Laurier-rose

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Le laurier-rose (Nerium oleander) est un arbuste de la famille des Apocynacées originaire de la rive sud de la mer Méditerranée. Il s'agit de la seule espèce du genre Nerium. Il est parfois appelé Oléandre et plus rarement Rosage, Nérion ou Lauraine.

Description[modifier | modifier le code]

Un laurier rose taillé en arbre.

Le laurier rose est un arbuste d'environ 2 m de hauteur mais il peut mesurer plus de 4 m de haut si on le forme en arbre.

Ses fleurs sont blanches, jaunes, orangés, rouges ou de diverses nuances de rose.

Son feuillage vert foncé est allongé et persistant.

Les fleurs simples, doubles ou triples s'épanouissent en été, de juin à octobre.

Fruits du laurier rose encore verts.
Les graines entourées de poils émergent d'un fruit sec.
  • Organes reproducteurs :
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • habitat type : fourrés arbustifs méditerranéens, hydrophiles, des sols minéraux ;
    • aire de répartition : méditerranéen.

données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Quelques variétés[modifier | modifier le code]

Selon les cultivars les fleurs peuvent comporter de une à quatre couronnes de pétales.

  • 'Alsace' (blanc simple)
  • 'Angiolo pucci' (jaune simple)
  • 'Géant des batailles' (rouge double) acronyme : GDB
  • 'Jannoch' (rouge simple)
  • 'Luteum Plenum' (jaune double)
  • 'Madame Allen' (rose double)
  • 'Maurin des Maures' (rose simple)
  • 'Mont Blanc' (blanc double)
  • 'Petite salmon' (saumon simple) une des seules variétés naines
  • 'Professeur Granelle' (rouge double)
  • 'Rosario' (saumon double)
  • 'Splendum Giganteum' (rose double) la seule variété panachée (variegata)
  • 'Tito Poggi' (saumon simple)

Variétés résistantes au froid[modifier | modifier le code]

Les cultivars ci-dessous (classés du plus rustique au moins rustique) présentent une résistance au froid allant jusqu'en zone de rusticité 8a (-9 °C à -12 °C):

  • 'Villa Romaine', fleur simple, rose clair à gorge rose vif, résiste jusqu'à -15°C,
  • 'Atlas', fleur simple, rose à gorge jaune vert,
  • 'Cavalaire', fleur double, rose soutenu,
  • 'Italia', fleur simple, rouge, a besoin de chaleur pour bien fleurir,
  • 'Provence', fleur triple et parfumée, rose saumon voilé de jaune,
  • 'Soleil Levant', fleur simple, saumon,
  • 'Pink Beauty', fleur simple, rose clair,
  • 'Eole', fleur simple, ouverte en cornet, rose saumon à gorge orange lumineux,
  • 'Harriet Newding', fleur simple, blanche, pétales rayés d'un trait rouge,
  • 'Luteum Plenum', grosse fleur double et parfumée, jaune. Florifère !
  • 'Cheyenne', fleur simple, rose,
  • 'Grandiflorum', fleur simple parfumée, rose,
  • 'Hardy Red', fleur simple parfumée, rouge,
  • 'Navajo', fleur simple parfumée, rose, précoce, résiste bien à l'humidité,
  • 'Roseum Plenum', fleur double parfumée, rose,
  • 'Ville de Carpentras', fleur double parfumée, orangée

Les variétés à fleurs doubles demandent plus de chaleur pour bien fleurir.

Il existe plus de 160 variétés.

Utilisation[modifier | modifier le code]

En général, les lauriers roses sont plantés en haies de pleine terre, ou dans un grand pot, pour la décoration d'une terrasse. Dans les villes des régions bordant la Méditerranée, il est parfois utilisé comme arbre d'alignement dans les rues.

En France, on le range souvent dans la liste des plantes dites d'orangerie (jasmin, bougainvillée, figuier, citrus...) que l'on cultive à l'abri des forts gels, en véranda sauf dans le pourtour méditerranéen et sur la côte aquitaine.

Toxicité[modifier | modifier le code]

Le laurier rose est une plante toxique dont toutes les parties sont très toxiques (présence d'hétérosides cardiotoniques).

Le composé le plus caractéristique du laurier rose est l'oléandrine, un hétéroside à structure stéroïdique, qui ressemble beaucoup du point de vue chimique et pharmacologique à l'ouabaïne et à la digoxine, deux cardiotoniques très utilisés en cas d'insuffisance cardiaque.

