Pétra

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Petra *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
La Khazneh, le plus célèbre des monuments de Pétra.
La Khazneh, le plus célèbre des monuments de Pétra.
Coordonnées 30° 19′ 45″ N 35° 26′ 37″ E / 30.32917, 35.44361 ()30° 19′ 45″ Nord 35° 26′ 37″ Est / 30.32917, 35.44361 ()  
Pays Jordanie Jordanie
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv)
Numéro
d’identification
326
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1985 (9e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Pétra (de πέτρα petra, « rocher » en grec ancien ; البتراء Al-Butrāʾ en arabe), de son nom sémitique[1] Reqem ou Raqmu (« la Bariolée »)[2],[3], est une cité nabatéenne pré-islamique de l'actuelle Jordanie située dans le Wadi Rum.

Créée dans l'Antiquité vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le VIe siècle av. J.-C. par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l'encens, les épices et d'autres produits précieux entre l'Égypte, la Syrie, l'Arabie du Sud et la Méditerranée. Vers le VIIIe siècle, la modification des routes commerciales et les séismes entraînent l'abandon progressif de la ville par ses habitants. Pétra a abrité à son apogée jusqu'à vingt-cinq mille habitants. Tombé dans l'oubli à l'époque moderne, le site est redécouvert par le monde occidental grâce à l'explorateur suisse Jean Louis Burckhardt en 1812.

Les nombreux bâtiments, dont les façades monumentales sont directement taillées dans la roche, en font un ensemble monumental et unique qui, depuis le , est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Arabah, Jordanie, Golfe d'Aqaba et Mer Morte.
Carte de la région

Pétra est située à mi-chemin entre le golfe d'Aqaba et la mer Morte à une altitude de 800 à 1 396 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un fond de vallée de la région montagneuse d'Édom, à l'est de la vallée de l'Arabah. De nos jours le site de Pétra se trouve à près de 200 km au sud de la capitale jordanienne Amman, soit à environ 3 heures de route[4].

La situation de Pétra, dissimulée entre des rochers aux parois abruptes et dotée d'un approvisionnement sûr en eau en fait un lieu propice au développement d'une cité prospère. L'endroit n'est accessible que par un étroit sentier montagneux par le nord-ouest ou à l'est par un canyon d'environ 1,5 kilomètre de long et jusqu’à 200 mètres de profondeur, le Sîq, l'accès principal, qui, à son endroit le plus resserré, mesure seulement deux mètres de large.

La présence d'eau et la sécurité apportée par le site ont fait de Pétra une halte naturelle au croisement de plusieurs routes caravanières qui reliaient l'Égypte à la Syrie et l'Arabie du Sud à la Méditerranée, chargées principalement de produits de luxe (épices et soie en provenance d'Inde, ivoire en provenance d'Afrique, perles de la Mer Rouge et encens du sud de l'Arabie). La résine de l'« arbre à encens » (Boswellia) était convoitée dans le monde antique tout entier comme une offrande religieuse particulièrement précieuse, mais également comme médicament.

L'activité commerciale engendrée par les caravanes et les taxes perçues produisaient d'importants profits pour les Nabatéens. De ce fait, la ville abrita du Ve siècle av. J.-C. au IIIe siècle un important marché.

Plan détaillé de la ville[modifier | modifier le code]

Plan détaillé de la ville de Pétra, Jordanie.

         Rempart              Chemin d'accès

  •      Anciens bâtiments, tombes rupestres ou temples
  •      Bâtiments récents, principalement destinés au tourisme
  • Double carré : Haut-lieu
    Carré avec rond central : Forteresse des Croisés
    Carré barré : Fouille

Géologie[modifier | modifier le code]

Géologie de Pétra
Grès doré et vermeil
Grès rose et rouge
Grès jaune et orange
Grès rouge et orange
Grès rose
Grès rouge et blanc
Grès rouge, jaune et orange
Différentes couches à l'intérieur d'une tombe

Pétra étant une ville troglodyte située au milieu d'escarpements rocheux, la pierre est visible partout sur le site. Celle-ci est composée de grès, roche détritique issue de l’agrégation et la cémentation (ou diagenèse) de grains de sable. Il s'agit d'une roche cohérente[5]. Elle est organisée en strates qui offrent parfois des déclinaisons de couleurs chatoyantes (allant du jaune au violet en passant par le rose) renforcées par l'intensité de la lumière, particulièrement en fin d'après-midi[4].

Pétra est située dans une région à forte sismicité. Elle se trouve à la limite entre deux plaques qui coulissent: la plaque d'Arabie et la plaque d'Afrique. Le 19 mai 363, en 419, 551 et 747, des tremblements de terre ont endommagé la ville et ses monuments[6],[7].

La nappe phréatique d'eau salée située en dessous de Pétra remonte et dégrade les monuments à leur base.

Aux alentours de Pétra, on peut trouver des roches contenant de la silice, que les Nabatéens ont pu extraire dans des carrières pour faire du béton imperméable[8].

Ces caractéristiques géologiques particulières ont permis aux habitants de Pétra de se cacher et de se protéger des attaques.

L'irrigation[modifier | modifier le code]

L'eau est nécessaire au développement des activités humaines. Les sources étant peu abondantes dans cette région semi-désertique, c'est l'eau de pluie, environ 150 mm par an[9] (aujourd'hui de 50 à 250 mm[10]), qui assurait l'essentiel des besoins. Les sources seules ne pouvaient fournir de l'eau que pour quelques familles[9]. Les Nabatéens construisirent un système de captage des eaux et de redistribution avec des règles de répartition aux habitants[9].

Pétra, située dans une cuvette, pouvait récupérer les eaux pluviales d'un bassin de 92 km2 grâce à la relative imperméabilité des roches[11]. Cette faible perméabilité du sol posait néanmoins de nombreux problèmes, comme le déclenchement de crues très puissantes et donc destructrices. En effet, jusqu'à ce qu'il soit dévié au XXe siècle, le cours d'eau du Wadi Moussa (« ruisseau de Moïse ») qui coule depuis la source d'Aïn Moussa (« source de Moïse ») dans le Sîq jusqu’au village de Gaia était à l'origine de crues meurtrières comme en 1963[11]. Il existe aussi un « petit Sîq » qui rejoint le Sîq principal près des tombes royales[12].

Au Ier siècle, Strabon dira que les habitants de Pétra « ont des sources en abondance, que ce soit pour des fins domestiques ou pour arroser leurs jardins[9] ».

