Élections générales italiennes de 2013

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Élections générales italiennes de 2013
24 et 25 février 2013
Bersani.JPG
Pierluigi BersaniParti démocrate
Voix 10 047 507
  
29,5 %
Sièges obtenus 340
Berlusconi-2010-1.jpg
Silvio BerlusconiLe Peuple de la Liberté
Voix 9 923 100
  
29,1 %
Sièges obtenus 124
Beppe Grillo - Trento 2012 01.JPG
Beppe GrilloMouvement 5 étoiles
Voix 8 689 168
  
25,5 %
Sièges obtenus 108
Il Presidente del Consiglio incaricato Mario Monti (cropped).jpg
Mario MontiAvec Monti pour l'Italie
Voix 3 591 560
  
10,5 %
Sièges obtenus 45
Carte
Président du Conseil
Sortant
Élu
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Élections législatives italiennes de 2013
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
XVIIe

Les élections générales italiennes de 2013 (Elezioni politiche italiane del 2013, en italien) se sont déroulées les 24 et 25 février 2013. Elles se sont tenues à la suite de la dissolution du Parlement du 22 décembre 2012, afin de désigner les 630 députés de la Chambre des députés et les 315 sénateurs élus du Sénat de la République, selon la loi électorale de 2005 pour la XVIIe législature, d'une durée normale de 5 ans[1],[2]. Elles sont légèrement anticipées puisque l'échéance naturelle de la législature correspond à fin mars, début avril. Trois élections régionales anticipées, en Lombardie, Latium et Molise, se déroulent en même temps.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'ancien président du Conseil, Mario Monti.

Lors des élections générales anticipées des 13 et 14 avril 2008, le Peuple de la liberté (PDL), un parti alors en voie de formation qui se déclare de centre-droit, dirigé par Silvio Berlusconi, et son allié populiste de la Ligue du Nord (LN), remportent une majorité absolue à la Chambre et au Sénat. Le Parti démocrate (PD), de l'ancien maire de Rome Walter Veltroni, devient alors le premier parti d'opposition, avec son allié de l'Italie des valeurs (IDV). Environ un mois plus tard, le président de la République, Giorgio Napolitano, nomme Silvio Berlusconi, pour la troisième fois, président du Conseil des ministres. Le gouvernement Berlusconi IV, constitué de vingt-et-un ministres, prenait alors ses fonctions.

La coalition au pouvoir connaît sa première crise en juillet 2010, lorsque le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, ancien dirigeant de l'Alliance nationale, fait scission du PDL et fonde Futur et liberté pour l'Italie (FLI), mettant en péril la majorité de Berlusconi dans les deux chambres. Le 14 décembre 2010, le gouvernement Berlusconi remporte de justesse la confiance à la Chambre, en suscitant la création d'un nouveau groupe parlementaire Peuple et territoire (nom actuel). En novembre 2011, alors que la crise au sein de la zone euro se fait de plus en plus profonde, Silvio Berlusconi, sous la pression des marchés financiers et du président de la République Giorgio Napolitano, présente la démission de son gouvernement. Quelques jours plus tard, Mario Monti, un ancien commissaire européen, indépendant de toute étiquette politique, est nommé par le chef de l'État dans le but de former un gouvernement « technique », permettant à l'Italie de retrouver une situation économique apaisée.

Très largement soutenu par les principales forces politiques parlementaires, à l'exception notable du parti populiste Ligue du Nord, puis de l'Italie des valeurs, le gouvernement Monti mène plusieurs réformes structurelles importantes, notamment en réduisant le droit du travail et en diminuant les dépenses publiques.

Dissolution des chambres[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 2012, après l'abstention du PDL lors de deux votes de confiance à la Chambre des députés, Mario Monti annonce qu'il remettra sa démission irrévocable une fois voté le budget de l'État. Conformément à cet engagement, il se présente, le 21 décembre, devant le président de la République, Giorgio Napolitano, qui le charge d'expédier les affaires courantes. Le lendemain, après de brèves discussions avec les représentants des partis, le chef de l'État prononce la dissolution du Parlement italien et convoque les élections pour les 24 et 25 février 2013. Mario Monti reste en poste jusqu'au 28 avril 2013, date à laquelle Enrico Letta lui succède comme nouveau président du Conseil.

