Nant

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Nant
commune de Nant: son bourg chef-lieu. Vue générale
commune de Nant: son bourg chef-lieu. Vue générale
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Arrondissement Millau
Canton Nant
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Larzac Dourbie
Maire
Mandat
Richard Fiol
2014-2020
Code postal 12230
Code commune 12168
Démographie
Gentilé Nantais et Nantaise
Population
municipale
929 hab. (2011)
Densité 8,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 18″ N 3° 18′ 02″ E / 44.0217, 3.3006 ()44° 01′ 18″ Nord 3° 18′ 02″ Est / 44.0217, 3.3006 ()  
Altitude Min. 421 m – Max. 926 m
Superficie 109,4 km2
Localisation

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Nant

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Nant

Nant, prononcé [nɑ̃], est une commune française, située dans le département de l'Aveyron en région Midi-Pyrénées. Avant la Révolution, la paroisse de Nant faisait partie de la province du Rouergue.

Les habitants de Nant se nomment, comme ceux de Nantes (Loire-Atlantique), les Nantais et les Nantaises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Situation[modifier | modifier le code]

Nant se trouve dans le sud du Massif central, dans la moyenne vallée de la Dourbie, affluent du Tarn.

La commune est située au sud-est du département de l'Aveyron, à proximité de la limite avec le Gard. Nant est en effet à 17 km du col de la Barrière et à 14 km du col de la Pierre plantée qui marquent (entre autres) la limite entre les deux départements. La commune est du reste limitrophe du Gard pour sa partie nord.

Les communes limitrophes sont[1] : Revens, Lanuéjols et Trèves dans le Gard, Saint-Jean-du-Bruel, Sauclières, La Couvertoirade, L'Hospitalet-du-Larzac, La Cavalerie, Millau et La Roque-Sainte-Marguerite dans l'Aveyron.

Selon la classification de l'INSEE, Nant est une commune rurale qui ne fait partie d'aucune aire ou espace urbain, bien qu'elle soit adjacente à l'aire urbaine de Millau et à son espace urbain[2].

Les villes les plus proches sont Millau au nord-ouest, à 32 km (via La Roque-Sainte-Marguerite ; 34 km via La Cavalerie) du bourg de Nant ; Saint-Affrique à 44 km à l'ouest ; Le Vigan, dans le Gard, à 42 km à l'est.

En ce qui concerne les villes plus importantes : Rodez, chef-lieu du département, est la plus proche à environ 85 km au nord-ouest ; Toulouse, chef-lieu de région, à environ 180 km. Montpellier à 110 km ; Clermont-Ferrand est à environ 200 km au nord.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La commune s'étend sur une partie du plateau du Larzac et de ses contreforts, une partie du causse Bégon, englobe la vallée du Durzon et comprend une partie de la vallée de la Dourbie.

Le causse Bégon est un élément méridional du causse Noir ; son rebord sud surplombe le bourg de Nant au Roc nantais (altitude : 808 m).

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Outre le bourg de Nant, chef-lieu de la commune, on trouve plusieurs écarts parfois relativement importants : les Cuns, Cantobre, Saint-Sauveur, Ambouls, Saint-Michel-de-Rouviac, le Liquier, Mas du Pré, Mas-de-Pomier, les Liquisses Hautes et Basses.

Le camp militaire du Larzac, dont le centre est à la Cavalerie, s'étend jusqu'à la commune de Nant (sa limite).

En ce qui concerne les communications, Nant est au carrefour de quatre routes : vers Millau, par la vallée de la Dourbie  ; vers Saint-Jean-du-Bruel, aussi par la vallée ; vers la route de l'Hospitalet-du-Larzac au Vigan ; vers La Cavalerie sur le versant Est du Larzac. Cette dernière route atteint l'autoroute A75 (Clermont-Ferrand-Montpellier) et est donc particulièrement importante pour les communications de Nant[3].

La commune compte un nombre élevé de résidences secondaires (57 %).

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune est caractérisée par une agriculture traditionnelle extensive fondée sur l'élevage pour la production laitière de brebis destinée à l'élaboration des fromages de roquefort, pérail, tome et pour la production de veaux et agneaux destinés à l'engraissement. Une diversification existe tournée vers le maraîchage, la pisciculture, l'apiculture, la production de bois de chauffe et le tourisme rural. Des agriculteurs de la commune et des communes voisines vendent leurs productions transformées ou pas au marché du bourg le mardi matin, la halle communale aux marchés (voir "Lieux et monuments") étant pour l'heure baillée au profit d'un commerce de débit de boissons.

Troupeau de brebis laitières dans le bourg

Des revendeurs de produits alimentaires divers sont également présents au marché.