L'aqueduc creusé dans la roche pour acheminer l'eau

Des installations de collecte et de distribution d'eau destinées à stocker et transporter l'eau en s'affranchissant du relief escarpé sont encore visibles de nos jours, notamment des barrages hydrauliques et des réservoirs à ciel ouvert[11]. Il existait également un important réseau de citernes souterraines. Au nord-est et sud-est de Pétra, les eaux du Sîq coulaient dans des galeries taillées dans la roche et enduites de plâtre imperméable, ou dans un réseau hydraulique en pente douce constitué de tuyaux en terre cuite ou en céramique[9],[11]. Ce réseau alimentait l'aqueduc[13], les 200 citernes (dont plusieurs sur le mont Umm al-Beira, ou « Mère des citernes[14] »), beaucoup de réservoirs et un nymphaeum, ou fontaine publique[9]. Un réseau de plus gros débit permettait aussi de capter l'eau de source plus éloignée et d'alimenter des quartiers en hauteur[11]. Ces réseaux amenaient environ 40 millions de litres d'eau par jour à Pétra[9].

Le système de distribution d'eau a été comparé avec celui de Rome à la même époque, lui aussi très avancé, bien que la taille des deux cités fût très différente, Rome étant beaucoup plus peuplée. Il était néanmoins suffisant pour couvrir les besoins de la cité[15].

L'eau, d'une importance cruciale, constituait également le talon d'Achille de la ville. Ainsi les Romains coupèrent-ils l'aqueduc, lors d'un siège de la ville, afin d'obtenir une reddition plus rapide des habitants[réf. nécessaire].

Le résultat de cette maîtrise de l'eau était, à l'époque, la création d'une véritable oasis artificielle. Seuls des vestiges de ces installations sont encore visibles.

L'agriculture et l'élevage[modifier | modifier le code]

Lorsque la ville était en plein essor, l'eau servait essentiellement à la consommation des habitants et du bétail ainsi que, dans une phase plus tardive, à l'arrosage des jardins[16].

Des céréales, comme l'orge ou le blé, des arbres fruitiers et des vignes étaient sans doute cultivés à Pétra. Des pressoirs creusés dans des rochers ont été retrouvés, datant probablement de la période de domination romaine qui avait donné au vin une grande importance[16].

De nos jours, des aménagements agricoles sont visibles autour du site comme des cultures en terrasses dans le secteur de Zurrabeh, créés pour lutter contre l'érosion des sols et obtenir des rendements plus élevés. Depuis l'abandon du site, le manque d'entretien des aménagements hydrauliques a entraîné la destruction de l'essentiel des barrages ; seuls quelques vestiges sont encore visibles, tels qu'un ouvrage dédié à la distribution de l'eau dans le lieu dit des « jardins romains[16] ».

Actuellement, des troupeaux de chèvres noires sont également visibles autour du site de Pétra. Leur domestication est prouvée depuis le Néolithique[16].

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique de Pétra
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Record de froid (°C) 10 10 14 18 22 24 26 25 24 21 16 12
Record de chaleur (°C) 32 23 27 31 35 39 40 41 37 33 28 23
Source : holidaycheck.com Petra


Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Pétra est longue, sa vallée étant particulièrement prisée pour sa facilité de défense. Toutefois, ses premiers habitants ayant été nomades, on ne dispose de traces matérielles des habitations qu'à partir de l'époque nabatéenne, car cette civilisation a beaucoup construit et y a vécu le plus longtemps. Après la période byzantine le site est pratiquement abandonné, aussi existe-t-il peu de sources qui évoquent cette époque, ce qui rend difficile la reconstitution de l'histoire de la ville sur une longue période. Après la redécouverte de la ville par Jean Louis Burckhardt en 1812, on retrouva dans les écrits de l'Antiquité de nombreuses sources évoquant l'histoire de Pétra.

Vue panoramique du Haut-lieu du Sacrifice sur la ville basse de Pétra.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Des découvertes sur le site de Beidha, à quelques kilomètres de Pétra, ont démontré l'existence d'installations sédentaires datant d'une période estimée entre 10 000 et 8 000 av. J.-C.[17]. L'établissement le plus ancien trouvé à Pétra même date de l'âge du fer[18].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Période édomite[modifier | modifier le code]

Tombeau d'Aneishu à Pétra.
Article détaillé : Édom.

Selon Léon de Laborde, les premières traces d'installations sédentaires édomites sur le site de Pétra remontent à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. et du VIIe siècle av. J.-C.. Ce peuple domine alors toute la région[17]. Les Édomites choisissent de s'installer sur les collines proches de Pétra, dont Umm al-Beira (« Mère des citernes », puisqu'il y en avait plusieurs au sommet)[14] plutôt que sur le site occupé plus tard par les Nabatéens. Piètres bâtisseurs, ils sont cependant réputés pour la poterie[19].

Ils se seraient opposés, selon la Bible, au passage de Moïse lors de l'Exode, car descendants d'Ésaü, frères ennemis des Hébreux. Dans un souci de localisation des étapes de l'Exode, Laborde ainsi que les différents explorateurs donneront des dénominations bibliques aux différents lieux : Wadi Moussa « ruisseau de Moïse », Khazne al-Firaun « trésor du Pharaon »…

Pétra, comme Bosra, sera connue jusqu'au XXe siècle comme la ville mentionnée dans la Bible (II Rois, XIV, 7 ; Isaïe, XVI, 1) sous le nom de Sela (de פטרה sela, « rocher » en hébreu), la capitale des Édomites, avant que des recherches archéologiques démontrent qu'il s'agissait de deux villes différentes, Sela étant plus au nord[20].

Période nabatéenne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nabatéens.
Les routes commerciales terrestres des Nabatéens font de Pétra un centre de commerce important pour l'époque.

L'arrivée des Nabatéens, peuple nomade arabe, remonte probablement au VIe siècle av. J.-C., date à laquelle ils entrent en pays d'Édom et prennent le contrôle de Pétra[17]. Les Édomites sont à l'époque partis s'installer dans la région d'Hébron, abandonnant le site[20]. Rapidement, les Nabatéens se sédentarisent dans la région laissée libre.

La période nabatéenne est mieux documentée que les autres époques de l'Antiquité, mais la plus grande partie des documents (écrits sur papyrus et d'autres supports se décomposant facilement) étant aujourd'hui tombés en poussière, les sources datant de cette époque sont rares, ne nous laissant que les dates parfois précises d'événements gravés dans le grès des murs de la ville et les étapes de construction des monuments pour permettre de reconstituer cette époque de son histoire.

En 312 av. J.-C., le général macédonien Antigone le Borgne échoue dans sa tentative de s'emparer de la ville[17].

Au IVe siècle av. J.-C., la ville s'étend sur plus de dix km2. Les Nabatéens se font connaître pour leur technique de poterie de très haute qualité[21], savoir sûrement transmis par les Édomites[19].

Vers la fin du IVe siècle av. J.-C. et au début du IIe siècle av. J.-C., les Nabatéens semblent totalement indépendants malgré la domination régionale des Ptolémée et vers la fin du IIIe siècle av. J.-C., les Nabatéens soutiennent Antiochos III qui repousse les Ptolémée vers le Sud[17].

