Apothéose

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Le terme d'apothéose (en grec ancien ἀποθέωσις / apothéosis) renvoie au thème de la divinité et reçoit deux acceptions principales : l'une liée à la civilisation romaine, et l'autre, son prolongement, dans le domaine de l'histoire de l'art.

Apothéose antique[modifier | modifier le code]

Dans la Rome antique, cette notion fut développée vers 54 av. J.-C. par Cicéron dans le dernier livre du De Republica, dans lequel il affirmait que les hommes comme Scipion l'Africain qui avaient rendu les plus grands services à l'État romain méritaient de rejoindre après leur mort le séjour des dieux[1]. Dix ans plus tard, les partisans de Jules César reprirent l'idée après son assassinat et le firent diviniser.

L'apothéose (ou consecratio) était accordée sur décision du Sénat, semble-t-il par la formule inter divos relatus est, rapportée par l'historien Eutrope[2]. Le rite funéraire associé, le plus honorifique de la religion romaine, élevait le défunt au rang des dieux. Il se marquait par le lâcher d'un aigle depuis le bûcher funéraire, qui accompagnait l'âme du défunt vers le séjour céleste des dieux. Le défunt recevait alors le qualificatif de divus (divin), rappelé dans toutes les citations officielles. Des monnaies dites monnaies de consécration commémoraient l'événement et montraient le profil de l'empereur défunt avec la mention DIVUS.

Au contraire de l'apothéose, le Sénat prononçait la « damnatio memoriae » pour les empereurs détestés par les sénateurs.

Liste des souverains divinisés[modifier | modifier le code]

Jules César fut le premier à recevoir l'apothéose, sur décision du Sénat romain. Le Sénat décida l'apothéose pour la plupart de ses successeurs, y compris pour Constantin Ier et Constance II.

Les souverains de cette liste partielle ont régné avant l'année 336, date de la conversion non officielle de Constantin Ier au christianisme :

Thème artistique[modifier | modifier le code]

L'apothéose en histoire de l'art désigne un thème iconographique (utilisé dans la sculpture autant que dans la peinture) visant à représenter la réception d'un personnage principal parmi les dieux, au domaine des cieux ou avec le panthéon de sa civilisation.

Le tondo du Palazzo Vecchio de Florence, au centre du plafond de la salle d'apparat

C'est la glorification suprême pour le sujet du tableau. Mise en scène orchestrée du pouvoir, le Palazzo Vecchio de Florence présente une impressionnante apothéose de son souverain, le Grand Duc de Médicis, dans la salle des Cinq-Cents, parmi le plafond à caissons ; le tondo central le représente en majesté avec tous les blasons des cités conquises, et les palets d'héraldique de la famille Médicis ; un ange lui porte son sceptre, et un autre lui place une couronne au-dessus de la tête.

Le visiteur doit lever la tête au ciel pour voir cette peinture plus de huit mètres au-dessus de lui : c'est l'apothéose.

Les Sforza, rendus maîtres de Milan aux dépens des Visconti, voulurent également inscrire leur majesté avec une statue équestre rappelant la geste d'Alexandre le Grand ; ils firent appel à Léonard de Vinci, qui mit la statue sur plans. Cette dernière ne fut par contre jamais fondue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cicéron, De Republica, VI
  2. Eutrope, VII, 10, 5 pour Auguste, 13, 5 pour Claude, etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]