Jonzac

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Jonzac
Le château de Jonzac vu depuis les berges de la Seugne.
Le château de Jonzac vu depuis les berges de la Seugne.
Blason de Jonzac
Blason
Jonzac
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Arrondissement Jonzac
Canton Jonzac
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute-Saintonge
Maire
Mandat
Claude Belot
2014-2020
Code postal 17500
Code commune 17197
Démographie
Gentilé Jonzacais
Population
municipale
3 491 hab. (2011)
Densité 267 hab./km2
Population
aire urbaine
6 393 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 45° 26′ 48″ N 0° 26′ 01″ O / 45.4467, -0.433645° 26′ 48″ Nord 0° 26′ 01″ Ouest / 45.4467, -0.4336  
Altitude Min. 26 m – Max. 87 m
Superficie 13,09 km2
Localisation

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Liens
Site web www.villedejonzac.fr

Jonzac Prononciation du titre dans sa version originale Écouter est une commune du sud-ouest de la France, située dans la partie méridionale du département de la Charente-Maritime (région Poitou-Charentes). Ses habitants sont appelés les Jonzacais et Jonzacaises[1].

Baignée par la Seugne qui y écoule ses eaux dans un méandre, la cité s'est développée originellement sur deux collines de la rive droite, les monts Balaguier et Montguimar, où se dressent ses deux principaux monuments : l'église Saint-Gervais-Saint-Protais et le château, dont l'une des tours qui sert de beffroi est visible de fort loin.

Pôle administratif et ville commerciale particulièrement active, elle est l'une des quatre sous-préfectures de la Charente-Maritime. Jonzac est la première unité urbaine du Pays de Haute-Saintonge, regroupant 5 242 habitants en 2008, se situant nettement avant Pons et Montendre, les deux autres centres urbains de la Saintonge méridionale[Note 1]. Elle est au cœur d'une petite aire urbaine qui la place au 10e rang en Charente-Maritime avec 6 265 habitants en 2008.

Station thermale depuis 1986[2], la ville s'est dotée d'un centre culturel, de nombreux équipements sportifs, d'un cinéma, d'un casino et d'un centre de loisirs aquatiques qui en font également une destination touristique de plus en plus fréquentée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une situation géographique particulière[modifier | modifier le code]

Jonzac est située dans la partie méridionale de la Charente-Maritime qui correspond à la Haute Saintonge. Appartenant au midi de la France — on parle plus précisément de « midi atlantique »[3], elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français.

La ville est assez éloignée de la préfecture de la Charente-Maritime, La Rochelle, qui se trouve à 105 km au nord-ouest alors qu'Angoulême, préfecture du département voisin de la Charente, n'est distante que de 55 km à l'est. L'influence urbaine de cette dernière y est davantage ressentie. C'est cet éloignement géographique de la préfecture de Charente-Maritime qui a permis à Jonzac, petite ville de moins de 4 000 habitants, de devenir sous-préfecture dès 1800 pour une plus grande proximité de l'administration en Sud-Saintonge.

De plus, Bordeaux, préfecture de la Gironde et capitale régionale de l'Aquitaine, n'est située qu'à 90 km au sud-ouest. Le rayonnement urbain de cette métropole régionale y est particulièrement prégnant, d'autant que Jonzac est reliée directement à cette dernière par la ligne ferroviaire à deux voies Bordeaux-Nantes.

Par rapport aux autres villes proches de Jonzac, Saintes dont l'influence urbaine s'y fait nettement ressentir est située à 42 km au nord-ouest tandis que Pons est à peu près à mi-chemin entre ces deux villes, se trouvant à 20 km, également au nord-ouest de Jonzac. La cité est reliée à ces deux villes par la voie ferrée Bordeaux-Nantes et par la D 142 jusqu'à Pons, puis la RD 137 - ex-RN 137 - jusqu'à Saintes.

Barbezieux-Saint-Hilaire, ancienne sous-préfecture de la Charente, n'est distante que de 23 km à l'est et se trouve sur l'axe routier qui relie Angoulême à Jonzac via la RN 10 jusqu'à Barbezieux, puis la D 3 depuis cette dernière. Les échanges urbains entre ces deux villes de la Saintonge — que séparent seulement les limites départementales depuis la Constituante de 1790 — demeurent toujours actifs, d'autant qu'elles sont de taille comparable et qu'elles sont toutes les deux situées dans le vignoble du Cognac. De même en est-il avec Cognac, la célèbre cité des eaux de vie n'étant distante que de 32 km au nord via le chef-lieu de canton Archiac, situé en limite des départements de la Charente et de la Charente-Maritime et appartenant à l'arrondissement de Jonzac.

Enfin, Jonzac est relativement proche de la côte atlantique et, plus précisément de l'estuaire de la Gironde, Royan, la grande station balnéaire et touristique de la côte charentaise, étant située à 61 km à l'ouest via Saint-Genis-de-Saintonge et Cozes.

Jonzac n'est pas reliée directement à une autoroute comme l'est Pons au nord-ouest, elle est située à 17 km de l'échangeur de l'A10no 37 –, aux portes de Mirambeau, chef-lieu de canton appartenant également à l'arrondissement de Jonzac.

Cette situation géographique particulière de Jonzac dans le sud de la Charente-Maritime en a fait un carrefour de communications routières important que les contraintes de son site naturel (collines escarpées, vallée encaissée de la Seugne) ont longtemps gêné.

Un site urbain contraignant[modifier | modifier le code]

La ville est bâtie sur deux collines sur les bords de la Seugne, affluent de rive gauche la Charente, l'un des plus longs du fleuve. Les méandres de la Seugne traversent la commune du sud-est vers le nord-ouest et la rivière se caractérise par quelques petites îles inondables et des cascatelles. Les abords plus ou moins abrupts de sa vallée sont occupées par des jardinets tandis que les parties basses et inondables sont le domaine des prairies naturelles.

Le château de Jonzac est bâti au sommet de la colline Montguimar.

En fait, le site urbain de Jonzac est plus complexe qu'il n'y paraît. La ville occupe un site de méandre et s'est originellement développée sur la rive droite de la Seugne, sur la partie escarpée d'une colline facile à défendre. C'est ici que le château fut primitivement édifié au XIe siècle, répondant ainsi à des critères stratégiques et défensifs. C'était la « Cité », ceinte par des remparts. Puis, sur l'autre colline que sépare un vallon sec, s'est développé le « quartier de l'église », né en même temps que la Cité.