Entre 93 et 90 av. J.-C., le roi nabatéen Obodas Ier bat Alexandre Jannée sur le plateau du Golan, mettant fin aux vues expansionnistes des Hasmonéens sur Pétra et son royaume[22]. Il conquiert ainsi les pays de Moab et de Galaad, à l'est du Jourdain qu'il reperdra malgré sa nouvelle victoire sur Jannée vers -82[17].

En 85 av. J.-C., Obodas Ier bat le séleucide Antiochos XII qui est tué au combat. À sa mort, Obodas est déifié par les Nabatéens qui organisent son culte et construisent le Deir en son honneur[17].

Le roi Arétas III, fils d'Obodas Ier étend le royaume des Nabatéens jusqu’à Damas[17]. La cité se développe grâce au commerce sur la route de l'encens. Cet itinéraire terrestre historique partait du Yémen le long de la côte occidentale de l'Arabie et se divisait à Pétra en une branche nord-occidentale qui conduisait à Gaza, et en une nord-orientale en direction de Damas. L'eau et la sécurité ont fait de Pétra une halte pour les caravanes du sud de l'Arabie, chargées principalement de produits de luxe (épices et soie en provenance d'Inde, ivoire en provenance d'Afrique, perles de la mer Rouge et encens du sud de l'Arabie, entre autres produits hautement convoités). La résine du boswellia (l'« arbre à encens ») était convoitée dans le monde antique tout entier comme une offrande religieuse particulièrement précieuse, mais également comme médicament[23]. Le commerce intermédiaire et des droits de douane produisaient d'importants profits pour les Nabatéens, qui donnaient aux caravaniers de l'eau et leur montraient où s'abriter la nuit - contre paiement[24].

Tombeaux royaux.

Le roi nabatéen Malichos Ier puis Obodas III font échouer plusieurs expéditions romaines vers l'Arabie heureuse dont celle vers 25 et 24 av. J.-C. du préfet d'Égypte Gaius Aelius Gallus[17]. Les Romains tentent en effet de découvrir l'origine des épices et des parfums que les Nabatéens commerçaient[22] afin de ne plus passer par leur intermédiaire.

La ville atteint son apogée en l'an 50. Elle aurait abrité à cette époque jusqu’à 20 000 habitants[25], mais les sources divergent fortement sur ce nombre : d'autres estimations vont de 30 000 à 40 000 habitants[26].

Durant le règne du roi nabatéen Obodas III de 30 à 9 av. J.-C., le royaume connaît un important mouvement culturel. C'est à cette époque que la plupart des tombeaux et temples sont construits[22].

Les Nabatéens adorent les dieux et les déesses arabes des temps pré-islamiques aussi bien que quelques-uns de leurs rois déifiés. Dusares est à l'époque le principal dieu masculin accompagné de sa trinité féminine : Uzza, Allat et Manat. Beaucoup de statues taillées dans la roche dépeignent ces dieux et déesses[27].

Diodore de Sicile et Strabon sont les seuls auteurs connus de cette époque à laisser des témoignages écrits sur Pétra. Ces textes font état des importantes richesses de ce peuple arabe provenant du commerce caravanier entre Asie et Europe, mais ne s'accordent pas sur leur mode de vie : sédentaire ou nomade, paysans ou citadins[28]. Reqem (« la Bariolée »), le nom sémitique de Pétra est également mentionné dans les Manuscrits de Qumrân.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire romain et Arabie (province romaine).
La province romaine d'Arabie Pétrée.

Une confédération regroupant dix Cités-États située non loin de Pétra nommée décapole fait son apparition à l'époque romaine[19]. Elle sera conquise par Rome en 63 av. J.-C..

En 106, sans doute après la mort du dernier roi nabatéen Rabbel II, puisqu'il n'y a eu apparemment aucun combat, le royaume est annexé sur l'ordre de l'empereur romain Trajan par Cornelius Palma, gouverneur de Syrie. Celui-ci fait de Bosra, qui deviendra rapidement la deuxième ville nabatéenne en importance[29], la capitale de la nouvelle province romaine d'Arabie (provencia Arabia). L'empereur Trajan renomme Bosra (alors appelée Bostra) en Nea Traiane Bostra, ou « Nouvelle Bostra de Trajan », et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole (metropolis). Un peu plus tard, en 114[6],[29] Pétra devient la base de départ pour les attaques romaines contre l'empire des Parthes en Iran, à l'est[30].

L'ouverture des routes maritimes à l'époque romaine porte un coup fatal à Pétra et aux Nabatéens en détournant les flux commerciaux de la ville. À compter de l'occupation romaine, quelques caravanes s'arrêtent encore à Pétra, mais elles deviennent plus rares au fil du temps[30], malgré la construction d'une route romaine de 400 km reliant Bosra, Pétra et le golfe d'Aqaba[29].

L'empereur Hadrien se rend sur le site en 131, il lui donne son nom : Pétra Hadriana[19].

La multiplication des constructions révèle que la ville connut malgré tout une période prospère durant la « Pax Romana[31] ».

Lors de la réorganisation de l'Empire initiée par l'empereur Dioclétien, elle devient la capitale de la « Palaestina taertia ou Palaestina salutaris[26] ».

Selon la tradition arabe, Pétra est l'endroit où Moïse, lors de l'Exode du peuple israëlien d'Égypte, fit jaillir une source d'une pierre en la frappant avec son bâton. Le village proche de Wadi Moussa et certains lieux rappellent donc aujourd'hui encore Moïse. Myriam, la sœur de Moïse, y possède un tombeau.

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire byzantin.
Détail d'une mosaïque de l'église byzantine de Pétra.

Le christianisme pénètre à Pétra vers le IVe siècle, près de 500 ans après l'établissement de Pétra comme centre commercial.

En l'an 330 le premier empereur chrétien, Constantin Ier, fait de Byzance sa nouvelle capitale et la renomme Constantinople. Pétra fait désormais partie de l'empire byzantin et l'empire y encourage comme sur tout son territoire la diffusion de la foi chrétienne en construisant des églises. Les habitants de la ville restent d'abord fidèles à leurs croyances, mais en 350 un évêque est nommé à Pétra, et un siècle plus tard de grandes églises sont édifiées dans la ville[32]. Athanase d'Alexandrie mentionne un évêque de Pétra nommé « Asterius[33] ». Le Deir sera même utilisé comme église durant cette période, des croix peintes sur ses murs[34], et trois autres églises seront découvertes lors de recherches[19]. La vaste « Tombe de l'urne » de l'époque nabatéenne, qui correspond à la tombe de Malichos II ou d'Arétas IV[35], devient une sorte de cathédrale en l'an 446[34]. Au nord de Pétra, on trouve plusieurs tombes avec des croix gravées, indiquant que les chrétiens y enterraient leurs morts[36].

