Quartz (minéral)

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Quartz
Catégorie IX : silicates[1]
Quartz - Mine de La Gardette, Le Bourg-d'Oisans, Isère France (13×13cm).

Quartz - Mine de La Gardette, Le Bourg-d'Oisans, Isère France (13×13cm).
Général
Numéro CAS 14808-60-7 (α)
99439-28-8 (β)
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute O2SiSiO2
Identification
Masse formulaire[2] 60,0843 ± 0,0009 uma
O 53,26 %, Si 46,74 %,
Couleur variée : incolore, blanc (le plus souvent), gris, jaune, violet, rose, brun, noir, verdâtre, bleuâtre, rouge, vert
Classe cristalline et groupe d'espace trigonale-trapézoédrique, P3121 ou P3221 suivant le sens de l'enroulement des hélices de tétraèdres SiO4
Système cristallin trigonal
Réseau de Bravais hexagonal
Macle cf. article
Clivage rarement observable sur [1011], [0111], [1010]
Cassure conchoïdale
Habitus prisme hexagonal terminé par deux rhomboèdres (quartz α) ou par une bipyramide hexagonale (quartz β)
Jumelage oui
Échelle de Mohs 7
Trait blanc
Éclat gras, vitreux, blanc
Propriétés optiques
Indice de réfraction no = 1,5442
ne = 1,5533
Pléochroïsme faible
Biréfringence Δ = 0,0091 ; uniaxe positif
Pouvoir rotatoire 21,73°/mm[3]
à 20 °C et à 589nm
Dispersion 2vz ~ 0-10°
Fluorescence ultraviolet en fonction des impuretés
Transparence transparent à opaque
Propriétés chimiques
Densité 2,65 constante
Température de fusion 1650 (±75) °C
Fusibilité ne fond pas mais crépite
point d'ébullition : 2 230 °C
Solubilité soluble dans HF[4]
Comportement chimique très stable, sauf dans
l'acide fluorhydrique ou
la soude très concentrée
Propriétés physiques
Coefficient de couplage électromécanique k=10 %
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le quartz est une espèce minérale du groupe des silicates, sous-groupe des tectosilicates, composé de dioxyde de silicium de formule SiO2 (silice), avec des traces de différents éléments tels que Al, Li, B, Fe, Mg, Ca, Ti, Rb, Na, OH.

Il se présente soit sous la forme de grands cristaux incolores, colorés ou fumés, soit sous la forme de cristaux microscopiques d'aspect translucide.

Constituant 12 % (en masse) de la lithosphère, le quartz est le minéral le plus commun (l'oxygène et le silicium sont respectivement les premier et deuxième constituants, par ordre d'importance, de la lithosphère) ; c'est un composant important du granite, dont il remplit les espaces résiduels, et des roches métamorphiques granitiques (gneiss, quartzite) et sédimentaires (sable, grès).

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’étymologie du mot quartz n’est pas évidente. La première hypothèse vient du mot « quaterz » ou « quaderz » qui jusqu’au XVIe siècle désigne les mauvais minerais. Une autre hypothèse est la contraction du mot allemand « gewärz » (excroissance, germe).

Le terme quartz au Moyen Âge s’appliquait à tous les cristaux. C’est Georgius Agricola qui a restreint le terme aux cristaux de roche.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • alpha-quartz, quartz-alpha, quartz α
  • azetulite, azeztulite
  • conite (Mac Culloch)[5]
  • dragonite[6]
  • konilite (variante de conite)[7]
  • lodolite (quartz à inclusion du Minas Gerais)

Nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

  • L'expression « cristal de roche » désigne le quartz hyalin.

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Variétés[modifier | modifier le code]

Cristallographie[modifier | modifier le code]

Quartz gauche (Fig.4) et droit (Fig.5).
Quartz gauche (Fig.4) et droit (Fig.5).

C'est en 1907 que le cristallographe allemand Otto Muegge (Mügge) a montré les différences qui existaient entre le quartz α, qui est le polymorphe décrit ici, et le quartz β.

