Puget-Théniers

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Puget-Théniers
Vue sur le village en grimpant vers le col de Saint-Raphaël.
Vue sur le village en grimpant vers le col de Saint-Raphaël.
Blason de Puget-Théniers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Vence
Intercommunalité Communauté de communes des Alpes d'Azur
(siège)
Maire
Mandat
Robert Velay
2014-2020
Code postal 06260
Code commune 06099
Démographie
Gentilé Pugetois
Population
municipale
1 883 hab. (2014 en augmentation de 3,75 % par rapport à 2009)
Densité 193 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 57′ 25″ nord, 6° 53′ 39″ est
Altitude Min. 353 m
Max. 1 436 m
Superficie 9,76 km2
Localisation

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Puget-Théniers

Puget-Théniers (Lo Puget Tenier en occitan nissart) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Pugetois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Puget-Théniers est une cité méridionale ramassée au confluent de la Roudoule et du Var. Elle est située dans la moyenne vallée du Var, à environ 55 kilomètres de Nice. Le territoire de la commune s'étend entre 320 m et 1 450 m (à la cime du Gourdan). La commune est traversée d'ouest en est par le Var.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous la forme Pogit au XIe siècle de pogittum (« petit podium »).
Qualifiée en latin médiéval de Pugetum Tenearum en 1346 , la ville se voit alternativement appelée lo puget de tenias en dialecte local et poggetto en italien, avant de se fixer sous la forme actuelle Puget-Théniers.

Les deux éléments du nom désignent[1] :

  • l’un, une petite montagne, sous la forme d’un diminutif de puy : le puget ;
  • l’autre, le fleuve Var : le cours moyen de celui-ci était en effet appelé Tinée, comme son affluent, au Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

La position stratégique sur le passage du Var place Puget-Théniers au milieu des affrontements armés entre le royaume de France et l’Empire. Elle lui bénéficie aussi, puisqu'une foire et un péage y étaient établis[2]. La peste n'épargna pas ce bourg rural, qui perdit un tiers de sa population lors de la première vague de « mort noire » au milieu du XIVe siècle.[réf. nécessaire]

Guillaume de Puget, viguier d'Avignon (1347-48), vice-sénéchal de Provence (1353), chevalier, fut coseigneur de Puget-Théniers[3], seigneur de Figanières, de Bargemon, Flayosc, etc. Il fut conseiller et chambellan[4] de la reine Jeanne qu'il suivit de Provence à Naples[5]. Il eut au moins deux fils, Guillaume et Honorat, coseigneurs de Figanières[6]. Manuel de Puget (?-av.1384), viguier-capitaine de Nice (1374) puis viguier d'Arles (1374-1384), fut chevalier, coseigneur de Puget-Théniers et Figanières, seigneur de Bargemon ; il fut conseiller de la reine en 1350. Il fut assassiné avant le 1er août 1384 alors qu'il était viguier d'Arles, par Bertrand Sanneri d'Arles[7]. La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. La communauté soutient les Duras jusqu’en 1386, puis change de camp pour rejoindre les Angevins grâce aux négociations patientes de Marie de Blois, veuve de Louis Ier et régente de leur fils Louis II. La reddition d’Aix a également pu jouer un rôle dans le retournement de la communauté[8].

La baillie de Puget-Théniers avait sous son autorité la vallée de la Tinée et le cours moyen du Var, lui aussi appelé Tinée à cet endroit[1]. Elle est érigée en viguerie en 1379[9] et est surnommée viguerie des deux Tinées[1]. Elle fait partie du comté de Provence jusqu'à la dédition de 1388, par laquelle la rive gauche de la vallée se mit sous la protection du comte de Savoie. Puget-Théniers fut alors inféodé au puissant Jean Grimaldi, baron de Beuil et instigateur du transfert de suzeraineté. Cette branche de la Maison des Grimaldi perdit Puget-Théniers à la suite de l'une de ses nombreuses rébellions contre la Maison de Savoie.

