Association Valentin-Haüy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Association Valentin Haüy)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir AVH (homonymie).

Association Valentin-Haüy

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Agir pour l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes
Fondation
Fondation 1889
Fondateur Maurice de La Sizeranne
Identité
Siège 5 rue Duroc 75343 Paris Cedex 07
Président Patrice Legrand
Vice-présidents Marc Aufrant, Louis Le Mière, Christian Volle
Secrétaire général Bernard Serre
Trésorier Gérard Jeannin
Délégué à la communication Olivier de La Jousselinière
Publication Valentin Haüy Actualités
Site web http://www.avh.asso.fr

L’Association Valentin-Haüy au service des aveugles et des malvoyants, créée en 1889 par Maurice de La Sizeranne et reconnue d’utilité publique en 1891[1], est une association qui a pour vocation d’aider les aveugles et les malvoyants à sortir de leur isolement, et de leur apporter les moyens de mener une vie normale. L’action de l’association s’appuie sur près de 3 200 bénévoles, dont environ 2 800 en régions, et 480 salariés, voyants ou handicapés visuels. (Haüy se prononce "A-U-I").

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XVIIIe siècle, l’histoire des aveugles[2] se confond avec celle de tous les autres exclus. Les moins favorisés mendient ou vivent d’expédients. C’est la publication par Diderot, le 9 juin 1749, de sa Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, ouvrage évoquant notamment le mathématicien aveugle Saunderson (1682-1739), qui va changer l’image des aveugles dans la société. Et ce n’est que 36 ans plus tard, en 1785, que la première école pour aveugles est fondée[3] par Valentin Haüy (1745-1822).

La première école pour aveugles[modifier | modifier le code]

Valentin Haüy sur la fontaine du puits de Grenelle, place Georges-Mulot à Paris

Valentin Haüy, homme de lettres pratiquant outre le latin, le grec et l’hébreu, une dizaine de langues vivantes, s’intéresse d’abord en curieux au sort des personnes aveugles et, à la suite de Diderot, à leur « psychologie ». En 1771, choqué à la vue d’un triste spectacle mettant en scène des aveugles à la Foire Saint-Ovide[4], il se passionne pour l’éducation des aveugles et ambitionne de leur apprendre à lire. Dans cette intention, il fait réaliser des caractères spéciaux en relief et mobiles et, en 1784, entreprend avec succès d’instruire un jeune homme aveugle. À la demande de la Société Philanthropique, il prend en charge d’autres jeunes gens aveugles, garçons et filles. L’Institution des Enfants Aveugles est née. Nationalisée en 1791 par l’Assemblée constituante[5], puis rattachée en 1800 à l’hospice des Quinze-Vingts, l’école reprend son autonomie sous la Restauration, en 1815, sous le nom d’Institution Royale des Jeunes Aveugles. C’est dans cette institution que Louis Braille[6] (1809-1852), alors jeune aveugle de 10 ans, entre comme élève en 1819[7] et y apprend à lire au moyen des caractères en relief imaginés par Valentin Haüy. En 1821, Charles Barbier de La Serre[8],[9], ancien capitaine d’artillerie passionné d’écriture rapide, vient présenter son système d’écriture nocturne à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles. Louis Braille se passionne pour le système ingénieux de points en reliefs inventé par Barbier, mais qui présente l’inconvénient de ne transcrire que les sons, supprimant l’orthographe, la grammaire, la ponctuation et ignorant les chiffres. Entreprenant ses propres recherches sur cette base, Louis Braille met alors au point, à l’âge de 16 ans, le système d’écriture qui porte son nom : le braille. Celui-ci fera l’objet en 1829 d’une première publication : Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l’usage des aveugles et disposés pour eux. Nommé professeur en 1828, Louis Braille poursuivra ses travaux et ses recherches au sein de l’Institution, où il meurt à l’âge de 43 ans, en 1852.

