Helix aspersa aspersa

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Helix aspersa aspersa, le Petit-gris, est une sous-espèce d'escargot (Gastropoda) de la famille des Helicidae du genre Helix et de l'espèce Helix aspersa. Très répandu sur la façade atlantique française, il est devenu l'un des symboles des Charentais qui en sont les premiers producteurs français. On le trouve aussi dans les pays méditerranéens (Europe et en Afrique du Nord).

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par le zoologiste danois Otto Friedrich Müller en 1774[2]

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Cornu aspersum aspersum

Nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

  • Petit-gris
  • Cagouille
  • Luma
  • Escargot du jardin

Description[modifier | modifier le code]

Forme sénestre et dextre - Muséum de Toulouse

Le petit-gris est un gastéropode mesurant entre 28 et 35 mm pour un poids adulte de 7 à 15 g.

Il porte une coquille calcaire à motifs variables mais le plus souvent brune rayée de noir. Sa spirale (Helix en latin) tourne généralement dans le sens des aiguilles d'une montre (on rencontre 1 sénestre sur environ 20 000 escargots).

Helix aspersa est sourd et quasiment aveugle mais ses tentacules sont équipés de deux «nez» (épithéliums olfactifs) très puissants. Simplement en balançant ses tentacules pour détecter les odeurs qui l’entourent, l’escargot peut repérer une cible à plus d’une centaine de mètres[3].

99 % de l'activité de l'escargot (y compris ses « repas ») a lieu de nuit avec un pic deux à trois heures après la tombée de la nuit. La fraîcheur nocturne et la rosée facilitent les déplacements.

Dans la nature, le petit-gris se nourrit tout particulièrement de feuilles d'ortie [4].

Les petits-gris adultes ont un péristome (blanc, gris ou noir) réfléchi composant la partie inférieure de la coquille, on dit alors qu'ils sont « bordés ». Chez les gros-gris d'élevage, le péristome est le plus souvent noir.

Biotope[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Deux petit-gris en plein accouplement

H. aspersa pond une moyenne de 85 œufs dans un petit trou creusé 4 à 8 cm sous terre.

En climat chaud et humide, idéalement 20 °C et 90 %, H. aspersa peut pondre jusqu'à trois fois entre les mois de mars et octobre.

L'accouplement et la ponte sont très dépendants de la photopériode. L'accouplement débute lorsqu'il y a au moins 10 heures de lumière par jour (soit vers la mi-février dans l'hémisphère nord) et s'arrête dès que la durée du jour repasse sous 10 heures (soit vers la mi-novembre). Les zones ou les journées dépassent 10 heures mais avec des températures froides peuvent perturber la reproduction.

Lors de l'accouplement, chaque escargot connecte son organe reproducteur situé à droite de sa tête à l'organe de son "conjoint" (voir photo). C'est par là que vont s'échanger les spermatophores. Les spermatozoïdes ainsi collectés peuvent être conservés plusieurs mois ou années avant d'être utilisés pour fertiliser des ovaires[5]. Pendant la copulation, l'escargot plante un dard calcaire dans son conjoint afin de favoriser la survie des millions de spermatozoïdes transmis. En effet, seuls 0,025 % de ceux-ci survivent. Le dard calcaire contient un mucus contractant temporairement le système reproductif femelle de l'escargot récepteur qui peut ainsi stocker un plus grand nombre de spermatozoïdes dans sa zone de stockage[6].

La gestation dure une vingtaine de jours. Après la ponte, l'incubation dure 12 à 25 jours en moyenne en fonction du climat et de l'humidité là ou les escargots évoluent. Les œufs d'Helix aspersa sont blancs, sphériques et mesurent 3 mm de diamètre. Le bébé escargot a besoin de plusieurs jours pour percer la protection du nid et remonter à la surface.

Sous un climat de type californien, H. aspersa arrive à maturité en 2 ans. Dans le centre de l'Italie, H. aspersa éclot en automne et s'il est bien nourri et pas en situation de surpeuplement, ils arrivent à maturité dès le mois de juin suivant. Dans des conditions idéales créées en laboratoire, certains petit-gris sont arrivés à maturité en 6 à 8 mois. La meilleure période de reproduction de H. aspersa est lors de sa troisième année.

Pour la cueillette, veiller à ne pas marcher dans les herbes ou les petits fourrés, afin d'éviter d'écraser les escargots petits ou gros. Par exemple dans le cas de cueillette dans les dunes, suivre les chemins, et ne pas entrer dans les fourrés. Veiller aussi à respecter une discipline par rapport à la grosseur de l'escargot: dans le cas du petit-gris il est important qu'il soit bien bordé, et pèse plus de 8 g, c'est-à-dire que sa longueur (coquille) atteigne 3 cm hors bordé. Le mieux est de prélever seulement ceux qui atteignent 3,5 cm bordé compris, ainsi ils pèsent plus de 11 g, et ont atteint l'âge adulte, ce qui leur a permis de se reproduire.

