Économie de la Biélorussie

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Biélorussie
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie de la Biélorussie
Minsk

Monnaie Rouble biélorusse
Année fiscale calendaire
Organisations internationales CEI
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 128,4 milliards $ (2010)[1]
Produit intérieur brut en PPA 116 milliards $ (2009)
Rang pour le PIB en PPA 57ème (2012)
Croissance du PIB 0,2 % (2009)
PIB par habitant en PPA 15 592 $ en PPA (2012)
PIB par secteur agriculture : 9 % (2010)[1]
industrie : 42,9 % (2010)[1]
services : 48,1 % (2010)[1]
Inflation (IPC) 10 % (2009)
Pop. sous le seuil de pauvreté 7,3 % (2011)
Indice de développement humain (IDH)
Population active 4 504 000 (2011)
Population active par secteur agriculture : 9,4 % (2005)
industrie : 45,9 % (2005)
services : 44,7 % (2005)
Taux de chômage 1 % (2009)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 51,861 milliards $ (2012)
Biens exportés
Principaux clients Russie 35,4 %, Pays-Bas 16,5 %, Ukraine 12,1 %, Lettonie 7,1 % (2012)
Importations 48,852 milliards $ (2012)
Biens importés
Principaux fournisseurs Russie 59,3 %, Allemagne 5,9 %, Chine 5,1 %, Ukraine 5,0 % (2012)
Finances publiques
Dette publique 43,4 % du PIB (2011)
Dette extérieure
Recettes publiques 22,38 milliards $ (2012)
Dépenses publiques 21,96 milliards $ (2012)
Déficit public
Aide au développement
Sources :
www.cia.gov

Après la chute de l'Union soviétique, toutes les anciennes républiques soviétiques durent faire face à une crise économique profonde. De plus, l'accident nucléaire de Tchernobyl et les radiations qui s'en sont suivi ont résulté en la destruction d'une partie de l'agriculture (20 % des terres agricoles ayant été contaminées[2]). La Biélorussie a toutefois choisi sa propre voie de sortie de cette crise. Après l'élection en 1994 d'Alexandre Loukachenko, le pays se lance sur la voie du « socialisme de marché[3] » et donc une privatisation partielle, par opposition à ce que Loukachenko a considéré comme le « capitalisme sauvage » choisi par la Russie à cette époque. Conformément à cette politique, des contrôles administratifs des prix et des taux de change ont été introduits. Le droit d'intervention de l'État dans la gestion des entreprises privées a également été élargi, mais, le 4 mars 2008, le président émet un décret abolissant celui-ci pour améliorer le classement international de la Biélorussie en ce qui concerne les investissement étrangers. Il s'agit de la quatrième économie de la CEI[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Tendance du PIB nominal, 1995-2007.

Après une hausse de 4,7 % en 2002, la Biélorussie a enregistré, en 2003, une nouvelle croissance du PIB de 6,8 %, soit une performance supérieure à la prévision initiale de + 6 % / + 6,5 %. Dans ce pays où la structure de l'économie a peu évolué par rapport à l'époque soviétique, l'industrie et l'agriculture constituent des parts relativement importantes du PIB, respectivement 47,7 % et 7,7 %, alors que les services restent, à l'inverse, relativement peu développés (44,6 %).

Selon l'ambassade de France à Moscou[5], ces bons résultats, en termes de croissance, doivent cependant être relativisés : les données statistiques publiques biélorusses sont sujettes à discussion en raison de leur caractère optimiste ; de plus, ces performances macroéconomiques seraient largement artificielles, l'économie biélorusse restant administrée de façon centralisée et bénéficiant de fournitures énergétiques russes "à prix d'amis", l'économie de la Russie étant celle qui est la plus étroitement liée à la Biélorussie pour des raisons historiques. Les bons résultats globaux sont d'ailleurs tempérés par le maintien d'une inflation élevée (25,4 %), qui demeure un point noir de l'économie biélorusse, bien qu'en diminution (34,8 % en 2002). La persistance d'une inflation élevée serait en grande partie due à l'octroi par les autorités de hausses de salaires supérieures aux gains de productivité. De plus, la situation des finances publiques serait également fragile (alors que le déficit était encore de 0,8 % à l'issue des 11 premiers mois, sa prévision finale a été portée à 2,3 % pour l'ensemble de l'année 2003), dû au fait de la détérioration des rentrées fiscales, alors que l'État a conservé d'importants engagements sociaux. Enfin, toujours selon l'ambassade de France à Moscou, le secteur bancaire ne serait pas en mesure de jouer efficacement son rôle d'intermédiation en raison de sa petite taille (l'actif net représente moins de 28 % du PIB), de la concentration à 60 % des dépôts des ménages au profit de la Belarusbank et de l'obligation faite par l'État aux banques commerciales de financer les entreprises déficitaires. La lenteur des réformes a permis de conserver des structures de production quasi inchangées depuis la période soviétique. Ainsi, la part du secteur privé dans l'économie demeure très faible (15 % du PIB environ) et tend même à se réduire (environ 20 % au milieu des années 1990). Ces éléments, ajoutés à la persistance d'une réglementation décourageant l'activité économique, expliqueraient le caractère non compétitif de l'économie biélorusse et la situation financière déficitaire de plus de 40 % des entreprises.

