Économie de la Grèce

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Grèce
Indicateurs économiques
Monnaie Euro
Année fiscale calendaire
Organisations internationales UE, OCDE, OMC, OCEMN
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) en diminution 254 milliards $ (2012)
Produit intérieur brut en PPA en diminution 339,2 milliards $ (2008)
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB en diminution - 6,1% (2012)
PIB par habitant en PPA en diminution 29 361 $ (2008)
PIB par secteur agriculture : 3,7 %
industrie : 20,6 %
services : 75,7 %
Inflation (IPC) 1,0 % (2009)
Pop. sous le seuil de pauvreté en augmentation 20,0 % (2009)
Indice de développement humain (IDH)
Population active 4,95 millions
(avril 2009)
Population active par secteur agriculture : 12 %
industrie : 20 %
services : 68 %
Taux de chômage en augmentation 27,6 % (juillet 2013) [1]
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 29,14 milliards $ (2008)
Biens exportés
Principaux clients
Importations 93,91 milliards $ (2008)
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique en augmentation 194,2 %du PIB (2012)
Dette extérieure
Recettes publiques en augmentation 108,7 milliards $ (2009)
Dépenses publiques en augmentation 145,2 milliards $ (2009)
Déficit public en diminution 5,2 % du PIB (2012)
Aide au développement

L’économie grecque a connu une croissance rapide entre 1950 et 1975, et encore confortable après l'entrée du pays dans l'Union européenne et à la suite de mesures de stabilisation économique[réf. nécessaire]. La Grèce traverse une crise économique violente suite à la crise de la dette publique qui secoue le pays depuis 2009. Le gouvernement a mis en place d'importantes mesures d'austérité en échange du soutien du FMI et de la zone euro mais le pays rejoint finalement le groupe des pays émergents en 2013.

L'économie grecque se caractérise par un secteur public important représentant 40 % du PIB[réf. nécessaire] et, comme pour plusieurs autres pays méditerranéens, par une économie parallèle fortement développée (l'économie souterraine représenterait ainsi 25% du PIB grec)[2]. La Grèce reste importatrice nette de biens industriels, de produits alimentaires et de pétrole. Les exportations principales sont les biens manufacturés, les produits alimentaires, les dérivés d'hydrocarbures, le ciment, les produits chimiques et pharmaceutiques. Le tourisme reste l'un des principaux piliers de l'économie grecque. La moitié de l'économie grecque est concentrée dans l'aire urbaine d'Athènes[3].

George Papandreou et Jose Manuel Barroso parlent de la situation financière du pays le 20 juin 2011

Historique[modifier | modifier le code]

Comparaison entre le taux de croissance de la Grèce et de celui de la zone euro.
Croissance économique de la Grèce par année[4],[5]
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Taux 3,5 % 4,7 % 3,7 % 3,7 % 4,2 % 3,7 % -2,0 % -4,5 % - 6,8 %(prévision)[6] - 6.4 %[7] - 3.7%

Avant 2009[modifier | modifier le code]

De 1950 à 1973 la Grèce connait un essor économique important et rapide. Avec un taux de croissance annuel moyen de 7 %, cette période sera appelé le miracle économique grec (à l'instar du miracle économique allemand ou japonais).

L'entrée de la Grèce dans l'Union européenne en 1981 a permis au pays de se développer. En effet, avec un PIB par habitant alors inférieur à la moyenne européenne, elle a profité des mécanismes de redistribution, mis en place dans les années 1980, comme les fonds structurels. La Grèce est donc bénéficiaire nette au regard du budget européen. En outre, en 2001, elle rejoint la zone euro.

Le pays continue son développement au début des années 2000 avec des taux de croissance confortables[8]. Athènes accueille de nombreuses manifestations culturelles et sportives internationales notamment les Jeux Olympiques en 2004[9], qui sont l'occasion pour l'État de moderniser la capitale (nouvel aéroport, nouveau métro, infrastructures sportives). En 2008, le chômage est au plus bas à 7,2 % selon Eurostat.

