Lusignan (Vienne)
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| Lusignan | ||
L'église. |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Poitou-Charentes | |
| Département | Vienne | |
| Arrondissement | Poitiers | |
| Canton | Lusignan (chef-lieu) |
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| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays Mélusin | |
| Maire Mandat |
René Gibault 2008-2014 |
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| Code postal | 86600 | |
| Code commune | 86139 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Mélusins | |
| Population municipale |
2 610 hab. (2008) | |
| Densité | 69 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 99 m — Max. 159 m | |
| Superficie | 37,82 km2 | |
| Localisation | ||
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Lusignan est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne (région Poitou-Charentes).
Ses habitants sont appelés les Mélusins et les Mélusines[1].
Sommaire |
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
Lusignan est une ville d'environ 2 700 habitants située au sud du Pays de Lusignan et de Vouillé. Le bourg est bâti sur un promontoire escarpé qui domine la boucle de la vallée de la Vonne. Elle est située à 25 km au sud-ouest de Poitiers (Vienne) sur l'ancienne RN11 en direction de La Rochelle (Charente-Maritime). Paris se trouve à une distance d'un peu moins de 400 km par l'autoroute A10 au sud de Poitiers.
Topographie [modifier]
La région de Lusignan présente un paysage de plaines vallonnées plus ou moins boisées et de vallées. La commune est traversée par la Vonne sur une longueur de 8 km. Le terroir se compose de Terres Rouges pour 44 % sur les plateaux, d'argile à silex et de bornais pour respectivement 37 % et 9 % situés sur les plateaux du seuil du Poitou et de 7 % de calcaire qui se trouve dans les vallées alluviales[2].
En 2006, 79 % de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture, 16 % par des forêts et des milieux semi-naturels et 5 % par des zones construites et aménagées par l'homme (voirie)[3]. La foret privé représente 560ha soit 15 % du territoire communal[4].
Histoire [modifier]
Lusignan était déjà un oppidum au temps des Celtes.
Du Xe au XIVe siècle, l'histoire de la ville se confond avec celle des Lusignan, famille puissante et turbulente, et l’une des plus anciennes du Poitou.[réf. nécessaire]
En 1353, l’armée du roi de France prend Saint-Jean-d'Angély et Lusignan.[réf. nécessaire]
En 1569, l'amiral de Coligny s'empara de la forteresse mais il fut forcé de la rendre en septembre de la même année.[réf. nécessaire]
Durant la Cinquième guerre de religion, le duc de Montpensier réussit à prendre la ville en l’affamant en 1575, malgré la défense du vicomte de Rohan[5].
Au XVe siècle, les fortifications sont rasées sur l'ordre de Louis XIII. Profitant de sa position sur la route de Bordeaux à La Rochelle, le faubourg de la ville basse s'enrichit et se développe.[réf. nécessaire]
Lusignan accueille favorablement les avancées de la Révolution française. Elle plante ainsi son arbre de la liberté, symbole de la Révolution. Un autel de la Liberté est ajouté à son pied. Il devient le lieu de ralliement de toutes les fêtes et des principaux événements révolutionnaires, comme la célébration de l’anniversaire de la fin de la Terreur (9 Thermidor)[6].
Elle est chef-lieu du district de Lusignan de 1790 à 1795.
Au XIXe siècle, Lusignan était connue pour la production de graines de trèfles et de luzerne et pour la fabrication de serges et de grosses étoffes de laine.[réf. nécessaire]
Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Vienne accueille 40 000 réfugiés de Moselle, qui sont logés souvent chez l’habitant et répartis dans toutes les communes. Lusignan accueille aussi ses réfugiés, qui s’intègrent, notamment dans les équipes sportives. Le club de football de l’Union sportive mélusine compte ainsi 6 titulaires mosellans sur 11 en 1940[7]. Après la drôle de guerre, c’est la bataille de France et l’effondrement de l’armée française. Les combats se rapprochent, et la Luftwaffe bombarde la gare le 19 juin 1940 : une maison est endommagée, sans faire de victime[8].
Un camp de prisonniers de l’armée d'Afrique est établi par les Allemands à Lusignan : ils sont utilisés pour les travaux agricoles. Progressivement, ils sont renvoyés en Afrique par l’occupant ; un certain nombre d’entre eux ont disparu[9].
Emblèmes [modifier]
Héraldique [modifier]
| Blasonnement :
Burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout.
Commentaires : Armes des rois de Chypre issus des seigneurs de Lusignan, devenues par usage séculaire celles de la ville.
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Administration [modifier]
Démographie [modifier]
La densité de population de la commune est de 69 hab./km2. Celle du département est de 61 hab./km2. Elle est de 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et de 115 hab./km2 pour la France (INSEE- 2008).
