Bédouins

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Bédouins

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Bédouin du sud de la Jordanie

Populations significatives par région
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 1 000 000[réf. nécessaire]
Drapeau de la Libye Libye[1] 910 000 (2010)[réf. nécessaire]
Jordanie Jordanie 10 336 nomades (2004)[2]
Drapeau de l'Égypte Égypte (principalement dans le Sinaï[1]) 380 000 (2007)[3]
Drapeau d’Israël Israël 170 000 (1999)[4]
Population totale environ 4 millions, dont 5 % de nomades au Moyen-Orient[1]
Autres
Langues

Dialectes arabes :  NajdiHassānīyaBedawi

Religions

majoritairement sunnite ; en minorité chiite et d'autres religions

Une femme bédouine à Jérusalem entre 1898 et 1914.
Chef de Bédouins pasteurs, vers 1880, par Félix Bonfils.

Environ 4 millions de Bédouins vivent principalement dans les désert d'Arabie et Syrie, le désert du Sinaï et le Sahara, reconnaissables par leurs dialectes arabes, culture arabe et structure sociale spécifiques[1]. De nos jours, seuls environ 5 % des Bédouins du Moyen-Orient sont des nomades vivant de l'élevage des caprins, des ovins et des camélidés[1]. Quelques Bédouins du Sinaï sont encore semi-nomades[1]. Pour certains Bédouins, il ne faut qu'appartenir à une tribu bédouine pour se revendiquer Bédouin, mais pour d'autres il faut de plus mener une vie de nomade, ce qui en exclut les sédentaires[5].

Le mot Bédu veut dire « habitant du désert » en arabe, Bédouin est le pluriel du mot, même si Bédu peut aussi être utilisé comme un pluriel[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Arabie préislamique.

Les Bédouins, et les Arabes de façon générale, se veulent descendant du personnage biblique Ismaël, fils d’Abraham.

Auda ibu Tayi, dirigeant de la tribu Howeitat, prit part à la Révolte arabe lors de la Première Guerre mondiale.

Bouleversements depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au cours du XXe siècle, la société bédouine a connu de grands bouleversements, tendant à faire disparaître ou à modifier un certain nombre de ses traditions. Ces bouleversements ont principalement été entraînés par la rencontre avec le mode de vie occidental, à partir des années 1920, lorsque la France et la Grande-Bretagne ont reçu des mandats pour gouverner les pays arabes nouvellement créés.

Parmi ces bouleversements, on peut compter l’apparition des véhicules motorisés, qui ont dans bien des cas remplacé les chameaux, l'animal de bât et de monte traditionnel, entraînant l’effondrement d’un élément majeur de l’économie bédouine.

Le découpage en pays des territoires habités par les bédouins a en outre restreint les déplacements des familles et tribus dans leurs migrations annuelles, même si ces déplacements internationaux bénéficient d’une tolérance particulière dans le cas des nomades bédouins.

L’enrôlement d’un grand nombre de Bédouins dans des armées nationales a quant à lui considérablement freiné les affrontements intertribaux, une armée régulière ne sachant tolérer que ses soldats s’affrontent entre eux, ni qu’ils attaquent des soldats d’une autre armée sans en avoir reçu l’ordre.

Les Bédouins, qui autrefois traversaient les déserts de la péninsule d'Arabie ou la Palestine sans se soucier des frontières, représentent en Syrie un peu moins de 1 % de la population. Le gouvernement a sédentarisé depuis des années ces nomades impénitents. Pasteurs pour la plupart, les Bédouins continuent néanmoins à voyager avec chevaux et chameaux.

En Israël, le gouvernement tente de sédentariser ces populations présentes dans le Néguev et en Galilée, qui servent dans l'armée israélienne, souvent en tant que gardes-frontières, à la différence des autres Arabes israéliens qui le plus souvent n'effectuent pas le service militaire. Malgré tout cela, les Bédouins restent peu intégrés à la société israélienne[6] et ont beaucoup de mal à y être acceptés pleinement[7],[8].

« L'espace culturel des Bedu de Petra et Wadi Rum » a été proclamé en 2005, puis inscrit en 2008 par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité[9].

Traditions[modifier | modifier le code]

Famille et tribu[modifier | modifier le code]

La société bédouine s’organise sur les liens du sang. La famille, c'est-à-dire, un individu, ses parents, ses frères et sœurs, son époux/épouse, ses enfants, est un premier niveau de liens. Puis vient une notion de famille plus élargie, oncles, cousins, etc., au delà de laquelle apparaît celle du clan ; et enfin la notion de tribu avec d’éventuelles ramifications, voire de confédération de tribus. Le regard de ces différents groupes a une influence fondamentale sur les comportements individuels. Les honneurs et déshonneurs d’un individu sont partagés par sa famille ou sa tribu, pouvant entraîner de grandes célébrations, ou d’impitoyables représailles.

La taille des tribus varie énormément, de quelques milliers d’individus à plusieurs centaines de milliers. Il peut arriver que de grandes et riches familles constituent de nouvelles tribus, ou encore que des tribus en crise (économique, démographique, etc.) intègrent des groupes plus stables. Chaque clan, tribu, ou confédération reconnaît l’autorité d’un cheikh. Celui-ci n’est pas un chef, mais plutôt un sage, dont les avis bénéficient d’une grande légitimité.

Élevage[modifier | modifier le code]

L’activité agricole bédouine est essentiellement pastorale. Les principaux animaux élevés sont le mouton, la chèvre et le chameau.

Chameaux[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, les dromadaires sont les principaux animaux élevés par les bédouins. Leurs particularités physiologiques, excellente adaptation aux milieux désertiques, les rendent particulièrement appréciables pour les Bédouins, qui les élèvent avec beaucoup de soins.

Les chameaux sont utilisés comme animaux de monte ou de bât. Les Bédouins en tirent également des ressources telles que le lait ou la viande des petits, ce qui donne une plus grande valeur aux femelles, ou encore la laine.

Le chameau est l’animal le plus prestigieux du cheptel bédouin. C'est pourquoi les éleveurs portent généralement une grande attention à leurs chameaux et nomment chacun d’entre eux.

Avec l’importation des moyens de transports modernes par les Européens à l’issue de la Première Guerre mondiale, le chameau a perdu une grande partie de sa valeur, et un pan de l’économie bédouine s’est écroulé. Il s’agit d’un des facteurs de l’abandon progressif du mode de vie traditionnel bédouin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]