression des latitudes moyennes exceptionnellement intense pour l'Europe[3],[4]. Elle a été suivie le lendemain d'une seconde tempête nommée Martin qui a durement éprouvé le sud de la France, l'Espagne et le nord de l'Italie.
Sommaire |
Situation météorologique [modifier]
Du 26 au 28 décembre 1999, les cyclones extra-tropicaux Lothar et Martin ont affecté l’Europe de l’Ouest. À partir du 20 décembre 1999, la dépression d'Islande se renforce et crée un fort contraste de température le long d'un front polaire à travers l'Atlantique. Pendant ce temps, un anticyclone recouvre l’Europe centrale et orientale. Le 24 décembre, l'anticyclone se décale vers l'est ce qui permet un déplacement de la zone frontale vers l'Europe. Le long de ce front une première dépression, prénommée Kurt, affecte l'Europe de l'Ouest[5].
Tard le 24 décembre, une onde dans la circulation se développa dans la basse troposphère au sud de la Nouvelle-Écosse le long de la même zone frontale. Elle se déplaça rapidement vers l'est tout en se renforçant, aidée par un environnement favorable où un approvisionnement durable d'air froid polaire et d'air subtropical chaud et humide se rencontrait. Le 25 décembre, l'onde devint une dépression de pression centrale de 995 hPa[5]. Selon la tradition européenne, l'Institut météorologique de l'Université libre de Berlin[6] donne un nom aux dépressions hivernales, et ce fut « Lothar » dans ce cas.
Lothar se déplaça rapidement, poussée par un fort courant-jet dans la matinée du 26 décembre, à une vitesse proche de 130 km/h[4]. Elle atteignit une pression centrale de 985 hPa à quelque 300 km au sud de l'Irlande. À l’approche des côtes du nord-ouest de la France, la tempête a ralenti pour atteindre 97 km/h avant de commencer une phase d’intensification rapide. La pression centrale a chuté de 32 hPa en 8 heures, tombant à 960 hPa durant la période de passage de la tempête au-dessus de Paris, ce qui correspond à la définition d'une bombe météorologique[5],[4]. Son creusement s'est accentué sur terre en raison d'une interaction forte avec le courant jet d'altitude qui étaient proches de 400 km/h à 9 000 m d'altitude[5],[4].
Lothar était extrêmement intense et ne faisait que 300 kilomètres de diamètre, bien inférieur au diamètre de la majorité habituelle pour une dépression des latitudes moyennes[4]. Son intensification rapide a engendré un gradient de pression interne comparable à ce que l’on observe dans les ouragans de Catégorie 2. Des vents exceptionnellement forts ont été enregistrés dans une zone de 150 kilomètres située au sud du centre de la dépression[4].
Avant la dissipation de Lothar, une nouvelle perturbation s'est créée près de l’endroit où Lothar s’était formé. Cette tempête, appelée Martin, a emprunté un trajet à 200 kilomètres au sud de Lothar et a atteint sa pression minimale enregistrée de 964 hPa. Ses vents étaient d’intensité maximale à l’approche des côtes françaises dans la soirée du 27 décembre comparables à celles de Lothar : 190 km/h sur les côtes et 158 km/h à l’intérieur des terres[4].
Prévision [modifier]
Après les problèmes de la Tempête de 1987, les services météorologiques européens ont beaucoup amélioré leurs modèles de prévision numérique du temps et Météo-France a prévu Lothar. Les guides numériques de prévision pour Lothar ont été médiocres à cause de l’instabilité extrême de l’atmosphère. Certaines prévisions tablaient sur un passage du front au-dessus du Royaume-Uni tandis que d’autres ne signalaient même pas d’intensification possible de la dépression et des vents associés[4]. Cependant, l’intensité du courant-jet, avait été prévue neuf jours auparavant par le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEPMMT) et les météorologues français, utilisant les modèles ainsi que les variations de températures et de pression exceptionnelles, ont pu envoyer une alerte météorologique avec 24 heures de préavis et ont travaillé en contact étroit avec les services de la sécurité civile[4].
Cependant, ces prévisions de vitesse de vent n’étaient que de 90 à 130 km/h au lieu des vitesses observées entre 125 et 175 km/h. Après la tempête, les prévisionnistes se sont demandés si l’apport supplémentaire de données côtières aurait pu améliorer les prévisions ou si le développement dramatique de cette tempête dépassait les capacités des modèles numériques opérationels de prévision[4].
En revanche, les services météorologiques allemands ont été critiqués pour ne pas avoir émis des avertissements pour Lothar.
