Drogman

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Dictionnaire chinois-russe, publié à Pékin, 1888

Drogman est le terme utilisé en Orient pour désigner un interprète. Ce mot, utilisé entre les XIIe et XXe siècles, vient de l'arabe tourdjoumân (ترجمان, traducteur) qui a aussi donné en français « truchement ».

Il désigne à la fois les interprètes au service des européens chargés des relations avec le moyen-orient et les fonctionnaires au service de l'administration ottomane, souvent d'origine grecque. Il en existait plusieurs classes, assumant toujours des fonctions de traduction, mais parfois aussi de guide et d'intermédiaire.

Drogmans au service des occidentaux[modifier | modifier le code]

Cette fonction a son origine historique dans les croisades et les besoins des États latins de Palestine[1].

Au service des puissances occidentales, ils accompagnaient les diplomates et les négociants dans leurs relations avec les Orientaux. Ils résidaient auprès de l'ambassade ou dans les consulats.

Certaines familles ont monopolisé à Constantinople et dans les échelles du Levant les postes de drogmans. Elles ont constitué de véritables dynasties de jeunes de langues, de drogmans et de diplomates, tels les Chabert, Amico, Crutta, Dantan, Deval, Fleurat, Fonton, Fornetti, Pisani, Roboly, Salvago, Tarsia, Testa, Timoni, Wiet.

Drogmans au service de l'empire ottoman[modifier | modifier le code]

Ces fonctionnaires étaient recrutés au sein de la communauté phanariote.

Grand drogman[modifier | modifier le code]

Le fonctionnaire chargé des relations diplomatique ottomanes à Constantinople était appelé « drogman de la Porte » ou « Grand drogman » ou « drogman du Divan ». La fonction fut créée en 1669 afin de remplacer les différents traducteurs utilisés jusqu'alors par un interprète unique, qui occupa ainsi une position privilégiée en tant qu'intermédiaire entre le gouvernement et les puissances occidentales. Le premier Grand dragoman fut Panaghiotis Nikoussios.

Drogman de la Flotte[modifier | modifier le code]

Le titulaire était un collaborateur de l'amiral de la flotte ottomane, le capitan pacha, auquel étaient attribués les revenus de la plupart des îles de l'Égée. Il jouait donc un rôle d'intermédiaire entre le capitan pacha et la flotte (en grande partie composée de Grecs), mais aussi entre celui-ci et ses administrés, et pouvait gérer la levée des impôts. La revente des postes administratifs dépendant de la Flotte (gouvernance des îles par exemple) et les profits liés à cette position privilégiée rendaient la charge très lucrative.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Giacomo Devoto, Gian Carlo Oli, art. « dragomanno », Nuovo vocabolario illustrato della lingua italiana, Le Monnier, 1987, (ISBN 88-7045-081-3).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie de Testa & Antoine Gautier, Drogmans et diplomates européens auprès de la Porte ottomane, éditions ISIS, Istanbul, 2003.

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