Un violent tremblement de terre frappe Pétra le , endommageant des monuments, dont le théâtre, et les aqueducs. Cyrille, évêque de Jérusalem, dira que « presque la moitié » de la ville fut détruite quand le tremblement de terre frappa « à la troisième heure, et particulièrement à la neuvième heure de la nuit », décrivant le tremblement de terre et sa puissante réplique. La ville étant déjà affaiblie depuis le début de la domination romaine par la diminution de ses activités commerciales, n'est pas reconstruite et se vide lentement de ses habitants[7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Croisade et Moyen Âge.
Tombeaux sur la rue des Façades.

La conquête islamique de 629 - 632 passe par la région et semble avoir ignoré Pétra[32]. La dernière mention de Pétra se trouve dans un texte écrit par Anthenogenes, évêque de la ville, vers la fin du Ve siècle ou le début du VIe[37].

Conquise par les Arabes, dont l'impact sur la ville n'est pas connu[37], Petra, qui s'est progressivement vidée de ses habitants et est devenue un simple village vers 700[32], est finalement occupée par les croisés avant d'être complètement oubliée.

Différents tremblements de terre, particulièrement celui de 747, expliquent la désaffection de la ville.

Au cours de la Première croisade, la ville est occupée par Baudouin de Boulogne du Royaume de Jérusalem et forme le deuxième fief de la baronnie d'Al-Karak dans la Seigneurie d'Outre-Jourdain.

Durant la domination franque, plusieurs fortifications croisées seront construites dont les forteresses Al-Wu'ayrah et Al-Habis.

La ville reste entre les mains des Francs jusqu'en 1187, année où Saladin les repousse lors de la bataille de Hattin et à Al-Karak et prend possession de la région.

Un pèlerin allemand nommé Thetmar révèle être passé près de Pétra en 1217 et le sultan Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari traverse la ville en 1276[6],[37].

Période moderne (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Pétra est révélée au monde occidental en 1812 par Jean Louis Burckhardt, un voyageur suisse déguisé en Arabe, qui se fait appeler Cheikh Ibrahim. Il suivit la route reliant Damas à l'Égypte et qui passait par la Jordanie. Il a entendu dire qu'à proximité du village de Wadi Moussa se trouvait, au milieu d'une forteresse naturelle, des vestiges extraordinaires. Dans cette région qui appartenait alors à l'Empire ottoman, on se méfie des personnes curieuses d'antiquités considérées comme « œuvres des Infidèles » ; car à cette époque la situation politique et religieuse est tendue. Burckhardt se présente alors comme un pèlerin souhaitant sacrifier une chèvre au prophète Aaron dont le tombeau, construit au XIIIe siècle, est censé se trouver au-delà des ruines, au sommet du djebel Haroun. Accompagné par son guide, il traverse la ville antique le sans pouvoir un seul instant s'arrêter pour prendre des notes ou dessiner, mais conscient de l'importance de tels vestiges et du fait que les ruines proches de Wadi Moussa sont celles de Pétra. Enthousiaste, il répand la nouvelle parmi les Occidentaux installés en Orient et en Égypte et fera part de ses conclusions dans son livre Travels in Syria and the Holy Land qui sera édité en 1823 cinq ans après sa mort[38].

D'autres tentatives d'explorations de Pétra sont effectuées, malgré la méfiance des autochtones. C'est seulement en (soit six ans après l'expédition de Burckhardt), qu'une dizaine de personnes provenant de Jérusalem, dont William John Bankes, le drogman Giovanni Finati et les officiers de marine C. L. Irby et J. Mangles, parviennent à rester quelque temps sur place, malheureusement pas plus de deux jours, des rivalités entre chefs de tribus les obligeant à partir plus tôt que prévu[39].

À partir de 1828 commencent les premières véritables missions archéologiques. Et à partir de 1830, le site devient un lieu de visite, complément de pèlerinages religieux, et source de nombreux profits pour les chefs des tribus alentour.

Visiteurs célèbres : Burckhardt (dès 1812), Léon de Laborde (1830), David Roberts (1842-1849), Jean-Léon Gérôme (1871), Charles Doughty (1875)...

Visiteurs potentiels ou supposés, mais ayant renoncé à s'y rendre : Pierre Loti (1894).

Architecture[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Plan au sol de l'église byzantine.
I : Cour
II : Atrium
III : Baptistère
IV : Mosaïques
V : Parchemins
Grand Temple de Pétra.

À l'origine, les Nabatéens étant un peuple nomade, leurs constructions sont de simples tentes en peau de chèvre[40].

Par la suite des habitations très simples sont taillées dans la roche : dotées de façades lisses, elles sont dotées d'une porte excavée dans la partie inférieure avec une ou deux découpes en forme d'escalier. C'était une adaptation nabatéenne des tombeaux de Syrie ; étant en contact constant avec les civilisations environnantes, ils s'inspirèrent du style de plusieurs d'entre elles, en particulier d'Alexandrie[41].

Au Ier siècle démarre la construction de structures monumentales : le Deir et les tombeaux du Palais et du Corinthien. Durant le IIe siècle les bâtisseurs de la cité adoptent des détails architecturaux hellénistiques (frise, architrave, pilastre…) et créent un nouveau style de chapiteau encore aujourd'hui appelé « nabatéen ». Ils utilisent de plus en plus de structures uniquement décoratives, dont certaines inspirées de la culture autochtone : rosettes, animaux de la région ou d'ailleurs (éléphants, lions, aigles...), sculptures inspirées de la Grèce antique (dont celles de Méduse, qui transformait tout être qui la regardait en pierre), de sphinx, de griffon[42],[43] Les familles les plus riches de la ville embauchent des architectes pour créer des tombeaux comportant des façades très décorées[41]. Ils font également décorer l'intérieur de leurs demeures, le stuc y étant peint en couleurs vives[44]. Strabon dira qu'à Pétra les autorités « condamnent publiquement à une amende ceux qui diminuent leur richesse et confèrent des honneurs à ceux qui les augmentent » ; les habitants font étalage de leurs richesses en faisant construire des tombeaux et des monuments imposants[45].

Détail de colonne avec décoration en forme de tête d'éléphant

Bien que les bâtiments publics, les monuments et les tombeaux indiquent une forte influence hellénistique et d'autres civilisations, avec leurs colonnes, péristyles et autres détails étrangers, les espaces privés, où les Nabatéens dorment, mangent et travaillent, sont plutôt de style arabe. Souvent dépourvus de fenêtres, ils donnent sur de petites cours intérieures tranquilles, comme c'est encore le cas au Moyen-Orient. Les toits des habitations basses (d'un ou deux étages), sont plats et sans tuiles et tous sauf les riches, qui préféraient les mosaïques, ont des planchers dallés. Il y a souvent des bancs en pierre où s'asseoir pendant les repas, mais le reste des meubles semble avoir été en bois, car on n'en trouve pratiquement pas de traces. Les cuisines sont situées dans un bâtiment éloigné de l'habitation principale afin de minimiser le risque d'incendie, comme c'est encore le cas dans beaucoup de pays[46].