Italiens à l'étranger[modifier | modifier le code]

Sont également concernés les Italiens résidant à l'étranger, de manière permanente, au 31 décembre 2012, selon le décompte suivant :

  • Europe, y compris Russie et Turquie asiatiques : 2 365 170 qui élisent 5 députés et 2 sénateurs,
  • Amérique du Sud : 1 338 172 qui élisent 4 députés et 2 sénateurs,
  • Amérique du Nord et centrale : 400 214 qui élisent 2 députés et 1 sénateur,
  • Afrique, Asie, Océanie et Antarctique : 237 600 qui élisent 1 député et 1 sénateur.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Peuple de la liberté[modifier | modifier le code]

Officiellement fondé lors du congrès du 29 mars 2009, le Peuple de la liberté (Il Popolo della Libertà, PDL) est un parti politique de droite populiste, qui réunit également d'anciens éléments libéraux-conservateurs et chrétiens démocrates. Il est présidé par Silvio Berlusconi, son secrétaire politique national étant Angelino Alfano, ancien ministre de la Justice, depuis le 1er juillet 2011.

Depuis les élections de 2008, le groupe parlementaire du PdL s'est réduit en peau de chagrin, passant de 276 à 205 députés, soit simplement un de plus que son adversaire démocrate, à la veille de la dissolution, en décembre 2012. Alfano, considéré comme le dauphin de Berlusconi, est une personnalité politique connue des Italiens, puisque, en sa qualité de ministre de la Justice, il a rédigé et défendu au Parlement la loi d'immunité pour le président de la République, du Conseil des ministres, de la Chambre des députés et du Sénat, censée protéger le chef du gouvernement des poursuites dont il faisait l'objet.

Après avoir fait planer le doute, Silvio Berlusconi a annoncé, en octobre 2012, qu'il ne souhaitait pas concourir aux élections de 2013 et son successeur serait choisi à l'occasion de primaires ouvertes. Cependant, au début du mois de décembre, affirmant avoir reçu de nombreuses sollicitations, il déclare finalement sa candidature, ce qui entraîne l'annulation des primaires.

Au 3 janvier 2013, le PdL n'est allié qu'avec La Droite à laquelle Berlusconi apporte son soutien pour la présidence du Latium à Francesco Storace, Frères d'Italie - Centre-droit national qui aura sa propre liste ainsi que Grande Sud dirigé par Gianfranco Micciché. Le 7 janvier 2013, un accord de coalition est signé avec la Ligue du Nord pourvu que Berlusconi ne se porte pas candidat à la présidence du Conseil, mais soit uniquement le chef de la coalition commune. Le PdL soutient alors Roberto Maroni à la présidence de la région Lombardie. Le nom du candidat de la coalition au gouvernement reste peu clair (Alfano, Tremonti ?) tandis que Berlusconi, dans l'une des nombreuses déclarations contradictoires, dont il est coutumier, déclare qu'il se contenterait du ministère des Finances si sa coalition venait à remporter les élections. Finalement, lors du dépôt des symboles électoraux, c'est le nom de Berlusconi président qui figure sur celui du PdL (mais pas pour la circonscription de l'étranger) tandis que ceux de Maroni et de Tremonti figurent sur celui de la Ligue du Nord.

La coalition comprend finalement neuf partis tandis que le centre-gauche en compte sept : en plus du PdL, de Frères d'Italie et de la LN, Grande Sud soutenu par le Mouvement pour les autonomies (qui se présente cependant séparément au Sénat), La Droite, les Parti des retraités, Intesa popolare (de Giampiero Catone et de la Droite libertaire) ainsi que MIR (Moderati Italiani in Rivoluzione-Gianpiero Samorí), mais aussi uniquement au Sénat le Chantier populaire (Cantiere popolare) (en Sicile), une liste contre Equitalia (Liberi da Equitalia, devenue Liberi per una Italia equa), tandis que Saverio Romano obtient des places éligibles pour son PID sur les listes du PdL. Lors de la présentation des listes, particulièrement mouvementée en Campanie, le PdL exclut les candidatures de Nicola Cosentino, Marcello Dell'Utri, Claudio Scajola et d'autres personnalités mises en examen, comme Marco Milanese et Alfonso Papa, mais compte néanmoins trois condamnés définitifs et une vingtaine de personnalités condamnés en premier ressort ou mis en examen, dont son leader Silvio Berlusconi, Raffaele Fitto et Denis Verdini qui a été le chargé d'établir les listes. Antonio Razzi et Domenico Scilipoti sont deux autres parlementaires controversés qui finissent sur les listes en position éligible.