La structure cristalline est hexagonale à haute température (quartz β, groupe d'espace P6421 ou P6221), trigonale à basse température (quartz α, groupe d'espace P3121 ou P3221). L'enroulement des hélices de tétraèdres SiO4 peut se faire dans les deux sens, gauche ou droit, ce qui explique les deux groupes d'espace pour chacun des polymorphes, β et α.

Les paramètres de la maille conventionnelle du quartz α sont : a = 4,9133 Å, c = 5,4053 Å (Z = 3; V = 113,00 Å3), sa densité calculée est 2,65 g/cm3.

Problème de classification[modifier | modifier le code]

Bien que la structure cristalline du quartz alpha soit décrite dans la plupart des textes français de minéralogie comme étant « hexagonale, système rhomboédrique », Massimo Nespolo, professeur de minéralogie et cristallographie, affirme que cette classification serait erronée[8]. Le quartz α en fait cristallise dans le groupe d'espace P3121 (quartz gauche) ou P3221 (quartz droit), à réseau hexagonal, comme indiqué par le symbole « P ». Le système cristallin du quartz α est donc trigonal, car le quartz α contient un axe d'ordre trois comme élément de symétrie d'ordre le plus élevé. Le terme « rhomboédrique » s'applique au réseau, mais le réseau du quartz est toujours hexagonal. D'après cet auteur, il ne faut donc pas confondre la nomenclature du « système cristallin », d'où le terme rhomboédrique est absent, avec celle du « système réticulaire », d'où le terme trigonal est absent. Dans le système réticulaire, un cristal rhomboédrique correspondra à un cristal trigonal dans le système cristallin. Cependant, un cristal qui appartient au système cristallin trigonal peut avoir un réseau soit rhomboédrique, soit hexagonal, d'où la possibilité d'appartenance aux deux systèmes réticulaires. L'article sur la structure cristalline présente une explication plus complète du problème.

Le quartz présente aussi la particularité d’être classé parmi les silicates et particulièrement dans les tectosilicates, si l’on suit la classification de Dana, mais il est également classé dans les oxydes (dioxyde de silicium) si l’on suit la classification de Strunz. Dans le présent article il a été classé volontairement dans la classe des silicates alors que Wikipédia a choisi pour la minéralogie la classification de Strunz, la silice étant en effet l'archétype des silicates. Ceci montre la difficulté qui existe parfois à la mise en place d'une classification en sciences naturelles.

Macles[modifier | modifier le code]

Le quartz se présente souvent maclé. Un grand nombre de macles du quartz est connu : les plus importantes sont résumées dans le tableau suivant.

Nom Élément de macle indice obliquité angle entre les axes c
Dauphiné ou Suisse [001] (π) 1
Brésil (1120) ou 1 1
Leydolt ou Liebisch
(macle combinée Dauphiné – Brésil)
(0001) 1
Macle à angle droit
(synthétique)
[210] (π/2) 2 5º27’ 90º
Japon ou de la Gardette (α)
/ Verespatak (β)
(1122) 2 5º27’ 84º34'
Esterel (1011) 3 5º48’ 76º26'
Sella (α) / Sardaigne (β) (1012) 3 5º48’ 115º50'
Belowda Beacon (3032) 4 4º43’ 55º24'
Breithaupt (1121) 5 4º22’ 48º54'
Wheal Coates (2131) 6 2º55’ 33º08'
Cornouailles (2021) 7 1º25’ 42º58'
Pierre-Levée (2133) 7 6º32’ 83º30'
Zinnwald --- --- --- macle monopériodique

Propriétés physiques[modifier | modifier le code]

Très dur (7 sur l'échelle de Mohs), le quartz α cristallise au-dessous de 573 °C et le quartz β entre 573 °C et 870 °C à la pression atmosphérique au niveau de la mer.

À 573 °C, le quartz α (polymorphe de basse température) se transforme en quartz β (polymorphe de haute température). C'est une transformation displacive — les déplacements relatifs des atomes y sont environ dix fois plus petits que leur distance inter-atomique — avec une augmentation de volume de l'ordre de 0,829 %. Contrairement à la phase α, la phase β n'est que très peu piézoélectrique.

À températures supérieures le quartz se transforme en tridymite et puis en cristobalite. D'autres polymorphes se forment à pressions élevées : coésite et stishovite.

