Collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles
| Collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles | |||
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| Commune | Nivelles | ||
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L’église collégiale Sainte-Gertrude est une église romane située dans la ville de Nivelles en Belgique. Elle fut consacrée en présence d’Henri III empereur romain germanique en 1046 et de l’évêque de Liège Wazon.
Sommaire |
Historique [modifier]
Après l’incendie de l’an 1000, la communauté religieuse fondée par sainte Gertrude rebâtit l’église actuelle ou peu s’en faut. Son caractère s’affirme dans le plan basilical à deux chœurs, mis au point par les Carolingiens s’inspirant à la fois de Rome et de Byzance. L’église a des dimensions importantes : plus de 100 m d’un chœur à l’autre, 25 m de large au vaisseau plus de 44 au transept oriental. La pointe du clocher culmine à 50 m.
Aujourd’hui, l’église est devenue paroissiale : les bâtiments conventuels ont disparu dans les bombardements allemands lors de la Campagne des 18 jours en mai 1940.
Le clocher de l’église de Nivelles était avant les destructions de la guerre surmontée d’une flèche gothique. On remplaça le clocher par une tour octogonale de style roman tardif, telle qu’elle aurait pu couronner un avant-corps avant le XIIe siècle. La querelle entre experts à ce sujet fut tranchée par la population consultée par référendum.
Abbesses et Princesse-Abbesses [modifier]
- L’abbesse sainte Gertrude y décède en 659, et git en la chapelle funéraire dédiée à saint Pierre
- La Princesse-Abbesse Ermentrude, vers l’an 1000, est la petite-fille d’Hugues Capet, roi de France
- La Princesse-Abbesse Marguerite de Haynin, est née Marie-Marguerite en 1562, fille de Jean de Haynin, chevalier, seigneur de Hainin Wambrechies et Lesquin, et d’Anne d’Ongnies, sœur d’Adrien, gouverneur de Lille. Entrée le 31 août 1594 au noble Chapitre de Nivelles comme chanoinesse, elle y est ensuite élue Abbesse séculière. Testant le 10 novembre 1623, elle décède à Nivelles le 6 décembre 1623[1].
Architecture [modifier]
Architecture extérieure [modifier]
L'église de style ottonien [modifier]
Commencée à l'époque ottonienne vers 992, l'église a été consacrée en 1046[2].
Le chevet [modifier]
L'église présente un haut chevet plat prolongé par une abside semi-circulaire qui, bien que de proportions non négligeables, semble petite en comparaison.
Le chevet plat, percé de quelques trous de boulin, présente trois petites fenêtres cintrées à sa base. Plus haut, il est percé d'un triplet composé de trois hautes fenêtres cintrées.
Le pignon du chevet plat laisse apparaître des poutres de bois en forme de ferme de charpente.
L'abside semi-circulaire, couverte d'un toit d'ardoises conique, présente une fenêtre basse, alignée sur celles du chevet plat, et une minuscule baie cintrée haut placée, presque sous la corniche.
Le transept [modifier]
La façade du croisillon sud du transept est rythmée par quatre puissants pilastres qui, prenant appui sur le soubassement, s'élancent vers le pignon. Ces pilastres, et les arcades qui les surmontent, font saillie par rapport au plan de la façade du transept et encadrent trois hautes baies en plein cintre.
Le pignon du croisillon, appelé « pignon saint Pierre », présente une remarquable ornementation sculptée du XIIe siècle[2] constituée d'un étagement de cinq niveaux d'arcades aveugles dont le fond est peint dans une couleur sang de bœuf qui tranche agréablement avec la couleur grise des moellons.
Le premier niveau de cette décoration est composée de baies flanquées de colonnettes, au fût lisse ou sculpté de motifs en zig-zag et au chapiteau en forme de dé, supportant des arcs en plein cintre à double ébrasement. La niche centrale, plus grande que les autres, abrite un bas-relief en remploi[2] représentant saint Pierre assis.
Le deuxième niveau, très différent, comporte huit paires de baies géminées à colonnettes, chapiteau en dé et arc cintré.
Le troisième niveau est orné de deux triplets de trois baies à arc en mitre, encadrant une composition centrale faite d'une paire de baies cintrées regroupées sous un arc de décharge unique.
Le quatrième niveau, quant à lui, est orné de deux paires de baies géminées et le dernier d'une seule.
À tous les niveaux, sauf le premier, les écoinçons des arcs (cintrés ou en mitre) sont ornés de petits arcs en mitre.
Le pignon du transept est également percé de nombreux trous de boulin (trous laissés par les échafaudages).
Le massif occidental de style roman tardif [modifier]
À l'ouest, l'église présente un puissant massif occidental (ou avant-corps) édifié à l'époque romane tardive (vers 1160-1170) à l'emplacement du "Westbau" de l'édifice carolingien antérieur[2].
Ce massif occidental, qui confère à la collégiale Sainte-Gertrude sa silhouette typique, est édifié en pierre de taille assemblée en appareil irrégulier et est constitué de quatre éléments :
- un massif barlong
- une abside occidentale ou « contre-abside »
- un clocher octogonal
- deux tourelles latérales
Le massif barlong [modifier]
Le massif barlong (c'est-à-dire « allongé transversalement ») présente cinq registres de hauteurs inégales, séparés par de puissants cordons de pierre.
Le registre inférieur est percé de deux porches cintrés disposés de part et d'autre de la contre-abside. Le deuxième registre est percé de deux baies tréflées tandis que le troisième niveau est aveugle. Le quatrième registre est percé de nombreuses baies géminées à colonnettes disposées sur deux niveaux, tandis que le cinquième et dernier registre présente une ornementation composée de sept groupes de trois baies.