Rafales enregistrées [modifier]
Selon les services météorologiques des pays cités :
| Pays | Localité | Vitesse | Pays | Localité | Vitesse |
|---|---|---|---|---|---|
| France[7] | Ploumanach | 148 km/h | Suisse[8] | La Chaux-de-Fonds | 134,6 km/h |
| Île de Groix | 162 km/h | Chasseral | 177,5 km/h | ||
| Rennes | 126 km/h | La Dôle | 201,2 km/h | ||
| Nantes | 126 km/h | Genève | 103,7 km/h | ||
| Alençon | 166 km/h | Col du Grand-Saint-Bernard | 178,6 km/h | ||
| Rouen | 140 km/h | Évolène | 124,6 km/h | ||
| Chartres | 144 km/h | Lucerne | 141,5 km/h | ||
| Paris (Parc Montsouris) | 169 km/h | Zurich | 157,8 km/h | ||
| Orly | 173 km/h | Schaffhouse | 162 km/h | ||
| Troyes | 148 km/h | Hörnli | 208,1 km/h | ||
| Dijon | 126 km/h | Säntis | 229,7 km/h | ||
| Metz | 155 km/h | Allemagne[1] | Weinbiet | 184 km/h | |
| Nancy | 144 km/h | Stuttgart | 144 km/h | ||
| Colmar | 165 km/h | Karlsruhe | 151 km/h | ||
| Strasbourg | 144 km/h | Grosser Arber | 162 km/h |
Dégâts [modifier]
Selon les assureurs[9] et les autorités des pays :
- On a dénombré pour Lothar :
- France : 24 victimes.
- Suisse : 14 personnes directement et fait 15 autres victimes lors des travaux de nettoyage.
- Pertes économiques : 6,4 milliards dollars US (2006) dont 4,2 assurés.
- 13 millions de mètres cubes de bois abattus en Suisse[10].
- En France, on n'a pas de division des dégâts entre les tempêtes Martin et Lothar qui se sont succédé en fin décembre 1999. On rapporte 140 millions de mètres cubes de bois abattu au total pour les deux systèmes, l'équivalent d'un convoi ferroviaire ininterrompu d’Oslo à Gibraltar[11].
L'après Lothar [modifier]
La région du Schliffkopf dans le Bade-Wurtemberg se trouve à proximité de l'Alsace et de la vallée du Rhin. Elle est connue pour ses forêts et ses nappes d'eau souterraines, et, depuis 1938, déclarée zone protégée de la nature.
À la fin de juin 2003 fut ouvert sur les lieux, un parcours d'observation nommé le "Lotharpfad". La tempête Lothar, dont les vents de force d'ouragan ont atteint 272 km/h[réf. nécessaire], a lourdement atteint la région en 1999, et, en parcourant ce sentier d'observation de 800 mètres de long, les visiteurs peuvent découvrir près de 10 hectares dévastés par la tempête. Ce parcours permet en outre de prendre conscience de la puissance de la nature, puissance de destruction, mais également puissance de renaissance.
Notes [modifier]
- (de) Rapports sur Lothar, Service météorologique allemand. Consulté le 2009-05-01[PDF]
- (fr) Une situation météorologique exceptionnelle, Tempêtes de décembre 1999, Météo-France. Consulté le 2009-05-01
- (en) U. Ulbrich, A. H. Fink, M. Klawa et J.G. Pinto, « Three extreme storms over Europe in December 1999 », Weather, Université de Cologne, mars 2001 [texte intégral]
- (fr)(en) Les tempêtes Lothar et Martin, Risk management Solutions (RMS). Consulté le 2009-08-30[PDF]
- (fr) Eugen Müller, Stephan Bader et Patrick Hächler, « Lothar - 10 ans après », MétéoSuisse, 15 décembre 2009. Consulté le 2011-07-09[PDF]
- (en) History of Naming Weather Systems, Université libre de Berlin, 2004. Consulté le 2010-03-04
- (fr) Aspect climatologique, Tempêtes de décembre 1999, Météo-France. Consulté le 2009-05-01
- (fr) Cartes des vents lors de la tempête Lothar, Institut suisse de météorologie (ISM). Consulté le 2007-05-07
- (en) 9 milliards d'Euros aux assureurs par Swiss RE
- (fr) Michel Spicher, « L'ouragan Lothar, un cataclysme dans le monde forestier », Site officiel du Canton de Fribourg (Suisse), 2005-01-04. Consulté le 2006-12-29
- (fr) Michel Denis, « Expertise collective suite aux dégâts en forêt lors des tempêtes de décembre 1999 », Cemagref, 2004-05-10. Consulté le 2006-12-29
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (fr) Boucle des images satellitaires des tempêtes par Météo-France
- (fr) Second site sur le sujet par Météo-France
- (en) Étude des images satellitaires des tempêtes du 26 et 28 décembre 1999 par ZAMG, KNMI, FMI, DHMZ et EUMETSAT
- (fr) L'Ouragan Lothar, un cataclysme dans le monde forestier par le site officiel de l’Etat de Fribourg
- (fr) LOTHAR : Prix et marché du bois par le Département fédéral de l'Environnement, des Transports, de l'Énergie et de la Communication de la Confédération suisse [PDF]
- (en) U. Ulbrich, A. H. Fink, M. Klawa et J.G. Pinto, « Three extreme storms over Europe in December 1999 », Weather, Université de Cologne, mars 2001 [texte intégral]