Ligue du Nord[modifier | modifier le code]

Sous le nom officiel de Ligue du Nord pour l'indépendance de la Padanie (Lega Nord per l'Indipendenza della Padania), ce parti populiste, régionaliste et xénophobe est le plus ancien de ceux qui se présentent, puisque constitué en 1989. Jusqu'en 2012, le parti était dirigé par son leader charismatique et fondateur, Umberto Bossi. Bien qu'il ait été victime, en 2004, d'une hémorragie cérébrale, celui que l'on surnomme « Il senatùr », du fait de son élection au Sénat de la République en 1987, est resté le dirigeant incontesté de la « Lega » jusqu'en 2012, lorsque la justice met au jour un vaste réseau de détournement de fonds publics à son profit, ainsi qu'à celui de sa famille et de ses proches. Ces révélations ont mis à mal le discours de la LN, qui aime à se présenter comme un parti propre luttant contre les corrompus de Rome. Une ultérieure dénonciation de la secrétaire du groupe sénatorial de la LN révélée par La Repubblica le 7 janvier 2013 ternit ultérieurement la réputation d'intégrité du mouvement.

Il est propulsé au poste de président fédéral de la Ligue, une fonction purement honorifique, et une direction collégiale est mise en place, avant que l'ancien ministre de l'Intérieur Roberto Maroni ne prenne la tête du parti. Le 29 décembre 2012, la Ligue du Nord demande à Silvio Berlusconi de renoncer à être chef de la coalition, si son parti, le Peuple de la liberté veut envisager de s'allier avec lui. Il avance le nom de Flavio Tosi comme chef de file pour les élections, étant lui-même candidat à la région Lombardie. Finalement un accord de coalition est signé avec le PdL le 7 janvier 2013, mais aucun candidat n'est clairement choisi, par la coalition, pour devenir président du Conseil, tandis que sur le symbole électoral apparait la mention « TreMonti » (pour Giulio Tremonti) que le ministère de l'Intérieur rejette. Finalement ce sont les noms de « Maroni » et de « Tremonti » (sans M majuscule) qui figureront sur le symbole définitivement approuvé.

Grande Sud[modifier | modifier le code]

Grande Sud est le nom de différents mouvements politiques du Mezzogiorno qui se sont fédérés surtout en Sicile pour faire pendant à la Ligue du Nord au sein de la coalition conservatrice. Son leader est Gianfranco Micciché, un ancien président de région. Le 3 janvier 2013, Grande Sud annonce le soutien à Berlusconi, sur la base d'une union des présidents de régions méridionales de droite (Calabre, Campanie, Molise, qui eux ne se présenteront pas aux élections parlementaires). Ces listes auraient dû permettre de recycler des personnalités comme Marcello Dell'Utri que le PdL ne souhaite pas présenter dans ses propres listes, en raison de ses condamnations antérieures, mais avec l'exception notable de Raffaele Lombardo au Sénat, aucun ex-PdL condamné n'est présent sur les listes de ce mouvement. Le Mouvement pour les autonomies en perte de vitesse et qui se déchire sur ce retournement d'alliance avec le PdL, en perdant ses principaux dirigeants, décide de présenter des listes communes avec Grande Sud et séparément au Sénat (uniquement en Sicile).

Centre-gauche[modifier | modifier le code]

Pour ce scrutin, trois forces du centre-gauche, le Parti démocrate (Partito Democratico, PD), Gauche, écologie et liberté (Sinistra Ecologia Libertà, SEL), le petit Parti socialiste italien (Partito Socialista Italiano, PSI) et une formation centriste, le Centre démocrate (Centro Democratico, CD), ont décidé de tenir des élections primaires ouvertes afin de désigner un candidat commun à la présidence du Conseil des ministres. Les trois formations issues de la gauche ont ensuite formé une alliance, « Italie. Bien commun[3]. »

Créé en octobre 2007, le PD est un rassemblement des sociaux-démocrates des Démocrates de gauche (DS) et des démocrates-chrétiens de La Marguerite (DL)[4]. Jusqu'aux élections locales de 2011, le parti a surtout essuyé des défaites électorales. À la fin de l'année 2009, l'échec de Renato Soru à conserver la présidence de la Sardaigne amène la démission de Walter Veltroni et la tenue de primaires, qui voient l'élection de Pier Luigi Bersani, ancien ministre, ancien président de Région, au poste de secrétaire du PD. Aux élections régionales de 2010, le parti cède encore quatre Régions, dont une à la Ligue du Nord. Toutefois, en 2011, il emporte la mairie de Milan et soutient, au second tour, un candidat de l'Italie des valeurs, qui prend celle de Naples. En 2012, il remporte les élections municipales italiennes de 2012. Trois de ses membres sont candidats aux primaires : le secrétaire Bersani, le maire de Florence, Matteo Renzi, et la conseillère régionale de Vénétie, Laura Puppato. SEL a été constitué en décembre 2009, rassemblant plusieurs partis ayant appartenu à la coalition Gauche et liberté (SL). Le parti est présidé par Nichi Vendola, président de la Région des Pouilles, ancien communiste et homosexuel déclaré, un profil particulièrement atypique pour la classe politique italienne. Il se présente aux primaires.