Dans l'été, se tient deux marchés nocturnes de producteurs fermiers organisé par l'Association Départementale de Défense des Producteurs Fermiers  : Fermiers De L'Aveyron.

Des artisans et prestataires de services (scierie, métiers du bâtiment, boulanger, chocolatier...) existent.

Les loisirs influent également sur l'économie communale : équitation, locations saisonnières de meublés, camping, randonnée, vélo tout terrain, découverte nature, pêche de parcours 1re catégorie et piscine municipale. La chasse, indispensable à l'agriculture et à la flore en ce qui concerne le grand gibier, ne se pratique qu'à partir du quinze août.

Deux maisons pour personnes âgées se trouvent dans le bourg.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Nant vient du gaulois « nanto », qui signifie « vallée », et qui désignait autrefois la vallée du Durzon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Xe siècle, des moines drainent les marécages de la vallée du Durzon près du confluent avec la Dourbie; ils créent un réseau de canaux empierrés et développent l'agriculture. En 926, ils bâtissent sur ces terres asséchées un monastère. En 1135, le monastère est érigé en abbaye par le pape Innocent II[4].

L'économie et la population se développent. Progressivement, le bourg de Nant est érigé autour du monastère.

La paroisse est marquée par la guerre de Cent Ans et par les guerres de religion, pendant lesquelles le cloître et les bâtiments monastiques sont détruits.

Le bourg fut du XIIème au XVIe siècle la possession de la puissante famille de Roquefeuil-Anduze puis de Roquefeuil Blanquefort. Ainsi le baron Bérenger de Roquefeuil-Blanquefort, constructeur du château de Bonaguil, rendait hommage au roi le 16 avril 1484 en mentionnant au premier rang son titre de Comtor[5] de Nant.

Nant connaît une grande prospérité dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Un collège, dirigé par les prêtres de la doctrine chrétienne, est créé en 1665. Sous les halles de la place principale se tiennent les foires et le marché déjà florissant à cette époque.

En 1777, l'abbaye est supprimée par décret royal.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Nant Blason
  • D'argent à la rivière ondée de sinople posée en bande, chargée de trois batelets d'or. (version illustrée)
  • D'argent à la bande de sinople, chargée de trois batelets d'or.
  • D'argent à la bande de sinople chargée de trois batelets contournés d'or posés à plomb en demi-profil.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Langue[modifier | modifier le code]

