Économie de la Corée du Sud

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Corée du Sud
Indicateurs économiques
Monnaie Won
Année fiscale
Organisations internationales APEC, OMC, OCDE
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 832,5 milliards $ (2009)
Produit intérieur brut en PPA 1 364 milliards $ (2009)
Rang pour le PIB en PPA 12 (2010)
Croissance du PIB 6,1 % (2010)
PIB par habitant en PPA 28 100 $ (2009)
PIB par secteur agriculture : 3,0 %
industrie : 39,4 %
services : 57,6 % (2008)
Inflation (IPC) 2,8 % (2009)
Pop. sous le seuil de pauvreté
Indice de développement humain (IDH) 0,937 ; 26e en 2007
Population active 24,37 millions (2009)
Population active par secteur agriculture : 7,2 %
industrie : 25,1 %
services : 67,7 % (2008)
Taux de chômage 3,7 % (2009)
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 373,6 milliards $ (2009)
Biens exportés
Principaux clients
Importations 317,5 milliards $ (2009)
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 23,5 % du PIB (2009)
Dette extérieure
Recettes publiques 199,9 milliards $ (2009)
Dépenses publiques 213,7 milliards $ (2009)
Déficit public 1,7 % du PIB (2009)
Aide au développement -

L'économie de la Corée du Sud est une économie de marché, dont le produit intérieur brut à parité de pouvoir d'achat est l'un des 12 plus élevés dans le monde[1]. La Corée du Sud est membre de l'OCDE.

Faisant partie des quatre « dragons asiatiques », la Corée du Sud a connu depuis cinquante ans une croissance et une intégration dans l'économie mondiale exceptionnellement rapides. En 1960, le PIB par habitant était comparable à celui des pays les moins avancés d'Afrique et d'Asie, comme le Cameroun et l'Indonésie, avec 260 dollars par habitant. Aujourd'hui, son PIB par habitant est plus de dix fois supérieur à celui de la Corée du Nord voisine et du même niveau que ceux de la Grèce et de l'Espagne au sein de l’Union européenne. En 2010, il s'élevait à 20 165 $ par habitant, ce qui la plaçait au 49e rang mondial (Corée du Nord : 1745 $ par habitant, Chine : 4,283 $ par habitant France : 40,518$ par habitant).

Données générales[modifier | modifier le code]

Le modèle de développement sud-coréen[modifier | modifier le code]

Trois phases peuvent être distinguées dans le développement économique entre 1953 et 1980[2] :

  • une phase de substitution aux importations, entre 1953 et 1961 ;
  • un développement extraverti basé sur l'essor des exportations (1961-1973) ;
  • enfin, la mise en place d'industries lourdes (1973-1980).

Le modèle de développement sud-coréen s'est basé sur des liens étroits entre le gouvernement et les milieux d'affaires, y compris le crédit dirigé, les restrictions aux importations, le financement de certaines industries, et un gros effort de travail. Le gouvernement a favorisé l'importation des matières premières et de la technologie aux dépens des biens de consommation et a encouragé l'épargne et l'investissement au détriment de la consommation.

Par ailleurs, selon Éric Bidet[3], la normalisation des relations nippo-sud-coréennes en 1965 a contribué à l'essor économique de la Corée du Sud et « à cette influence japonaise est venue s’ajouter par la suite l’aide financière et technologique massive reçu des États-Unis, notamment via de nombreux transferts de technologie, en raison d'un engagement idéologique anti-communiste sans réserve ». L'aide japonaise associée à l'aide américaine a permis de lancer un plan Marshall industriel, des firmes d'Etat se sont constituées dans tous les secteurs stratégiques : aciérie (POSCO), électricité (KEPCO), télécommunications (Korea Telecom), réseaux ferrés et routier (Korea Railroad et Korea Expressway (en)), banque, eau et agriculture[4].

La crise financière de 1997[modifier | modifier le code]

La crise financière asiatique de 1997 a exposé des faiblesses de longue date dans le modèle de développement de la Corée du Sud, y compris des rapports élevés dettes/capitaux propres, l'emprunt étranger massif, et un secteur financier indiscipliné.

