Langogne
| Langogne | ||
Langogne |
||
Blason |
||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Languedoc-Roussillon | |
| Département | Lozère | |
| Arrondissement | Mende | |
| Canton | Langogne (chef-lieu) |
|
| Intercommunalité | Communauté de communes du Haut Allier | |
| Maire Mandat |
Guy Malaval[1] 2008-2014 |
|
| Code postal | 48300 | |
| Code commune | 48080 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Langonais | |
| Population municipale |
3 014 hab. (2010) | |
| Densité | 96 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 886 m — Max. 1 097 m | |
| Superficie | 31,37 km2 | |
| Localisation | ||
| Liens | ||
| Site web | www.langogne.com | |
| modifier |
||
Langogne (Langònha en occitan) est une commune française, située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon, à la limite entre la Haute-Loire et l'Ardèche.
Ses habitants sont appelés les Langonais.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
Située à l'extrême nord-est de la Lozère, la ville de Langogne est cernée par une couronne de montagnes au relief atténué: la Margeride au Nord, le volcan de Bonjour au Sud-Ouest et la butte de Beauregard à l'Est avec une petite élévation aplatie au sommet appelée "Mont Milan". Elle se trouve aussi à l'orée de la vaste forêt de Mercoire d'où serpente le Langouyrou, qui lui a probablement donnée son nom. Cette rivière au parcours tumultueux parfois, s'écoule doucement en traversant Langogne puis se jette dans l'Allier qui continue sa course à la sortie de la ville. Position privilégiée, à l'abri du vent, malgré une altitude élevée (920 m), Langogne bénéficie d'une ouverture vers le Nord sur l'axe Lyon-Toulouse (la RN88), de la proximité des départements de l'Ardèche et de la Haute-Loire et aussi du grand lac de Naussac. Tournée vers le Velay, elle reste ancrée administrativement au département de la Lozère et à la Région Languedoc-Roussillon. Le bassin de vie de Langogne a depuis toujours été un espace de commerce privilégié. En effet Langogne est situé sur le chemin de la Voie Regordane ancienne route romaine, mais aussi du Chemin de Stevenson.
De nos jours, la commune est desservie par la route nationale 88 (axe Lyon-Toulouse) et par la ligne de chemin de fer des Cévennes (axe Clermont-Ferrand-Nîmes).
En 1980, la commune cède une petite partie de son territoire à la commune voisine de Naussac afin de pouvoir construire le nouveau village près du lac. Ce territoire, non contiguë, est enclavé dans la commune de Langogne.
Géologie [modifier]
À l'ère primaire (il y a 300 millions d'années), des bouleversements ont créé le "V hercynien" au milieu du Massif que l'on appelle aujourd'hui Massif central. Il s'agissait de plissements terrestres très importants : l'un du Nord-Ouest au Sud-Est, l'autre du Nord-Est au Sud-Ouest, qui ont modifié complètement le paysage et l'altitude. Langogne se trouvait vers le point de jonction de ces deux phénomènes géologiques. C'était l'époque appelée « pénéplaine » ou « post-hercyniènne ».
Au cours des âges, d'une altitude élevée, par le phénomène d'érosion (le vent et l'eau), les sommets se sont atténués et les crêtes adoucies. À l'ère secondaire, la mer arrive tout près et dépose d'immenses bancs de calcaire ou de grès (aux environs de Villefort, les Causses du Bergognon, Prévenchères...) mais elle n'arrive pas à Langogne.
À l'ère tertiaire, c'est au tour des Monts Pyrénéens et alpins de subir de vastes plissements qui poussent le Massif Central et font éclater de part en part l'écorce terrestre. Des éruptions volcaniques ont lieu alors dans la contrée : les volcans de Bonjour près de Langogne, vers Tartas en Haute-Loire et au bois du Chapelas, qui ont créé par leur lave fumante et le jaillissement de leurs cendres de vastes plaines fertiles (Barres, le Plagnal et Concoules). Cette croûte s'est étendue peu à peu sur un relief précédemment cristallin de la pénéplaine. Les eaux aussi ont subi à cette époque de profonds bouleversements suivant progressivement les modifications de relief. C'est ainsi que l'Allier et le Langouyrou ont suivi les plissements géologiques et formé petit à petit leur lit actuel. Ces modifications terrestres qui se sont étalées sur des millions d'année ont créé dans cette région une mosaïque géologique : des granits à l'Ouest, des gneiss à l'Est et des laves volcaniques à l'Ouest.
