Laurier rose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Laurier.

Le Laurier rose (Nerium oleander) est un arbuste de la famille des Apocynacées originaire de la rive sud de la mer Méditerranée. Il s'agit de la seule espèce du genre Nerium. Il est parfois appelé Oléandre et plus rarement Rosage ou Nérion ou Lauraine.

Sommaire

Description [modifier]

C'est un arbuste d'environ 2 m de hauteur dont les fleurs blanches, jaunes, rouges et diverses nuances de rose s'épanouissent de mai à octobre.

Son feuillage vert foncé est allongé et persistant. Les fleurs simples, doubles ou triples s'épanouissent en été, de juin à octobre.

Certains cultivars présentent une résistance au froid allant jusqu'en zone de rusticité 8a (-9 °C à -12 °C).

Fruits du laurier rose encore verts
Les graines entourées de poils émergent d'un fruit sec
  • Organes reproducteurs:
  • Graine:
  • Habitat et répartition:
    • Habitat type: fourrés arbustifs méditerranéens, hydrophiles, des sols minéraux
    • Aire de répartition: méditerranéen

données d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Quelques variétés [modifier]

Selon les cultivars les fleurs peuvent comporter de une à quatre couronnes de pétales.

  • 'Alsace' (blanc simple)
  • 'Angelio pucci' (jaune simple)
  • 'Géant des batailles' (rouge double) acronyme: GDB
  • 'Italia' '(rouge simple)
  • 'Janoch' (rouge simple)
  • 'Luteum Plenum' (jaune double)
  • 'Madame Allen' (rose double)
  • 'Maurin des Maures' (rose simple)
  • 'Mont Blanc' (blanc double)
  • 'Petite salmon' (saumon simple) une des seules variétés naines
  • 'Professeur Granelle' (rouge double)
  • 'Rosario' (saumon double)
  • 'Soleil levant' (saumon simple)
  • 'Splendum Giganteum' (rose double) la seule variété panachée (variegata)
  • 'Tito Poggi' (saumon simple)

Il existe plus de 160 variétés.

Utilisation [modifier]

En général, les Lauriers roses sont plantés en haies de pleine terre, ou dans un grand pot, pour la décoration d'une terrasse.

En France, on le range souvent dans la liste des plantes dites d'orangerie (Jasmin, Bougainvillée, Figuier, Citrus...) que l'on cultive à l'abri des forts gels, en véranda sauf dans le pourtour méditerranéen et la côte Aquitaine.

Toxicité [modifier]

Le Laurier rose est une plante toxique dont toutes les parties sont très toxiques (présence d'hétérosides cardiotoniques).
Le composé le plus caractéristique du laurier rose est l'oléandrine, un hétéroside à structure stéroïdique, qui ressemble beaucoup du point de vue chimique et pharmacologique à l'ouabaïne et à la digoxine, deux cardiotoniques très utilisés en cas d'insuffisance cardiaque.
L'action de l'oléandrine est double : interaction avec la pompe à Na+ et K+ des cellules du muscle cardiaque et action directe sur le tonus vagal donc la régulation nerveuse des battements cardiaques[1].
Les cellules cancéreuses ont absolument besoin du bon fonctionnement du système enzymatique pompe à Na+ K+ pour se reproduire, ce système est donc la cible de nouveaux médicaments anticancéreux comme l'oléandrine du laurier rose, des essais sur l'homme ont déjà lieu avec succès semble-t-il[2].
L'ingestion d'une simple feuille peut être mortelle pour un adulte et un enfant, en raison des troubles souvent provoqués[3],[4].

Il a été utilisé à des fins suicidaires et abortives[réf. nécessaire].

En 1808, durant la campagne d'Espagne, lors d'un bivouac, des soldats de Napoléon firent rôtir des agneaux sur des broches de Laurier rose. Sur les 12 soldats, 8 moururent, les 4 autres furent gravement intoxiqués[5].

Les animaux herbivores peuvent également s'empoisonner avec les feuilles de laurier rose. Les feuilles sèches sont généralement en cause car la feuille fraîche est plutôt repoussante sauf si l'animal est affamé. Une quantité de 30 à 60 g de feuilles fraîches serait potentiellement mortelle pour un bovin adulte, tandis que 4 à 8 g de feuilles suffiraient à provoquer la mort d'un petit ruminant (surtout le mouton). L'eau dans laquelle ont macéré des feuilles ou des branches de laurier rose est également toxique pour les animaux[1]. En Afrique du Nord, il faut se méfier de l'eau des ruisseaux dans laquelle ont trempé les racines de Lauriers roses.[6]

Culture [modifier]

Les Lauriers roses sont avant tout une plante méditerranéenne et de la côte atlantique et ont impérativement besoin d'une situation ensoleillée et chaude pour prospérer, dans un sol bien drainé et enrichi avec des apports d'engrais (type 12-12-17).

Partout où il y a risque de gel, les lauriers roses devront être plantés en bac, car il sera nécessaire de les rentrer si les températures approchent de 0 °C, car ils gèlent irrémédiablement à environ -5 °C. Il faut alors les placer au frais, entre 5 °C et 10 °C, dans un endroit assez lumineux, avec des arrosages réduits et pas d'engrais.

La plantation se fait d'octobre à avril. La taille doit respecter la forme de l'arbuste et consiste à rabattre de moitié les rameaux qui se développent avec trop de vigueur. En cas de gel, mais pas trop rude, il ne faut pas hésiter pour tenter de les sauver, à rabattre très fortement la touffe au ras du sol. L'arbuste repartira peut-être du pied.

En été, surtout pour les lauriers en bac, il est nécessaire d'arroser copieusement et de faire des apports d'engrais régulièrement pour entretenir une floraison abondante. Le jaunissement puis la chute des feuilles du bas signale un manque d'engrais (riche en potassium), lequel devra cependant être apporté seulement en période de croissance de mars à septembre.

Les Lauriers roses se multiplient assez facilement en prélevant des boutures herbacées en mars-avril, à faire raciner dans l'eau avant de les planter dans une terre riche et légère. le marcotage est aussi réalisable sur les branches retombantes, à séparer du pied à 2 ans.

Ennemis [modifier]

Le papillon de nuit (hétérocère) suivant se nourrit de laurier-rose :

Divers [modifier]

  • En Afrique du Nord, chez les Beni Snous, les porteurs de masque lors des cérémonies saisonnières prennent une baguette de laurier-rose[réf. nécessaire].

Ne pas confondre avec [modifier]

Sources [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Josette Fabre, Léon Vesper, Josy Aurenson, Jean-Marie Coste et Claude Lafille (préf. Pierre Delaveau), Plantes et Toxicité, Montpellier, Société Horti. et Hist. Nat. Hérault, mars 2012, 10 x 19,5 cm, 180 p. (ISBN 978-2-954-1468-0-5) 

Référence [modifier]

  1. a et b « Informations sur la pharmacologie et la toxicité du laurier rose »
  2. « [1] »
  3. « Informations sur l'intoxication: laurier rose », Système canadien d'information sur la biodiversité
  4. « http://www2.vet-lyon.fr/ens/toxico/laurier%20rose.html Laurier rose] », École nationale vétérinaire de Lyon
  5. "Le Livre des plantes médicinales et vénéneuses de France", A. Fournier, Paris, 1948
  6. Professeur Charles Sauvage, cours de Botanique de la Faculté des Science de Rabat (1965).

Liens externes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Pour l'espèce [modifier]

Pour le genre [modifier]