Création de l’Association Valentin-Haüy[modifier | modifier le code]

Quelque quinze années plus tard, l’Institution, installée depuis 1844 dans le bâtiment qu’elle occupe encore aujourd’hui boulevard des Invalides à Paris, et devenue en 1848 l’Institut national des jeunes aveugles (INJA), accueille un nouvel élève, Maurice de La Sizeranne (1857-1924), devenu aveugle par accident à l’âge de 9 ans. À la fin de ses études, en 1878, il est nommé professeur de musique à l’Institut national des jeunes aveugles (INJA). Passionné par le développement du système braille, et notamment par la création d’une nouvelle méthode abréviative de l’écriture braille, il renonce à toute activité professionnelle dès 1880, pour se consacrer entièrement à la cause des aveugles. Il crée des journaux et des revues en braille, dont le Louis Braille et le Valentin Haüy, il crée en 1886 une bibliothèque braille et la « bibliothèque Valentin-Haüy », constituée d’abord de sa bibliothèque personnelle. En 1889, il fonde l’Association Valentin-Haüy, dont il assumera les fonctions de secrétaire général pendant 35 ans, jusqu’à sa mort en 1924.

Organisation[modifier | modifier le code]

L’Association Valentin-Haüy (AVH) est une association loi de 1901[10],[11]. À ce titre, elle est organisée autour d’une assemblée générale, d’un conseil d’administration et d’un président assisté d’un bureau. L’AVH est une association de bénévoles. Son fondateur, Maurice de La Sizeranne, a tenu à inscrire dans les statuts de l’association[12] l’obligation de la parité entre personnes voyantes et personnes déficientes visuelles au sein de ses instances dirigeantes, parité qui s’est révélée source de créativité et d’efficience. Au conseil d’administration comme au bureau de l’association, le nombre de déficients visuels est au moins égal à celui des voyants. Un grand nombre de handicapés visuels travaillent également, comme bénévoles ou salariés, au sein de l’association.

L’Association Valentin-Haüy est membre du Comité de la Charte[13], organisme français indépendant de contrôle des associations et fondations qui sont agréées comme membres du Comité et qui acceptent de se soumettre à son contrôle. Le Comité de la Charte s’assure de la transparence de l’usage des dons et legs dont les associations et fondations membres sont bénéficiaires, et le respect par chacun de ses membres d’une charte de déontologie commune. Le Comité de la Charte contrôle en particulier la qualité de la communication de ses membres en s’assurant notamment de la règle qui stipule que « toute information donnée au public doit être fiable, loyale, précise et objective[14]. »

Activités[modifier | modifier le code]

L’action de l’AVH s’appuie sur près de 3 200 bénévoles, dont environ 2 800 en régions, et 480 salariés, voyants ou handicapés visuels ; les ESAT de l'association emploient en outre 151 travailleurs handicapés (qui n'ont pas le statut de salarié). Ses très nombreuses activités[15], développées depuis plus d’un siècle grâce à la générosité de ses donateurs, se répartissent en cinq grands domaines :

Activités du siège[modifier | modifier le code]

Le siège, situé rue Duroc 48° 50′ 52″ N 2° 18′ 50″ E / 48.84778, 2.3139 ()à Paris, pilote l’ensemble des services proposés par l’association et abrite :

  • un service d’action sociale ayant pour mission d’aider, conseiller et orienter les personnes déficientes visuelles. Ce service bénéficie du concours d’assistantes sociales, d’une conseillère en économie sociale et familiale, d’une psychologue, de juristes
  • une médiathèque[16],[17] qui prête gratuitement aux personnes aveugles ou malvoyantes[18] :
    • 7 800 livres audio (ou livres sonores) au format DAISY disponibles sur CD et en téléchargement dans le cadre du service Éole[19] (également accessible aux handicapés moteurs ou mentaux)
    • 20 000 livres en braille papier intégral et abrégé (200 000 volumes, ce qui représente le plus important fonds braille francophone du monde)
    • 1 100 livres en braille numérique
    • 10 000 partitions en braille musical
    • 160 films en audiodescription
    • 2 500 ouvrages en gros caractères.