Dès lors Puget-Théniers devint domaine de la Maison de Savoie avant d'être élevé au rang de comté en vue de l'inféoder au comte Nicolas Grimaldi. Un descendant du rameau des Grimaldi d'Antibes, Nicolas Grimaldi, reçut l'investiture de Puget-Théniers des mains du duc Victor Amédée de Savoie en 1704.[réf. nécessaire]

Puget-Théniers, comme la plus grande part du comté de Nice, fut un foyer contre-révolutionnaire jusqu'à la Restauration, qui rétablit le roi de Sardaigne dans ses droits. Les nombreux changements de frontières à travers les âges ont profondément influencé Puget-Théniers et la vallée du Var, tant au plan de l'identité, qu'à celui de l'administration.

Le dernier en date, en 1860, fut mené par Napoléon III en compensation de son intervention dans la guerre d'indépendance de l'Italie. Il devait durablement rattacher Puget-Théniers à la France. En dépit d'une résistance initiale des autorités, la révolution industrielle et son chemin de fer pénétrèrent également la vallée. Trente ans plus tard, le « train des Pignes » apportait une nouvelle prospérité.

Puget-Théniers fut une sous-préfecture des Alpes-Maritimes de 1860 à 1926. C'était alors l'une des sous-préfectures les moins peuplées de France. Depuis, si son importance administrative a quelque peu diminué, Puget-Théniers reste un centre commercial assez actif.

Suite au redécoupage cantonal de 2014, Puget-Théniers n’est plus chef-lieu de canton et a été rattaché au canton de Vence.

Article connexe : Canton de Puget-Théniers.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville et Maison des services publics.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1945 François Boyer    
1945 1947 Charles Isnardy    
1947 1977 Jean Bailet    
1977 1995 Gilbert Laugier PS  
1995[10] en cours Robert Velay UMP-LR Commerçant
Ancien Conseiller général du canton de Puget-Théniers

Depuis le 1er janvier 2014, Puget-Théniers fait partie et est le siège de la communauté de communes des Alpes d'Azur. Elle était auparavant le siège de la communauté de communes des vallées d'Azur, jusqu'à la disparition de celle-ci lors de la mise en place du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[12].

En 2014, la commune comptait 1 883 habitants[Note 1], en augmentation de 3,75 % par rapport à 2009 (Alpes-Maritimes : +0,39 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
800 914 1 011 1 053 1 168 1 195 1 077 1 304 1 289
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 222 1 403 1 426 1 215 1 571 1 224 1 337 1 383 1 166
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 252 1 261 1 279 1 271 1 105 1 089 1 415 1 488 1 438
1982 1990 1999 2004 2009 2014 - - -
1 446 1 703 1 533 1 796 1 815 1 883 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Un abattoir est présent sur la commune qui le finance à hauteur de 5 %.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ruelle en escalier à Puget-Théniers

Église Notre-Dame-de-l'Assomption[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption a été construite au XIIIe siècle. Elle renferme de nombreuses œuvres d'art parmi lesquelles certaines sont exceptionnelles. À noter en particulier les groupes sculptés en bois verni (XVIe siècle) du premier autel latéral à gauche, représentant de bas en haut : la Mise au tombeau, la Vierge quittant le calvaire, la Résurrection, attribué à Matthieu d'Anvers. Le retable primitif (1525) derrière le maître-autel, attribué à Ronzens. Les peintures du chœur et de la voûte ont été terminées le par le peintre tessinois L. Adami. Une partie du mobilier provient du couvent des Augustins qui a été supprimé en 1783.

