Décapole (Proche-Orient)

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Localisation de la Décapole, en noir

La Décapole, du grec deka (dix) et polis (cité), désigne, dans l'Antiquité, dix villes principalement situées à l'est du Jourdain, qui se regroupèrent en une ligue. Probablement fondées par des colons grecs et macédoniens sous le roi séleucide Antiochos III, elles subissent à la suite de l'effondrement du royaume la rivalité de leurs voisins juifs et nabatéens. La ligue de ces villes résulte du besoin de favoriser leurs relations commerciales et de se défendre face à leurs voisins.

La conquête romaine en 63 av. J.-C. est donc perçue comme une libération par ces cités de culture grecque. La Pax Romana, puis le découpage administratif romain imposé sur la région fait progressivement perdre de son sens la ligue, qui disparaît, le terme de décapole n'étant plus utilisé au-delà du règne de Trajan.

Les Évangiles citent la Décapole à quelques reprises[1].

Les dix villes[modifier | modifier le code]

D'après Pline l'Ancien

« Près de la Judée, du côté de la Syrie, est la Décapole, ainsi nommée du nombre de ses villes[2], sur lequel tous les auteurs ne sont pas d'accord. La plupart comptent Damas, fertilisée par les dérivations du fleuve Chrysorrhoas, qui s'y absorbe ; Philadelphie, Rhaphana, toutes villes qui s'avancent vers l'Arabie ; Scythopolis, ainsi appelée des Scythes qui y furent établis, et portant auparavant le nom de Nysa à cause de Bacchus, dont la nourrice y fut ensevelie ; Gadara, au pied de laquelle coule le Hieromix ; Hippo, déjà nommée : Dion; Pella, riche en eaux ; Gerasa, Canatha. Entre ces villes et autour d'elles sont des tétrarchies, dont chacune est comme un pays et forme un royaume : la Trachonitis, la Panéade, où est Césarée[3] avec la source susnommée[4] Abila, Arca, Ampeloessa, Gabe[5]. »

  1. Damas bien plus au nord, parfois considérée comme un membre honorifique de la Décapole
  2. Philadelphia (Amman en Jordanie).
  3. Rhaphana (Capitolias, Bayt Ras en Jordanie)
  4. Scythopolis (Baysan ou Beït-Shéan en Israël), qui en serait la capitale ; c'est la seule ville à se trouver à l'ouest du Jourdain.
  5. Gadara (Umm Qeis en Jordanie)
  6. Hippos (Hippus ou Sussita)
  7. Dion (Tell al-Ashari en Syrie)
  8. Pella (Tabaqat Fahil en Jordanie)
  9. Gerasa (Jerash en Jordanie)
  10. Canatha (Qanawat en Syrie)

Les autres sources[modifier | modifier le code]

Les deux autres sources où l'on trouve une énumération des sites de la Décapole sont Ptolémée dans sa Géographie et Eusèbe dans son Onomastique où il essaie d'identifier les lieux cités dont les noms sont cités dans la Bible. Le texte de Pline est en latin ceux de Ptolémée et d'Eusèbe sont en grec. La Décapole est aussi évoquée dans les Évangiles et dans les œuvres de l'historien Flavius Josèphe. On arrive ainsi à une liste dix-huit de ou dix-neuf villes.

Nom actuel Pline l'Ancien
(En latin)
Ptolémée
(En grec)
Eusèbe
(En grec)
Remarques
Français Local
Damas دمشق الشام dimašq aš-šām Damascus Δαμασκός
Amman عمان ʿamān Philadelphia Φιλαδελφεία
Bayt Ras بيت راس bayt rās Rhaphana Καπιτωλιάς dans l'hypothèse où Rhaphana = Capitolias
Beït Shéan בית שאן bet šeān Scythopolis Σκυθόπολις
بيسان baysān
Umm Qeis أم قيس ʾumm qays Gadara Γάδαρα Γάδαρα
Hippos סוסיתא sussita Hippon Ἵππος Ἵππος
قلعة الحصن qalaʿa al-ḥuṣun
Tabaqat Fahil طبقة فحل ṭabaqa faḥil Pella Πέλλα Πέλλα
Jerash جرش jaraš Gerasa Γέρασα
Qanawat كاناثا kānāṯā Canatha Κάναθα
Tell al-Ashari Dion Δῖον Dium en latin
Baalbek بعلبك bʿalbak Ἡλίου πόλις Héliopolis en latin
Quwayliba قويلبة quwayliba (Abila) Ἄβιδα Abila est citée par Pline mais n'est pas dans sa liste de la Décapole
Ἄβιλα ἐπικληθεῖσα Λυσανίου Abila Lysanias en latin
Σάανα Saana
Ἴνα Ina (Hina) en latin
Σαμουλίς Samulis
Ἄδρα Adra (Edrei)
As-Salt السلط as-salṭ Γαδώρα (Γάδαρα)[6] Gadora

Identification des sites archéologiques[modifier | modifier le code]

Certaines sources font état d'un plus grand nombre de cités affiliées à la Décapole, comme par exemple Abila (Quwayliba) en Jordanie.

Certaines identifications restent incertaines comme Dion et Rhaphana :

  • Rhaphana
    • Capitolias (Bayt Ras)
    • Abila (Quwayliba)[7], en contradiction avec Pline l'Ancien qui fait d'Abila et de Rhaphana deux villes distinctes.
  • Dion
    • Tell al-Ashari[8]
    • Capitolias (Adun, Bayt Ras)[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple : Mt 4. 25; Mc 5. 20; Mc 7. 31
  2. Le texte latin comporte le mot oppidorum (oppidum) qui désigne des places fortes.
  3. Il s'agit de Césarée de Philippe, actuellement Baniyas dans le Golan près du mont Hermon près de l'une des sources du Jourdain.
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre V, §XV. (XV)
  5. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre V, §XVI. (XVIII) (fr) (la)
  6. Citée par Flavius Josèphe, elle est situe en Pérée et nommée Γάδαρα (Gadara) Guerre des Juifs, IV, vii, 3
  7. Par exemple : en:Raphana; de:Abila
  8. Par exemple : www.cliolamuse.com, La décapole
  9. Par exemple : de:Dion (Palästina) et en:Dion, Palestine

Lien externe[modifier | modifier le code]

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