Obligation assimilable du Trésor

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Les obligations assimilables du Trésor français généralement connues sous leur sigle : OAT sont des emprunts d'État, émis pour une durée de 5 ans minimum et 50 ans maximum. Leur crédit est celui de l’État français. Il s'agit donc de titres de dette de l'État.

Principe[modifier | modifier le code]

La première OAT a été émise en mai 1985, quand Pierre Bérégovoy était ministre des Finances. L'État français se donnait les moyens de réémettre, en plusieurs tranches successives, une même émission, ou souche, portant une date d'échéance donnée et un taux nominal donné, constituant ainsi une dette négociable répartie sur un plus petit nombre d'émissions dotée chacune d'un encours beaucoup plus important que les emprunts d'État classiques. À l'époque, les emprunts des États souverains étaient émis en une seule fois, et seul le Trésor américain avait la capacité d'émettre des titres d'un encours suffisamment important pour qu'ils soient liquides. Par cette méthode, un emprunteur de taille moyenne, comme la France, pouvait créer des titres d'une liquidité suffisante pour inciter des investisseurs institutionnels américains, notamment, à en prendre en portefeuille. L'inscription de cette dette dans les documents budgétaires se fait en deux parties: les intérêts seront inscrits dans les frais de fonctionnements tandis que le capital, lui, figurera dans les fonds d'investissement.

La technique de l'assimilation (en anglais, on dit reopening, la réouverture) a depuis été adoptée par la plupart des États de l'OCDE émetteurs d'obligations, généralement, à l'imitation du Trésor français, de manière systématique.

Les OAT sont soit à :

  • taux fixe (pour environ 475 milliards d'euros mi-2005) ;
  • taux variable (pour près de 100 milliards d'euros) ;
  • de capitalisation (zéro-coupon) ;
  • soit à taux indexé sur l'inflation en France (OATi) ou en zone euro (OAT€i).

OAT à taux fixe[modifier | modifier le code]

Le Trésor émet par adjudication des lignes à 10 ans (deux par an) ainsi que des lignes d'échéance plus éloignées. Devant la demande croissante en produits d'épargne-retraite que génère le vieillissement de la population dans les pays développés, le Trésor a émis sur des durées de plus en plus longues :

  • en 1985, à 15 ans ;
  • en 1987, à 25 ans ;
  • en 1989, à 30 ans, plus long emprunt d'État européen à l'époque ;
  • en 2005 à 50 ans, l'OAT 4 % d'échéance 25 avril 2055, de loin le plus long emprunt d'État du monde.

Les OAT à taux fixe ont des encours qui peuvent aller, selon les lignes, de 5 à 25 milliards d'euros de nominal, mais la majorité d'entre elles avoisinent les 15 milliards d'euros. Il en existe deux séries principales, suivant que leur échéance tombe :

  • un 25 avril
  • un 25 octobre.

Depuis 1991, les OAT à taux fixe de ces deux séries sont démembrables. L'encours démembré représente environ 10 % du total des OAT à taux fixe.

OAT à taux variable[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1990, le Trésor a abandonné l'usage de plusieurs indices dont la popularité n'avait jamais réussi à franchir les frontières, comme le Taux moyen des bons du trésor (TMB) et le Taux moyen des emprunts d'état (TME) notamment, comme support d'OAT à taux variable. Il s'est recentré sur deux types d'indices facilement compréhensibles par les investisseurs internationaux :

  • le TEC ou taux à échéance constante, inspiré des constant maturity swaps ; la première OAT à taux variable TEC 10 a été lancée en 1996.
  • l'inflation : la première OAT indexée sur l'indice des prix français, dite OATi, a été émise en septembre 1998. En octobre 2001, le Trésor a créé le premier emprunt indexé sur l'indice des prix de la zone euro : l'OAT€i.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]