Les habitants de Pétra construisent également beaucoup de colonnes, les utilisant à l'extérieur et à l'intérieur de leurs bâtiments. À l'extérieur, elles servent à séparer les cours intérieures et d'autres structures et, à l'intérieur, à décorer et à séparer les différentes pièces[47]. Lors de l'occupation romaine, les Romains construisent une rue rectiligne, bordée de portiques à colonnes, vers le marché de la ville ; auparavant toutes les rues suivaient les contours de la vallée, la rue principale suivant le cours du Sîq[48]. La plupart des bâtiments de Pétra ne sont pas construits sur un quadrillage de voies, mais sur les terrasses naturelles le long des parois des vallées, ou creusées à même la roche. Les quartiers sont centrés sur les sources et ont pu débuter en tant que simples camps tribaux. À ez-Zantur, un quartier au-dessus de la voie romaine, on trouve des traces d'une habitation en pierre du Ier siècle av. J.-C. ; sur le même emplacement on trouve une riche villa construite au Ier siècle[49].

Les architectes planifient leurs œuvres en sculptant des plans sur la roche à des hauteurs allant jusqu’à 30 mètres[50]. Ils pouvaient construire une façade de deux manières : de haut en bas avec une seule équipe, ou avec deux équipes travaillant simultanément, une partant du haut et une autre du bas. Quand ils construisaient de haut en bas, ils utilisaient en général une plateforme taillée à même la roche ; quand une section était finie, ils détruisaient le niveau inférieur pour faire une plateforme plus basse. Les ouvriers utilisaient les fissures préexistantes dans la roche pour faciliter l'excavation ; quand ce n'était pas possible, on devait creuser un trou dans la roche et y insérer du bois, qui, une fois mouillé, gonflait et exerçait une pression intense sur la roche environnante, la brisant[51].

Aux endroits considérés comme sacrés, les Nabatéens mettent des pierres levées appelées « baétryles », littéralement « maison de dieu ». Elles servent à signaler la présence d'un dieu[52].

L'entrée du Sîq était surmontée d'une grande arche dont il ne reste aujourd'hui que des traces sur un côté du canyon à cause des ravages de l'érosion, des tremblements de terre et des crues[53]. Tout au long des murs on trouve des petites niches contenant des sculptures de dieux[54].

Une muraille, dont il ne reste que peu de traces, protégeait Pétra et sa vallée d'attaques ennemies[55].

La relative bonne conservation des monuments vient du fait que, par tradition, les habitants des villages voisins « entretenaient » la cité et ce jusqu'aux environs du XIXe siècle[28].

Panorama sur un ensemble de tombes

Principaux monuments[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Khazneh, Deir, Sîq et Qasr al-Bint.
La Khazneh
La Khazneh est le monument le plus photographié de Pétra.
La Khazneh ensoleillée.
La Khazneh à l'ombre.
Gros plan sur l'urne de la Khazneh.
Une des deux antichambres du monument.
La Khazneh vue depuis le Djebel Khubtha.
La Khazneh vue depuis le Djebel Khubtha.

On trouve autour de Pétra des tombeaux creusés à même la roche et qui présentent des façades de type hellénistique dont la célèbre Khazneh et le monastère Deir. On y trouve aussi vingt rochers appelés les « jinns », qui représentaient peut-être des dieux veillant sur la ville[8].

Le Sîq est également souvent représenté par son côté mystérieux et monumental ainsi que la suite du Khazne al-Firaun, la « voie » centrale de Pétra.

Construit au Ier siècle, un théâtre romain taillé dans la roche pouvait accueillir de 3 000 à 8 500 personnes, selon les sources[19],[56] (30° 19.5′ N 35° 26.82′ E / 30.325, 35.447 (Théâtre roman de Perta)). C'était un mélange de roche taillée et de maçonnerie ; il avait un orchestre semi-circulaire et des gradins en trois niveaux superposés en forme de lune croissante[56]. Le théâtre a été découvert en 1961 et exhumé par une équipe d'archéologues américains. Des chambres funéraires enclavées dans le massif rocheux situé derrière le théâtre avaient été mises au jour lors de sa construction.

Le Qasr al-Bint était un des principaux temples de la cité et une des rares structures construites plutôt que creusées dans la roche. Détruit par un tremblement de terre, il fut reconstruit.

Beaucoup des plus grands monuments (la Khazneh, le théâtre, le Qasr-al-Bint…) furent construits pendant le règne du roi Arétas IV (de l'an -9 à l'an 40)[48].

Pendant la domination byzantine, on construit de grandes églises fastueusement décorées de pierres venant de la Grèce, d'Égypte, et d'autres terres lointaines. On utilise souvent du marbre et du granit des anciens temples nabatéens et romains[34]. L'« Église byzantine », découverte en 1990, a été bâtie au Ve siècle, elle se trouve au nord de la rue à colonnades[31](30° 19.845′ N 35° 26.68′ E / 30.33075, 35.44467 (Théâtre roman de Perta)). À l'époque elle était décorée de mosaïques et de tesseras en verre et en pierre, parfois recouvertes de feuille d'or. Son style était plutôt gréco-romain avec des détails inspirés de Pétra et de ses environs, ses plantes et ses animaux[57]. L'église est victime d'un incendie à la fin du Ve siècle qui détruit le marbre (éparpillé en plus de 4 000 fragments retrouvés par les archéologues), et abîme plus de 140 papyri gardés dans une chambre connexe par une famille aisée[58].

Recherches archéologiques[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

L'égyptologue William John Bankes, qui parvint à rester quelques jours sur le site et à parcourir une grande partie de la ville, réussit à faire quelques croquis ; les conclusions de son voyage seront rendues publiques la même année que la sortie du livre de Burckhardt, mais les croquis resteront inédits jusqu’à la fin du XXe siècle[39].

C'est en fait les nombreux documents, gravures et dessins archéologiques des Français Léon de Laborde et Louis Maurice Adolphe Linant de Bellefonds réalisés au cours de leur mission de 1828 et compilés dans le livre Voyage de l'Arabie Pétrée (1830) qui posent les bases du mythe nabatéen et attirent l'attention du monde occidental sur les vestiges de Pétra. Les deux associés et les seize personnes qui les accompagnent campent près des ruines malgré la crainte de la peste sévissant dans le village proche de Wadi Moussa. Leurs relevés, établis en six journées de travail, permettent de dresser la première carte de la ville[59].

