Marennes-Oléron

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Situation géographique du bassin de Marennes-Oléron

L'appellation Marennes-Oléron est celle d'un bassin ostréicole français, dans le département de la Charente-Maritime, qui est le plus important centre d'affinage et de commercialisation des huîtres de France et même d'Europe.

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Le bassin de Marennes-Oléron s'étend sur la partie sud-ouest de la Charente-Maritime et sa délimitation géographique s'applique à 27 communes littorales.

L'estuaire de la Seudre

Par métonymie, c'est également l'appellation des huîtres qui proviennent de ce bassin de production et qui répondent au cahier des charges défini dans le cadre de l'IGP. Les huîtres qui proviennent de cette zone mais qui ne respectent pas le cahier des charges ne peuvent prétendre à l'appellation "huîtres Marennes Oléron". Ces huîtres, de type « creuses » - crassostrea gigas - élevées d'abord en pleine eau dans les parcs puis, affinées en claires, correspondent aux appellations

  • fines de claire
  • spéciales de claire

Historique sommaire[modifier | modifier le code]

D’implantation fort ancienne et connues dès l'époque gallo-romaine, les huîtres du littoral charentais ont d'abord été l'objet de cueillettes sur des bancs sauvages où elles se reproduisaient naturellement et abondamment.

Puis, à partir du XVIIIe siècle, elles ont commencé à être élevées dans des parcs ostréicoles qui succédaient à des marais salants alors abandonnés. Cependant, cette pratique était peu répandue et jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, la récolte des huîtres constitue essentiellement une activité d'appoint.

La véritable mise en culture de l'huître commence pendant le Second Empire, sous l'impulsion décisive de Napoléon III, qui y fait introduire les bases de l'ostréiculture moderne avec la réorganisation de l'exploitation du domaine maritime et l'introduction de la technique du chaulage pour le captage des huîtres[1].

Une cabane ostréicole dans le bassin de Marennes-Oléron. Ce type de construction a radicalement changé le paysage des anciens marais salants de la vallée de la Seudre à partir de la Troisième République.

Jusque vers 1920[2], l'huître dominante est l'huître plate qui verdissait dans les anciennes aires saunantes, appelées dès lors claires à huîtres. Les huîtres vertes de Marennes, connues sous le nom de vertes Label Rouge, étaient de longue date appréciées et leur production se développa rapidement avec l'arrivée du chemin de fer à partir de 1876[1] qui facilita la commercialisation d'une production essentiellement destinée aux classes aisées et fortunées de la capitale et des grandes villes provinciales[3].

L'huître portugaise fit son apparition sur la côte charentaise accidentellement en 1868. À la suite d'un naufrage, la cargaison de ces huîtres en grande partie avariées fut jetée à la mer, dans l’embouchure de la Gironde. Ces huîtres proliférèrent de façon inattendue en d'importants gisements sur la côte charentaise. Elles firent leur entrée sur le marché après la terrible épizootie qui frappa les vertes marennes en 1920 où 80 % de ces huîtres du bassin de Marennes furent décimées[4].

Chaland chargé de poches à huîtres dans l'île d'Oléron.

L'huître portugaise connut un réel succès grâce à sa croissance rapide, son élevage moins compliqué que l'huître plate et fut alors l'objet de nombreux soins (apparition du classement en fines de claire et spéciales de claire). Sa production atteignit les 50 000 tonnes annuelles dès les années 1920 et sa commercialisation dans toute la France assura la prospérité de la profession ostréicole où l'huître n'était plus exclusivement un produit de luxe mais était largement démocratisée, étant accessible dorénavant à toutes les classes sociales[5]. Le développement de l'huître creuse apporta un profond changement dans la pratique de l'élevage ostréicole qui allait du captage à l'affinage dans tout le bassin de Marennes et d'Oléron[4]. Mais victime de son succès trop rapide, cette huître fut frappée à son tour par une nouvelle épizootie en 1970.

Elle fut remplacée avec succès par l'huître japonaise en 1971 par l'importation de 50 tonnes d'huîtres-mères issues du Japon. Depuis lors, l'huître japonaise a pris le relais de l'huître portugaise et est maintenant acclimatée à tout le littoral charentais[6].

