Khazneh

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Khazneh
الخزنة (Khazne al-Firaun)
Al Khazneh Petra edit 2.jpg

La Khazneh ou Khasné

Présentation
Matériau
Construction
Destination initiale
Tombeau
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Ville
Localisation
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : Jordanie (administrative)

(Voir situation sur carte : Jordanie (administrative))
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La Khazneh (de l'arabe الخزنة Khazne al-Firaun, « trésor du Pharaon ») ou Khasné, est l'un des bâtiments les plus connus[1] de la cité antique de Pétra en Jordanie. Ce bâtiment, dont l'imposante façade est taillée dans le grès[1], est un haut lieu touristique dans la ville et sa région.

Historique et description[modifier | modifier le code]

Le bâtiment, de 40 mètres de haut sur 29 mètres de large, au style influencé par l'art architectural d'Alexandrie et que l'on retrouve sur les murs des villas de Pompéi, aurait été érigé vers le Ier siècle av. J.-C.[1],[2] et serait le tombeau d'un roi ou d'une reine[1], probablement le roi Arétas IV (mort en 40)[3].

Elle s'appelle « le trésor du Pharaon » car pendant longtemps les Bédouins qui ont vécu dans le secteur ont cru que l'urne funéraire située en haut du bâtiment contenait un important trésor. Des impacts de balles sont encore visibles sur l'urne massive de 3,5 mètres de hauteur, montrant les tentatives de la percer afin de s'emparer du trésor. Mais comme l'urne non creuse et toute la façade l'entourant est taillée complètement dans le grès rose ferrugineux, ces tentatives sont restées stériles.

Le registre inférieur de la façade est composé de six colonnes à chapiteaux corinthiens qui encadrent la porte centrale et qui soutiennent un fronton triangulaire arborant une tête de Gorgone (martelée par les iconoclastes très présents en Jordanie) et se terminant par deux lions, un de chaque côté. La sculpture couronnant ce fronton représente un disque solaire entouré de deux cornes et d’épis de blé. Les panneaux des entrecolonnements situés à chaque extrémité sont décorés de reliefs représentant deux personnages à pied conduisant un cheval, que les spécialistes ont identifié aux Dioscures (abîmés par l'érosion et les balles), les « jeunes garçons de Zeus » chargés dans la mythologie grecque de conduire l’âme des héros dans les Champs Elysées. Des acrotères en forme de sépale (« a coppo »), enrichis de palmettes, surmontent l'architrave de la porte principale et, à ses deux extrémités, le fronton. À mi-niveau, la frise est ornée de motifs végétaux en rinceaux[4].
Le registre supérieur comporte au centre une tholos entourée sur trois côtés par des panneaux formant un péristyle. Les portiques qui encadrent cette rotonde sont des pavillons distyles eux aussi ornés de reliefs. Les panneaux latéraux représentent des Amazones brandissant une hache au-dessus de leur tête (symbole du combat contre la mort) tandis que les panneaux d’entrecolonnement en renfoncement sont décorés de Victoires aillées. Chaque demi-fronton supérieur se termine aux angles de façade par des aigles en acrotère, abîmés par l'érosion. La frise est rythmée par des festons tendus entre des masques de silènes. La figure sculptée sur un piédestal du panneau central de la tholos est une représentation syncrétique assimilée à la déesse égyptienne Isis associée à la divinité grecque Tyché (ou à la divinité nabatéenne Al-‘Uzzá). Cette divinité tient dans une main une corne d'abondance et dans l’autre une patère, attributs traditionnels d’Isis-Tyché, déesse de la Fortune mais la sculpture est abîmée, martelée aussi par les iconoclastes. Les attributs de cette déesse syncrétique figurent d’ailleurs sur le fronton du registre inférieur[1].

La présence du vestibule en arrière de la façade, rare à Pétra, apparaît comme un élément très commun dans les hypogées alexandrins. Ce vestibule s’ouvre sur trois salles. La grande salle centrale fait 11 m de profondeur sur 28 m de large pour une hauteur de 10 m est sommaire mais était peut-être initialement ornée d’un décor stuqué fixé aux parois. Les trois chambres auxquelles on accède à partir de la grande salle sont également vides, aux parois nues mais ont des portes surmontées d'œils-de-bœuf qui en assurent l'éclairage. Contrairement à d'autres façades sculptées de Pétra, ces pièces n'ont pas de loculi abritant des tombeaux, ce qui suggère que la destination initiale de cet édifice était un mausolée commémoratif en l’honneur d’un roi divinisé, à moins que l’alcôve du fond contenait peut-être initialement un sarcophage, pillé et détruit ou que les trois chambres servaient de chapelles mortuaires[5]

Les petites encoches régulièrement espacées de chaque côté de la façade évoquent la marque d'échafaudages. L'entrée du « trésor » se fait, après une demi-heure de marche[1], à travers un long corridor rocheux appelé le Sîq. La splendeur de l'édifice se révèle à la lumière du matin, entre neuf et onze heures selon les saisons. On peut aussi avoir une très bonne vue du Khazneh depuis le sommet du djebel Khubtha[6].

Protection[modifier | modifier le code]

Ce monument est protégé car, depuis le 6 décembre 1985, le site de Pétra est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie »,‎ (réimpr. 2001, 2004, 2006), 96 p. (ISBN 2-07-053428-6)

Apparitions dans les films[modifier | modifier le code]

La façade a notamment été filmée dans les films Indiana Jones et la Dernière Croisade en 1989 et Transformers 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Gallimard, 1999.
  2. Cette date est toujours discutée par les experts.
  3. Guy Rachet, Dictionnaire de l'archéologie, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994, (ISBN 2-221-07904-3)
  4. Léon de Laborde, Louis Maurice Adolphe Linant de Bellefonds, Christian Augé, Pascale Linant de Bellefonds, Pétra retrouvée, Pygmalion,‎ 1994, p. 173
  5. (en) G. R. H. Wright, « The Khazneh at Petra : a Review », Annual of the Department of Antiquities of Jordan, no 6-7,‎ 1962, p. 36-44
  6. (en) « Kubtha High Place », nabataea.net

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Al Deir, « le Monastère » de Pétra, parfois confondu avec le Khazneh compte tenu de leur ressemblance.