Comme l'a précisé Éric Bidet[5], fin 1997, 16 des 30 plus grands groupes coréens avaient un ratio d'endettement sur fonds propres supérieur à 400 %, compte tenu de participations croisées des conglomérats et d'une opacité des règles comptables en l'absence de comptes consolidés. Les liens entre les grands groupes économiques et le pouvoir politique avaient conforté l'idée d'une intervention publique en cas de défaillance, conformément au principe too big to fail (trop grand pour chuter).

En 1997, la Corée du Sud a ainsi bénéficié d'une aide internationale d'un montant record de 57 milliards de dollars (21 milliards du FMI, 10 milliards de la Banque mondiale, 4 milliards de la Banque asiatique de développement et 22 milliards de sept pays occidentaux), parallèlement à la conduite d'une politique restrictive dans les domaines monétaire et budgétaire et à une libéralisation accrue du marché du travail.

Dans le secteur bancaire, l’État a procédé à des refinancements, alors que la masse salariale a diminué de 40 % entre fin 1997 et fin 2000.

La législation sur les faillites a été durcie. En 1997, huit des trente premiers conglomérats ont été déclarés en faillite, dont le constructeur automobile KIA (racheté ensuite par le groupe Hyundai). Les chaebols ont dû renoncer à des activités filialisées sans lien avec leur activité principale.

L'évolution économique depuis 1998[modifier | modifier le code]

Les différents indicateurs économiques se sont rapidement améliorés  : en janvier 2000, le taux annuel d'inflation se situait en dessous de 3 % et le taux de chômage était ramené à 4 % (mais, comme au Japon, la faible indemnisation du chômage et la stigmatisation sociale entraînent une forte sous-évaluation du niveau réel de chômage).

La croissance, qui avait plongé de 6,6 % en 1998, s'est fortement redressé dès 1999 (+ 10,8 %) puis en 2000 (+ 9,2 %). Elle est tombée de nouveau à 3,0 % en 2001 en raison du ralentissement global de l'économie, des exportations en chute, et de la perception que les réformes tellement nécessaires ont stagné. Menée par l'industrie et la construction, la croissance en 2002 a atteint un impressionnant 7,0 %, malgré une croissance mondiale en diminution.

La croissance économique s'est élevée à 3,1 % en 2003, 4,6 % en 2004 et 4,0 % en 2005[6], 5,2 % en 2006, 5,1 % en 2007 et 2,2 % en 2008[7], avant de baisser de 0,2 % en 2009[8].

Le PIB en parité de pouvoir d'achat est ainsi estimé à 1 364 milliards de dollars de 2009 (13e place mondiale), soit 28 100 dollars par habitant. La dette publique s'élève à 23,5 % du PIB. La Corée exporte vers la Chine (21,5 %), les États-Unis (10,9 %), le Japon (6,6 %), Hong Kong (4,6 %) et importe de Chine (17,7 %), du Japon (14 %), des États-Unis (8,9 %), d'Arabie saoudite (7,8 %), des Émirats arabes unis (4,4 %), d'Australie (4,1 %)[8].

Industrie[modifier | modifier le code]

La Corée du Sud se situe aux premiers rangs mondiaux pour l'électronique grand public, la construction automobile et la sidérurgie.

Selon l'agence sud-coréenne KBS, la Corée du Sud a confirmé, en 2006, le premier rang mondial pour la construction navale qu'elle occupe depuis 2003 (cf. dépêche reproduite sur le site de l'association d'amitié belgo-coréenne "Korea is one"[9]).

Dans le domaine pharmaceutique, le ministère du commerce, de l'industrie et de l'énergie a annoncé la création d'une usine de production de vaccins contre la grippe à Hwasun, ce qui placera la Corée du Sud au 12e rang des producteurs mondiaux[10].

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie en Corée du Sud.

Protection sociale[modifier | modifier le code]

Durant la phase d'industrialisation, le gouvernement sud-coréen a encouragé la mise en place de mutuelles privées pour la protection sociale des travailleurs. Les régimes de mutuelles d'entreprise, particulièrement développés pour les aides financières au logement et les allocations familiales, ont d'abord bénéficié aux cadres[11].

Toutefois, une protection sociale institutionnelle s'est aussi progressivement mise en place[12] :

  • l'assurance maladie, créée en 1976, a été généralisée en 1988 ;
  • la première législation sur le salaire minimum a été introduite en 1988.