Plusieurs missions archéologiques suivent, notamment celles des géographes Gotthilf Heinrich von Schubert et Jules de Bertou en 1837, du spécialiste des études bibliques Edward Robinson en 1838, de l'assyriologue Austen Henry Layard en 1840 et de l'archéologue Honoré Théodoric d'Albert de Luynes en 1864. Les premières études portent sur les tombeaux plus spectaculaires que les autres vestiges[60]. Les populations locales se montrent hostiles aux recherches, ne permettant pas l'organisation de véritables fouilles[61].

Le Deir
La façade du Deir est haute de 45 m.
Une personne se trouve sur le seuil et permet de comparer la taille.
L'esplanade du Deir.
Le Deir et son esplanade.
Le Deir
Gros plan sur la façade

En 1897, les Dominicains de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem prennent des relevés des inscriptions et des monuments.

En 1907, le spécialiste du monde arabe morave Alois Musil publie dans son œuvre cartographique Arabia Petraea les résultats d'une des premières expéditions à vocation scientifique ayant entrepris de faire l'inventaire de tous les sites de l'Antiquité visibles à l'époque. Dans les années 1920, des mesures effectuées par les antiquaires Rudolf Ernst Brünnow et Alfred von Domaszewski permettent de dresser une des premières cartes précises de Pétra. Ce n'est qu'à partir de 1924 que débuteront de « vraies » missions de fouilles scientifiques[62].

Les recherches ne se limitent pas au site. Charles Montagu Doughty découvre à une certaine distance une autre ville nabatéenne, Hégra[61].

Les premières fouilles archéologiques ont lieu en 1929. D'autres suivent de 1935 à 1937 et en 1954. En 1958, le British School of Archaeology commence à fouiller le centre-ville. Depuis cette époque, des archéologues se sont constamment relayés sur le site.

À compter de 1973, le département des Antiquités de Jordanie entame une collaboration avec plusieurs universités américaines pour la conduite des fouilles[62]. Les archéologues jordaniens, français, suisses et américains font beaucoup de découvertes importantes au cours de la dernière grande campagne de fouilles qui dure de 1993 à 2002 : en 1998 un grand complexe de bassins est découvert près du Grand Temple[63], en 2000 une riche villa nabatéenne située hors du Sîq, et en 2003 des tombes taillées dans la roche en dessous de la Khazneh[64]. Le relief de la ville rendant difficile l'accès à certains endroits, et l'érosion ayant fait des dégâts, les archéologues demandèrent à un alpiniste d'escalader une paroi pour atteindre une tombe, mais il n'y trouva que des os, la tombe ayant été pillée[65]. Sur un petit plateau de l'une des falaises on trouva un lieu réservé aux cérémonies religieuses, où se déroulaient probablement des sacrifices d'animaux dont le sang devait couler sur la paroi de la falaise[66]. Sous la direction de l'autorité des Antiquités jordanienne, des scientifiques américains de l'Université Brown de Providence révélèrent les ruines du temple principal (Qasr al-Bint) dans le centre-ville ainsi que le secteur autour de la porte de Temenos. À ce jour, seul un pour cent de la surface de la cité de Pétra a fait l'objet de fouilles archéologiques.

Dans les années 2000, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) poursuivait des fouilles au Qasr al-Bint principalement financées par le ministère des Affaires étrangères français[67].

L'écriture[modifier | modifier le code]

Vidéo avec des vues panoramiques (Voir le site)

Ce sont les recherches sur les inscriptions de Pétra ou d'Hégra qui ont permis les plus grandes avancées[68]. Les rochers de Pétra sont couverts de près de 4 000 inscriptions, dont 80 % sont des signatures, principalement de pèlerins des religions pré-Islamiques y laissant trace de leur piété[69]. Les Nabatéens ayant le plus souvent écrit sur du papyrus et du cuir, qui se décomposent rapidement, il ne nous reste que les inscriptions gravées dans la pierre, à Pétra et ailleurs au Moyen-Orient, où cet alphabet fut assez courant[69]. Dès 1840, le savant E. Beer déchiffre l'alphabet, une forme particulière de l'écriture araméenne mêlée à l'arabe (elle est peut-être à l'origine du style d'écriture de cette dernière[69]), et les Français Eugène-Melchior de Vogüé puis William Henry Waddington complètent les recherches[70]. Écrit de droite à gauche, l'alphabet se composait de vingt-deux consonnes ; comme certaines langues apparentées, dont l'hébreu, les voyelles doivent être déduites par le lecteur[69]. Il semble que le style de l'écriture présente sur les rochers, ses ligatures et ses courbes, dérive de celui d'une écriture sur papyrus créée par les scribes, et que ce style fut repris lors de la gravure des inscriptions sur la roche à l'aide du marteau et du burin[69].

Les Nabatéens étaient en contact permanent avec d'autres grandes civilisations de l'époque et ils utilisaient le grec ancien et le latin pour leurs documents les plus importants[71].

Les numismates parviennent à identifier les pièces de monnaie émises pendant environ deux siècles par les Nabatéens, qui imitèrent la monnaie grecque[71], et retracent ainsi les grandes lignes de l'histoire de la royauté nabatéenne[60].

Pétra dans les arts[modifier | modifier le code]

Pétra dans les arts
Le « Deir » sur un dessin archéologique de 1839 par David Roberts
Les tombes royales vues par William Bartlett en 1845
Lithographe de Deroi, 1830
Le Khazneh vu par Frederic Edwin Church en 1874
Premier essai de Frederic Edwin Church sur le Khazneh, 1868
Gravure du Khazneh vu par Edward Finden en 1836
Une autre œuvre de David Roberts, 1839
Le Sîq et son arche vus par Lady Louisa Tenison en 1843

La société anglo-saxonne a pris connaissance de l'existence de Pétra principalement à travers les récits du religieux britannique John William Burgon qui la décrivait comme a rose-red city half as old as time (« une cité vermeille, moitié vieille comme le temps »), mais lui-même, comme nombre de ses contemporains, ne s'est jamais rendu dans la ville et il ne la connaissait que par les lithographies et peintures de l'Écossais David Roberts, qui dès 1839 les publia dans son livre Égypte, Syrie et Terre sainte[72]. En effet, jusqu'après la Première Guerre mondiale, la ville n'était accessible qu'aux Européens accompagnés de guides locaux et d'escortes armées.

En 1868, la « caravane des peintres français », composée de Gérôme, Bonnat, Paul Lenoir, le guide-interprète Mousali et le photographe Goupil, tente de dépeindre lors de son voyage dans le Sinaï, Fayoum et Pétra, les atouts culturels de la ville, mais le résultat est décevant, car pendant deux jours, des pluies torrentielles ne permettent pas de travailler[73].

Dans les années 1930, Agatha Christie situe l'intrigue de son roman policier Rendez-vous avec la mort (1937) à Pétra.

Tintin, héros de bande dessinée belge, visite Pétra dans l'album Coke en stock. Toutefois, dans cet album, le site ne se trouve pas en Jordanie, mais est transposé dans l'état imaginaire du Khemed[74].