Économie [modifier]
Sont installés sur les communes de Lusignan et de Rouillé, le plus grand site de l'INRA par la surface exploitée, 240 ha environ, et le lycée agricole de Venours.
Lieux et monuments [modifier]
Le château de Lusignan [modifier]
Le château de Lusignan est le plus grand château fort de France[réf. nécessaire]. La légende dit qu'il a été construit par la fée Mélusine pour son mari Raymondin. Il fut le berceau de la maison de Lusignan dont des membres furent rois de Chypre et de Jérusalem notamment Amaury II de Lusignan, roi de Jérusalem.
L'église Notre-Dame-et-Saint-Junien [modifier]
L’église Notre-Dame-et-Saint-Junien est de style roman. Elle est classée Monument Historique depuis 1862.
Historique [modifier]
Elle a été fondée par Hugues IV de Lusignan en mars 1025 en l'honneur de Notre-Dame. À la demande du comte de Poitou, Guillaume le Grand, le roi de France, Robert le Pieux, permet à cette église de recevoir des donations qui ne seront sujettes à aucun seigneur. Le pape, à la requête de Hugues IV, appuyé par l'évêque de Poitiers, place l'église sous sa protection.
Il y eut deux campagnes de construction : l'une au début du XIe siècle concerne les murs Nord et Sud de la nef, le croisillon Nord et son absidiole ; l’autre durant la seconde moitié du XIIe siècle concerne le reste de l'édifice à l'exception du porche d'entrée. Cette seconde campagne de 1110 à 1130 a été impulsée par Hugues VI de Lusignan en remerciement d'avoir échappé à la mort au cours d'une croisade.
Au long des siècles, elle connut beaucoup de revers. Le conflit qui opposa le roi Henri II Plantagenet au seigneur de Lusignan et qui aboutit en 1168 à de graves dommages au château, a, sans doute, également été à l'origine de destructions dans l'église. Ce pourrait être la raison de l'implantation de 16 piliers pour porter les voutes gothiques. De cette époque datent aussi le carré du transept qui porte un élégant clocher carré, le bras droit du transept avec une absidiole plus profonde que celle du bras nord, le chœur en hémicycle sur une crypte à trois nefs de même dimensions.
Pendant la guerre de Cent Ans, en 1373, les Anglais s'emparent de Lusignan, puis Bertrand Du Guesclin vint assiéger la forteresse proche de l'église. C'est au cours de ces combats que le clocher s'effondra et que les voutes cédèrent. En 1377, Jean de Berry, comte de Poitou, fit restaurer l'ensemble.
Il fallut reprendre, de façon sévère, la façade occidentale et refaire les voutes des cinq premières travées de la nef.
L'extérieur de l'édifice [modifier]
- Le chevet est orné de sculptures. Certains chapiteaux sont particulièrement intéressants et représentent :
- un dragon, avec une queue de serpent dont la terminaison est une tête qui mord le corps même de la chimère. Le dragon a un corps d'oiseau avec des ailes mais une tête de lion. Cette tête mord une des ailes. La sculpture est à cheval sur deux chapiteaux. Cette image pourrait symboliser la nature spirituelle (les ailes) et matérielle (la queue de serpent) de l'homme et la complexité des forces existantes en l'homme.
- un dragon composé d'une tête de taureau sur un corps trapu portant des ailes, avec une queue serpentine se terminant par une tête de dragon. La sculpture est à cheval sur deux chapiteaux.
- un lion ailé
- Mélusine aux ailes déployées
- un diablotin ailé aux prises avec une chimère. Cette dernière a un corps léonin avec une tête de singe et une queue de serpent ainsi que des ailes. Les pattes sont celles d'un coq. Le singe est dans l'imagerie romane l'incarnation de Satan qui entend imiter Dieu comme le singe imite l'Homme. Il est le symbole de l'hérésie, du paganisme et de tout ce qui détourne l'homme de sa ressemblance avec Dieu.
Les modillons présentent aussi un bestiaire riche, des visages humains, des masques.. Il faut plus particulièrement regarder ceux qui décrivent :
-
- une sirène ayant la particularité de n'avoir dans l'exemple de Lusignan qu'une queue de poisson et non deux comme souvent dans l'imagerie romane. La sirène tient un miroir à la main. Le miroir est le symbole et l'instrument de l'orgueil. Il est aussi celui d'un vice : la vanité qui consiste à contempler une beauté éphémère. À trop accorder d'importance au corps, l'homme risque d'oublier sa dimension spirituelle. La sirène est, donc, la tentatrice par excellence. Elle symbolise la luxure.
- un visage d'une femme grimaçante, montrant ses dents et portant un collier de perle. Le visage est ridé. C'est peut être un autre symbole de la vanité et de l'aspect éphémère de la beauté et des richesses faces aux vraies richesses qui sont en l'homme.