Hydrologie [modifier]
La ville est traversée par le Langouyrou au confluent avec l'Allier au nord de la ville.
Histoire [modifier]
La création de la ville de Langogne remonte à la fondation de son monastère, en 998[2].
L'analyse des sites archéologiques autour du Mont Milan laisse penser à une activité humaine au moins aux IIe et 1er siècles avant notre ère, c'est-à-dire entre la fin du 2e âge de fer et le début de l'époque gallo-romaine. Deux sites importants de vestiges archéologiques (Lago et Coudelines) attestent d'une présence gauloise dans la vallée de Naussac et si la vidange du barrage en 2005 a fait apparaître en surface des pièces étonnantes à exploiter, les pages d'histoire restent muettes jusqu'en l'an 998 où, les actes de fondations de la ville, un texte officiel capital, parle pour la première fois de Langogne.
Le territoire appelé Gévaudan est divisé alors en 8 vigueries. La viguerie de Langogne est dirigée par le Vicomte Étienne et sa femme Angelmode qui, avancés en âge, ont voulu marquer leur domaine de leur empreinte spirituelle. Ils ont ainsi, avec leur fortune, fait bâtir une église et un monastère. Ce sont 12 moines bénédictins de Saint Chaffre du Monastier qui s'installent ici et une vie rurale s'organise alors autour d'eux. Des remparts sont construits pour protéger cette communauté laborieuse : de petites maisons en chaume viennent se blottir près du prieuré et on peut supposer que malgré la pauvreté des terres et les maigres ressources, des années s'écoulent calmement dans le respect des règles religieuses et l'autorité du Prieur puisque celui-ci est propriétaire des terres et jouit des droits seigneuriaux.
La situation géographique de cette petite cité médiévale en fait rapidement un carrefour d'échanges et de négoce. En 1336, le premier marché notoire appelé foire de la Saint Gilles donne à Langogne sa réputation commerciale qu'elle gardera toujours. On y vend du vin, du cuir, des tissus, de la laine et des produits agricoles divers. Les marchands s'installent petit à petit dans le bourg, la population s'accroît et des constructions se font au-delà des murs.
Au cours des siècles, ce régime féodal laisse progressivement place à une administration laïque. Langogne devient ville de consulat et obtient ses libertés et ses magistrats. D'abord administrée par un conseil politique composé d'un Maire, de deux assesseurs, de quatre consuls et quatre conseillers, un édit de 1771 vient établir officiellement le rôle du Maire. Il reste toutefois au Seigneur la justice et la puissance territoriale. Il faudra attendre les États Généraux, en 1789, et la Révolution pour voir le département de la Lozère crée. Langogne, après hésitation car la Haute-Loire s'intéresse aussi à ce territoire bien situé géographiquement, y est rattaché. Le premier Maire, Jean Bourguignat de Chabaleyre a poursuivi son mandat quelques mois suivi par Jean Louis Mathieu.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. Si l'administration a été bien instaurée alors, la vie quotidienne de la cité demeure malgré tout difficile : deux inondations ravagent la partie basse de Langogne (le 3 octobre et le 10 novembre 1790) tuant 9 personnes. Les récoltes gelées ne permettent pas de remonter la pente et la municipalité doit emprunter 25 000 francs pour nourrir ses citoyens. En 1792, chute de la royauté : une société populaire est chargée de surveiller les municipalités. Des faits rapportés dans les archives font état de perquisitions, rafles d'animaux, d'objets précieux ou religieux. On traque surtout les anti-révolutionnaires en dispersant les religieux et occupant leurs locaux. Ainsi, les Bénédictins, les Capucins, les Sœurs de Notre Dame et de Saint Joseph doivent subir ce expropriations. Le 19 novembre 1793, tous les objets religieux sont amoncelés sur la place des Moines et brûlés. La statue de la Vierge est retirée du bûcher subrepticement par le pharmacien Tantoine et protégée en attendant des jours meilleurs. Les périodes sombres du Directoire laissent des souvenirs amers: Les villageois sont bien sûr favorables aux réformes nécessaires, mais ils restent profondément attachés à la religions et à leurs communautés religieuses qui ont régi leur pays durant des siècles. Pourtant, si l'on en croit les écrits, ils ne semblent pas réagir fortement aux cruautés et aux actions dévastatrices du comité de surveillance pourchassant le clergé : perquisition du couvent de Saint Marie (Collège) pour y mettre 106 détenus et condamnation à mort d'Honoré Mazoyé, Père Bénédictin réfractaire, et Gabrielle Privat sa protectrice dénoncés par ses voisins.