Le développement urbain, sur la rive gauche, fut plus tardif. Il prit son essor avec l'implantation d'un couvent des Carmélites en 1505 qui donna son nom au nouveau faubourg, le faubourg des Carmes où « œuvraient des artisans, mégissiers, tanneurs, tonneliers »[4]. C'est également sur la rive gauche que les carrières de pierres calcaires commencèrent à être activement exploitées à partir du XVIe siècle et elles jouèrent un rôle important dans l'économie comme dans l'histoire de la ville.

Ces deux parties de la ville que sépare la rivière constituent aujourd'hui le noyau urbain originel de Jonzac et qui est resté tel quel pendant de longs siècles jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle.

La Seugne s'écoule paisiblement au pied de la colline Montguimar, formant un cadre bucolique.

Le développement urbain contemporain s'est effectué principalement sur la rive gauche de la Seugne avec l'implantation de la voie ferroviaire et de la gare tout à la fin du Second Empire à partir de janvier 1870[5]. La rive gauche a toujours eu un caractère plus industriel que la rive droite, quartier voué par excellence aux commerces et aux administrations.

Mais l'expansion urbaine actuelle, celle qui a débuté dans les années 1960 et s'est prolongée jusqu'au seuil des années 1980, a débordé le cœur historique de la ville et s'est faite principalement vers l'ouest en suivant la vallée de la Seugne et vers le nord. Lors de cette extension du bâti urbain, composé de résidences HLM et de lotissements pavillonnaires, Jonzac s'est progressivement soudée aux villages voisins de Saint-Germain-de-Lusignan, où une zone industrielle a été aménagée ainsi qu'un centre de formation professionnelle relevant de la Chambre des Métiers, et de Saint-Martial-de-Vitaterne, où un important centre hospitalier psychiatrique a été édifié. Jonzac forme donc une agglomération urbaine de 5 183 habitants en 2007.

En raison des conditions particulières de son site urbain et de l'étroitesse de son finage communal, Jonzac fait partie des communes urbaines les moins étendues du département, la ville manque de terrains à construire qui limitent considérablement son développement urbain actuel. C'est pourquoi depuis 1982, Jonzac voit sa population décroître régulièrement alors que les deux communes de son agglomération urbaine et celles situées en périphérie ne cessent de gagner de la population. Il n'est donc pas exagéré de dire que la croissance urbaine de Jonzac « se déploie » dans son canton.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le bassin de Jonzac est en grande partie constitué par des formations du Crétacé supérieur.

Un forage géothermique réalisé à Jonzac en 1979 a confirmé l’existence d’eau géothermique à 65 °C5 °C) dans les grès et calcaire du Trias entre 1 671 et 1 871 mètres de profondeur. Un second forage a également été réalisé en 1993.

Accessibilité de la ville[modifier | modifier le code]

Par la route, Jonzac se trouve à environ 1/4 d'heure de l'autoroute A 10 et est à 1 heure de Bordeaux, 1 heure 30 de La Rochelle, 45 minutes de Royan et 30 minutes de Saintes et de Cognac. La ville est en outre une des étapes d'un sentier de grande randonnée balisé, le GR 360.

La gare de Jonzac est située sur la ligne de Chartres à Bordeaux-Saint-Jean. Deux allers-retours quotidiens en car permettent également de rejoindre Angoulême en une heure, pour la correspondance TGV vers Paris.

Jonzac possède également un aérodrome, l’aérodrome de Jonzac - Neulles situé sur la commune de Saint-Germain-de-Lusignan.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Jonzac
Saint-Martial-de-Vitaterne Réaux
Saint-Germain-de-Lusignan Jonzac Champagnac
Saint-Simon-de-Bordes Ozillac

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Charente-Maritime.

Le climat est de type océanique aquitain : la pluviométrie est relativement élevée en automne et en hiver et les hivers sont doux. L'été reste tempéré grâce à la brise marine. Deux vents venant de l'océan, le noroît et le suroît, soufflent sur les côtes du département. L'ensoleillement de la côte charentaise est très important : avec 2 250 heures par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéenne[6].

Paysage de « champagne » aux abords de Jonzac.

Les relevés de la station météorologique de La Rochelle entre 1946 et 2000 permettent de déterminer quelques dates majeures au point de vue climatique en Charente-Maritime : ainsi, au cours de cette période, la température la plus froide est relevée le 15 février 1956 : -13,6 °C.
Un pic de température (dépassé seulement au cours de la canicule de 2003) est atteint le 8 juillet 1982 avec près de 39 °C à l'ombre.
Si 1953 est considérée comme l'année la plus sèche, 2000 est au contraire la plus pluvieuse[7].

La Charente-Maritime est le département français le plus durement touché par la tempête Martin du 27 décembre 1999. Les records nationaux de vents enregistrés sont atteints avec 198 km/h sur l'île d'Oléron et 194 km/h à Royan.

Le tableau suivant résume les principales données climatiques de la station de Météo-France de Cognac (environ 30 kilomètres à l'est).

Données générales[modifier | modifier le code]

Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Jonzac[8] 1943 791,4 5 23 61
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Strasbourg 1 633 610 30 29 65
Brest 1 492 1 109 9 11 74

Données météorologiques à Cognac[modifier | modifier le code]

Données climatiques à Cognac
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 2,8 3,8 6,2 9,4 12,4 14,4 14 12,1 8,9 4,7 2,6 7,8
Température moyenne (°C) 5,4 6,7 8,5 11,1 14,4 17,8 20,2 19,7 17,6 13,7 8,6 5,9 12,5
Température maximale moyenne (°C) 8,7 10,5 13,1 15,9 19,5 23,1 26,1 25,4 23,1 18,5 12,4 9,2 17,7
Ensoleillement (h) 80 103,9 153,3 184,5 204,9 239,6 276,4 248,3 199,4 159 96,8 78,8 2 024,9
Précipitations (mm) 80,4 67,3 65,9 68,3 71,6 46,6 45,1 50,2 59,2 68,6 79,8 80 783,6
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Cognac de 1961 à 1990[9].


Environnement[modifier | modifier le code]

Une partie de la commune est intégrée à une zone protégée en raison de la richesse de son écosystème (prairies hygrophiles ou méso-hyprophiles, forêts alluviales, garrigues).