Les services sont offerts soit sur place, soit à distance par téléphone ou internet. En plus du prêt de documents, la médiathèque propose des animations autour du livre et des services personnalisés de recherches bibliographiques et d’aide à la recherche documentaire. Les visiteurs disposent d’ordinateurs adaptés, de lecteurs Daisy, de machines à lire, de téléagrandisseurs.

  • un service d’enseignement du braille par correspondance
  • un service de vente de matériels adaptés[20], testés et souvent subventionnés par l’association, vendus sur Internet, par correspondance ou en boutique
  • un centre d’enregistrement permettant d’une part la production de livres audio (ou livres sonores) au format Daisy, d’autre part de films enregistrés avec le procédé audiovision[21] (procédé consistant à introduire des commentaires concis entre les dialogues pour décrire aussi bien le contenu des images que le déroulement de l'action),
  • un centre d’évaluation et de recherche sur les technologies pour les aveugles et les malvoyants, le CERTAM[22]
  • une imprimerie braille intégrée
  • un pôle central accessibilité[23] travaillant en relation avec les pouvoirs publics, d’autres associations de déficients visuels, les professionnels du bâtiment, les entreprises de transport, pour faire en sorte de rendre utilisables par les personnes aveugles et malvoyantes les éléments de leur environnement : voirie, transports, équipements collectifs, logement, commerces….

Activités des comités régionaux et locaux[modifier | modifier le code]

Implantés dans 57 départements métropolitains ainsi qu'à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie, les 109 comités régionaux et locaux proposent aux personnes déficientes visuelles des services de proximité  : accueil, conseils, orientation, bibliothèque sonore, activités culturelles, sportives (telles le cécifoot) et de loisir. En fonction de la taille du comité, des services complémentaires sont proposés, tels que des cours de braille, des cours d'informatique adaptée, des séjours de vacances.

Les comités agissent au plan local auprès des instances chargées des questions relatives au handicap, en particulier dans le cadre des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Activités des établissements[modifier | modifier le code]

Le premier établissement de l’Association Valentin Haüy - « l’Institut Valentin-Haüy de Chilly-Mazarin » - fut fondé en 1900 par Maurice de La Sizeranne. Aujourd’hui l’AVH gère des établissements dédiés aux personnes déficientes visuelles dans divers secteurs d’activité : emploi, formation professionnelle, hébergement, accompagnement à la vie sociale :

  • l’ESAT Witkowska, situé à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans le Rhône (69)
  • l’ESAT & foyer d'Escolore, situé à Égliseneuve-près-Billom, dans le Puy-de-Dôme (63)
  • l’Entreprise adaptée (ex Atelier protégé) de La Villette, située à Paris 19e
  • le Centre de Distribution de Travail à Domicile (CDTD) Frère Francès, entreprise adaptée située à Nantes, en Loire Atlantique (44)
  • le Centre de Formation et de Rééducation Professionnelle (CFRP), situé à Paris 7e
  • l’Institut Médico-Professionnel (Impro) de Chilly-Mazarin, dans l'Essonne (91)
  • le Centre Résidentiel Valentin-Haüy, situé à Paris 19e, regroupant deux résidences pour personnes déficientes visuelles :
    • une résidence-services pour personnes âgées
    • une résidence-services pour étudiants et jeunes travailleurs
  • le Centre de vacances d’Arvert, situé dans le bourg d’Arvert en Charente-Maritime, entre la Seudre et l’Océan Atlantique.
  • le Service d’accompagnement à la vie sociale pour déficients visuels (SAVS-DV), situé à Paris 14e, qui a pour objet contribuer à la réalisation du projet de vie de personnes adultes déficientes visuelles

Prévention de la cécité et soutien de la recherche en ophtalmologie[modifier | modifier le code]

