Météorisation (géologie)

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Gélifraction d'un galet de basalte après cinq années d'exposition à la météorisation, Solheimajökull, Islande
Météorisation par les sels sur le littoral corse, Campomoro-Senetosa

En géomorphologie, la météorisation est l’ensemble des processus mécaniques, physico-chimiques ou biologiques de réduction élémentaire des roches et des minéraux à la surface de la Terre ; ils constituent la réponse des minéraux d’une roche pour trouver un équilibre s’ajustant avec les conditions d’eau et d’air à la surface terrestre. La météorisation se divise donc en trois grandes catégories de processus :

Mécaniques
Ces processus entraînent un débitage ou une désagrégation de la roche en matériaux de taille plus réduite, mais sans changement appréciable dans la composition chimique ou minéralogique ; suivant Roger Coque[1], on y regroupe les fragmentations d’origine thermique (la gélifraction sensu lato et la thermoclastie) et les fragmentations d’origine hydrique (haloclastie et hydroclastie), les auteurs anglo-saxons y ajoutant les phénomènes de détente (exfoliation).
Physico-chimique
Dit aussi processus d’altération, ils provoquent une transformation de la roche saine en produits secondaires, c’est-à-dire une modification irréversible des propriétés physiques et chimiques des roches et minéraux. Le principal agent de météorisation physico-chimique est l’eau atmosphérique qui agit à la fois comme un réactif chimique, comme un vecteur de transmission d’autres réactifs (le transport de dioxyde de carbone par exemple), et comme un agent d’évacuation des produits libérés par la météorisation (solutés). Certains auteurs, souvent géologues, restreignent la météorisation à cette seule altération physico-chimique des roches : la météorisation est alors un processus supergène (de surface et d’origine externe) par lequel les minéraux primaires, d’origine magmatique, métamorphique ou sédimentaire, rendus instables dans la partie supérieure de la croûte, sont détruits et remplacés par des minéraux secondaires plus stables et généralement associés avec une nouvelle porosité.
Actions biologiques
Qu’elles soient mécaniques (fragmentation par l’action disjonctante des racines des arbres, par les forces tractrices exercées par les rhizines des lichens, par la pression exercée par l’augmentation de la biomasse des colonies fongiques occupant les fissures des minéraux ou, autre exemple, désagrégation granulaire par la radula des mollusques), ou qu’elles soient biochimiques par le biais de la respiration (libération de CO2) ou des sécrétions enzymatiques des micro-organismes. On parle de biométéorisation pour cette dernière catégorie de processus.

La météorisation, dans son ensemble, est donc une combinaison de phénomènes de destruction et de synthèse[2]. La météorisation des surfaces rocheuses se traduit souvent par un changement de couleur ou une décoloration superficielle de la roche. Cette enveloppe est appelée "cortex de météorisation" et elle peut servir à dater la durée d'exposition d'une roche où l'âge d'un dépôt (corticométrie).

Ce terme est la traduction de l'anglais weathering et de l'allemand Verwitterung, il a été proposé par Jean Tricart et André Cailleux en 1955 sur le modèle du terme portugais meteorização [3]. Les phénomènes biologiques avaient été exclus de la définition originelle proposée par ces auteurs, considérant qu'ils ressortaient plutôt du domaine de la pédologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. COQUE, Roger, 1993, Géomorphologie, Armand Colin
  2. ETIENNE, Samuel, 2001, Les processus de météorisation des surfaces volcaniques en Islande, approche épistémologique de la géomorphologie des milieux froids. Thèse nouveau régime, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 477 p.
  3. TRICART Jean et CAILLEUX André, 1955. Cours de géomorphologie. Introduction à la géomorphologie climatique. CDU, Paris, p.44

Articles connexes[modifier | modifier le code]