Contrairement au fameux massif barlong auvergnat qui possède deux toits en appentis de part et d'autre de la naissance du clocher, le massif barlong de la collégiale Sainte-Gertrude est couvert d'une simple toiture en bâtière.
Le clocher octogonal [modifier]
Le massif barlong est surmonté d'un puissant clocher octogonal, reconstruit lors de la restauration menée durant les années 1970-1980 sur un projet des architectes Simon Brigode et M. Ladrière[2].
Il comporte deux registres, l'un aveugle et l'autre très orné.
Les huit faces du clocher sont délimitées par des colonnettes surmontées de chapiteaux en forme de dés.
Chacune d'elles est ornée de bandes lombardes et percée d'une paire de fenêtres géminées à colonnettes et abat-sons surmontée d'un oculus.
Le clocher est surmonté d'une courte flèche couverte d'ardoises.
La contre-abside [modifier]
La contre-abside originale fut remplacée en 1662 par un portail baroque qui fut démonté et remonté dans le parc de la Dodaine en 1972 pour céder la place à la reconstruction de la contre-abside que l'on peut voir maintenant, suite à la restauration menée durant les années 1970-1980[2].
Cette abside occidentale vient s'adosser au massif barlong pour terminer de belle façon l'église à l'ouest.
Elle présente trois registres étagés au-dessus d'un puissant soubassement en saillie et séparés l'un de l'autre par de s cordons de pierre.
Prenant appui sur le premier registre orné de bandes lombardes et de lésènes, le deuxième registre s'orne d'arcades à colonnettes qui confèrent à la contre-abside un bel élan vertical.
Le troisième et dernier registre de la contre-abside est orné d'une galerie naine composée de triplets de baies cintrées surmontés de modillons sculptés tantôt géométriques et tantôt anthropomorphes.
Les tourelles et le jacquemart [modifier]
Les derniers éléments constitutifs du massif occidental sont les deux hautes tourelles qui flanquent le massif barlong au nord et au sud.
La tourelle sud porte le fameux jacquemart appelé Jean de Nivelles, un automate en laiton doré de 2 mètres de haut qui date de 1400 environ et qui a été déplacé en 1617 de l'ancien hôtel de ville vers cette tourelle[2].
Ces tourelles comportent six niveaux séparés par des cordons de pierre : un premier niveau orné de bandes lombardes et de lésènes, quatre niveaux percés de simples meurtrières et enfin un sixième niveau dont la décoration est très semblable à celle du clocher (baies géminées à colonnettes, arcatures lombardes et modillons).
Architecture intérieure [modifier]
Claudine Ronnay-Docmans écrit dans Le Patrimoine majeur de Wallonie :
« À l’intérieur de l’église ; plus encore qu’à l’extérieur, on est saisi par l’ampleur des volumes et la rigueur des articulations orthogonales. L’axe médian s’affirme par la succession des trois arcs diaphragmes qui scandent le vaisseau ; emportant le regard au-delà des croisées de transept vers l’un ou l’autre chœur. Sous un plafond plat, le vaisseau règne entre deux files de neuf piliers reliés par de grands arcs en plein cintre. Un cordon continu court le long des murs goutteraux sous l’enfilade de deux fois quatre baies cintrées. La même ordonnance mais en réduction, caractérise les bas-côtés. Ici, le plafond initial a été remplacé, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle; par des voûtes sur nervures en pierre bleue, dont les clés sont peintes aux armes des abbesses. Le plafond de la nef se poursuit au-dessus des croisées des deux transepts, dont les bras ont été couverts de voûtes sur nervures au XVIIe siècle. Les chapelles au plan carré qui y sont greffées sont voûtées d’arêtes. [...] Ce cadre évoque irrésistiblement la splendeur des liturgies ottoniennes, telles que nous les connais sons pour l’abbaye d’Essen en Allemagne[3] »
Le mobilier de la collégiale [modifier]
On doit une partie du mobilier de la collégiale au célèbre artiste Laurent Delvaux. On peut y apercevoir notamment une chaire de vérité assez impressionnante.
Voir aussi [modifier]
- Alexandre Braun a écrit un poème sur la Collégiale dans son recueil Pages intimes de 1927.
Bibliographie [modifier]
- Isabelle Verhoeven, "Nivelles - Collégiale Sainte-Gertrude", dans Bulletin de la Commission royale des monuments, sites et fouilles, tome 18, 2004-2005, pp. 27-31.
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- [PDF] Les restaurations de la Collégiale - Icomos/Unesco Conseil International Monuments et sites. Vol 20-21-22
- Reportage photographique sur le carillon de la Collégiale
- Site web de la Paroisse Sainte-Gertrude de Nivelles
Notes [modifier]
- Sa pierre sépulcrale est représentée dans un manuscrit de la Bibliothèque Royale, série G, manuscrit 1536, planche XLI, http://fr.groups.yahoo.com/group/Famille_de_Haynin_ou_de_Hennin/
- Le Patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie 2, Brabant, Arrondissement de Nivelles, Pierre Mardaga éditeur, 1998, p.356 à 359
- Le Patrimoine majeur de Wallonie, p. 44 et 45
- Albert-François, vicomte de Clermont et de Bilsteyn, prévôt de Nivelles, chanoine de Tournai fera élever ce monument mural le représentant ainsi que son frère Ferdinand-François.