Il faut attendre 1815 où l'on évoque le nouveau Maire appelé Monsieur de Colombet de Landos, Lieutenant Colonel et Chevalier de Saint Louis, grand administrateur de la commune. C'est à lui qui érige la Halle aux grains et la Tour de l'Horloge. Il a même, à plusieurs reprises, prêté de l'argent à la Mairie pour faire aboutir ses projets de modernisation de la ville. Il a également construit le cimetière actuel (le précédent se trouvait au pied de la Chapelle des Pénitents) et le Collège (Lycée Saint Pierre et Saint Paul actuel).
Le 16 mai 1870, l'ouverture du tronçon Langeac-Villefort de la ligne ferroviaire Le Cévenol reliant Paris à Nîmes, désenclave la commune.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville est libérée par la 1re DB[3] en août 1944.
Le 7 avril 2000 Langogne obtient le record du monde de la saucisse la plus longue du monde de 23 km[4]. Il s'agissait de 23 160 mètres exactement. Ce record consacre la tradition charcutière de la ville.
Héraldique [modifier]
|
Le blasonnement de Langogne est : d'or à quatre pals de gueules, au chef d'azur chargé d'une lettre L onciale d'argent |
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
En 2010, la commune comptait 3 014 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Monuments et lieux touristiques [modifier]
Bâtiments et lieux publics remarquables [modifier]
La halle, classée monument historique, massive, imposante, érigée vers 1743, abrita les importantes transactions de grains qui se faisaient à cette époque. De nos jours, elle accueille les marchés hebdomadaires et diverses manifestations traditionnelles. D'ici, le cœur de la ville, partent de petites routes montantes. L'une d'entre elles, la rue Haute, fut sans doute un chaînon d'une voie celtique menant à l'oppidum du mont Milan. Elle a conservé quelques souvenirs émouvants de son passé: fenestrons avec des vitraux à armature de plomb, des dates sur les portails en pierres appareillées (1621, 1622, 1685, 1717, 1778), des enseignes rouillées, des anneaux de fer où l'on attachait les montures. C'étaient les rues des tisserands, des drapiers, des cardeurs, des fileuses. Cette activité textile a donné, pendant des siècles, une grande animation à ce quartier maintenant endormi.
Bâtiments religieux [modifier]
L'église romane Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fut édifiée au XIIe siècle, par les moines venus de Saint-Chaffre, sur les bords du ruisseau de Mercoire, affluent de l'Allier au pied de la butte de Beauregard. Elle est détruite au XVIe siècle. Durant la guerre de religion, Langogne fut assiégée, une grande partie du monastère fut brûlée et l'église subit de grandes destructions. Il a fallu plus de 30 ans pour réparer les dégâts. La restauration apporta des modifications profondes. À l'extérieur les échauguettes ne furent pas reconstruites et le portail fut entièrement refait en style gothique flamboyant. Le prieuré de Langogne étant très lié à celui de Chamalières-sur-Loire, il put bénéficier des études et des plans des architectes qui dirigeaient la construction de l'église de Chamalières. Les deux monuments ont été réalisés avec les mêmes caractéristiques du style roman bourguignon. Mais leur destin ne fut pas identique, Chamalières est restée presque dans son état d'origine tandis que l'église de Langogne fut victime de la méchanceté et des bêtises des hommes. L'incendie de 1784 fit disparaître le clocher quadrangulaire et fut remplacé par un clocher octogonal. La nef ne fut réparée qu'en 1829. Le clocher a gardé ses quatre cloches fondues en 1850, qui rappellent aux habitants par leur tintement l'heure. Au XIXe siècle l'église fut agrandie pour répondre à l'augmentation de la population.