Comme dans le reste de l'Aveyron, une forme d'occitan languedocien est employée pour communiquer : le dialecte rouergat[6].
Dans la Revue des langues romanes[7], le parler nantais, jugé suffisamment spécifique, fut l'objet d'une séries d'articles.
Aujourd'hui, comparé à l'emploi du français, ce dialecte ou patois est minoritaire.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 en cours Richard Fiol    
2008 2014 Bernard Saquet    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 929 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 550 2 271 2 761 2 980 3 203 3 419 3 134 3 445 3 038
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 953 3 106 3 117 2 986 2 624 2 501 2 596 2 681 2 171
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 103 1 977 1 819 1 801 1 659 1 592 1 547 1 274 1 105
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 057 1 016 959 972 773 846 907 916 929
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • Hôtel Ayrolle des Angles. Vaste demeure construite vers 1762-1765 par l'architecte Viguier pour Pierre-François Ayrolle des Angles, Mestre de Camp de cavalerie et Inspecteur de la Maréchaussée. Propriété de la commune de Nant depuis 1912, le bâtiment abrite aujourd'hui la mairie, la Poste, la Trésorerie, l'ADMR. La façade sud, la salle d'entrée et son escalier, et deux salles sont inscrites M.H. 2003.
  • Halle aux marchés et foires. Droit de tenir foires et marchés accordé par le Duc d'Anjou en 1370. Halle reconstruite en 1706.XVIIIe siècle, inscrit MH 1944.
  • Château de Roquefeuil dit aussi d'Algues. Ensemble fortifié situé sur un puech dominant le bourg de Nant et Saint-Jean-du-Bruel. Antérieur au (XIIIe siècle), il est le berceau de la famille de Roquefeuil. Il fut ruiné sur ordre du cardinal de Richelieu en 1629.
  • Cantobre, XIIe et XVIe siècles : aujourd'hui, village majoritairement touristique.
  • Hameau de Saint-Sulpice, à la limite de la commune de Trèves.
  • Saint-Sauveur du Larzac XIIe, XVe et XIXe siècles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Edmond Bouty (1846-1922), membre de l'Académie des sciences le 23 novembre 1908 dans la section de physique générale. Il fut président de la Société française de physique et de la Société internationale des électriciens. Ce physicien dont les travaux ont porté principalement sur le magnétisme et l'électricité, est né sur la commune.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (oc+fr) Christian-Pierre Bedel (préf. René Quatrefages), Nant : La Cavalariá, La Cobertoirada, L'Espitalet, Sauclièiras, Sent-Joan-del-Bruèlh / Christian-Pierre Bedel e los estatjants del canton de Nant, Rodez, Mission départementale de la culture, coll. « Al canton »,‎ 1994, ill., couv. ill. ; 28 cm, 239 p. (ISBN 2-907279-20-3, ISSN 1151-8375, notice BnF no FRBNF36685848)
  • Jean-Marie Berland, Nant, Paris, Nouvelles éditions latines,‎ s.d., In-16 ; ill., couv. ill., 31 p. (notice BnF no FRBNF32919550)
  • Un lundi de Pâques à Nant-d'Aveyron, Nîmes, Lafare et Attenoux,‎ 1868, 22 cm, 20 p. (notice BnF no FRBNF36487089)
  • Émile Espérandieu, Notice sur l'église de Saint-Pierre de Nant (Aveyron), Caen, H. Delesques (Extrait du "Bulletin monumental", 1887),‎ 1887, In-8°. Pièce (notice BnF no FRBNF34129538)
  • Frédéric Hermet, La grotte sépulcrale de Nant, Genève (Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques. Compte rendu de la XIVe session. Genève, 1912),‎ 1912, 1 pièce (paginé 646-650) : 3 fig. ; in-8 (notice BnF no FRBNF34094132)
  • Elie Mazel, Monographie sur Nant d'Aveyron et son ancienne abbaye, depuis son origine jusqu'à la Révolution française, Rodez, Carrère,‎ 1913, In-16, VII-291 p., pl. et fig. (notice BnF no FRBNF34124295)
  • Liliane Meignen (dir.), L'abri des Canalettes : un habitat moustérien sur les grands Causses (Nant, Aveyron) : fouilles 1980-1986, Paris, CNRS éd., coll. « Monographie du CRA » (no 10),‎ 1993, ill., couv. ill. ; 28 cm, 359 p. (ISBN 2-271-05083-9, ISSN 1151-5358, notice BnF no FRBNF36675945)
  • Michel Lejeune (dir.) et al., Le plomb magique du Larzac et les sorcières gauloises, Paris, CNRS éd. (Précédemment paru dans "Études celtiques", t. 22),‎ 1985, ill., couv. ill. ; 25 cm, 91 p. (ISBN 2-222-03667-4, notice BnF no FRBNF35765573)
  • Luc Rouvière, Nant : jardin de l'Aveyron, Nant, Nant aventure,‎ 1997, ill., couv. ill. en coul. ; 25 cm, 111 p. (notice BnF no FRBNF37071416)

  • Anne-Marie Giuganti, Les chapiteaux de l'église Saint-Pierre de Nant, Université de Montpellier 3, 1964, 2 vol. (thèse)
  • Alain Julien, Perspectives socio-économiques d'une commune rurale : Nant-d'Aveyron, Université de Montpellier 1, 1970 (mémoire de DES)
  • Jacques Nicot, Deux églises rurales de Nant : St-Martin du Vican et Notre-Dame des Cuns, Université de Montpellier 3, 1964 (thèse)
  • Anne Marie Pêcheur, L'Église Saint-Pierre de Nant, Université de Paris IV Sorbonne, 1987 (thèse)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Partant du nord dans le sens des aiguilles
  2. Cf. carte INSEE : [1], choisir "Départements", sélectionner Nant et demander "Aire urbaine", "Espace urbain", etc.
  3. Les communications dépendent ici de la qualité des routes : grâce à l'A75, Nant est plus facilement relié à Clermont-Ferrand via Rodez, à Montpellier, ainsi qu'à Toulouse. En ce qui concerne Millau, il faut compter environ 40 minutes[réf. nécessaire] de route et 45[réf. nécessaire] pour Saint-Affrique
  4. Office de Tourisme de Nant, Nant, Aveyron, 2003
  5. Le titre de comtor, qui est resté aux possesseurs de quelques fiefs en Auvergne, en Rouergue et dans le Gévaudan, signifiait, au XIe siècle, un vassal immédiat du comte, inférieur au vicomte, mais supérieur à tous les autres seigneurs. Dom Vaissète en conclut qu'on doit mettre le comtorat au rang des fiefs de dignité.
  6. http://www.cnrtl.fr/definition/rouergat
  7. Auteurs: société pour l'étude des langues romanes (France), faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Montpellier, centre d'études occitanes (Montpellier)
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011