L'action de l'oléandrine est double : interaction avec la pompe à Na+ et K+ des cellules du muscle cardiaque et action directe sur le tonus vagal donc la régulation nerveuse des battements cardiaques[1].

Les cellules cancéreuses ont absolument besoin du bon fonctionnement du système enzymatique pompe à Na+ K+ pour se reproduire, ce système est donc la cible de nouveaux médicaments anticancéreux comme l'oléandrine du laurier rose, des essais sur l'homme ont déjà lieu avec des résultats prometteurs[2].

L'ingestion d'une simple feuille peut être mortelle pour un adulte et un enfant, en raison des troubles souvent provoqués[3],[4].

En 1808, durant la campagne d'Espagne, lors d'un bivouac, des soldats de Napoléon font rôtir des agneaux sur des broches de laurier rose. Sur les 12 soldats, 8 meurent, les 4 autres sont gravement intoxiqués[5].

Les animaux herbivores peuvent également s'empoisonner avec les feuilles de laurier rose. Les feuilles sèches sont généralement en cause car la feuille fraîche est plutôt repoussante, sauf si l'animal est affamé. Une quantité de 30 à 60 g de feuilles fraîches serait potentiellement mortelle pour un bovin adulte, tandis que 4 à 8 g de feuilles suffiraient à provoquer la mort d'un petit ruminant (surtout le mouton). L'eau dans laquelle ont macéré des feuilles ou des branches de laurier rose est également toxique pour les animaux[1]. En Afrique du Nord, il faut se méfier de l'eau des ruisseaux dans laquelle ont trempé les racines de lauriers roses[6].

Culture[modifier | modifier le code]

Les lauriers roses sont avant tout une plante méditerranéenne et de la côte atlantique et ont impérativement besoin d'une situation ensoleillée et chaude pour prospérer, dans un sol bien drainé et enrichi avec des apports d'engrais riche en potasse (type 12-12-17).

Partout où il y a risque de gel, les lauriers roses devront être plantés en bac, car il sera nécessaire de les rentrer si les températures approchent de 0°C, car ils gèlent irrémédiablement à environ -5°C (sauf pour les variétés rustiques indiquées ci-dessus). Il faut alors les placer au frais, entre 5°C et 10°C, dans un endroit assez lumineux, avec des arrosages réduits et pas d'engrais.

La plantation se fait d'octobre à avril. La taille doit respecter la forme de l'arbuste et consiste à rabattre de moitié les rameaux qui se développent avec trop de vigueur. En cas de gel, mais pas trop rude, il ne faut pas hésiter pour tenter de les sauver, à rabattre très fortement la touffe au ras du sol. L'arbuste repartira peut-être du pied.

En été, surtout pour les lauriers en bac, il est nécessaire d'arroser copieusement et de faire des apports d'engrais régulièrement pour entretenir une floraison abondante. Le jaunissement puis la chute des feuilles du bas signale un manque d'engrais (riche en potassium), lequel devra cependant être apporté seulement en période de croissance de mars à septembre.

Les lauriers roses se multiplient assez facilement en prélevant des boutures herbacées en mars-avril, à faire raciner dans l'eau avant de les planter dans une terre riche et légère. Le marcottage est aussi réalisable sur les branches retombantes, à séparer du pied à 2 ans.

Ennemis[modifier | modifier le code]

Le papillon de nuit (hétérocère) suivant se nourrit de laurier-rose :

Ne pas confondre avec[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Josette Fabre, Léon Vesper, Josy Aurenson, Jean-Marie Coste et Claude Lafille (préf. Pierre Delaveau), Plantes et Toxicité, Montpellier, Société Horti. et Hist. Nat. Hérault,‎ mars 2012, 10 × 19,5 cm, 180 p. (ISBN 978-2-954-1468-0-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Informations sur la pharmacologie et la toxicité du laurier rose »
  2. « [1] »
  3. « Informations sur l'intoxication: laurier rose », Système canadien d'information sur la biodiversité
  4. « http://www2.vet-lyon.fr/ens/toxico/laurier%20rose.html Laurier rose] », École nationale vétérinaire de Lyon
  5. "Le Livre des plantes médicinales et vénéneuses de France", A. Fournier, Paris, 1948
  6. Professeur Charles Sauvage, cours de Botanique de la Faculté des Science de Rabat (1965).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Pour l'espèce[modifier | modifier le code]

Pour le genre[modifier | modifier le code]