Le PSI, qui reprend le nom de l'un des principaux partis de l'après-guerre, laminé par l'opération Mains propres, a été formé en 2007. Son secrétaire, Riccardo Nencini, a présidé le conseil régional de la Toscane pendant dix ans. Pour les primaires, il apporte son soutien à Bersani. Enfin, l'API est le parti centriste constitué par Francesco Rutelli, ancien maire de Rome, ministre de la Culture du deuxième mandat de Romano Prodi, président de DL, qui a un temps fait partie du PD. Il est encore peu présent dans le paysage politique italien. Le député Bruno Tabacci, conseiller municipal de Milan, se présente aux primaires. Avec Massimo Donadi, ancien chef du groupe parlementaire de l'Italie des valeurs, il fonde le 28 décembre 2012 le Centre démocrate qui sera la composante centriste de l'Italie, bien commun.

À l'occasion du second tour de scrutin, le 4 décembre 2012, Bersani l'emporte par 61 % des voix, contre 39 % à Renzi. Convaincu par le succès des primaires et des parlamentarie, procédure similaire pour désigner les candidats, rajeunis et féminisés (les listes comporteront 41 % d'élues), Bersani fait une campagne sans thèmes politiques forts et l'opinion n'en retient quasiment que l'expression « enlever les taches au jaguar » (smacchiare il giaguaro, qui pourrait se traduire par (peigner le jaguar), il ne fait aucune proposition novatrice pendant la fin de la campagne électorale[réf. nécessaire].

Centristes (Avec Monti pour l'Italie)[modifier | modifier le code]

Logo des listes de la société civile soutenant Mario Monti.

À part le Centre démocrate, allié au centre-gauche, le centrisme indépendant depuis 2008 (auparavant il était allié avec Berlusconi) est surtout représenté par l'Union de Centre (UdC) de Pier Ferdinando Casini. S'y ajoutent les mouvements de centre-droit hostiles à Berlusconi comme celui du président de la Chambre, Gianfranco Fini, mais aussi quelques députes du Peuple de la liberté hostiles au populisme et à l'anti-européisme de Berlusconi, comme Mario Mauro et le think tank Italia futura.

Le 25 décembre 2012 à minuit, Mario Monti envoie un tweet annonçant qu'il va « monter » en politique (en opposition avec la descente en politique de Berlusconi en janvier 1994). Ne pouvant se présenter aux élections en tant que sénateur à vie, il semble avoir accepté d'être le leader de trois mouvements : l'Union de Centre de Pier Ferdinando Casini, le mouvement centriste chrétien-démocrate, un mouvement citoyen en cours de constitution à partir d'un think tank sous le leadership de Luca Cordero di Montezemolo, le président de Ferrari, appelé « Italia futura » et le parti de centre-droit Futur et liberté pour l'Italie, dirigé par Gianfranco Fini, le président de la Chambre. La discussion est en cours pour savoir si trois listes séparées se présenteront à la chambre des députés tandis qu'une liste unique semble envisagée pour le Sénat. Au 27 décembre 2012, rien en semble décidé : ni le nom, ni le symbole, tandis que l' « agenda Monti » semble préfigurer le programme accepté par toutes les composantes. Le 28 décembre 2012, Mario Monti annonce lors d'une conférence de presse qu'il sera bien à la tête d'une coalition dénommée « Avec Monti pour l'Italie » qui se présentera unie uniquement au Sénat. Lui-même ne sera pas candidat aux élections, mais sera désigné comme candidat aux fonctions de président du Conseil par les forces coalisées. Lors du sommet de lancement, le 28 décembre 2012, étaient présents, outre Mario Monti, et les ministres Corrado Passera[5], Antonio Catricalà, Andrea Riccardi et Enzo Moavero, Pier Ferdinando Casini pour l'UdC, Benedetto Della Vedova pour FLI, Mario Mauro, un ex PDL, Pietro Ichino, un ex Parti démocrate, Andrea Olivero, ancien président ACLI, Lorenzo Dellai, ex PPI et quatre représentants d'Italia futura : Carlo Calenda, Andrea Romano, Nicola Rossi et Linda Lanzillotta.

Le 4 janvier 2013, Monti dévoile le symbole et l'organisation électorale de son parti, Choix civique, composé uniquement de non-parlementaires et qui portera le nom de « Choix civique - Avec Monti pour l'Italie » (en italien, Scelta civica - Con Monti per l'Italia) à la Chambre des députés. Deux autres listes dont le symbole n'est pas encore fixé seront présentées séparément par l'UdC et par FLI. Une liste unique sera en revanche présentée au Sénat, ensemble avec l'UdC et FLI avec pour nom « Avec Monti pour l'Italie ».