Propriétés optiques[modifier | modifier le code]

Le quartz peut présenter une fluorescence en fonction des impuretés qui le composent. Il peut également présenter les phénomènes de triboluminescence[9].

Le quartz n'absorbe pas dans l'ultraviolet, on utilise donc des cuves en quartz pour mesurer l'absorbance de molécules qui absorbent dans l'UV (ADN par exemple).

Les cristaux de quartz sont biréfringents, et présentent une activité optique.

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Carte des principaux pays producteurs de quartz dans le monde

Actuellement, le quartz naturel, qui se trouve partout dans le monde (les principaux gisements se trouvent au Brésil) n'est plus guère exploité que pour servir de germe dans le processus de fabrication de quartz synthétique, cette synthèse étant industrialisée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans le nord ouest du Québec, le quartz est un des principaux indices de la présence de l'or dans sa masse. Sa couleur se présente surtout sous un blanc laiteux ou gris pale.

Croissance des minéraux[modifier | modifier le code]

Monocristal de quartz artificiel fabriqué par méthode hydrothermale (19,2×2,8cm).

Quartz synthétique[modifier | modifier le code]

La cristallogenèse se fait par procédé hydrothermal, reproduisant les conditions naturelles qui ont fait naître les cristaux de roche. Dans un cylindre rempli d'eau, on dispose un fin cristal de quartz naturel sur lequel le cristal artificiel va croître (germe) et de la silice sous une forme facilement soluble. L'ensemble est soumis à une forte pression (80 MPa) et porté à haute température (400 °C) de telle manière que la partie supérieure soit légèrement moins chaude. Il se forme dans la partie basse une solution saturée en silice. Elle est entrainée par convection vers le haut du cylindre, où elle devient sursaturée. La silice se précipite alors sous forme de quartz au contact du germe. C'est un processus très lent : plusieurs semaines peuvent être nécessaires pour obtenir un cristal de 0,5 à 1 kg. La production annuelle mondiale était environ 300 tonnes en 1980[10].

Exploitation des gisements[modifier | modifier le code]

Dans la nature, le quartz se présente rarement sous la forme de monocristaux de qualité suffisante pour l'industrie, qui utilise ses propriétés piézoélectriques (présence de macles). Les cristaux peuvent également comporter des inclusions, liquides, gazeuses — quartz aérohydres — ou solides, par exemple d'amphibole, de hornblende ou de rutile.

Le quartz est utilisé dans de nombreux domaines :

  • la réalisation de sols industriels (anti-usure) ;
  • l'épuration des eaux ;
  • le sablage industriel ;
  • matériau de décoration (parcs, allées, parkings…) ;
  • aménagement de terrains de golf (bunkers) ;
  • horlogerie ;
  • joaillerie.

Composant électronique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quartz (électronique).

Les propriétés piézoélectriques du quartz en font un élément incontournable des horloges modernes (voir fréquence propre) ; le quartz constitue un excellent résonateur, son facteur de qualité à vide dépassant souvent les 500 000. Il est utilisé soit dans les oscillateurs à grande stabilité (références de temps secondaires), soit dans les filtres de haute qualité — par exemple, en BLU (bande latérale unique).

Il existe plusieurs coupes de quartz possédant différentes propriétés : la plus répandue est la coupe AT, qui présente une bonne stabilité en température (les coupes AT sont spécifiées généralement pour que le point d'inflexion de la courbe \nu =f(T) se trouve à 25 °C) ; la coupe BT permet des fréquences de résonance assez basses (< 1 MHz) ; la coupe SC possède le meilleur facteur de qualité Q et donne donc les oscillateurs les moins bruyants.

Les quartz sont utilisés soit en mode fondamental (en dessous d'environ 30 MHz), soit en mode harmonique (overtone : jusqu'à environ 150 MHz), ce qui leur donne un facteur de qualité plus important, mais pose un problème de démarrage des oscillateurs.

Le Quartz et l'Homme[modifier | modifier le code]

Quartz mystique.

Production de feu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Techniques de production de feu.

Le quartz peut être employé, tout comme le silex, pour démarrer un feu : l'étincelle produite par la percussion d'une lame en acier permet d'enflammer un matériau combustible tel l'amadou.

