Open source

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La désignation open source, ou « code source ouvert », s'applique aux logiciels dont la licence respecte des critères précisément établis par l'Open Source Initiative, c'est-à-dire les possibilités de libre redistribution, d'accès au code source et de créer des travaux dérivés.

Souvent, un logiciel libre est qualifié d'« open source », car les licences compatibles open source englobent les licences libres selon la définition de la Free Software Foundation ou FSF.

On utilise aussi l'expression « free software » ou « logiciel libre » recommandée par la FSF. Les mots graticiel ou « freeware », quant à eux, désignent les logiciels gratuits, qu'ils soient ouverts ou non.

L’open source a déjà investi tous les grands domaines du système d’information des administrations françaises[1] : environnements serveurs, domaines applicatifs, outils d’ingénierie, solutions de réseaux et sécurité. Les solutions open source sont désormais au même rang que les solutions propriétaires dans le paysage des logiciels du secteur public. Les décideurs effectuent d’ailleurs de plus en plus leur choix à partir d’un jugement éclairé, en comparant systématiquement solutions propriétaires et solution libres.

« Préhistoire »[modifier | modifier le code]

Les ordinateurs des années 1960 étaient livrés avec des logiciels accompagnés de leurs sources que les clients pouvaient modifier et étendre. Il aurait en effet été impossible de vendre un ordinateur sans son logiciel d'accompagnement, et la plupart des clients estimaient trop aléatoire de faire fonctionner un logiciel dont ils ne pouvaient vérifier les caractéristiques internes. Les acquéreurs de logiciel obtenaient donc sur simple demande les sources des logiciels (y compris les systèmes d'exploitation) et pouvaient les modifier à leur convenance[2].

La gratuité de ces logiciels soulevait des problèmes de concurrence déloyale envers les sociétés tierces. Leur modification par les équipes informatiques compliquait leur maintenance (alors gratuite également) par les constructeurs. Gratuité et mise à disposition des codes sources disparurent progressivement chez les constructeurs vers la fin des années 1970.

Histoire[modifier | modifier le code]

La désignation open source a été suggérée par Christine Peterson du Foresight Institute afin de lever l'ambiguïté de l'expression anglaise free software. En effet, free signifie « libre » au sens de « liberté » mais aussi « gratuit ». Cette nouvelle désignation permettait de rappeler aux utilisateurs qu'un logiciel a un coût. Il s'agissait également de choisir un vocabulaire correspondant mieux au monde des affaires, le terme free (« gratuit ») de free software risquant d'inquiéter les entreprises.

L'introduction de la désignation open source n'a pas atteint le but escompté. En effet, open signifie « ouvert » et un certains nombre de personnes utilisent le terme pour désigner des logiciels propriétaires dont le code est consultable sous condition. C'était le cas notamment du New York Times en 2009[3]

Eric Steven Raymond avait d'abord essayé de déposer open source. Sa tentative ayant échoué, il créa avec Bruce Perens l'Open Source Initiative, qui délivre le label OSI approved aux licences qui satisfont aux critères définis dans l'Open Source Definition, une adaptation des Free Software Guidelines du projet Debian.

L'expression « open source » s'est largement imposée dans le monde professionnel mais également dans le milieu universitaire. Depuis ses débuts, le champ de l'open source s'est profondément modifié, ce qui a conduit certains auteurs à lever des ambiguïtés[4] et même à corriger des idées reçues à propos de ce phénomène[5]. Ainsi, les logiciels open source ont atteint un niveau de qualité suffisant pour être intégrés dans des systèmes hautement sensibles destinés aux industries de défense ou à l'aéronautique[6]. De même, les logiciels open source reposent réellement sur une économie d'ailleurs confrontée à de nouveaux défis. L'expression « FLOSS » (Free Libre Open Source Software) tente quant à elle de faire la synthèse des différents mouvements et ainsi de dépasser les querelles terminologiques.

Distinction[modifier | modifier le code]

La différence formelle entre open source et free software n'a quasiment pas de conséquence dans l'évaluation des licences. On a pu un temps citer un contre-exemple célèbre avec le projet Darwin d'Apple qui était open source selon l'OSI, mais pas free software au sens de la Free Software Foundation[7]. Depuis la version 2.0 de l'APSL, la licence sous laquelle il est distribué, ce n'est plus le cas[8].

Les désignations free software et open source sont en réalité deux désignations concurrentes pour un même type de licence de logiciel[9]. En utilisant la désignation free software, on tient à mettre en avant la finalité philosophique et politique de la licence, tandis que la désignation open source met l'accent sur la méthode de développement et de diffusion du logiciel[10]. L'histoire et les polémiques soulevées se trouvent dans l'article Open Source Initiative.

D'un point de vue économique, la marque open source contribuait à la création d'une nouvelle forme de marché et d'économie. Il s'agissait de fournir une approche plus pragmatique des avantages du logiciel libre, en mettant de côté les connotations politique et philosophique, afin de n'en conserver que les avantages sur le plan de l'ingénierie. Le développement de ce marché est porté par les entreprises traditionnelles de l'informatique (SSII) mais également par des sociétés de services spécialisées : les SSLL (sociétés de service en logiciels libres).

Avantage[modifier | modifier le code]

L'expression « open source » semble devenir un terme générique pour garantir une nouvelle forme de qualité[réf. nécessaire]. La communauté de développement peut étudier le code source pour localiser d'éventuels problèmes de sécurité.

