Acacia dealbata

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Acacia dealbata est une espèce d'arbre, couramment désigné sous le nom de « mimosa d'hiver » ou « mimosa des fleuristes », appartenant à la sous-famille des Mimosoidées.

Description morphologique[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Cet arbre, qui peut atteindre une vingtaine de mètres de haut[1], possède un tronc lisse de couleur tirant sur le gris. Ses rameaux sans épines, duveteux, portent des feuilles composées. Ces feuilles sont divisées en folioles elles-mêmes divisées en très petites, fines et nombreuses foliolules (plusieurs milliers pour une seule feuille[1]).

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Cette plante aux fleurs hermaphrodites se reproduit par entomogamie.

La floraison survient de janvier à mars.

Les fleurs se présentent sous forme de petits pompons jaunes et soyeux disposés en grappes ramifiées. Chaque fleur comprend un calice constitué de 5 sépales très petits, duveteux. La corolle est constituée de 5 petits pétales libres de couleur jaune. Ces pièces florales sont rapidement dépassées par de nombreuses étamines qui, s'épanouissant au bout de leur long filet, forment les pompons d'un jaune lumineux. L'ovaire, situé au-dessus du point d'insertion du calice et de la corolle (on parle d'ovaire supère), ne comporte qu'un seul carpelle[2].

Les fruits sont des gousses articulées, plates et brunes à maturité.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Mimosa.

Introduite d'Australie en 1867, cette plante s'est par la suite échappée des cultures[1]. En France, on peut la trouver à l'état sauvage sur les côtes méditerranéennes et atlantiques.

Elle affectionne les sols siliceux et peut supporter des températures assez basses, jusqu'à - 7 °C à - 10 °C. Elle demande cependant un bon ensoleillement.

Systématique[modifier | modifier le code]

La classification classique plaçait cette espèce dans la famille des Mimosacées, mais la classification phylogénétique l'a mise dans la famille des Fabacées, élargie depuis 2003.

Il existe une confusion dans les appellations vernaculaire et scientifique de trois genres : les genres Acacia, Robinia et Mimosa. En effet, l'espèce appelée mimosa dans le langage courant a pour nom de genre Acacia, alors que ce que nous appelons acacia est en fait du genre Robinia. Quant aux espèces portant le nom de genre Mimosa, nous les appelons plutôt « sensitives ».

L'espèce Acacia dealbata a aussi été dénommée Acacia affinis, Acacia decurrens var. dealbata, Acacia decurrens var. mollis, Acacia derwentii, Acacia puberula ou encore Racosperma dealbatum[3].

Il existerait deux sous-espèces et une variété[3]:

  • Acacia dealbata subsp. dealbata Link
  • Acacia dealbata subsp. subalpina Tindale & Kodela
  • Acacia dealbata var. mackayana Seem.

Le mimosa des fleuristes et l'homme[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'arbre est originaire d'Australie et a été introduit en Europe à la suite du premier voyage du capitaine Cook à bord de l'Endeavour (août 1768 - juillet 1771). Les deux botanistes du bord, Joseph Banks et Daniel Solander rapportent alors d’Australie quelques rameaux fleuris en Angleterre[4].

C'est le navigateur français Nicolas Baudin qui fit parvenir en Europe les premiers pieds vivants[4]. Arrivés après 1804 en France, ils furent plantés dans les jardins du château de Malmaison, alors demeure de Joséphine de Beauharnais[4].

Il a été planté au XIXe siècle, sans doute durant le Second Empire[4], sur la Côte d'Azur qui offrait un climat favorable à son développement, grâce à son ensoleillement et à la rareté des gelées. L'espèce se plaît en effet dans les sols secs et siliceux.

Plante envahissante[modifier | modifier le code]

Le mimosa des fleuristes peut aussi se reproduire de façon asexuée en produisant des rejets à partir de sa souche vivace. C'est par cette reproduction, autant que par les nombreuses graines produites, qu'il peut devenir envahissant, allant même par endroit jusqu'à menacer la flore locale.

Il est ainsi considéré comme invasif en Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie), où il peut former des peuplements denses qui empêchent la flore locale de se développer et peuvent perturber l'écoulement des eaux. De plus, le pollen peut provoquer des allergies[5].

Dans la région de la Côte d'Azur (Maures, Estérel), l'espèce est désormais invasive[6] et pose des problèmes de gestion. Le mimosa peut être avantageusement remplacé par la coronille (Coronilla valentina) ou par le baguenaudier (Colutea arborescens).

Les méthodes de lutte sont l'arrachage manuel des jeunes plants et l'enlèvement des graines tombées au sol. Les grands sujets peuvent être coupés, mais il est nécessaire de traiter la souche par des moyens mécaniques (couverture plastique) ou chimiques (glyphosate) pour éviter les rejets[5]. En Afrique du Sud, pour limiter la dispersion du mimosa, il a été introduit un insecte (Melanterius maculatus) qui se nourrit des graines de mimosa. L'impact de cette introduction n'a pas encore pu être évalué[5].

Légende[modifier | modifier le code]

On entend parfois que le Mimosa fleurit en hiver parce qu'il a gardé la mémoire de sa date de floraison en Australie. En fait, appelé Golden Wattle ou Silver Wattle, il y fleurit en septembre, et le premier septembre est le « Wattle Day ».

Utilisation[modifier | modifier le code]

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  • En horticulture, c'est un arbre très apprécié car il fleurit dès janvier, emplissant de couleur et de parfum la nudité hivernale des jardins.
  • Son tronc fournit un excellent bois de chauffage.
  • C'est surtout en parfumerie que le mimosa est réputé, et il a contribué à l'essor de Grasse au XIXe siècle. Sa fleur, très fragile, donne une essence utilisée comme modificateur des accords floraux basés sur la rose et le jasmin. Elle a d'abord été traitée par la technique de l'enfleurage à froid, permettant d'extraire la concrète, puis l'absolue. Le même résultat est aujourd'hui obtenu grâce à des solvants volatils (hexane ou éthanol). Afin de permettre à Grasse de traiter d'importantes quantités de fleurs, le mimosa a été planté tout autour de la ville, formant d'imposantes forêts, mais aussi dans de nombreuses communes du Var et des Alpes-Maritimes. Il a même donné son nom à la commune de Bormes-les-Mimosas, dans le Var.
  • Pour le mimosa acheté chez le fleuriste il est conseillé pour le garder plus longtemps d'écraser le bout des tiges au marteau après les avoir coupées et de le mettre dans de l'eau tiède sucrée.
  • Cette fleur est utilisée en Italie pour la journée de la femme, le 8 mars

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Photos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Vignes P. et D. L'herbier des plantes sauvages p. 16, Éditions Larousse, Paris, ISBN 978-2-03-583568-0
  2. R. Auger, J. Laporte-Cru (1982) Flore du domaine atlantique du Sud-ouest de la France et des régions des plaines p. 143, CNDP ISBN 2 86617 225 6
  3. a et b Species 2000 & ITIS, « Acacia dealbata Link », sur catalogueoflife.org, Catalogue of Life: 2008 annual checklist (consulté le 20 février 2009)
  4. a, b, c et d Yve-Marie Allain, D'où viennent nos plantes ?, Calmann-Lévy,‎ septembre 2004, 223 p. (ISBN 2702134440), p. 140
  5. a, b et c fiche de l'espèce dans la base DAISIE
  6. Liste des plantes envahissantes, éditée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (juillet 2003)