Le quartz dans les croyances primitives[modifier | modifier le code]

Mircea Eliade souligne[11] que le cristal de roche (quartz hyalin) joue un rôle important dans les croyances et les pratiques magiques, ou chamanistes, de nombreux peuples primitifs (Aborigènes d'Australie, Négritos de la péninsule Malaise, Amérindiens...) Généralement considéré comme d'origine céleste, le quartz confère leur pouvoir aux chamans et medicine-men ; lors des rites d'initiation, des morceaux de quartz peuvent être introduits dans le corps du néophyte, par exemple en lui faisant boire une eau contenant des cristaux. Divers mythes font référence à des lieux surnaturels tapissés de cristaux, ou à un trône de cristal utilisé par l'Être suprême. D'autres traditions[12], [13] évoquent le pouvoir magique de voler conféré par le cristal de roche. Le quartz lui-même est parfois considéré comme de la « lumière solidifiée ». Une trace de ces croyances s'est maintenue dans certains contes traditionnels européens, évoquant une « montagne de verre » ou de cristal : voir par exemple le conte russe intitulé La Montagne de cristal et certains Contes de Grimm.

Quartz modifié - mysticisme[modifier | modifier le code]

On trouve souvent dans le commerce des pierres sous la dénomination de « quartz mystique ». Ces pierres ont une base naturelle en quartz hyalin mais elles sont entourées, à chaud, d'un fin film d'oxyde de titane qui leur donne un aspect irisé[14]. Ce traitement artificiel est également appliqué à d'autres pierres fines ou précieuses quand leur coloris est trop diaphane afin de rehausser leur coloris et leur valeur marchande. Il s'agit donc d'une dénomination purement commerciale, qui ne modifie absolument pas la nature de la pierre et ne lui attribue aucun « pouvoir ».

Croyance sur l'absorption des « ondes néfastes »

Certaines personnes utilisent des pierres de quartz (majoritairement rose ou fumé) afin de se prémunir des « mauvaises ondes électromagnétiques » émises par les équipements électroniques. Il s'agit là de spiritualisme : en effet si le quartz est lui-même légèrement opaque à certaines ondes qui le traversent, il n'« aspire » en aucun cas les rayonnements passant autour de lui et ne constitue donc pas un blindage électromagnétique.

Galerie[modifier | modifier le code]

Minéralogie[modifier | modifier le code]

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Gemmologie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) « Physical Properties », sur The Quartz Page (consulté le 14 mai 2011)
  4. (en) Metals handbook, vol. 10 : Materials characterization, ASM International,‎ 1986, 1310 p. (ISBN 0-87170-007-7), p. 344
  5. The American journal of science and arts, Volume 2, 1820, p.354
  6. Jean Victor Audouin, Dictionnaire classique d'histoire naturelle, 1824, p.613
  7. John Lee Comstock, Elements of mineralogy: adapted to the use of seminaries and private students, 1827, p.308
  8. Massimo Nespolo, « Une transition de phase « géographique » : l'étrange cas du quartz » (consulté le 10 octobre 2008)
  9. (en) Y. Le Page et G. Donnay, « Refinement of the crystal structure of low-quartz », Acta Cryst. B, vol. 32, no 8,‎ 1976, p. 2456-2459 (DOI 10.1107/S0567740876007966)
  10. (en) Holleman, Nils Wiberg et Egon Wiberg, Inorganic chemistry, Academic Press,‎ 2001, 1884 p. (ISBN 978-0-12-352651-9, résumé), chap. 2.4 (« Oxydes of silicon »), p. 855
  11. Mircea Eliade, Le chamanisme et les techniques archaïques de l’extase, Paris, Payot, 1950 ; 2e édition revue et augmentée, 1968 ; « Bibliothèque historique Payot », 1983. (ISBN 978-2-228-88596-6) (pp.58, 122-124, 269)
  12. (en) Alfred William Howitt, The native tribes of south-east Australia, Macmillan, Londres, 1904.
  13. (de) Franz Boas, Indianische Sagen von der Nord-Pacifischen Küste Amerikas, Asher & Co, Berlin, 1895.
  14. Quartz mystique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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