Les logiciels open source intéressent beaucoup les pays nouvellement industrialisés et émergents (Chine, Brésil, Inde, etc.) car ces logiciels leur confèrent une indépendance technologique indéniable[11].

L’open source représente une offre logicielle extrêmement fournie avec plus de 100 000 produits en 2009 ; en outre, elle est très dynamique avec plus de 1000 nouveaux produits chaque mois.

Marché[modifier | modifier le code]

Selon le syntec informatique, le marché de l’open source représentait 450 millions d'euros en 2007 ; sa croissance annuelle prévue était de 50 % par an[12].

Selon l’étude « Le marché des logiciels libres » de Pierre Audoin Consultants réalisée en janvier 2008, le marché français de l’open source atteint un chiffre d’affaires de 730 millions d’euros et représente 33 % du marché européen[13]. Depuis 2003, sa croissance annuelle est supérieure à 40 %.

Ce marché est réévalué en 2011 à 2,5 milliards d’euros, avec une croissance de 30% par an. Il emploie 30 000 personnes, dont 90% chez les utilisateurs et 10% chez 300 PME spécialisées, dont Linagora, Smile, Alterway, Openwide et AF83[14].

Concernant le marché français des logiciels et services relatifs aux administrations françaises, MARKESS International l’estime en 2011 à un peu plus d’1 milliard d’euros. Il bénéficie depuis plusieurs années d’une croissance dynamique : entre 2011 et 2013, la croissance moyenne du marché des logiciels et services au sein des administrations françaises est évaluée à 7,7%[15].

En 2010, l’industrie française de l’open source regroupe 250 entreprises et 3 500 emplois[16]. Ses utilisateurs sont les grands comptes qui représentent 48 % du chiffre d’affaires de l’industrie du logiciel libre et 600 000 PME à la recherche de solutions peu onéreuses.

Selon l’enquête « Future of Open Source » menée par Black Duck Software (en) fin 2012[17], l'adoption de l'open source serait majoritairement déclarée par les administrations publiques (35%), suivi par les industries médicales (15%) et médiatiques (13%). Avec 1 million de projets référencés, le volume des applications mobiles open source lancées mensuellement pour Android est désormais quatre fois plus important dans l'environnement de Google que sur iOS[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. domaines concernés par l’open source au sein des administrations françaises, blog Administration numérique MARKESS International
  2. Linux Handbook A Guide to IBM Linux Solutions and Resources, An IBM Redbooks publication : « Few people know that open source was the business model that software began with! In the 1960s, nobody would buy a computer (a huge investment at that time) that was not immediately ready for some use. Software had to be given away by manufacturers as "a way to sell the hardware faster," and free of charge for that reason. The source code was distributed so that anybody could change it. At the time, nobody would or could use a computer without having programming skills. »
  3. (en) [1]
  4. (en) B. Fitzgerald, The transformation of open source software, MIS Quarterly, 30(3), 2006, pp. 587-598.
  5. N. Benkeltoun, Open source: Sortir des idées reçues, ParisTech Review, Paris, 2011.
  6. N. Benkeltoun, Regards sur les stratégies de détournement dans l’industrie open source, Vie et sciences économiques (187), 2011, pp. 72-91.
  7. Free Software Foundation, « Position de la FSF sur les anciennes versions de l'APSL » (consulté le 29 janvier 2009)
  8. Free Software Foundation, « Opinion de la FSF sur la Apple Public Source License (APSL) 2.0 » (consulté le 29 janvier 2009)
  9. N. Benkeltoum, Les Régimes de L'open source : solidarité, innovation et modèles d'affaires, thèse de doctorat en sciences de gestion, Paris: centre de gestion scientifique, Mines ParisTech, 2009, page 20.
  10. Free Software Foundation, « Pourquoi « logiciel libre » est-il meilleur que « open source » » (consulté le 29 janvier 2009)
  11. N. Benkeltoun, Gérer et comprendre l'open source. Presses des Mines, Paris, 2011.
  12. Position de Syntec Informatique sur l’open source, n°7, juin 2007, page 3.
  13. La France est devenue « un pays phare pour le logiciel libre ».
  14. La croissance des logiciels open source viendra des entreprises, L'Usine nouvelle,
  15. Des budgets open source en croissance au sein des administrations françaises, blog Administration numérique MARKESS International
  16. Dossier « L’open source : un marché d’avenir » produit par la région IDF en 2010.
  17. (en) Future of Open Source Survey
  18. Android : explosion du nombre d'apps open source

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benkeltoum, Nordine (2011), Regards sur les stratégies de détournement dans l’industrie open source, in Vie et sciences de l'entreprise (187), 72-91.
  • Benkeltoum, Nordine (2011), Open source : Sortir des idées reçues, in ParisTech Review, Paris. Texte en ligne
  • Benkeltoum, Nordine (2011), Gérer et comprendre l'open source, Paris : Presses des Mines. (ISBN 9782911256493)
  • Benkeltoum, Nordine (2009), Les régimes de l'open source : solidarité, innovation et modèles d'affaires, Thèse de doctorat en sciences de gestion, Centre de Gestion Scientifique, Mines ParisTech. Texte en ligne
  • Guetteville, Jean Béhue (2009), Open-Source: le management à la source, in La Tribune, avril Texte en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]