Depuis 2009, les « huîtres Marennes Oléron » sont enregistrées comme Indication géographique protégée[7].

Une importante région ostréicole[modifier | modifier le code]

Les structures d'accompagnement de la profession ostréicole et de ses différentes filières dans le bassin de Marennes-Oléron sont l'objet d'un encadrement efficace et important qui relève aussi bien du domaine de l'administration maritime et de la sécurité sociale maritime (à Marennes) que de l'enseignement (à Bourcefranc-le-Chapus) et de la recherche scientifique (à La Tremblade et au Château-d'Oléron). Un important salon national de la conchyliculture se tient chaque année à La Tremblade et constitue une sorte de vitrine régionale de l'ostréiculture dans le bassin de Marennes-Oléron qui demeure le premier centre d'affinage des huîtres en France.

Place Chasseloup-Laubat à Marennes, la ville est la capitale historique de l'huître.

Tout d'abord, le siège du Comité Régional Conchylicole Poitou Charentes est fixé à Marennes et possède une antenne à La Rochelle. Il fait partie de l'une des sept représentations nationales de la profession en France[8]. Le Comité régional de la Conchyliculture Poitou Charentes est l'unique interlocuteur de la profession des ostréiculteurs de toute la Charente-Maritime, et non pas exclusivement du bassin de Marennes-Oléron. Il est chargé de défendre les intérêts de la profession auprès des pouvoirs publics, des collectivités, et des divers acteurs (institutionnels, scientifiques, associatifs etc.) intéressés par l'ostréiculture. Il organise également toute la profession, l'assiste et la représente[9].

Par ailleurs, Marennes joue toujours un rôle actif en matière d'administration maritime, étant le siège du quartier des Affaires Maritimes qui contrôle un territoire qui s’étend sur 230 km de rivages depuis Port-des-Barques, situé sur la rive gauche de l’estuaire de la Charente, jusqu’à Mortagne-sur-Gironde, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. Cette compétence englobe également l’île d’Oléron. Elle s’occupe d’inscription, de retraite et de prévoyance de quelques 2 000 marins en activité et 1 400 navires professionnels. Elle gère, d’un point de vue réglementaire, les cultures marines, les gens de mer et l’activité économique des pêches maritimes. Cette administration est complétée par le Service social des Pêches Maritimes, qui correspond à la sécurité sociale des marins et des ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron[10].

Aux portes de Marennes qui est surnommée la "capitale de l'huître" et formant une agglomération avec cette dernière se trouve la petite ville de Bourcefranc-le-Chapus. Cette dernière est un des trois principaux centres ostréicoles du bassin de Marennes-Oléron avec ses nombreux parcs à huîtres pour le captage et l'affinage et le port du Chapus, qui regarde vers l'île d'Oléron voisine reliée par un viaduc depuis 1966, fait partie des tout premiers ports ostréicoles de France. C'est dans cette cité ostréicole qu'a été décidée l'implantation du Lycée de la Mer et du Littoral en 1989[11]. Cet établissement de l'enseignement public encadre plus de 450 lycéens chaque année et dispose d'une section de formation professionnelle pour adultes dans les métiers de la mer (CFPPA)[12].

De plus, ce lycée s'est enrichi d'une classe en Licence professionnelle aquaculture et gestion durable ouverte depuis la rentrée 2009/2010 et fonctionnant en étroite association avec l'Université de La Rochelle[13].

Le Château d'Oléron est l'un des principaux centres de l'ostréiculture dans le bassin de Marennes-Oléron.

Cette formation universitaire vient renforcer la recherche scientifique, implantée de longue date dans le bassin de Marennes-Oléron. Deux structures de recherche y ont fixé leurs laboratoires; l'un à La Tremblade et le second au Château-d'Oléron.