Chapelle Sainte-Croix des Pénitents Blancs[modifier | modifier le code]

La chapelle Sainte-Croix des Pénitents Blancs date du XVIe siècle. Située rue Lucien-Viborel, elle a été restaurée. C'est la seule chapelle subsistante des huit chapelles primitives. Elle possède un tableau représentant la Transfiguration, daté de 1620, réalisé pour la confrérie du Saint-Sauveur sous le rectorat de Pierre de Millia et Thomas Raynaud.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ancienne église des Augustins. Elle se trouvait à l'emplacement des no 2-4-6 rue Papon.
  • Église ruinée de la Trinité.
  • Porche de l'ancien couvent de templiers, rue Papon.
  • Ruines du château au-dessus de la ville avec la base du donjon XIIe siècle et les vestiges de l'enceinte.
  • Maisons anciennes à loggias rapportées et pans de bois rue Casimir-Brouchier, maisons à granges-auvents, portes médiévales, insignes de maîtrise gravés sur les linteaux rue Papon.
  • Ancienne sous-préfecture XIXe siècle.
  • Maison natale de Louis-Auguste Blanqui.
  • Maison natale de Jean-Pierre Papon au no 14 rue Papon.
  • Maison Barety, au no 8 rue Papon.
  • Maison Renaissance, datée de 1569, à l'angle de la rue Papon et de la rue Centrale.
  • Hôtel de l'ancienne sous-préfecture, rue du 4-Septembre.
  • Ancien tribunal de grande instance, place Casimir-Brouchier.
  • Buste du XIXe siècle de Jean-Pierre Papon, de 7 m de haut.
  • La Statue "La liberté enchaînée" de 1908 : œuvre du sculpteur Aristide Maillol, en hommage à Auguste Blanqui, célèbre leader socialiste de la fin du XIXe siècle et enfant du pays. Une réplique de cette statue (et non l'inverse) se trouve dans le Jardin des Tuileries à Paris.
  • Anneaux qui portaient les chaînes servant à fermer l'ancien ghetto, rue Gisclette.
  • Inscriptions XVIe siècle au quartier des Costes.
  • Fontaine, place Adolphe-Conil.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Baréty (1844-1918), médecin, historien et homme politique, né à Puget-Théniers.
  • Jean Dominique Blanqui (1757-1832), homme politique, premier sous-préfet de Puget-Théniers en 1800.
  • Louis Auguste Blanqui (1805-1881), révolutionnaire républicain socialiste, né à Puget-Théniers.
  • Jean-Pierre Papon (1734-1803), abbé, oratorien et historien, né à Puget-Théniers.
  • Auguste Riboty (1816-1892), amiral sarde puis italien, né à Puget-Théniers.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Puget-Théniers

De gueules à la croix pattée d'argent

À droite : Détail décoratif du palais des ducs de Savoie à Nice, de gauche à droite : armes de Grasse (sous-préfecture), de Nice (préfecture), et de Puget-Théniers (ancienne sous-préfecture) — noter l’émail du fond pour cette dernière ville tel qu’il apparaît aujourd’hui.

Nice symboles.JPG

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nadine Bovis-Aimar, Puget-Théniers à la fin du XIXe siècle d’après les notes du docteur Alexandre Barety, p. 198-213, Nice Historique, année 2000, no 64, [lire en ligne]
  • Charles Jacquet, Puget-Théniers, moult noble cité et ancienne, p. 236, Serre éditeur, Nice, réédition 2002 (ISBN 978-2-86410-023-2)
  • Luc Thévenon, Les arts dans le canton de Puget-Théniers, p. 168-197, Nice Historique, année 2000, no 271, [lire en ligne]
  • Olivier Vernier, Puget-Théniers, les mutations d’une capitale administrative de la montagne à l’époque contemporaine, p. 214-225, Nice-Historique, année 2000, no 296, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), (ISBN 978-2-87901-442-5), p. 81.
  2. Lucien Stouff, « Ports, routes et foires du XIIIe au XVe siècle », carte 12 et commentaire in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit..
  3. J.-P. Boyer, aux origines, p. 217.
  4. Cortez, les grands officiers, p. 119.
  5. Léonard, Histoire, t.II, p. 177.
  6. AD du 13, série 309E6f105v.
  7. Musée Arbaud, MQ563, p. 270.
  8. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, cartes p. 417-419.
  9. Édouard Baratier, La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècles, avec chiffres de comparaison pour le XVIIIe siècle, Paris : SEVPEN/EHESS, 1961. Collection « Démographie et société », 5. p. 5.
  10. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008.
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.