La loutre est une des nombreuses espèces fréquentant les berges de la Seugne.

Les bords de Seugne constituent un espace d'une grande richesse écologique. Multitude de ponts et passerelles enjambent la rivière au cœur de la ville historique, et une promenade (mail de Seugne) a été aménagée le long de quelques-uns de ses bras. Elle se compose d'un parcours-santé, d'un arboretum et d'une aire de loisirs pour les enfants. La haute vallée de la Seugne, formée d'une série de biefs, est un site protégé dans le cadre du réseau de protection des espaces naturels de grande valeur patrimoniale Natura 2000 (classement en « site d'importance communautaire »). Le site abrite une communauté de visons d'Europe parmi les plus importantes de la région Poitou-Charentes. La faune est également représentée par la loutre, le grand rhinolophe, l'agrion de Mercure et la cistude d'Europe[10]. La haute vallée de la Seugne est en outre intégrée à une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de classe II (grands espaces naturels riches) couvrant 8 % du territoire communal[11].

Les carrières de Bellevue constituent un autre site protégé dans le cadre du réseau Natura 2000 (classement en « site d'importance communautaire »), par ailleurs inscrit dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de classe I (petits espaces homogènes)[11]. Le site se compose de cavernes (anciennes carrières), de maquis et de garrigues. L'endroit est apprécié des rhinolophes, qui viennent y hiberner[12].

Plusieurs sentiers de promenade ont été aménagés dans la partie sud de la ville. Au gré des bras de la Seugne, des forêts et des prairies, ils conduisent à un parc floral et à la base de loisirs d'Heurtebise.

La commune a jusqu'à présent (2011) fait l'objet de treize arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle, dont quatre pour des mouvements de terrain et neuf pour des inondations. La commune abrite sept établissements (non Seveso) susceptibles de présenter des risques technologiques potentiels[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au Xe siècle, une charte mentionne pour la première fois un Joenzacus[13].

D'après Ernest Nègre, Jonzac serait issu de l'anthroponyme gallo-romain Juventius associé au suffixe -acum. Jonzac serait donc à l'origine le « domaine de Juventius ».

En saintongeais, Jonzac s'écrit Jhonzat.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de la ville, sculptées sur la porte du château.
Blason Blasonnement :
De gueules au pont de trois arches d'argent maçonné de sable, posé sur une rivière aussi d'argent mouvant de la pointe, surmonté d'un château couvert à deux grosses tours et un entremur, le tout du même maçonné aussi de sable.
Commentaires : La devise de la cité, gravée au-dessus de l'entrée du château, est : « Post bella, otia pacis » (« Après les guerres, les loisirs de la paix »).

Histoire[modifier | modifier le code]

On a retrouvé dans la commune de nombreux vestiges préhistoriques. La découverte récente d'un site du Moustérien au lieu dit Chez Pinaud prouve que les premiers hommes s'abritaient non loin des méandres de la Seugne. Des fouilles d'une grande ampleur sont actuellement en cours.

La construction du nouveau complexe de loisirs aquatiques a également mis au jour une villa gallo-romaine.

Le site semble avoir toujours été occupé, puisqu'on a trouvé également des sarcophages mérovingiens au XIXe siècle.

Ruelle médiévale aux abords du château.

La première mention du château de Jonzac date de 1059[14]. L'inscription 1449 sur le château atteste de sa reconstruction au XVe siècle à la suite des destructions engendrées par la guerre de Cent Ans.

Dans les années 1570, Jonzac devint une place huguenote, et connut un essor économique important (foire, marché aux porcs, halle aux grains). La révocation de l’édit de Nantes en 1685 a contraint de nombreux Jonzacais à fuir vers Bordeaux et aux Antilles.

Jonzac devint chef-lieu d'arrondissement en 1800 et la prospérité de la ville commence à se faire grâce au commerce du cognac.

Le chemin de fer arrive à Jonzac en 1870 depuis Saintes.

La fin du XIXe siècle verra Jonzac subir une crise économique à la suite des ravages du phylloxera sur le vignoble du cognac[15].

Durant la Seconde Guerre mondiale, une garnison allemande de 235 hommes et 5 officiers occupe Jonzac[16]. C'est aussi dans la commune que la Wehrmacht installe un des plus importants dépôts de munitions, dans les carrières d'Heurtebise. Ce dépôt était destiné à alimenter les sous-marins de la Kriegsmarine pour l'Atlantique, et le mur de l'Atlantique, avec l'équivalent de 120 trains complets prêts à charger. Sa destruction est préparée par le groupe Alerte, groupe sabotage de l'Organisation civile et militaire (OCM). Plusieurs tentatives ont lieu, les 8, 18 et 30 juin[17],[18],[19]. Finalement, c'est en allumant directement une mèche que Pierre Ruibet réussit le sabotage, se sacrifiant pour réussir la destruction. Son compagnon Claude Gâtineau fut arrêté et fusillé le lendemain.

Le 23 juillet 1999, la 18e étape du Tour de France cycliste s'élance de Jonzac pour rallier le Futuroscope avec Lance Armstrong portant le maillot jaune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville est installé dans une aile du château.
Liste des derniers maires
Période Identité Étiquette Qualité
1977 2001 Claude Belot UMP Président du conseil général
2001 2008 Jean-Claude Texier    
2008 2014 Claude Belot UMP Conseiller général sénateur

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Jonzac est le siège de la plus vaste communauté de communes de France, la communauté de communes de la Haute-Saintonge, avec 122 autres communes du Sud de la Charente-Maritime représentant 54 900 habitants et près de 24 % de la superficie du département.

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

La taxe d'habitation prélevée par la commune était en 2006 de 9,40 %[20], la taxe foncière sur les propriétés bâties était de 20,27 % et la taxe professionnelle de 10,01 %.

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Allégorie de la République de Gustave Michel (1894)

L'analyse des résultats des élections présidentielles de 2007 montre un relatif équilibre des forces en présence, tant au premier qu'au second tour du scrutin. Le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy obtient cependant une légère avance (29,11 %) sur la candidate du PS Ségolène Royal (28,92 %) et le candidat du MoDem François Bayrou (23,21 %). Au second tour, le rapport des forces reste sensiblement le même, Nicolas Sarkozy obtenant 50,36 % des suffrages (soit 1 056 bulletins) tandis que Ségolène Royal totalise 49,64 % (soit 1 041 bulletins). Au total, à peine 15 voix séparent les deux candidats[21]. Le taux d'abstention du premier tour (20,55 %) et du second tour (19,60 %) est nettement supérieur aux moyenne enregistrées dans le reste de l'hexagone (16,23 % et 16,03 %)[22].