L'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Langogne fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840[8].
Musées [modifier]
Le passé plus que millénaire de Langogne est depuis toujours lié à sa rivière, le Langouyrou, affluent de l'Allier : eau nourricière, eau des lavandières, eau guérisseuse, eau des tanneries, eau permettant d'actionner des martinets et moulins de la rue des Calquières. C'est depuis 1442 que l'on atteste la présence de moulins : moulins bladiers, moulins à foulons et c'est ici qu'au XIXe siècle, l'ancêtre de la famille Engles est venu installer une filature. Découvrir la filature des Calquières, c'est renouer avec ses racines, avec le passé lainier si riche en Gévaudan, c'est découvrir l'histoire de l'eau, des hommes et d'un métier. La filature des Calquières, monument historique, en bordure du Langouyrou est alimentée en eau par un béal, dérivé du Langouyrou grâce à une digue 800 mètres en amont.
Économie [modifier]
Événements [modifier]
- Sport
En 2007, le tour cycliste du Gévaudan a fait étape à Langogne, et c'est l'Australien du VC La Pomme Marseille, David Tanner, qui s'est imposé. Fête de Langogne avec défilé de chars fleuris, le premier dimanche d'août. Festiv'allier les samedi et vendredi précédant la fête. Le Festival Interfolk, fin juillet.
Personnalités liées à la commune [modifier]
- Jean-Baptiste Monnier, natif de Langogne (1795), député français.
- Pierre Victor Galtier (1846-1908), natif de Langogne, qui mit en évidence dans les années 1880 le virus de la rage et réussit avant Pasteur à en réduire les effets.
- Blaise-Armand de Sabadel (1850-1914), plus connu comme Pie de Langogne, archevêque de Corinthe.
- Paul-Marie-Edouard Bresson (1884-1967), archevêque de Nouméa.
- Joseph-Michel-Frédéric Bonnet, évêque de Viviers.
- L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson fit étape le 23 septembre 1878 à Langogne lors de son périple à travers les Cévennes qu'il relate dans Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879).
- L'abbé Félix Viallet qui fut député-maire de Langogne en 1956 est un agrégé de Lettres connu pour ses recherches historiques effectuées sur la région de Langogne, limitrophe du plateau de Peyrebeille.
- Hervé Chabalier, né à Langogne le 7 septembre 1945, journaliste et patron de l'agence de documentaires d'actualité CAPA.
- Serge Laget, né à Langogne, journaliste sportif.
- Jean-Claude Chazal, ancien député, est un élu de la commune.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références [modifier]
- Site du conseil général de la Lozère
- Abbé Jean-Baptiste-Étienne Pascal, Gabalum Christianum, Paris, 1853 [lire en ligne], p. 73
- Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p. 32
- la saucisse la plus longue du monde sur le site de la commune
- Cette liste provient des archives du conseil général de Lozère.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Notice no PA00103828, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- Evasions, première partie: M.L. Barbaray - Langogne et ses alentours: Charles Alméras - Le Millénaire de Langogne, an 1 000, an 2 000: "Archives départementales de la Lozère" - Mémoire N°5 - Contribution à l'étude du peuplement du bassin de Naussac, d'après les dcouvertes récentes du Mas d'Armand, Lozère, des temps préhistoriques à nos jours: Centre d'Étude et de Recherches Littéraires et Scientifiques de Mende - Langogne en Gévaudan: Félix Viallet
Voir aussi [modifier]
- Gare de Langogne
- Communes de la Lozère
- Sentier de grande randonnée GR 4
- GR 700
- Chemin de Stevenson GR 70
- Voie Régordane ou Chemin de St Gilles
- Les châteaux :
- La maôche, spécialité culinaire
