Archéologie biblique

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L'archéologie biblique était une activité d'archéologie consistant en l'étude du passé de la Terre sainte (actuels Palestine, Israël, Liban, Syrie, Jordanie), et plus généralement de tous les territoires concernés par la Bible (Égypte, Mésopotamie), au travers de la lecture de la Bible.

Historique[modifier | modifier le code]

Très ancienne, elle a trouvé un regain d'intérêt comme discipline dans les années 1930 sous l'impulsion de William Foxwell Albright, et elle a vu ensuite naître quantité d'explorateurs, dont Yigaël Yadin dans les années 1950, ou Benjamin Mazar, qui arpentaient la Terre sainte à la recherche des divers lieux mentionnés dans la Bible.

L'archéologie biblique n'est plus considérée, par la plupart des archéologues actuels, comme une activité scientifique. La raison en est que cette recherche est préorientée par ce qui est écrit dans la Bible : selon ses propres fondateurs, on travaille « une pioche dans une main et la Bible dans l'autre[1] ». L'archéologie moderne est quant à elle une discipline scientifique, car l'objet de sa recherche n'y est pas préorienté.

À partir des années 1970, après de nombreux déboires[2] quant aux attributions et aux datations qui se sont révélées fausses de plus d'un siècle[3], l'archéologie biblique a cédé la place à l'archéologie tout court, pratiquée selon les méthodes scientifiques en usage dans les autres pays. Actuellement, Eilat Mazar est une des rares personnes à pratiquer encore l'archéologie biblique.

La revue Biblical Archæologist, qui accueille des publications professionnelles, a changé de nom et a été reprise, depuis 1998, sous le titre Near Eastern Archaeology. La revue Biblical Archaeology Review est une publication grand public qui vise à faire comprendre la Bible : elle n'a aucune prétention scientifique et aucune visée professionnelle.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ... as an archaeologist I cannot imagine a greater thrill than working with the Bible in one hand and a spade in the other : Yigael Yadin, Hazor : the rediscovery of a great citadel of the Bible, London et Jerusalem, Weidenfeld & Nicolson, 1975, p. 187 ; cité par Neil Asher Silberman, dans Jerusalem in Bible and archaeology: the First Temple period, dir. Andrew G. Vaughn, Ann E. Killebrew, Leiden et Boston, Brill, 2003, p. 405 et note 23 (en ligne). On trouve plusieurs variantes de cette formule dès le XIXe siècle, évoquant une mission divine, comme dans Xavier Eyma, Les trente-quatre étoiles de l'union américaine : histoire des états et des territoires, Paris et Bruxelles, 1862, t. 2, p. 151 (en ligne).
  2. C'est en prenant exemple sur ces archéologues que Heinrich Schliemann a découvert le site mythique de Troie (actuellement Hissarlik, en Turquie). Il avait alors sous la main l'Iliade et l'Odyssée d'Homère. Cependant, Schliemann fut, par la suite, accusé de s'être trompé dans la datation des objets retrouvés. En 1889, l'archéologue dut admettre son erreur. À la suite de ces affaires, Schliemann fut interdit de séjour en Turquie.
  3. Voir La Bible dévoilée et Megiddo. Les écuries de Megiddo, par exemple, tout d'abord attribuées à Salomon par les pionniers de l'archéologie biblique, puis à Achab par Yigael Yadin, sont maintenant datées de l'époque de Jéroboam II, entre -800 et -750.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]