La prédominance de la droite est plus marquée lors des élections législatives qui suivent, Dominique Bussereau conservant son siège de député de la quatrième circonscription de la Charente-Maritime avec 48,39 % des voix dans la commune, quand son adversaire socialiste ne totalisait que 27,58 % des voix[23].

Les élections régionales de 2010 sont en revanche remportées par la liste PS conduite par Ségolène Royal. Derrière le candidat UMP Dominique Bussereau au premier tour (38,22 % pour D. Bussereau, 37,90 % pour S. Royal), elle bénéficie d'un bon report de ses alliés de gauche et obtient finalement 52,96 % des suffrages au second tour. Le taux d'abstention reste néanmoins conséquent (48,27 %), mais nullement exceptionnel pour ce type d'élections[24].

Ce score s'inscrit dans le prolongement des élections régionales de 2004, la liste conduite par Ségolène Royal ayant à l'époque obtenu 51,56 %, devant la liste UMP conduite par Élizabeth Morin, qui récoltait pour sa part 40,92 % des voix. La liste FN de Jean-Romée Charbonneau se retrouvait en position d'arbitre, ayant obtenu 7,52 % des scrutins[25].

Résultats du second tour des élections présidentielles de 2007 :

Résultats des élections législatives de 2007 et 2002 :

Résultats des élections régionales de 2010 et 2004 :

Démographie[modifier | modifier le code]

Classement démographique[modifier | modifier le code]

Population de l’agglomération de Jonzac
(Recensements Insee de 1999 et 2008)
Zones Population Surface
(km²)
Densité
(/km²)
croissance
1999-2008
Agglomération saintaise
Jonzac 3 552 13 271 - 6,94 %
Unité urbaine 5 242 34 155 - 1,47 %
Aire urbaine 6 265 155 114 + 0,66 %
Démographie de la Charente-Maritime
Charente-Maritime 611 714 6 864 89 + 9,82 %

Par sa population, Jonzac est la 29e commune de la Charente-Maritime avec 3 552 habitants au 1er janvier 2008. Elle est cependant la première ville de l'arrondissement de Jonzac où elle exerce la fonction de sous-préfecture.

Avec une superficie communale de 1 309 hectares, la densité de population s'élève à 271 habitants par km², ce qui la classe parmi les communes les plus densément peuplées de Charente-Maritime.

En 2008, l’unité urbaine de Jonzac qui comprend trois communes[Note 2] regroupe 5 242 habitants et son aire urbaine, qui inclut cinq communes périurbaines situées dans la zone d’influence forte de la ville, rassemble 6 265 habitants.

Ces différentes données font de Jonzac la 12e agglomération urbaine de la Charente-Maritime et son aire urbaine la classe au dixième rang dans le département.

Au niveau régional, elle occupe le 24e rang des aires urbaines picto-charentaises[27].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 491 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 3],[Note 4].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 470 2 509 2 488 2 465 2 618 2 514 2 524 2 591 2 718
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 792 3 005 3 147 3 260 3 296 3 210 3 237 3 431 3 344
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 366 3 287 3 210 2 896 3 041 3 142 3 250 3 771 3 575
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
4 020 4 022 4 306 4 494 3 998 3 817 3 554 3 511 3 491
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2004[29].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (33,2 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (28,1 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (54 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46 % d’hommes (0 à 14 ans = 15,4 %, 15 à 29 ans = 16,3 %, 30 à 44 ans = 18,1 %, 45 à 59 ans = 21 %, plus de 60 ans = 29,2 %) ;
  • 54 % de femmes (0 à 14 ans = 12,6 %, 15 à 29 ans = 15,3 %, 30 à 44 ans = 15,3 %, 45 à 59 ans = 20,3 %, plus de 60 ans = 36,6 %).
Pyramide des âges à Jonzac en 2007 en pourcentage[30]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,8 
90 ans ou +
2,0 
11,0 
75 à 89 ans
16,8 
17,4 
60 à 74 ans
17,8 
21,0 
45 à 59 ans
20,3 
18,1 
30 à 44 ans
15,3 
16,3 
15 à 29 ans
15,3 
15,4 
0 à 14 ans
12,6 
Pyramide des âges de la Charente-Maritime en 2007 en pourcentage[31]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
1,5 
8,6 
75 à 89 ans
11,9 
16,4 
60 à 74 ans
17,1 
21,3 
45 à 59 ans
21,1 
19,1 
30 à 44 ans
18,5 
16,8 
15 à 29 ans
14,7 
17,3 
0 à 14 ans
15,1 

Économie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Localisée dans la partie méridionale du département, la ville de Jonzac est un centre d'activités tertiaires actif. Second pôle d'emplois du pays de Haute-Saintonge (derrière Pons), son économie repose sur les services administratifs (renforcés par la présence d'une sous-préfecture), le thermalisme, le tourisme (centre aqualudique des Antilles de Jonzac, mais aussi tourisme vert), les services à la personne et aux entreprises ainsi que le commerce. Une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Rochefort et de Saintonge y a été mise en place.

L'agglomération accueille un hypermarché de 3 700 mètres carrés (Seugne distribution SA/E.Leclerc) qui emploie 160 salariés, deux supermarchés (Intermarché et Leader Price) employant respectivement 49 et 20 salariés[32] et une enseigne de hard discount (Lidl).

Deux zones d'activité sont implantées sur la commune (ZA Au Plaisir et ZA La Pouyade), renforcées par une zone d'activité communautaire située dans la commune voisine de Saint-Germain-de-Lusignan (ZAC de Jonzac-Saint-Germain). Elles constituent un vivier d'entreprises diverses (construction mécanique, boulangerie industrielle, menuiserie, sérigraphie industrielle...) et de boutiques qui complètent l'offre présente en centre-ville. Enfin, en bordure de la rocade, en direction de Mirambeau, un parc commercial (La Source) a été créé autour des magasins Intermarché et Bricomarché, tous deux à l'origine du projet via le groupe ImmoMousquetaires Centre Ouest[33]. Ce nouveau complexe comprend différentes enseignes commerciales (La halle aux vêtements, La halle aux chaussures, Gifi...) et McDonald's[34],[35].

