Arabie (province romaine)

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30° 04′ N 35° 21′ E / 30.07, 35.35 ()

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La province romaine d'Arabie Pétrée

La province romaine d'Arabie ou Arabie pétrée est créée en 106 par la conquête du royaume Nabatéen (dont la capitale est Pétra) qui fut un des derniers royaumes du Moyen-Orient sous protectorat romain. Débouché des caravanes venues du Sud arabique ou du golfe Persique, il occupait une région importante pour les liaisons stratégiques des Romains entre l’Égypte d’une part, la Judée et la Syrie d’autre part. La province d'Arabie malgré sa création tardive fut bien intégrée à l'empire et sa région a gardé des traces archéologiques importantes de la présence romaine.

Conquête[modifier | modifier le code]

En 106, A. Cornelius Palma, légat de Syrie, occupe ce royaume sans difficulté, et en fait une province impériale nommée Arabia, gouvernée par un légat propréteur, installé au nord de la nouvelle province à Bostra (Bosra). La IIIe légion Cyrénaïque venue d’Égypte y est transférée. De là, elle couvre l’Égypte et la Judée des éventuelles attaques venues de l’Est, et prépare le projet de Trajan de guerre contre les Parthes. En temps de paix, elle contrôle la grande route commerciale de Damas à Pétra, qui se dirige ensuite vers Aela (Aqaba) et la mer Rouge, l’Égypte et Alexandrie ou le golfe Persique par le désert.

Toutefois la prospérité de Pétra diminue après son annexion et l’ouverture de nouvelles routes commerciales partant de Palmyre ou d’Alexandrie.

Histoire de la province[modifier | modifier le code]

Sous les derniers Antonins, Marc Aurèle et Commode, la garnison militaire de la province est présente jusqu'aux limites de l'Arabie déserte, au plus près des routes menant vers l'Arabie heureuse, notamment à Dumatha.

Au début du règne de Septime Sévère, l'Arabie est étendue vers le nord, aux dépens de la province de Syrie. Le christianisme s'implante à Bostra, la capitale, et vers 213-214 le gouverneur Furnius Julianus doit faire appel à l'évêque d'Alexandrie (qui lui envoie le jeune Origène) pour apaiser un conflit qui divisait les chrétiens de la province.

Un notable de l’ordre équestre originaire de la région de Bosra réussit une ascension exceptionnelle : M. Julius Philippus, ou Philippe l'Arabe participe en 241 à la campagne contre les Perses, et il remplace en 243 le défunt Timésithée comme préfet du prétoire et tuteur du jeune empereur Gordien III. En 244, les soldats éliminent Gordien III et proclament empereur Philippe. Il règne de 244 à 249 (c'est lui notamment qui célèbre le millième anniversaire de Rome, en 248).

Découpage de l'Arabie romaine suite aux réformes de la tétrarchie

Au cours du IVe siècle, les réformes de la tétrarchie fractionnent l'Arabie romaine en provinces plus petites et séparent les pouvoirs militaires et civils dans les provinces, à l’exception de l’Arabie Pétrée, gouvernée par un dux et praeses, ce qui témoigne des risques d’insécurité et de menaces extérieures contre cette province.

Lorsque le christianisme s’impose dans l’Empire romain, les lieux bibliques mythiques de la province d’Arabie voient l’édification de lieux de culte, tels que le monastère de Siyagah au mont Nébo, et de nombreuses églises. Les remarquables décorations de mosaïques trouvées par les archéologues dans ces églises permettent de caractériser une école de mosaïstes dite de Madaba.

Au VIe siècle, Justinien Ier dégarnit la province de ses troupes permanentes, et confie sa défense aux Ghassanides, Arabes chrétiens.

Le grand conflit entre les Byzantins et les Perses touche la province d’Arabie, passage pour la conquête perse de l’Égypte en 619. Après la victoire définitive des Byzantins sur les Perses en 628, la province est réintégrée dans l’Empire, pour peu de temps : les musulmans mettent fin à la domination romaine, en s’emparant de Jérusalem en 638 puis d’Alexandrie en 642.

Au VIIIe siècle, de très violents tremblements de terre et des épidémies achèvent la ruine de la civilisation urbaine gréco-romaine de l'Arabie Pétrée.

Sites archéologiques[modifier | modifier le code]

Petra

Deux villes constituent des sites majeurs de Jordanie :

D'impressionnants vestiges antiques peuvent être visités tant en Syrie du sud qu'en Jordanie :

Les cinq siècles de présence impériale ont laissé d’autres vestiges remarquables :

  • Le limes Arabicus est bien représenté par les ruines des forteresses de Qasr Azraq, Qasr Bshir, ou le camp légionnaire de Lejjun.
  • l’église de Madaba et sa mosaïque représentant une carte de la Palestine gréco-romaine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]