Mouvement 5 étoiles[modifier | modifier le code]

Le Mouvement 5 étoiles (MoVimento 5 Stelle, M5S) est un parti politique, constitué le 4 octobre 2009, sous l'impulsion du comique Beppe Grillo, empêché de se présenter aux primaires pour le secrétariat du Parti démocrate. Le M5S se présente comme une formation contre les partis, anti-corruption, partisane de la démocratie directe, écologiste et décroissante. Aux élections municipales italiennes de 2012, il parvient à se classer en troisième position au niveau national, derrière le PD et le PDL. À Parme, son candidat au poste de maire,Federico Pizzarotti est élu avec 60 % des voix contre le candidat présenté par l'ensemble des forces de centre-gauche.

Lors des élections régionales anticipées du 28 octobre 2012 en Sicile, le M5S fait une apparition remarquée au conseil régional, remportant 14,9 % des voix et 15 sièges sur 90. Avec un tel résultat, il est le premier parti de l'île, devant le PD et le PDL, qui se présentaient dans le cadre de coalitions. Dans les sondages préélectoraux, le M5S est crédité de scores très importants, avec plus de 15 % des suffrages exprimés, dépassant parfois le Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi.

Révolution civile[modifier | modifier le code]

Révolution civile est une alliance de gauche conduite par le magistrat Antonio Ingroia, formée par le Parti de la refondation communiste, Italie des valeurs, la Fédération des Verts, le Parti des communistes italiens et le Mouvement orange de Luigi de Magistris[6]. Les listes se présentent unies avec un symbole électoral représentant sous une forme stylisée le tableau le Quart-État ce qui crée une brève polémique avec le Parti socialiste italien qui considère que personne n'a le monopole de ce symbole socialiste.

Autres listes[modifier | modifier le code]

Se présentent également d'autres listes, coalisées ou non :

Tableau récapitulatif[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file[7] Idéologie Résultats en 2008
Le Peuple de la liberté (PdL-LN-GS)
Coalition avec la Ligue du Nord, Frères d'Italie et Grande Sud
Il Popolo della Libertà, Lega Nord, Fratelli d'Italia, Grande Sud
Silvio Berlusconi Centre-droit
Libéral-conservatisme, régionalisme, populisme, identitarisme
PDL : 276 députés (37,4 %)
PDL : 147 sénateurs (38,2 %)
LN : 60 députés (8,3 %)
LN : 25 sénateurs (8,1 %)
MPA : 8 députés (1,1 %)
MPA : 2 sénateurs (1,1 %)
Italie. Bien commun
Italia. Bene Comune
Pier Luigi Bersani Centre-gauche
Social-démocratie, démocratie chrétienne, écologie
PD : 217 députés (33,2 %)
PD : 118 sénateurs (33,7 %)
Avec Monti pour l'Italie
Con Monti per l'Italia
Mario Monti
(Président du Conseil)
Centre
Libéralisme, démocratie chrétienne, fédéralisme européen
UdC : 36 députés (5,6 %)
UdC : 3 sénateurs (5,7 %)
Mouvement 5 étoiles (M5S)
Movimento 5 Stelle
Beppe Grillo[8] Démocratie directe, écologie, décroissance, populisme, euroscepticisme, souverainisme N'existait pas encore
Révolution civile (RC)
Rivoluzione civile
Antonio Ingroia Gauche
Écosocialisme, communisme, antilibéralisme
IdV : 29 députés (4,4 %)
IdV : 14 sénateurs (4,3 %)

Campagne[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Évolution des intentions de vote par coalition du 24 décembre 2012 au 01 février 2013.

Voici une liste de sondages depuis janvier 2013. Les données proviennent du site officiel du Gouvernement italien.