La partie sud-est de la commune accueille une zone d'aménagement concerté (ZAC du Val de Seugne) de 66 hectares, divisée en trois secteurs : un secteur paysager (aménagements limités afin de préserver et mettre en valeur le cadre naturel), un secteur de développement économique (infrastructures publiques et privées, équipements touristiques, commerces), et un secteur dédié aux infrastructures d'hébergement (complexes hôteliers, résidences, commerces)[36].

Jonzac possède une industrie agro-alimentaire relativement importante avec une société de transformation de morue qui emploie plus de 200 salariés et une société de négoce de cognac, de pineau des Charentes et de vin de pays charentais, comprenant environ 50 personnes.

La présence conjuguée des vignes et des forêts a permis à Jonzac d'abriter une usine du premier groupe mondial de production de fûts destinés aux vins de qualité (groupe Radoux), tonnellerie qui exporte dans le monde entier (une centaine de salariés).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Station thermale de Jonzac[modifier | modifier le code]

Aménagée dans d'anciennes carrières de pierre de taille, la station thermale de Jonzac est le plus récent centre thermal du centre-ouest de la France, ayant ouvert ses portes en 1986, il a accueilli 12731 curistes en 2013, faisant de Jonzac la 10ème station thermale française. Les indications thérapeutiques de la station de Jonzac sont : rhumatologie, phlébologie et voies respiratoires.

Les Antilles de Jonzac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Antilles de Jonzac.
Les Antilles de Jonzac.

La proximité des thermes a permis le développement d'un tourisme de loisirs haut de gamme, dont la locomotive est un centre aqualudique : « Les Antilles de Jonzac ». Ce centre aquatique de loisirs et de remise en forme a ouvert ses portes en 2002, en présence du Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin.

Le complexe regroupe un lagon tropical (piscine à vagues, toboggan de 60 m, cascades et geysers, plage intérieure et extérieure avec terrain de beach volley, jardin tropical, etc.), un Espace Forme de 700 m2, un restaurant, des boutiques et une salle de séminaires. Le forage géothermique de 1993 permet de fournir l'énergie nécessaire au complexe aqua-ludique à hauteur de 85 %[37].

La commune compte également une résidence hôtelière de 70 appartements, « Maeva », un casino avec 50 machines à sous et une base de loisirs.

Emploi[modifier | modifier le code]

La commune abrite une population un peu moins active que la moyenne nationale (42,7 % contre 45,2 %), avec néanmoins un taux d'activité des 25-59 ans à peu près conforme aux chiffres nationaux (82 % contre 82,2 %). Les catégories socio-professionnelles les mieux représentées sont les employés (31,2 %), suivis des ouvriers (25 %) et des professions intermédiaires (19,2 %). Les cadres sont bien représentés (12,4 % contre 12,1 % dans le reste du pays), de même que les artisans et chefs d'entreprises (8,9 % contre 6,4 %). L'agriculture emploie 3,2 % des actifs, un chiffre plus élevé que la moyenne nationale (2,4 %)[38].

En 1999, le taux de chômage était de 17,6 %, un chiffre plus élevé que les estimations au niveau national (12,9 %)[38].

Les actifs représentent de loin la principale composante de la population (42,7 %). Ils sont suivis par les retraités (25,5 %) et les jeunes scolarisés et les étudiants (19,3 %)[38].

Immobilier[modifier | modifier le code]

De façon globale, la population de la commune a des revenus inférieurs aux estimations nationales : la moyenne des revenus par an et par ménage y est de 12 901 € (moyenne nationale : 15 027 € / an et par ménage)[39].

Le taux de personnes propriétaires de leur logement est légèrement inférieur à la moyenne nationale, soit 49,1 % (moyenne nationale : 55,3 %) ; parallèlement, 45,3 % des habitants de la commune sont locataires (moyenne nationale : 39,8 %) et 5,6 % logés gratuitement (moyenne nationale : 4,9 %)[40].

Le parc immobilier de la commune est constitué de 2 279 logements. Ceux-ci sont essentiellement des résidences principales (76,5 %), le reste étant constitué de résidences secondaires (10 %) mais aussi d'un grand nombre de logements vacants (13,5 %)[40]. La grande majorité des logements sont des maisons individuelles, lesquelles représentent 70,3 % du parc immobilier (moyenne nationale : 55,3 %) ; le reste se répartissant entre appartements (24 %) et logements alternatifs (5,6 %). 33,3 % des logements sont constitués de 5 pièces ou plus (moyenne nationale : 31,5 %); suivent les 4 pièces (28,1 %), les 3 pièces (20,8 %), les 2 pièces (11,2 %) et les studios (6,5 %)[40].

Patrimoine communal[modifier | modifier le code]

Château de Jonzac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Jonzac.
Le châtelet d'entrée du château de Jonzac date du XVe siècle.

Le château de Jonzac est un des monuments emblématiques de la ville. Établi sur un éperon calcaire dominant la vallée de la Seugne, il date pour l'essentiel du XVe siècle. D'importantes modifications ont été apportées à sa structure au XIXe siècle (aménagement de l'hôtel de ville, de la sous-préfecture, du théâtre, percement d'une rue ayant fait disparaître le grand escalier central). La création d'une esplanade ponctuée d'arbres et d'espaces verts contribue néanmoins à mettre en valeur le bâtiment et le monumental châtelet d'entrée, doté de mâchicoulis à accolades portés par des consoles à quatre dés superposés et de trois rainures de pont-levis. Les armes et la devise de la ville y sont gravés.

Un premier château est cité dans une charte dès le XIe siècle, qui mentionne la donation par Guillaume de La Rochandry de la chapelle castrale à l'abbaye de Baignes. L'emplacement de cette forteresse primitive est sujet à débats depuis les découvertes de l'historien Marc Seguin en 2009, qui envisage la présence du château médiéval aux environs de l'immeuble Dufour, un peu en contrebas de l'actuel bâtiment[41].

Détail d'une aile du château.