Hollywood, à travers des films tels que Indiana Jones et la Dernière Croisade, Mortal Kombat : Destruction finale, Le Retour de la momie et Transformers 2 : La Revanche profite des décors particuliers de Pétra[75].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

La ville basse de Pétra

Le tourisme ne s'est développé à Pétra qu'après la Première Guerre mondiale. Auparavant, la ville n'était accessible qu'aux touristes et chercheurs accompagnés de guides locaux et d'escortes armées. Les nomades Bedul habitaient dans les ruines de Pétra jusqu'aux années 1980 ; ils sont aujourd'hui guides touristiques ou commerçants établis aux environs[76].

Pétra est le site le plus visité de Jordanie avec 310 271 visiteurs en 2004 et 393 186 en 2005. Cependant le secteur du tourisme est dépendant de la conjoncture économique et de la stabilité politique de la région : ainsi en 2003, lors de la guerre en Irak, il y eut seulement 160 658 visiteurs à Pétra et la Jordanie a vu la saison touristique 2002 et 2003 sacrifiée[77]. En comparaison, le site de Jerash, deuxième site du pays en nombre de visiteurs, reçoit 214 550 visiteurs en 2006, soit à peu près deux fois moins de visites[78].

Avant l'entrée du Sîq, un pôle touristique comprenant notamment des hôtels de luxe a été créé à la fin du XXe siècle. La capacité de l'offre des 23 hôtels répartis autour de Pétra est de 589 chambres pour 1 290 lits[78].

L'entrée au site est payante et les prix d'entrée au site sont particulièrement élevés pour un pays en développement. Ceci s'explique, car l'essentiel des touristes à Pétra est constitué d'étrangers, particulièrement en provenance d'Europe et d'Amérique du Nord[79]. Le site représente donc, avec énormément de revenus directs et indirects, un véritable poumon économique en Jordanie.

Cet afflux de devises étrangères provoque des migrations de population vers le site de Pétra et le village de Gaia qui subit un développement démographique important.

Une visite nocturne de Pétra, à la lueur de 1 800 bougies, est possible pour découvrir la ville sous un autre angle[80]. Les Bedul et autres autochtones offrent aux touristes des promenades à dos d'âne, de cheval ou de chameau[8], mais cette pratique est déconseillée par les autorités du parc et par l'UNESCO parce que la poussière levée par les pas des animaux s'incruste dans les fissures et les recoins du Sîq et des ruines, les endommageant[10].

Musées[modifier | modifier le code]

Le Théâtre romain
Le Théâtre romain vu de face. Le mur de la scène a été détruit.
Le Théâtre photographié depuis la voie centrale de Pétra.
Les tombes découvertes lors de fouilles sont visibles.
Le Théâtre depuis les gradins.
Âne solitaire sur les gradins du Théâtre.

Pétra compte deux musées majeurs. Le premier, le musée archéologique de Pétra, est situé dans une ancienne grotte nabatéenne de la colline d'al-Habis. Il présente des artefacts des différentes périodes, des Édomites aux Romains. Créé en 1963, sa collection est en cours de renouvellement à la suite de l'ouverture du musée nabatéen[78]. Le second, inauguré en 1994 est le musée nabatéen de Pétra (Petra Nabataean Museum). Il permet d'avoir des informations sur l'histoire de Pétra et des Nabatéens, sur la géologie de la région et présente des fouilles sur plusieurs monuments et lieux de vie importants. De nombreux objets y sont également visibles[78].

Protection du patrimoine[modifier | modifier le code]

Le manque de protection végétale, l'extension de l'agglomération voisine et la fréquentation touristique en hausse constante (la direction du parc archéologique a déclaré avoir reçu en 2008 jusqu'à 3 600 visiteurs par jour) constituent aujourd'hui autant de menaces pour la conservation de Pétra. Par ailleurs les crues et les tremblements de terre associés à l'érosion ont déjà détruit de nombreux vestiges. Certains monuments sont retournés à l'état de sable. Les rouges, les ocres, les gris qui font la beauté des lieux sont autant de signes de leur dégradation.

Avec Qusair Amra et Um er-Rasas, Pétra est un des trois sites jordaniens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette inscription date du , en même temps que le Qusair Amra. Elle a permis de centraliser et de coordonner l'effort du gouvernement jordanien et des organismes locaux afin de mieux collaborer[10]. Le Petra Region Planning Council (PRPC), en particulier, coordonne l'action des différents ministères. Le Petra National Trust (PNT) gère quant à lui la protection contre les crues qui ont posé et posent encore de nombreux problèmes.

Depuis 1991, l'UNESCO aide financièrement la Jordanie dans les travaux de restaurations de Pétra[10]. Le traitement des roches, destiné notamment à diminuer leur porosité par électrophorèse, par Électricité de France (EDF) et Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) permettrait de préserver en l'état les vestiges nabatéens[81],[82],[10]. L'Institut géographique national (IGN) a aussi participé à des missions de restauration, notamment sur le Qasr al-Bint[10].

Certaines tentatives sont même faites avec des pierres artificielles pour éviter que les touristes trouvent la ville dans un état de plus en plus déplorable[83].

Depuis 1993, le site et la zone autour constituent un parc national archéologique[10]. Cela devait permettre de maîtriser le flux touristique et de mieux protéger les vestiges de Pétra, très importants dans le patrimoine jordanien et mondial. Cependant aucune décision de limiter le nombre de visiteurs, qui semble indispensable pour assurer la sauvegarde du site, n'a jusqu'à présent été adoptée.

Depuis 1997, Pétra a figuré quatre fois sur la liste des 100 sites les plus menacés de l'ONG World Monuments Fund.

Divers[modifier | modifier le code]

Chaque année depuis 2005 est organisé le Forum de Pétra qui, à l'initiative des fondations du roi Abdallah II de Jordanie et de celle du prix Nobel de la paix 2005 Elie Wiesel, réunit des prix Nobel de toutes disciplines et d'autres personnalités mondiales dans le but de promouvoir la paix, particulièrement au Moyen-Orient[84].

Le , Pétra a été désigné comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde par un organisme non officiel et à caractère commercial (New Open World Corporation).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les vestiges, les monuments et la géologie rendent unique le site de Pétra.