Institut Date Mouvement 5 étoiles
(Beppe Grillo)
Révolution civile
(Antonio Ingroia)
Italie. Bien commun
(Pier Luigi Bersani)
Avec Monti pour l'Italie
(Mario Monti)
Centre-droit
(Silvio Berlusconi)
Autres
Datamonitor 2013-01-1414 janvier 2013 12,8 4,7 38,0 13,0 28,3 3,2
EMG Srl 2013-01-1414 janvier 2013 12,1 5,2 37,4 14,8 27,9 2,6
Tecnè 2013-01-1313 janvier 2013 14.3 4.3 37.8 14.5 26.0 3.1
Tecnè 2013-01-1111 janvier 2013 14.4 4.0 39.5 15.1 24.6 2.4
SWG 2013-01-1111 janvier 2013 15.9 4.5 34.9 13.8 25.3 5.6
Euromedia 2013-01-1010 janvier 2013 12.3 4.4 38.5 10.5 30.7 3.6
Tecnè 2013-01-1010 janvier 2013 14.0 4.4 39.3 15.2 24.5 2.6
Tecnè 2013-01-099 janvier 2013 14.1 3.7 40.3 15.1 24.3 2.5
ISPO 2013-01-099 janvier 2013 13.2 4.0 38.0 15.1 26.7 3.0
Lorien 2013-01-099 janvier 2013 13.4 4.3 37.0 14.6 26.8 3.9
Piepoli 2013-01-088 janvier 2013 10.0 4.0 41.0 14.0 29.0 2.0
Tecnè 2013-01-088 janvier 2013 14.4 4.1 39.6 15.1 24.6 2.2
Ipsos 2013-01-088 janvier 2013 12.5 5.5 38.8 17.6 21.7 3.9
IPR 2013-01-088 janvier 2013 13.0 2.0 38.0 16.0 27.0 4.0
Tecnè 2013-01-066 janvier 2013 15.7 3.4 39.9 14.3 24.8 1.9
ISPO 2013-01-066 janvier 2013 13.5 2.5 39.5 14.0 27.5 3.0
SP 2013-01-066 janvier 2013 13.0 5.7 33.0 13.1 27.6 7.6
Tecnè 2013-01-044 janvier 2013 16.4 3.8 40.4 12.4 25.3 1.7
Tecnè 2013-01-033 janvier 2013 16.3 3.7 40.3 12.0 25.8 1.9
Tecnè 2013-01-022 janvier 2013 16.0 3.8 40.9 12.0 25.4 1.9
Piepoli 2013-01-011er janvier 2013 11.0 5.0 42.0 12.0 28.0 2.0
Mouvement 5 étoiles
(Beppe Grillo)
Révolution civile
(Antonio Ingroia)
Italie. Bien commun
(Pier Luigi Bersani)
Avec Monti pour l'Italie
(Mario Monti)
Centre-droit
(Silvio Berlusconi)
Autres

Notes:

Résultats[modifier | modifier le code]

Évolution de la participation[modifier | modifier le code]

Les élections se tenant sur deux jours l'évolution de la participation est la suivante[10] :

Année 12 h 19 h 22 h 15 h
2008 16,35 % 48,67 % 62,55 % 80,70 %
2013 14,94 % 46,79 % 55,17 % 75,04 %
+/- en diminution 1,41 en diminution 1,88 en diminution 7,38 en diminution 5,66

Résultats[modifier | modifier le code]

Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Résultats en Italie seulement
Sans la Vallée d'Aoste

Partis & alliances Voix % +/- Sièges +/-
Coalition de Pier Luigi Bersani 10 047 507
8 644 187
1 089 442
167 170
146 804
29,5
25,5
3,2
0,5
0,4
340
292
37
6
5
Coalition de Silvio Berlusconi 9 923 100
7 332 667
1 390 156
666 035
29,1
21,6
4,1
2,0
124
97
18
9
Mouvement 5 étoiles 8 689 168 25,5 - 108 -
Coalition de Mario Monti 3 591 560
2 824 001
608 199
159 429
10,5
8,3
1,8
0,5
45
37
8
0
Révolution civile 765 172 2,2 0 -
Autres 3,2 - - -
Total ' 100% 617

Les résultats ci-dessus ne comptent que les suffrages exprimés en Italie, sans la Vallée d'Aoste[13] et ne tiennent pas compte des votes des Italiens à l'étranger (1 103 989 voix exprimées), qui ont élu douze députés, comme indiqué dans le tableau suivant.

Chambre, 4 circonscriptions à l'étranger[modifier | modifier le code]

Résultats à l'étranger seulement

Partis & alliances Voix % +/- Sièges +/-
Coalition de Pier Luigi Bersani 305 468
288 092
17 375
31,1
29,33
1,77
5
5
0
Coalition de Silvio Berlusconi 145 824
145 824
14,84
14,84
1
1
Mouvement 5 étoiles 95 041 9,67 - 1 -
Coalition de Mario Monti 180 674
180 674
18,39
18,39
2
2
Révolution civile 15 910 1,62 0 -
Mouvement associatif des Italiens à l'étranger
Union sud-américaine des émigrés italiens
Italiens pour la liberté
140 473
44 024
22 321
14,30
4,48
2,27
- 2
1
0
-
Autres 32 593 3,32 - 0 -
Total 982 327 100% 12

Les résultats ci-dessus ne comptent que les seuls suffrages exprimés valables à l'étranger, dans quatre circonscriptions continentales, par des citoyens italiens résidant de façon permanente au 31 décembre 2012 en dehors de l'Italie, et qui ont voté par correspondance avant le 21 février 2013, en adressant leurs bulletins à leur consulat. Il y a eu 102 760 votes nuls, 16 456 votes blancs et 2 446 votes non attribués ou contestés.