Sans doute endommagé par les combats de la guerre de Cent Ans, l'ancien château est remplacé par la bâtisse actuelle aux alentours de 1449 (date inscrite sur le châtelet d'entrée). Sa fonction reste essentiellement défensive, et reprend les canons de l'architecture militaire médiévale (forte enceinte, tours d'angles, cour centrale, fossés).

Le château a reçu la visite de personnalités illustres au cours de son histoire, tel le roi Henri IV, le roi Louis XIV et le cardinal Mazarin. L'ensemble fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 mai 1913[42].

L'esplanade du château est ornée d'une statue monumentale représentant la République, œuvre du sculpteur Gustave Michel. Haute de plus de trois mètres (piédestal compris), elle figure Marianne brandissant un flambeau, éclairant le peuple, armée d'une épée et couronnée d'un bonnet phrygien. Commandée à l'occasion du centième anniversaire de la Révolution française, elle est inaugurée en présence de nombreux notables de la région (dont le sénateur Émile Combes) au mois d'octobre 1894[32].

La porte de ville (XVe siècle).

Porte de ville[modifier | modifier le code]

La porte de ville est un des rares vestiges de l'enceinte fortifiée, qui protégeait autrefois le quartier du château. Elle était appelée autrefois « porte du château » et donnait accès à une place où étaient établis le minage et les halles. Conservant créneaux et mâchicoulis, elle date du XVe siècle et témoigne du sentiment d'insécurité dans la province à la fin de la guerre de Cent Ans. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 25 novembre 1926[43].

Église Saint-Gervais-Saint-Protais[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Gervais-Saint-Protais (XIIe siècle) conserve une façade de style roman saintongeais.

L'église Saint-Gervais-Saint-Protais pourrait avoir été fondée dès le haut Moyen Âge, même si l'édifice actuel n'est pas antérieur au XIIe siècle. La tradition (elle-même basée sur le « Pseudo-Turpin ») veut que Charlemagne y ait fait déposer les restes de saint Anthème (évêque de Poitiers au VIIIe siècle) lors d'un passage dans la région, ce qui n'a néanmoins jamais été prouvé.

La partie centrale de la façade est caractéristique de l'art roman saintongeais, avec ses superpositions d'arcatures, ses chapiteaux, ses cordons et ses modillons délicatement sculptés. Elle présente cependant un détail unique dans la région : la présence au dernier étage de huit colonnettes se terminant par de petites lanternes coniques abritant des visages humains[44].

L'église se voit adjoindre au XVIe siècle deux bas-côtés, bordés de contreforts (l'un d'eux, au mur sud, porte encore les armes du roi Louis XII). Les traces des guerres de religion qui ont ensanglanté la région peu après sont encore bien visibles, les murs portant des traces d'arquebusades, laissant imaginer de rudes combats aux abords de l'édifice[45]. L'église a été restaurée en profondeur entre 1847 et 1854 (clocher, voûtes, mobilier).

Le parvis a fait l'objet de fouilles archéologiques en 2009, qui ont révélé la présence d'un important cimetière daté des VIe et VIIe siècles. Conduites par Léopold Maurel, elles ont notamment permis de mettre au jour des bijoux (dont une boucle d'oreille en corbeille de type « Arégonde  »), des armes (lames de couteau, scramasaxes), des fibules, mais aussi des restes de tissus minéralisés[46].

L'édifice fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 2 juillet 2001[47].

Couvent des Carmes[modifier | modifier le code]

Cloître des Carmes.

Le couvent des Carmes est fondé en 1505 à l'instigation de Jean de Sainte-Maure, seigneur de Jonzac. Ravagé au moment des guerres de religion (1568 et 1569 notamment) il est relevé dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Le cloître est édifié à partir de 1657, dans un style particulièrement sobre. Les galeries sont surmontées des cellules des religieux, éclairées par des petites fenêtres.

L'église, qui sert désormais de tribunal d'instance, date de la même époque, même si elle conserve quelques éléments du sanctuaire originel (partie du chevet et du mur nord, contreforts ornés de sculptures fantaisistes). Elle conserve également des boiseries du XVIIIe siècle et une Crucifixion d'auteur inconnu.

Le couvent est acquis par la municipalité au moment de la révolution, qui y installe la mairie et une prison, puis un tribunal. Restauré à partir de 1976, cet ensemble monastique est aujourd'hui partiellement reconverti en centre culturel[48].

Le quartier environnant, sur la rive gauche de la Seugne, conserve nombre de maisons anciennes, notamment autour de la rue James-Sclafer (anciennement rue Porte-de-Ville)

Chapelle de la Maladrerie[modifier | modifier le code]

Cet édifice est tout ce qui subsiste d'une ancienne maladrerie établie au XVe siècle. Située en dehors de l'enceinte urbaine, elle abritait les lépreux, exclus de la communauté. Comme dans la plupart des établissements de ce type, elle était située aux abords d'une route fréquentée (en l'occurrence la route de Montendre) afin de pouvoir bénéficier de quelques aumônes.

La façade conserve quelques traces d'inscriptions : « par Bertrand Vilot » « Jehanne Bellonne Jehan Jasmain » « fut faicte icelle malet » « l'an de grâce mil IVc quatre vings et ung ».

Autres monuments[modifier | modifier le code]

La commune recèle un certain nombre de sites et de monuments moins connus. Ainsi d'une villa gallo-romaine d'une ampleur peu commune dont les vestiges ont été mis au jour. Les archéologues ont mis au jour les substructions de bâtiments dotés d'un confort laissant peu de doutes au sujet du statut social des habitants, sans doute issus de l'aristocratie : la villa était notamment dotée de thermes privés, dont le décor était constitué d'enduits peints représentant des demi-cercles ornés de plumes de paon[49].

Les halles couvertes du Second Empire, de type « Eiffel

Le centre-ville abrite bien des maisons et immeubles anciens, au gré de ruelles tortueuses héritées du passé médiéval. Il garde également des constructions datant des XIXe et XXe siècles, tel le théâtre (1886), le marché couvert, à la structure métallique de type « Eiffel », construit aux abords de l'église (1889), l'immeuble de la caisse d'épargne, à la façade monumentale aux armes de la ville (1905) et l'immeuble du Coq d'Or, doté d'un balcon monumental destiné à accueillir les personnalités en visite dans la ville[32].