Le centre de recherches de l'IFREMER, implanté à La Tremblade, est le plus ancien des deux et succède à l'ancien ISTPM[14]. Depuis 2006, il a bénéficié d'importants investissements afin d'affirmer sa mission de surveillance du milieu marin. L'Ifremer de La Tremblade dispose d'un pôle zoosanitaire de dimension européenne où l'ensemble des analyses du Réseau de surveillance Pathologie des Mollusques (REPAMO) sont effectuées. Ce pôle abrite l'équipe pathologies du Laboratoire de Génétique et Pathologies des Mollusques, qui est à la fois Laboratoire National de Référence (LNR) et Laboratoire Communautaire de Référence (LCR) pour les maladies des mollusques pour l'Union européenne ainsi que pour l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE). En matière de génétique, les recherches portent sur l'étude des ressources génétiques et de leur variabilité dans les espèces bivalves exploitées, l'obtention de souches résistantes ou tolérantes aux maladies et la création de souches ou de lignées plus performantes.

Au Château-d'Oléron fonctionne depuis 1986 le Centre Régional d'Expérimentation et d'Application Aquacole, connu également sous le sigle CREAA, qui est une structure de recherche appliquée à l'aquaculture marine implantée au milieu d'un marais de 14 hectares. Ce laboratoire de recherche appuie la diversification de la filière maritime dans le bassin de Marennes-Oléron grâce à des travaux sur les huîtres triploïdes[15] ou sur l'élevage de la crevette impériale[16].

La Tremblade est le plus gros centre ostréicole du bassin de Marennes-Oléron et abrite un important laboratoire de recherche ainsi que le premier salon national de la conchyliculture de France.

Enfin, le bassin de Marennes-Oléron dispose d'un salon national ostréicole qui se tient chaque année à La Tremblade et qui, pour l'édition 2011, en est la 39e manifestation commerciale. Il est le salon national le plus important de France autant par le nombre des exposants (120 exposants en 2006 sur 6 000 m2 de surface exposée) que par celui des visiteurs (3 000 professionnels en 2006) et figure toujours dans le haut du classement des salons ostréicoles aux côtés de celui de Vannes et de Saint-Malo où ces derniers sont devenus également des références dans le monde de la conchyliculture et de l'aquaculture[17].

Depuis 2008, l'huître creuse meurt massivement au printemps, menaçant la filière. Que disent aujourd'hui les chercheurs de l'IFREMER. En 2011, la surmortalité a commencé avec deux semaines d'avance (mi-avril), touchant tout le littoral avec des taux qui peuvent atteindre 100 %. La présence du virus herpès OsHV-1 et la bactérie vibrio splendidus est avérée. Les chercheurs ont créé un spécimen plus résistant, en plaçant des huîtres en présence d'agents pathogènes et en conservant les survivantes. La deuxième génération améliorée (la G2A), issue du croisement des survivantes, montre un taux de mortalité d'à peine 7 %. Si cet essai est confirmé à grande échelle, les huîtres seraient commercialisables en 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b in Michel Grelon, Saintonge, pays des huîtres vertes : Bassin de Marennes-Oléron, éditions Rupella
  2. Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, p. 127
  3. Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, p. 14
  4. a et b Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, p. 133
  5. Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, p. 134
  6. Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996, p. 139
  7. Les huîtres de Marennes-Oléron décrochent l'IGP
  8. Le Comité régional conchylicole Poitou Charentes
  9. Site de la Section Conchylicole régionale de Marennes-Oléron
  10. Le Centre des Affaires Maritimes de Marennes
  11. Site de présentation du Lycée de la mer et du littoral
  12. Le CFPPA du lycée de la mer
  13. Formation à la licence professionnelle du lycée de la mer
  14. Ifremer La Tremblade
  15. Rapport technique sur l'huître triploïde par le CREAA
  16. Rapport technique sur l'élevage de la crevette impériale par le CREAA
  17. Le Littoral de la Charente-Maritime, supplément de douze pages à l'hebdomadaire en date du 13 mai 2011 no 5294 "'"Spécial salon", p.6 du supplément

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur l'ostréiculture dans le bassin de Marennes-Oléron
  • Michel Grelon, Saintonge, pays des huîtres vertes, La Rochelle, éditions Rupella,‎ 1978
  • Jean Lavallée, La production de l'ostréiculteur, Paris, L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 2.7384.4325.7[à vérifier : isbn invalide])

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles externes[modifier | modifier le code]

Sur l'ostréiculture du Bassin de Marennes-Oléron
Présentation géographique et touristique du Bassin de Marennes-Oléron