Sénat de la République[modifier | modifier le code]

[15]
+
+
+
+
Partis & alliances Voix % +/- Sièges +/-
Coalition de S. Berlusconi 9 405 894
6 829 587
1 328 555
590 083
30,72
22,30
4,33
1,92
[14]


116
98
17
0
1



Coalition de P. L. Bersani 9 686 471
8 400 162
912 308
163 375
31,61
27,43
2,97
113
105
7
1
Avec Monti pour l'Italie 2 797 486 9,13 - 18 +15
Révolution civile 549 995 1,79 <> 0 -0
Mouvement 5 étoiles 7 285 850 23,79 + 54 +54
Autres - -
Total 100% 301
Sénat, 4 circonscriptions à l'étranger[modifier | modifier le code]

Résultats à l'étranger seulement

Partis & alliances Voix % +/- Sièges +/-
Parti démocrate 274 732 30,69 - 4[16] -
Avec Monti pour l'Italie 177 402 19,81 - 1 -
Le Peuple de la liberté - Centre-droit italien 136 052 15,19 - 0 -
Mouvement associatif des Italiens à l'étranger 120 290 13,43 - 1 -
Mouvement 5 étoiles 89 562 10,00 - 0 -
Union sud-américaine des émigrés italiens 38 223 4,26 - 0 -
Italiens pour la liberté 14 134 1,57 - 0 -
Révolution civile 15 910 1,61 0 -
Autres 29 504 3,28 - 0 -
Total 895 159 100% 6

Les résultats au Sénat sont plus imprévisibles puisque se tiennent 20 élections régionales où, dans 17 régions tout du moins, sauf le Molise et le Val d'Aoste ou encore dans les collèges uninominaux du Trentin-Haut-Adige, on assure à la coalition arrivée première 55 % des sièges quelle que soit sa vraie proportion. Or, en l'absence de bipartisme, aucune coalition n'a naturellement atteint la majorité. Les sièges en boni sont donc plus récurrents et la première place régionale joue un rôle plus important. 6 sièges de sénateurs sont réservés aux Italiens de l'étranger, dans quatre circonscriptions continentales,

Le seuil électoral est plus élevé. Une liste coalisée doit faire 3 %, sauf si sa coalition fait moins de 20 %, et dans ce cas il lui faut 8%. Les listes unitaires doivent aussi atteindre 8 %.

Région Sièges Par coalition Répartition entre listes
Sièges Pourcentage
IBC CD Monti M5S Divers IBC CD Monti M5S Divers IBC CD Monti M5S Divers
Piémont 22 13 4 2 3 0 29,8 29.3 11.6 25.7 3.5 PD 13 PdL 3 LN 1 Monti 2 M5S 3 0
Vallée d'Aoste 1 0 0 0 0 UV 1 - 7.0 2.4 20.7 69.9 0 0 0 0 UV 1
Lombardie 49 11 27 4 7 0 29,7 37.6 10.7 17.4 4.4 PD 11 PdL 16 LN 11 Monti 4 M5S 7 0
Trentin-Haut-Adige 7 6 1 0 0 0 50,6 16.3 1.4 15.1 13.7 PD 4[17] SVP 2 1 LN 0 0 0
Vénétie 24 4 14 2 4 0 25,0 32.9 11.0 24.6 6.2 PD 4 PdL 9 LN 5 Monti 2 M5S 4 0
Frioul-Vénétie julienne 7 4 1 1 1 0 29,3 28.8 12.3 25.5 4.2 PD 4 PdL 1 Monti 1 M5S 1 0
Ligurie 8 5 1 1 1 0 33,0 24.1 9.4 30.3 3.1 PD 5 PdL 1 Monti 1 M5S 1 0
Émilie-Romagne 22 13 4 1 4 0 42,1 21.3 8.9 23.1 4.5 PD 13 PdL 4 Monti 1 M5S 4 0
Toscane 18 10 3 1 4 0 43,5 21.3 8.1 22.7 4.4 PD 9 SEL 1 PdL 3 Monti 1 M5S 4 0
Ombrie 7 4 1 1 1 0 37,6 25.2 8.3 25.3 3.4 PD 4 PdL 1 Monti 1 M5S 1 0
Marches 8 5 1 1 1 0 33,2 22.2 10.0 30.3 4.2 PD 5 PdL 1 Monti 1 M5S 1 0
Latium 28 16 6 0 6 0 32,3 28.9 7.5 25.9 5.4 PD 14 SEL 2 PdL 6 0 M5S 6 0
Abruzzes 7 1 4 0 2 0 28,1 29.6 7.5 28.4 6.4 PD 1 PdL 4 0 M5S 2 0
Molise 2 1 1 0 0 0 30,3 30.1 8.4 26.6 4.6 PD 1 PdL 1 0 0 0
Campanie 29 6 16 2 5 0 29,0 38.4 8.2 20.7 4.6 PD 5 SEL 1 PdL 16 Monti 2 M5S 5 0
Pouilles 20 4 11 1 4 0 28,5 34.4 9.1 24.1 3.9 PD 3 SEL 1 PdL 11 Monti 1 M5S 4 0
Basilicate 7 4 1 1 1 0 36,7 25.3 8.4 22.9 6.8 PD 3 SEL 1 PdL 1 Monti 1 M5S 1 0
Calabre 10 2 6 0 2 0 31,7 33.3 7.6 22.2 5.2 PD 2 PdL 5 GS 1 0 M5S 2 -
Sicile 25 5 14 0 6 0 27,3 33.4 5.9 29.5 3.9 PD 4 IL-LC 1 PdL 14 0 M5S 6 0
Sardaigne 8 5 1 0 2 0 31,7 25.5 6.6 28.7 7.5 PD 4 SEL 1 PdL 1 0 M5S 2 0
Étranger 6 4 0 1 0 MAIE 1 30,69 15.2 19.8 10.0 26.0 PD 4 0 Monti 1 0 MAIE 1
Total 315 123 117 19 54 2 . . . . . 113 PD
7 SEL
2 SVP
IM-LC 1
99 PdL
17 LN
1 GS
Monti 19 39 UV 1
MAIE 1