La campagne environnante conserve un petit patrimoine rural constitué notamment de moulins. Moulin à eau dans le cas de Chez Bret, remis en service par la municipalité, et qui abrite aujourd'hui une maison du meunier retraçant l'histoire de la vallée de la Seugne. Moulin à vent également dans le cas du Cluzelet, toujours en activité de nos jours.

Culture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Culture en Charente-Maritime.

Musée archéologique des Carmes[modifier | modifier le code]

Aménagé dans l'ancien couvent des Carmes (XVIIe siècle) après une restauration menée entre 1976 et 1978, le musée archéologique fait partie d'un pôle culturel comprenant également des salles d'expositions et de conférences.

Les collections présentées au public sont issues des nombreuses campagnes de fouilles menées dans la région jonzacaise aux XIXe et XXe siècles (site de Heurtebize, de Chermignac...), ainsi que de dons privés. Elles sont l'occasion pour le visiteur de mieux comprendre l'histoire de la cité, depuis la Préhistoire jusqu'au Moyen Âge.

Médiathèque de Haute-Saintonge[modifier | modifier le code]

Mediathèque de Haute-Saintonge.

Implantée au cœur du quartier des Carmes, dans un immeuble rénové, la médiathèque de Haute-Saintonge a ouvert ses portes en décembre 2007. Elle s'étend sur trois niveaux et comprend des espaces de travail, de lecture, de consultation des périodiques, ainsi qu'une section audiovisuel comprenant CD et DVD[50]. Des expositions, des conférences et des rencontres avec des auteurs y sont organisées ponctuellement.

Archives départementales[modifier | modifier le code]

Les archives départementales du département disposent d'une annexe à Jonzac. Ouvert en 2007, ce pôle culturel et pédagogique dispose d'une salle de lecture et de recherche de 21 places, d'une salle de conférences de 100 places et de magasins d'archives d'une capacité de 2,2 kilomètres linéaires. Des expositions y sont organisées ponctuellement[51].

Langue saintongeaise[modifier | modifier le code]

Carte représentant l'aire linguistique du Saintongeais dans les Charentes et le Nord-Gironde
Aire linguistique du Saintongeais.
Article détaillé : Saintongeais.

La commune est située dans l'aire linguistique du saintongeais, un dialecte faisant partie de la famille des langues d’oïl, branche des langues romanes, qui comprend également le français, l’angevin le picard et le poitevin avec lequel il est souvent regroupé dans un domaine plus vaste, le poitevin-saintongeais.

Le saintongeais (saintonjhais) est la langue vernaculaire parlée dans les anciennes provinces d'Aunis, Saintonge et Angoumois. On l’appelle aussi le charentais ou encore le patois charentais. Les locuteurs sont dits patoisants. Le saintongeais a fortement influencé l’acadien et en conséquence, par ricochet, le cadien ; quant au québécois, il a été influencé par les parlers tels que le normand, le francien et le saintongeais.

La langue saintongeaise présente de nombreux traits communs avec des langues telles que le cadien ou l'acadien, ce qui s'explique par les origines saintongeaises d'une partie des émigrants vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle.

Équipements et services[modifier | modifier le code]

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Depuis plus de 30 ans la ville de Jonzac est pionnière dans le domaine de l'exploitation des sources d’énergies locales et renouvelables. Après le choc pétrolier de 1979 a été mis en place un réseau de chaleur d'une douzaine de kilomètres destiné à satisfaire une grande partie des besoins thermiques de la ville (services publics, particuliers, entreprises privés). La présence d'eau chaude géothermale a en effet donné l'idée d'entreprendre un forage géothermique pour alimenter le réseau. L'alimentation s'est ensuite faite par un four poly-combustibles pour brûler les ordures ménagères. Enfin, à partir de 2002, deux chaudières à bois de 3 MW chacune ont été mises en place. Ces installations permettent à la ville d'éviter le rejet de 9 000 tonnes de CO2 par an[52]. L'expérience accumulée par la ville dans les domaines de la géothermie, la cogénération et la biomasse est présentée par la Maison de l'Énergie de Jonzac au grand public et aux professionnels.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune possède deux écoles maternelles, une école élémentaire, un collège, un lycée d'enseignement général et un lycée d'enseignement agricole et viticole.

Le CIPECMA (Centre interconsulaire de perfectionnement et d'enseignement de la Charente-Maritime) est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de La Rochelle. Il intègre notamment un centre de formation d'apprentis (CFA)[53].

L'agglomération compte également un campus des métiers, implanté dans la commune voisine de Saint-Germain-de-Lusignan[54].

Sports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sport en Charente-Maritime.

La ville de Jonzac dispose de nombreuses infrastructures sportives : stade municipal (stade d'honneur ou stade Henri-Chat-Locussol), gymnases, piscine couverte, centre de tennis et centre équestre comptant parmi les principales.

Le stade Henri-Chat-Locussol (du nom d'un ancien maire de la commune) conserve des tribunes en béton armé d'inspiration moderniste. Édifiées à partir de 1968 par l'architecte Maurice Olivier, elles reprennent une grammaire stylistique déjà éprouvée lors de la reconstruction de Royan (fins voiles de béton obliques, murs percés de baies carrées en « nid d'abeille »...). Le complexe sportif accueillait également une piscine en plein air, dotée d'un plongeoir au style combinant légèreté et monumentalité. Cette œuvre méconnue a été dessinée en 1963 par l'architecte charentais Gabriel Gauthier[55].

Un parcours-santé a été aménagé en bord de Seugne, de même que plusieurs sentiers de promenade. La base de loisirs de Jonzac (base de loisirs d'Heurtebise), à proximité des thermes et du centre aquatique, offre la possibilité de pratiquer de nombreux sports : escalade, trampoline, tir à l'arc, skate, VTT et équitation. Elle s'organise autour d'un plan d'eau propice aux activités nautiques. Le tissu associatif de la commune compte également plusieurs clubs sportifs, permettant de pratiquer des disciplines variées.

Le club de football de la commune est le FC Sévigne Jonzac-Saint-Germain. Il est deuxième division (District de Charente-Maritime). La commune compte également un club de rugby, le Rugby Club Jonzac. Enfin, la ville compte un club de basket, l'Amitié Basket-ball Jonzac (ABJ).

Santé[modifier | modifier le code]

Plusieurs cabinets médicaux sont implantés dans la commune, auxquels viennent s'ajouter une antenne de la médecine du travail et plusieurs structures d'accueil pour personnes âgées (maison de retraite et structures de type EHPAD).