D'un autre côté, grâce à son isolement économique et son éloignement du système économique mondial, la Biélorusse n'a quasiment pas ressenti la crise économique de 2008-2010. Son PIB a même augmenté de 1,5 % en 2009. De janvier à avril 2010, le taux de croissance a augmenté de 6,1 % par rapport à janvier - avril 2009[6].

La Biélorussie affiche une bonne santé économique (une croissance moyenne de 8 % entre 2000 et 2010) et une stabilité qui attire les investisseurs étrangers. Néanmoins, la crise se fait ressentir en 2011, alors que l'année précédente, la décision avait été prise de faire passer le salaire moyen de 320-370 à 500 dollars[7]. Le rouble biélorusse perd fortement de sa valeur et l'inflation atteint 108,7 % cette année-là[8]. Le taux de refinancement passe de 10,5 % en décembre 2010 à 45 % en décembre 2011 pour néanmoins rechuter à 32 % en juin 2012. En novembre 2011, les taux d'intérêts de certaines banques avoisinent les 120 %[9].

Le taux de chômage officiel est de moins de 1 %[10] mais nombre de personnes tentent d'éviter l'enregistrement en tant que chômeurs, en raison de travaux publics obligatoires, tandis que l'assurance chômage est très faible (environ 70 000 roubles par mois, soit moins de 10 $[11]). Selon Charter 97, site biélorusse en faveur des droits de l'homme et de la démocratie, celui-ci serait en réalité de 15 %, voire 24 %[12].

Relations économiques avec la Russie[modifier | modifier le code]

Avec la Biélorussie, la Russie s'est engagée dans un processus d'union de type confédéral qui dépasserait les objectifs d'une simple union douanière et monétaire. La dépendance de Minsk en énergie et en termes de débouchés permet à Moscou de préserver son influence dans cette république slave. Fin 2006, la Biélorussie a ardemment négocié le prix de son gaz, qu'elle payait jusqu'à cette date 47 USD pour 1 000 m³ (contre plus de 250 dollars alors sur le marché européen). Menaçant de couper les robinets à moins d'obtenir le prix demandé, la Russie a obtenu un accord final in extremis le 31 décembre 2006 à un prix de 100 USD pour 1 000 m³. De plus, elle a obtenu une compensation en 50 % de titres dans la société gazière biélorusse Beltransgaz (dont le montant de 5 milliards de USD est estimé surévalué par les experts russes). Outrée par cette augmentation, la Biélorussie a appliqué une taxe sur le transit du pétrole russe vers les pays plus à l'Ouest. Cette confrontation des deux alliés traditionnels survient malgré le soutien que la Russie apporte traditionnellement au président Loukachenko. Les autorités russes rejettent tout leitmotiv politique de la crise, stipulant n'être régi que par des motivations économiques.
Pays charnière entre la Russie et l'Europe occidentale, la Biélorussie assure, grâce à ses pipelines, le transit de 20 % de gaz russe exporté à l'Ouest.

La dépendance économique de la Biélorussie envers la Russie est aussi forte sur l'ensemble de son commerce extérieur, puisqu'elle importe la moitié de ses besoins et exporte le tiers de sa marchandise vers le grand frère russe, qui est parfois l'unique client de certains biens, comme les viandes ou les postes de télévisions[13].

Les points forts de l'économie[modifier | modifier le code]

  • Le pays est le troisième producteur de lait d'Europe. Il exporte son lait et ses fromages dans toute la CEI, en Europe occidentale et même au Moyen-Orient.
  • L'industrie chimique et pétrochimique (12 % du PIB) est l'autre fleuron de l'économie biélorusse.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]