La cueillette effectuée en ligne par une famille, fouillant les fourrés est à proscrire sous peine de voir disparaitre cette espèce, qui malgré tout est appréciée des gourmets. Si vous voulez cueillir longtemps des petits-gris cueillez-les intelligemment[7].

Longévité[modifier | modifier le code]

Le petit-gris est adulte à 2 ans mais peut vivre plus de 5 ans s'il n'est pas dévoré par un prédateur.

Élevage[modifier | modifier le code]

Le petit-gris est une des espèces les plus faciles à élever en héliciculture. Elle s'adapte facilement à différents types de climat et d'environnement.

Les fermes à escargot permettent d'élever jusqu'à 400 petits-gris au mètre carré.

Cette facilité d'élevage fait qu'il est élevé partout dans le monde mais cela n'est pas sans risque car l’escargot accumule les contaminants dans ses tissus. Il est très peu sensible à la pollution. Cette résistance en fait un très mauvais indicateur de pollution mais la législation des pays producteurs ne tient pas toujours compte de cette propriété et le consommateur peut s'exposer à des contaminations.

En France, pour éviter tout risque, beaucoup d'éleveurs ont recours à des aliments spécifiques originaires de l'agriculture biologique.

Les escargots sauvages mis en vente viennent de récolte dans la nature en Turquie et au Maghreb. Selon les conditions de récolte, cette cueillette sauvage présente le même risque que l'élevage.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Gastronomique[modifier | modifier le code]

Pharmacologique[modifier | modifier le code]

Le mucus est utilisé par la pharmacologie, la cosmétique et pour certains compléments alimentaires.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Le Petit-Gris fait l'objet d'une cueillette active pour consommation durant les mois autorisés. La récolte des escargots est réglementée depuis très longtemps malgré une surveillance minime. Par exemple, on ne doit pas ramasser un escargot non bordé, c'est-à-dire dont la coquille n'a pas encore de repli épais à l'ouverture.

Symbole des Charentes[modifier | modifier le code]

Le petit-gris est l'animal fétiche des Charentes (Charente et Charente-Maritime) où on le préfère à l'escargot de Bourgogne, tant pour une raison de proximité que de préférence gastronomique.
Cet escargot est associé proverbialement aux Charentais, appelés familièrement les « cagouillards ». Le Charentais et le petit-gris seraient aussi lents. Le Charentais aimerait le confort intérieur, comme le petit-gris qui se replie souvent confortablement au fond de sa coquille. Le nom de cagouille est par ailleurs d'origine charentaise, saintongeaise et angoumoisine, mais il est aussi employé en Dordogne et en Gironde. Plus au nord de l'Aunis et dans le Poitou, l'espèce est appelée luma.
La production de l'héliciculture de Charente-Maritime atteint 400 tonnes, soit la moitié de la production annuelle française, ce qui fait de ce département le premier producteur de ce pays qui en consomme 45 000 tonnes en équivalent escargot par an. La production a lieu d'avril à septembre le long de la côte atlantique[8].

Un nuisible pour les cultures[modifier | modifier le code]

Petits-gris en cage

Le petit-gris se nourrissant de végétaux, il est considéré comme un nuisible par les agriculteurs et arboriculteurs. Dans certains pays, on utilise le bulime tronqué comme moyen de lutte biologique contre le petit-gris. Il se nourrit aussi bien sûr de salade comme les escargots que l'on trouve dans nos jardins.

Si on souhaite protéger son potager des escargots sans pour autant leur faire du mal (élimination par produits chimiques), il est possible de les mettre en quarantaine durant l'été dans une cage À L'OMBRE, équipée de petits pots contenant de la terre humide pour qu'ils puissent pondre leurs œufs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Depuis 2013 : Bave d'escargots certifié biologique par LES JARDINS CHRISTOPHE.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La sous-espèce nominative.
  2. Helix aspersa, Müller, O. F. 1774. Vermivm terrestrium et fluviatilium, seu animalium infusoriorum, helminthicorum, et testaceorum, non marinorum, succincta historia. Volumen alterum. - pp. I-XXXVI [= 1-36], 1-214, [1-10]. Havniæ & Lipsiæ. (Heineck & Faber). (p. 59)
  3. CHASE, R., «Lessons from Snail Tentacles», Chemical Senses, vol. 11, no 4, 1986, p. 411-426.
  4. FIELD OBSERVATIONS ON FEEDING OF THE LAND SNAIL HELIX ASPERSA MÜLLER
  5. C'est pour cette raison qu'on utilise des escargots "vierges" lors d'opération d'hybridation contrôlée.
  6. Are Snails' Love Darts Source of Cupid Lore?
  7. cfr. J. T. Observation sur le terrain. Dunes de Biville dans la Hague)
  8. « La cagouille ou le luma (archive) » (consulté le 2 août 2013)

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Liens externes[modifier | modifier le code]