Récits de voyageurs[modifier | modifier le code]

  • (en) John Lewis Burckhardt, Travels in Syria and the Holy Land, Londres, Murray,‎ 1822 (lire en ligne)
  • (fr) Léon de Laborde, Voyage de l'Arabie Pétrée, par Léon de Laborde et Linant, Paris, Giard,‎ 1830
  • (en) (fr) David Roberts, Carnets de voyage, Égypte, Terre Sainte, Paris, Anthèse,‎ 1839 (réimpr. 1889)
  • (en) Edward Robinson, Biblical Researches in Palestine and the Adjacent Regions, Londres, Murray,‎ 1856 (réimpr. 1867)
  • (fr) Honoré Théodoric d'Albert de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, à Pétra et sur la rive gauche du Jourdain, Paris, Arthus-Bertrand,‎ 1871-1876

Ouvrages archéologiques[modifier | modifier le code]

Classiques[modifier | modifier le code]
  • (de) Rudolf Ernst Brünnow et Alfred von Domaszewski, Die Provincia Arabia, Strasbourg, K. J. Trübner,‎ 1904-1909
  • (de) Alois Musil, Arabia Petrae, Vienne, Edom,‎ 1907
  • (de) Gustaf Dalman, Petra und seine Felsheiligtümer, Leipzig,‎ 1908
  • (fr) Antonin Jaussen et Raphaël Savignac, Mission archéologique en Arabie, Paris,‎ 1909-1914
  • (de) Theodor Wiegand, Wissenschaftliche Veröffentlichungen des Deutsch-Türkischen Denkmalschutz-Kommandos, Berlin,‎ 1921
  • (en) Sir Alexander B.W. Kennedy, Petra, its History and Monuments, Londres,‎ 1925
  • (fr) A. Kammerer, Pétra et la Nabatène, Paris, Geuthner,‎ 1929-1930
  • (fr) Jean Cantineau, Le Nabatéen, Paris,‎ 1930-1932
Plus récents[modifier | modifier le code]
  • (en) Judith McKenzie, The Architecture of Petra, Oxford, Oxford University Press,‎ 1991 (réimpr. 1995, 2005) (ISBN 1-84217-164-X)
  • (fr) Maurice Sartre, Inscriptions en Jordanie, IV, Pétra et la Nabatène méridionale, Paris, Geuthner,‎ 1993
  • (fr) Laurent Tholbecq, Les Sanctuaires des Nabatéens, Lyon, Topoi,‎ 1997
  • (de) T. Weber, Petra, Mayence, Ph. von Zabern,‎ 1997
  • (fr) Laïla Nehmé et François Villeneuve, Pétra, métropole de l'Arabie antique, Paris, Le Seuil,‎ 1999
  • (fr) Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie »,‎ avril 1999 (réimpr. 2001, 2004, 2006), 96 p. (ISBN 2-07-053428-6)
  • (fr) Henri Stierlin, Pétra : Capitale du royaume nabatéen IIIe siècle avant - IIe siècle ap. J.-C., Actes Sud,‎ 2009, 208 p. (ISBN 978-2-7427-8471-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 114.
  2. La ville aurait été connue en Chine dès le IIe siècle av. J.-C. sous le nom de Li-kan (; pinyin: Líjiān), qui serait une translittération de Reqem - Taylor, Jane Petra and the lost kingdom of the Nabataeans ISBN 978-0-674-01755-9
  3. (en) « The Peoples of the West », de "Weilue/魏略" par Yu Huan/魚豢 - Draft English translation by John E. Hill, 2004
  4. a et b Patricia Schultz, Les 1000 lieux qu'il faut avoir vus dans sa vie, Flammarion, 2006, p. 420 et 421.
  5. François Michel, Roches et paysages, reflets de l’histoire de la Terre, Paris, Belin, Orléans, BRGM éditions, 2005, (ISBN 978-2-7011-4081-0), p. 208.
  6. a, b et c Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 119.
  7. a et b (en) « The Great Earthquake », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  8. a, b et c (en) « The Walk In », nabataea.net
  9. a, b, c, d, e, f et g (en) « Water in the Desert », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  10. a, b, c, d, e, f et g (en) « The Petra Archeological Park », nabataea.net
  11. a, b, c, d et e Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 60, 61 et 62.
  12. (en) « The Small Siq », nabataea.net
  13. Fabianis, page 178
  14. a et b (en) « Um al Beira », nabataea.net
  15. (en) [PDF] Petra Water Systems, de C.R. Ortloff, cité dans « Water Works », nabataea.net
  16. a, b, c et d Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 63, 64 et 65.
  17. a, b, c, d, e, f, g, h et i Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 118.
  18. Valeria Manferto de Fabianis et Fabio Bourbon (traduction d'Étienne Schelstraete) ; Splendeurs des civilisations perdues : Les plus beaux sites archéologiques ; Éditions Gründ, Paris, 1998 ; (ISBN 978-2-7000-2139-4).
  19. a, b, c, d, e et f Histoire et culture, fr.visitjordan.com
  20. a et b Pétra édomite, Clio la Muse, 2007
  21. (en) « Skilled at the Wheel », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  22. a, b et c (en) Jewish Virtual Library
  23. (en) « The Roads to Riches », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  24. (en) « Caravans and Commerce », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  25. (en) « City of Stone », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  26. a et b Fabianis, page 174.
  27. (en) « Icons of the Gods », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  28. a et b Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 16.
  29. a, b et c (en) « A Shift to the North », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  30. a et b (en) « Under Roman Rule », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  31. a et b Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 44.
  32. a, b et c (en) « The Byzantine Era », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  33. Anhioch. 10
  34. a, b et c (en) « Borrowed Finery », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  35. (en) « The Royal Tombs », nabataea.net
  36. (en) « Churches », nabataea.net
  37. a, b et c (en) « An Arabic Prayer », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  38. Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 12 et 13.
  39. a et b Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 13 et 14.
  40. (en) « Goatskin Tents to Grand Façade », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  41. a et b (en) « Capital Improvements », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  42. Fabianis, pages 179-180
  43. (en) « Meaningful Motifs », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  44. (en) « Daily Life », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  45. (en) « Carving a Legacy », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  46. (en) « Room with a View », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  47. (en) « Courtyards and Colonnades », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  48. a et b (en) « Prosperous Petra », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  49. (en) « Landscape and Cityscape », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  50. (en) « Big and Bold », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  51. (en) « Rock-Hewn Petra », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  52. (en) « Religion in Petra », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  53. Laborde nous laissa l'une des seules traces de cette arche sur l'un de ses croquis.
  54. (en) « The Siq », nabataea.net
  55. (en) « City Walls », nabataea.net
  56. a et b (en) « The Master Builders », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  57. (en) « A World in Mosaics », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  58. (en) « The Affluent Society », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  59. Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 14 et 19.
  60. a et b Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, pages 24 et 25.
  61. a et b Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, page 26.
  62. a et b Redécouverte de Pétra, Clio la Muse, 2007
  63. (en) Leigh-Ann Bedal, « The Petra Pool Complex »
  64. (en) « Petra Today », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History
  65. (en) « The Street of Facades », nabataea.net
  66. (en) « The High Place », nabataea.net
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  83. (en) Petra "saved" by artificial stone, BBC, 1998.
  84. Chirac décline une invitation du roi de Jordanie aux rencontres de Pétra, Capital.fr, .
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