Bien des cas de cécité ou de malvoyance pourraient être évités ou retardés grâce à la prévention. Soutenir des actions de prévention pour éviter tant de drames est un objectif essentiel, que l’Association Valentin-Haüy poursuit dans la mesure de ses moyens. Aujourd’hui la rétinopathie diabétique, complication du diabète, qui pourrait être évitée grâce au dépistage précoce, est en France la 1re cause de cécité avant 65 ans : avec l’OPC (Organisation pour la prévention de la cécité)[24], l’Association Valentin-Haüy finance un programme pluriannuel d’équipement de Centres de Santé en matériel de dépistage[25].
Dans le cadre d’un accord[26] avec l’association Retina France[27], l’Association Valentin-Haüy finance un projet présenté par l’équipe INSERM de Toulouse. Piloté par le Dr Le Bouteiller de l'hôpital Purpan (Toulouse) et conduit en partenariat avec l'équipe du Pr François Malecaze de l’université de Toulouse et celle du Pr Jean-Michel Foidart de l'Université de Liège, ce projet concerne la mise au point d'un anticorps destiné à prévenir le développement de la néo-vascularisation de la cornée, cause importante d’altération de la vision, voire de cécité.

Aide aux déficients visuels de pays en développement[modifier | modifier le code]

La solidarité internationale de l’association se manifeste surtout en Afrique francophone. Différentes actions (don de matériel informatique adapté, formation de formateurs aveugles, constitution de bibliothèques braille et sonore…) sont entreprises chaque année pour apporter une aide aux déficients visuels de ces pays où les besoins sont immenses.

Présidents et secrétaires généraux de l'AVH[modifier | modifier le code]

Bien que ce ne soit pas prévu par les statuts, traditionnellement, depuis la création de l’association, le président est voyant et le secrétaire général est aveugle.

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Liste des secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. décret du 1er décembre 1891 - Bulletin des lois de la République française partie supplémentaire n° 2416 folio 1983 N° 37673
  2. Zina Weygand, op. cit., p. 22–80
  3. Zina Weygand, op. cit., p. 120
  4. Zina Weygand, op. cit., p. 111–113
  5. cf. histoire de l’INJA sur le site officiel de l’Institut national des jeunes aveugles
  6. C. Michael Mellor, op. cit.
  7. Zina Weygand, op. cit., p. 335
  8. Zina Weygand, op. cit., p. 327–334
  9. C. Michael Mellor, op. cit., p. 56–57
  10. Statuts de l’association et arrêté ministériel du 5 décembre 2006 approuvant leur modification
  11. Arrêté du 5 décembre 2006 (JORF du 20 décembre 2006 NOR INTA0600966A et rectificatif du 20 janvier 2007 NOR INTA0600966Z)
  12. Statuts de l’Association Valentin Haüy
  13. Liste des organisations agréées par le Comité de la Charte
  14. cf. points de contrôle du Comité de la Charte
  15. Source principale : Association Valentin Haüy, étant précisé que le Comité de la Charte contrôle que toute information donnée au public est « fiable, loyale, précise et objective » cf. points de contrôle du Comité de la Charte
  16. Visite guidée de la médiathèque Valentin-Haüy Lemonde.fr du 11 février 2009
  17. Une médiathèque unique au monde pour les malvoyants ouvre à Paris La Croix du 6 février 2009
  18. Catalogue de la médiathèque Valentin Haüy
  19. Éole bibliothèque numérique pour publics empêchés d’accéder aux livres imprimés
  20. Service du matériel spécialisé de l’Association Valentin Haüy
  21. Les aveugles "écoutent" la télévision Lacroix.fr du 10 juin 2005
  22. Site du CERTAM (Centre d’Évaluation et de Recherche sur les Technologies pour les Aveugles et les Malvoyants)
  23. Nouvelle organisation du pôle accessibilité de l'Association Valentin Haüy
  24. Site de l’OPC (Organisation pour la prévention de la cécité)
  25. Dépistage de la rétinopathie diabétique sur le site de l'OPC
  26. L'Association Valentin-Haüy soutient la recherche en ophtalmologie
  27. Site de Retina France

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]