Église de Saint-Nectaire

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Église de Saint-Nectaire
Image illustrative de l'article Église de Saint-Nectaire
Présentation
Culte catholique
Type Église
Début de la construction 1146
Style dominant Art roman auvergnat
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Commune Saint-Nectaire
Coordonnées 45° 35′ 18″ N 2° 59′ 32″ E / 45.588279, 2.99235845° 35′ 18″ Nord 2° 59′ 32″ Est / 45.588279, 2.992358  

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Église de Saint-Nectaire

L'église de Saint-Nectaire, dédiée à Saint Nectaire d'Auvergne, est une église romane qui se dresse sur le Mont Cornadore à Saint-Nectaire dans le département français du Puy-de-Dôme et la région Auvergne.

Elle fait partie des cinq églises romanes de Basse-Auvergne dites « majeures », avec la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, l'église Saint-Austremoine d'Issoire, la basilique Notre-Dame d'Orcival et l'église Notre-Dame de Saint-Saturnin.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église de Saint-Nectaire fut commencée vers 1080[1] et a été édifiée principalement entre 1146 et 1178[2].

Elle est dédiée à saint Nectaire, évangélisateur de l'Auvergne qui mourut au IIIe siècle[3].

Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840[3] : elle fait partie de la première liste de monuments historiques français, la liste des monuments historiques de 1840, qui comptait 1 034 monuments.

Vers 1874 Louis-Clémentin Bruyère, architecte des Monuments Historiques, restaure les tours et le clocher de l’église[4] après leur destruction en 1794[5].

Architecture[modifier | modifier le code]

Structure du chevet[modifier | modifier le code]

L'église de Saint-Nectaire, construite en trachyte[2] (une pierre volcanique), présente un remarquable chevet roman auvergnat constitué d'un étagement de volumes de hauteur croissante :

  • deux absidioles adossées aux bras du transept
  • trois chapelles rayonnantes
  • le déambulatoire
  • le chœur
  • les bras du transept
  • le « massif barlong » (voir ci-dessous)
  • le clocher octogonal

Son chevet est donc un peu moins développé que celui de l'église Saint-Austremoine d'Issoire car elle ne possède que trois chapelles rayonnantes et pas de chapelle axiale.

La silhouette caractéristique et l'élan vertical des chevets romans auvergnats sont dus au « massif barlong », ce parallélépipède allongé transversalement qui surmonte la croisée du transept et est couronné par le clocher. L'élévation progressive des volumes est encore accentuée par les deux toits en appentis[1] du « massif barlong », qui encadrent la naissance du clocher.

Le chevet
L'étagement des volumes jusqu'au clocher
Une chapelle rayonnante

Décoration extérieure[modifier | modifier le code]

Détail de la décoration polychrome du chevet

Le chevet possède une décoration remarquable par sa polychromie.

En comparaison avec Issoire, cette décoration est cependant nettement plus sobre et la polychromie combine plutôt les tons noir, brun et beige que le noir et le blanc.

Le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes possèdent chacun une corniche largement débordante soutenue par des modillons à copeaux.

Sous la corniche du chœur se déploie une mosaïque de rosaces polychromes. Sous cette mosaïque, les fenêtres du chœur alternent avec des loges rectangulaires abritant chacune trois colonnettes.

Chacune des chapelles rayonnantes est adossée à un pignon surmonté d'un fronton triangulaire bordé d'un cordon de billettes et couronné d'une croix de pierre faisant office d'antéfixe[6].

Les arcs des fenêtres du déambulatoire et des chapelles sont ornés de claveaux polychromes et bordés d'un cordon de billettes.

Le « massif barlong », quant à lui, est très peu orné.

Façades latérales[modifier | modifier le code]

Façade méridionale, linteau en bâtière et clocher

La structure des façades latérales de la nef est en tout point semblable à ce que l'on peut observer à la basilique Notre-Dame-du-Port et à l'église Saint-Austremoine d'Issoire : les fenêtres des façades latérales de la nef, bordées d'un cordon de billettes, sont logées sous de grands arcs de raidissement[7] surmontés de triplets de baies aveugles.

La façade méridionale est percée d'un portail surmonté d'un linteau en bâtière et d'un tympan orné d'une mosaïque polychrome.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur n'est pas polychrome comme à Issoire, à l'exception des chapiteaux du rond-point et du déambulatoire.

Le chœur, voûté en cul de four, est entouré de six colonnes couronnées de chapiteaux historiés supportant des arcs surhaussés surmontés d'une deuxième série de baies, alternativement ajourées et aveugles.

Les chapiteaux du rond-point représentent les saintes femmes au tombeau, la Passion du Christ, la descente aux limbes et la Transfiguration[2].

Le chœur
Les colonnes et chapiteaux du rond-point
Le chœur

Statuaire[modifier | modifier le code]

  • Statue de Notre-Dame du Mont-Cornadore : c'est une statue en bois de Vierge à l'Enfant. La Vierge, placée sur un trône impérial, porte l'Enfant Jésus sous les traits d'un adulte (ce n'est qu'à partir du gothique qu'on Le représente en enfant). Elle reprend le modèle disparu de Clermont-Ferrand et celui d'Orcival.

La statue, hiératique, est en bois recouvert de plusieurs couches de tissus peints (marouflage). Dans son dos est placé un coffret à reliques. [8].

  • Buste de Saint-Baudime (XVe siècle). C'est une statue allant jusqu'à la taille. La main droite bénit, la main gauche tenait un objet aujourd'hui disparu. Elle est constituée de plaques de cuivre doré repoussé sur une âme de bois. Les yeux sont en ivoire avec un iris en corne. La majorité des verreries et pierres semi-précieuses ont été volées au cours du temps. [8]


Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rolf Toman, Espéraza Birgit Beyer, Angelika Gundermann, L'art roman, éditions Könemann, 1997, p.149
  2. a, b et c L'art roman dans le Puy-de-Dôme, édité par le Conseil général du Puy-de-Dôme, p.10-11
  3. a et b « Notice no PA00092376 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Saint-Nectaire, inventaire du patrimoine thermal. Association Route des Villes d'Eaux - Massif Central. Avril 2009.
  5. Saint-Nectaire - Eglise Notre-Dame du Mont Cornadore.
  6. Il faut remarquer que ces pignons sont présents à Issoire et Saint-Nectaire mais pas à Orcival
  7. Dr P. Balme, L'art roman en Auvergne, Imprimerie G. de Bussac, Clermont-Ferrand, 1957, p.13
  8. a, b et c Panneaux d'information dans l'église

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]