Crise économique[modifier | modifier le code]

L'explosion du déficit public à partir de 2008 et en 2009 fait qu'en 2010 et 2011, la Grèce doit faire face à une importante crise de sa dette publique[10],[11],[12]. En 2009, elle s'établissait à 125 % du PIB pour un déficit public de 13,6 %. En 2011, elle se monte à 158 % du PIB. Le nouveau gouvernement socialiste élu en octobre 2009 annonce des mesures d'austérité suite aux révélation quant au niveau abyssal atteint par le déficit et la dette publics. Ses mesures comprennent notamment[13],[14] :

  • la diminution du salaire des fonctionnaires (- 10 %) ;
  • la diminution des pensions accordées aux retraités (- 10 %) ;
  • le recul de 5 ans de l'âge légal de départ à la retraite (65 ans contre 60) ;
  • la réduction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l’État ;
  • la création de nouveaux impôts et de nouvelle taxes, hausse de 10 % des taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool ;
  • la hausse de la TVA de deux points (23 % contre 21 %, et contre 19 % avant mars 2010) ;
  • la baisse des dépenses de l'armement de 2,5 milliards d'euros en deux ans.

La Grèce a reçu un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans du FMI et de la zone euro. L'accord, passé sous condition d'une baisse des dépenses publiques, prévoit une réduction du déficit public, de 13,6 % du PIB en 2009[15] à 2,6 % en 2014[13]. Pour l'année 2010, le déficit devait baisser à 9,3 % du PIB. En revanche, le gouvernement grec prévoit une hausse continue du chômage, de 12 % actuellement[Quand ?] à 15 % en 2012, et prévoit aussi encore au moins deux années de récession (- 4 % en 2010 et - 2,5 % en 2011). À ces 110 milliards d'euros, s'ajoute, à partir de 2011, une aide supplémentaire de 60 à 85 milliards d'euros pour ses « besoins financiers » jusqu'en 2014[16].

En novembre 2010, eurostat révise à la hausse le déficit de la Grèce pour l'année 2009 à 15,5 % du PIB (contre 13,6 %). La note financière du pays ne cesse d'être réévaluée à la baisse, et le pays rejoint finalement le groupe des pays émergents fin 2013. Selon eurostat toujours a atteint les 27.6% en juillet 2013.

En 2012, les scénarios envisageables concernant la Grèce sont le Grexit (en) et le bank run ; ces épées de damoclès subsistent malgré les injonctions des personnalités politiques européennes chargées du dossier.

En 2013, la Grèce quitte l'indice boursier des marchés développés et rejoint le groupe des pays émergents[17]. L'OCDE prévoit pour 2014 une septième année consécutive de récession, remarquant toutefois que la Grèce a engagé de nombreuses réformes structurelles et que la croissance pourra revenir l'année suivante. Notant que la dette dépassera fin 2013 176 % du PIB, elle ne croit pas envisageable de ramener ce chiffre à 124 % en 2020, et appelle par ailleurs à un allégement de la dette publique, comme cela avait été fait en 2012 sur les dettes privées[18]. Le FMI réclame pour sa part la poursuite de la cure d'austérité des comptes publics[19].

Economie par secteur[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Le secteur primaire représente 7 % du PNB et 12 % de la main-d'œuvre. La Grèce produit du blé (2 millions de tonnes), du coton, du tabac ou encore du riz. La vigne est également cultivée, les cépages variant selon les zones : Cyclades ou encore îles Ioniennes. Enfin, ses plantations d'oliviers (variétés amygdalolia et koroneiki) lui permettent de produire de l'huile d'olive. Le pays compte 850 000 producteurs d'olives officiels. L'aridité, l'importance des montagnes et l'érosion des sols constituent des obstacles depuis l'Antiquité : elles diminuent la surface agricole utile (21,1 % des terres), empêchant ainsi l'agriculture de se développer. La Grèce doit importer de la viande et des produits laitiers.