La ville dispose également d'un centre hospitalier avec service d'urgences, desservant un bassin de population de 56 000 personnes[56] (Sud-Charente-Maritime) et d'un hôpital psychiatrique (psychiatrie infanto-juvénile et adulte). Un centre de convalescence, une unité DISPPA (Département d'information et de soins aux personnes ayant un problème avec l'alcool), une unité CSAPA (Centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie et alcoologie) et une clinique de la dépression leur sont attachés[56].

Les thermes offrent une large palette de soins, notamment dans les domaines de la rhumatologie, des affections respiratoires et de la phlébologie[57].

La sécurité des biens et des personnes est assurée par une antenne de la gendarmerie nationale et de la police municipale. Un centre de secours des pompiers est habilité à intervenir en cas d'urgence.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Jonzac appartient au diocèse catholique de La Rochelle et Saintes, lui-même subdivision de la province ecclésiastique de Poitiers depuis 2002 (de la province ecclésiastique de Bordeaux avant cette date) et au doyenné de Haute-Saintonge.

Les cultes catholiques et protestants sont célébrés à Jonzac.

Marché[modifier | modifier le code]

Les mardis, vendredis et samedis matin. Marché vert le dimanche matin devant les halles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son unité urbaine est constituée des communes de Saint-Germain-de-Lusignan et de Saint-Martial-de-Vitaterne, mais la ville seule avec seulement 3 552 habitants la classe à la deuxième place en Haute-Saintonge, après Pons (4 427 habitants). Recensement de 2008. Pour plus de détails, consulter les articles détaillés Liste des unités urbaines de la Charente-Maritime et Villes et urbanisation de la Charente-Maritime.
  2. selon la nouvelle délimitation définie par l'INSEE en 2010, l'unité urbaine comprend 3 communes - comme lors du zonage de 1999.
  3. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  4. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les gentilés de Charente-Maritime
  2. Site de présentation de la station thermale
  3. Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984
  4. Guide Michelin, Côte de l'Atlantique, édition Michelin 4e trimestre 1973, p.85
  5. in Le Train en Poitou-Charentes, par Y. Le Dret, tome 1, Les chemins de la mémoire éditeur, pages 64 à 68
  6. Données Météo France.
  7. Relevés Météo-France de 1946 à 2000, sur le site Bernezac.com
  8. Données de la station de Cognac, sources Météo France, L'Internaute
  9. « Cognac, Charente(16), 30m - [1961-1990] », sur infoclimat.fr (consulté le 28 octobre 2010)
  10. Natura 2000 : haute vallée de la Seugne
  11. a, b et c Site du Sigore
  12. Natura 2000 : carrières de Bellevue
  13. Toponymie générale de la France, par Ernest Nègre, volume I, 1990, p.482
  14. Mairie de Jonzac : le château
  15. Mairie de Jonzac : la crise du phylloxera
  16. Dominique Lormier, Le livre d'or de la Résistance dans le Sud-Ouest, Sud-Ouest, 1991, 2-87901-020-9, p. 244.
  17. Lormier, op. cit., p. 241-242.
  18. Christiane Gachignard, Occupation, Résistance et Libération en Charente-Maritime, collection « En 30 questions », ISSN 1272-4505, Geste éditions, 2000, ISBN 2-84561-005-X, p. 24-25.
  19. Dominique Lormier, Les F.F.I. au combat, collection « Témoignages pour l'histoire », J. Grancher, 1994, ISBN 2-73390434-5, p. 194-195.
  20. (fr) « Jonzac Impôts locaux », sur Taxe.com (consulté le 19 février 2010)
  21. a et b Résultat des élections présidentielles de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  22. Résultats des élections présidentielles de 2010, France entière, site du ministère de l'Intérieur
  23. a et b Résultats des élections législatives de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  24. a et b Résultats des élections régionales de 2010, site du ministère de l'Intérieur
  25. a et b Résultats des élections régionales de 2004, site du ministère de l'Intérieur
  26. Résultats des élections législatives de 2002, site du ministère de l'Intérieur
  27. Se reporter à l'article détaillé Démographie de la région Poitou-Charentes à la section Liste des Unités urbaines.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
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  31. « Résultats du recensement de la population de la Charente-Maritime en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 6 août 2010)
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  33. Les Mousquetaires ouvriront début mars, article de Marie-Laure Gobin paru dans Sud-Ouest, 27 décembre 2010
  34. Jonzac : McDo ouvre en juin et recrute, article de Marie-Laure Gobin paru dans Sud-Ouest, 17 février 2012
  35. Trois millions d'euros investis pour le McDo Sud ouest.fr 31 mai 2012
  36. Le site du Val de Seugne à Jonzac, site de la Semdas
  37. Les Antilles de Jonzac
  38. a, b et c Données économiques sur L'internaute
  39. Données générales sur L'internaute
  40. a, b et c Données immobilières sur L'internaute
  41. Le château de Jonzac n'a pas toujours été sur son roc, site Nicole Bertin Infos
  42. « Château », base Mérimée, ministère français de la Culture
  43. « Porte de ville (vieille) », base Mérimée, ministère français de la Culture
  44. L'église Saint-Gervais-Saint-Protais, site Églises en Charente-Maritime
  45. Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, p. 305
  46. Le parvis entre légendes et belles découvertes, article de Marie-Laure Gobin paru dans Sud-Ouest, édition du 9 septembre 2010
  47. « Eglise paroissiale Saint-Gervais et Saint-Protais », base Mérimée, ministère français de la Culture
  48. Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, p. 308
  49. La villa des aristocrates, article de Marie-Laure Gobin paru dans Sud-Ouest, 24 juillet 2010
  50. Médiathèque de Haute-Saintonge
  51. Connaître les archives départementales : le site de Jonzac
  52. Comité de liaison Énergies renouvelables : Jonzac
  53. (fr) « Présentation site CIPECMA de Jonzac », sur CIPECMA (consulté le 19 février 2010)
  54. Campus de métiers de Jonzac
  55. Architecture du XXe siècle en Poitou-Charentes, par Gilles Ragot, éditions Patrimoines médias, p.132
  56. a et b Présentation du centre hospitalier de Jonzac
  57. Les thermes de Jonzac

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]