Commerce extérieur et investissements internationaux[modifier | modifier le code]

Commerce extérieur[modifier | modifier le code]

Ayant fait le choix d'un modèle d'économie extravertie, la Corée du Sud a diversifié ses partenariats commerciaux. En 2005, les exportations sud-coréennes ont atteint 284,42 milliards de dollars et les importations sud-coréennes 261,24 milliards de dollars[13].

La Corée du Sud a ainsi annoncé qu'elle était devenue, en 2005, le deuxième fournisseur de la Chine : ses exportations à destination de la Chine ont atteint 76,8 milliards d'euros (en hausse de 23,5 %), dépassant pour la première fois celles de Taïwan (74,6 milliards d'euros) et de l'Union européenne (73,6 milliards d'euros), derrière le Japon (100,5 milliards d'euros). En 2004, la Chine était devenue la première destination des exportations sud-coréennes, devançant les États-Unis.

Les négociations avec les États-Unis sur un accord de libre-échange ont repris en janvier 2007, en plaçant hors du champ des négociations formelles les points les plus sensibles (comme les règles anti-dumping américaines, les médicaments et les automobiles). Parmi les points litigieux restant inscrits figurent la libéralisation du commerce du riz, à laquelle les agriculteurs sud-coréens sont hostiles, et les produits fabriqués par des entreprises sud-coréennes implantées en Corée du Nord[14].

Échanges intercoréens[modifier | modifier le code]

Vis-à-vis de la Corée du Nord, l'intensification des échanges économiques et commerciaux constitue l'un des principaux axes de la politique conduite par Séoul en vue de la réunification de la Corée. En début d'année 2006, 15 entreprises sud-coréennes, employant 7000 Nord-Coréens, s'étaient implantées à Kaesong, en Corée du Nord. Le refus des Américains de considérer ces produits comme sud-coréens constitue une pomme de discorde dans la négociation d'un accord de libre-échange entre les deux pays[15].

Investissements directs étrangers en Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Selon la Chambre coréenne de commerce et d'industrie, les investissements étrangers en Corée du Sud ont atteint 7,2 milliards de dollars en 2005, soit 0,8 % du total mondial des investissements directs à l'étranger [16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds monétaire international, (en) Gross domestic product based on purchasing-power-parity (PPP), 2010.
  2. Laurent Carroué, "Les travailleurs coréens à l'assaut du dragon", in Le Monde diplomatique, février 1997
  3. Corée du Sud. Economie sociale et société civile, L'Harmattan/Innoval, 2004, p. 25
  4. Park Chan-Kyong, « Corée: Posco va indemniser les travailleurs forcés de l'occupation japonaise », AFP sur Google News, le 3 juin 2012
  5. op. cit., p. 31 sq
  6. L'État du Monde, La Découverte, éditions 2004, 2005, 2006 et 2007
  7. Statistiques de l'OCDE (fichier Excel).
  8. a et b (en) CIA - The World Factbook - South Korea, consulté le 21 novembre 2010.
  9. « La Corée du Sud confirme son rang de premier constructeur naval du monde », sur Korea is one!
  10. Infomag, revue de la Chambre européenne de commerce en Corée, no 68, janvier 2007, p. 22
  11. Source : Ho Keun-song, "Qui profite de la restructuration industrielle ? Réflexion sur l'expérience sud-coréenne des années quatre-vingts", in Kim Yer-su et Alabagli Claude (coordinateurs), "Corée du Sud. Le modèle et la crise", Commission nationale coréenne pour l'UNESCO / L'Harmattan / Institut Cedimes, 2004, pp. 35-36. Version abrégée d'une conférence sur l'ajustement structurel en Asie-Pacifique, organisée à Séoul du 25 au 28 juin 1991 par la Commission nationale coréenne pour l'UNESCO et le Conseil coréen de la recherche en sciences sociales.
  12. Source : Ho Keun-song, art. cit., p. 33.
  13. L'état du Monde, La Découverte, édition 2007 parue en septembre 2006
  14. (fr) Les États-Unis et la Corée reprennent leur négociation sur le libre-échange, in La Tribune – accès payant
  15. (fr) « La question de Kaesong peut empoisonner les négociations Corée-USA »
  16. Infomag, revue de la Chambre européenne de commerce en Corée, no 67, décembre 2006, p. 18

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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