Les ressources d'hydrocarbures sont pour l'instant peu exploitées malgré un peu de pétrole puisé en Mer Égée. La découverte récente, au début des années 2000, de ressources considérables d'hydrocarbures en Méditerranée orientale pourrait selon certains analystes rembourser la dette grecque[réf. nécessaire]. Parmi les exploitations minières du pays se trouve le fer, le lignite, mais également la ponce (notamment sur l'île de Gyali qui exploite 250 000 tonnes par an et possède d'importantes réserves) dont la Grèce est l'un des principaux producteurs mondiaux.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

L'industrie est encore assez peu développée en Grèce par rapport à la moyenne de l'UE : elle représente seulement 22 % du PNB et 20 % de la main-d'œuvre. La Grèce s'alimente en électricité essentiellement grâce à des centrales thermiques.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Le secteur tertiaire représente la majorité de l'économie grecque (71 % du PNB et 68 % de la main-d'œuvre). Le tourisme en est un pilier (15 % du PNB). le pays est attractif grâce à ses conditions climatiques avantageuses pour les vacanciers (faibles précipitations, ensoleillement important, température agréable de la mer), son important littoral (13 676 km), ses îles, et surtout ses nombreux vestiges archéologiques. 17ème destination touristique mondiale en 2011, le pays a accueilli plus de 16 millions de visiteurs engendrant 14 milliards de dollars de recette[20]. L'impératif de préservation du patrimoine culturel grec vient parfois limiter les possibilités offertes aux touristes : ainsi, la Grèce possède l'une des législations les plus restrictives d'Europe en matière de plongée sous-marine.

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

  • Salaire minimum (depuis février 2012[21]) :
    • 586 € (489 € net) pour une personne célibataire de plus de 25 ans pendant les trois premières années de travail, puis une montée progressive jusqu'à 750 € après neuf ans.
    • 644 € pour une personne mariée de plus de 25 ans pendant les trois premières années de travail, puis une montée progressive jusqu'à 808 € après neuf ans.
    • 510 € (440 € net) pour une personne de moins de 25 ans.
  • Indice de fécondité : 1,28 par femme (2007) ;
  • taux de natalité : 9,7 ‰ (2005) ;
  • taux de mortalité : 9,5 ‰ (2005) ;
  • note de la dette à long terme :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&plugin=1&language=fr&pcode=teilm020
  2. [1] comment la crise alimente l'économie souterraine, le figaro, 06 sept. 2009
  3. [2] Grèce : activités économiques, sur encyclopédie larousse en ligne
  4. (fr) Grèce Produit Intérieur Brut (PIB) - Taux de croissance réelle, IndexMundi
  5. FITA fiche Grèce, Economic/Political Overview
  6. (fr) Le PIB grec aurait chuté de près de 7 % en 2011
  7. (fr)[3]
  8. [4] Comment la Grèce en est arrivée là, Le Monde, 11 mars 2010
  9. championnats d'Europe d’athlétisme en 1982, capitale européenne de la culture en 1985, jeux méditerranéens de 1991, mondiaux d'athlétisme en 1997, JO de 2004, concours eurovision de la chanson en 2006
  10. a et b « Moody's dégrade à son tour la note de la Grèce, », sur Le Figaro (consulté le 2 mai 2010)
  11. « Athènes demande la mise en œuvre du plan d'aide UE-FMI, », sur Le Figaro (consulté le 2 mai 2010)
  12. « Grèce, Portugal : panique sur la zone euro, », sur Le Figaro'' (consulté le 2 mai 2010)
  13. a et b (fr) Le détail des mesures d'autérité en Grèce, Le Nouvel Observateur. Consulté le 2 mai 2010
  14. La crise grecque
  15. Dettes et déficits publics dans l’Union européenne
  16. (fr) Les clés du nouveau plan d'aide à la Grèce, L'Expansion. Consulté le 4 juin 2011
  17. [5] La Grèce reléguée au rang des émergents, une symbolique lourde, Le Monde, 27 nov 2013
  18. Alexia Kefalas, « Grèce : l'OCDE appelle à un allégement du fardeau de la dette », in Le Figaro, encart « Économie », jeudi 28 novembre 2013, page 19.
  19. Grèce, le redressement écoonomique est fragile selon le FMI, Libération, 24 nov. 2013.
  20. [6] ministère de l'artisanat du commerce et du tourisme, veille info tourisme, Grèce
  21. (en) Minimum Wages: Greeks to Earn Less Than 3 € Per Hour, KeepTalkingGreece, 4 février 2012
  22. Standard & Poor's remonte la note de la Grèce de six crans
  23. Moody's dégrade fortement la note grecque, la relègue en catégorie spéculative

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]