Régions[modifier | modifier le code]

Dans les trois régions concernées par un vote anticipé, après dissolution du Conseil régional, Roberto Maroni, Ligue du Nord, l'emporte en Lombardie, la droite conservant la région, tandis que Nicola Zingaretti et Paolo Di Laura Frattura, du Parti démocrate font basculer au centre-gauche les régions du Latium et du Molise.

Analyse[modifier | modifier le code]

Conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Italy election campaign begins as parliament dissolved », sur BBC News,‎ 22 décembre 2012
  2. (en) Gavin Jones et James Mackenzie, « Italy dissolves parliament, Monti mulls future », sur Reuters,‎ 22 décembre 2012
  3. « Élections législatives en Italie: les clés du mode de scrutin », sur Jolipress (consulté le 24 février 2013)
  4. Tristan, « Le Modem et le Parti démocrate italien (Partito Democratico) : deux idéologies différentes »,‎ 11 juillet 2007 (consulté le 24 février 2013)
  5. Ce ministre ne sera pas candidat, en raison de la décision ne pas présenter une liste unique. Source La Repubblica du 29 décembre 2012, p. 3
  6. (it) « Ingroia presenta la sua lista "Rivoluzione civile" », La Repubblica, 25 décembre 2012.
  7. Il s'agit du uniquement du chef de la coalition électorale et n'est pas synonyme de candidat à la présidence du Conseil, notamment pour la coalition PdL-LN-GS.
  8. N'est pas candidat aux élections.
  9. http://www.siciliainformazioni.com/sicilia-informazioni/30581/la-guerra-e-cominciata-ingroia-contro-grasso
  10. (it) « Votanti - Camera - Elezioni politiche e regionali del 24 et 25 febbraio 2013 », ministère de l'Intérieur italien
  11. Les élus comprennent également 4 députés du Parti socialiste italien, sur les listes du PD.
  12. élu avec le symbole électoral du SVP
  13. Où est élu Rudi Marguerettaz de Stella Alpina, un parti centriste non coalisé, avec 18 376 voix, devant Laurent Viérin, UVP, une scission de l'Union valdôtaine, avec 18 191 voix, Jean-Pierre Guichardaz, ALPE, en coalition avec Pier Luigi Bersani, 14 340 voix, Roberto Cognetta Mouvement 5 étoiles, 13 403 voix, Giorgia Meloni, 3 051 voix, Nicoletta Spelgatti, Ligue du Nord, 2 384 voix, Luca Bringhen Union de Centre, 1 355 voix, Fabrizio Buillet, Fare per fermare il declino, 748 voix, Andrea Ladu, Casapound Italia, 443 voix et Eros Campion, Val Outa, 145 voix.
  14. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées pplstats.
  15. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées pdidvstats.
  16. Les élus comprennent également 1 sénateur du Parti socialiste italien, sur les listes du PD.
  17. Dont un sénateur de l'Union pour le Trentin, présenté avec le soutien du PD.

Articles connexes[modifier | modifier le code]