- un visage ( ou masque) d'un homme, bouche grande ouverte, tirant la langue. Cette sculpture pourrait être l'image du mensonge.
- un lion à la crinière très sculptée.
- un sanglier aux regards expressifs. Il illustre la force primitive et démoniaque. Il représente aussi la goinfrerie, l'ignorance, la saleté, la luxure et l'égoïsme.
- un lion tenant dans sa gueule un rouleau. Le rouleau étant un symbole de la parole divine et/ou des règles monastiques et le lion un symbole de force, faut-il voir un symbole de la supériorité de la parole divine et ecclésiastique sur celle, temporelle, des hommes de la cité terrestre, à savoir des rois, des nobles, des commerçants...
- un visage d'où sort de la bouche des volutes. C'est un symbole de la diffusion de la parole divine dans la cité terrestre représenté par l'extérieur de l'église, l'intérieur étant, a contrario, la cité céleste et divine.
- À la croisée du transept s'élève un clocher carré et trapu, renforcé de contreforts colonnes et orné d'arcatures.
- Le porche, situé sur le flanc Sud du bâtiment est vouté en berceau brisé et ouvre sur une belle porte flamboyante du XVe siècle.
- Le porche, situé au nord, date du XIIe siècle. Il menait au prieuré qui dépendait de l'abbaye de Nouaillé-Maupertuis. Il a conservé une archivolte décorée d'un bestiaire. Les 23 claveaux de la voussure représentent, de gauche à droite,:
- - un oiseau qui pourrait être un pélican
- - un quadrupède cornu qui pourrait être un taureau
- - un dragon
- - un quadrupède
- - un éléphant
- - 4 quadrupèdes
- - un homme à cloche-pieds, est-ce un danseur ?
- - un personnage debout
- - une tête humaine à longue barbe
- - des entrelacs
- - un poisson
- - un reptile
- - un quadrupède
- - un personnage debout avec un bâton. Il pourrait représenter un pèlerin ou un berger.
- - un cheval
- - un sanglier ou un cochon
- - un personnage nu assis ou accroupi
- - 3 quadrupèdes dont un dromadaire
L'intérieur de l'église [modifier]
- Une partie de la nef est couverte de voutes à croisées d'ogives, et l'autre est voutée en berceau brisé. Elle est composée de sept travées. Elle mesure 57 mètres de long et 15 de hauteur. Les chapiteaux sont sculptés de feuillages, de quadrupèdes et de palmettes. À la croisée du transept a été édifiée une coupole sur trompes. On peut admirer de belles clés de voûte du XVe siècle ainsi qu'un gisant très mutilé du XIIIe siècle. De nombreuses dalles funéraires du XVIe siècle et XVIIe siècle sont présentes.
- La crypte du XIIe siècle est voûtée d'arêtes et elle est portée par des colonnes aux chapiteaux ornés de volutes.
- Les vitraux ont été créés par les ateliers Eugène Denis de Nantes et par les ateliers Guérithault de Poitiers. Ils datent de 1862 et de 1893. Ils représentent:
- Dans l'abside, l'Assomption de la Vierge pour la verrière centrale; à sa gauche, saint Pierre portant une grande clé rappelant les paroles du Christ à Pierre: "Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux" (Mat 16,19); et, à sa droite, saint Martin, évêque de Tours.
- À droite, dans le transept, saint Antoine de Padoue et dans l'absidiole sainte Anne avec Marie, son enfant.
- À gauche, dans le transept, sainte Marguerite-Marie à genoux devant le Sacré-Cœur et dans l'absidiole, sainte Radegonde en présence de Jésus-Roi.
Autres édifices civils remarquables [modifier]
- Maison à colombages (XVe siècle), proche de l'église. Le rez-de-chaussée était occupé par des échoppes d'artisans. La maison est inscrite comme Monument Historique depuis 1927 pour son élévation.
- Halles, construites en 1853 : elles sont en bois et en pierre, et abritent des sarcophages carolingiens. Elles sont inscrites comme Monument Historique depuis 1990.
- Viaduc : il date de 1856.
- La place du Bail : elle correspond à la basse-cour de l'ancien château où venaient se réfugier les habitants de Lusignan en cas de siège. Sur la façade du Centre André Léo (nom d'une femme écrivain née à Lusignan en 1824), une sculpture moderne en métal représente Mélusine prenant son envol.
- La Maison du Gouverneur : construite sur le mur d'enceinte du château et abritant la Tour Trompe (prison seigneuriale), elle est située dans la rue dénommée "Petite rue Saint-Louis". C'est la résidence du représentant local du roi sous l'Ancien Régime. La façade est datée de 1615. Elle est inscrite comme Monument Historique depuis 1935 pour son élévation.
- Rue Galice : maisons avec des éléments de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance : portes cloutées, fenêtres à meneaux...
- Rue Babinet : ancienne entrée fortifiée du bourg Notre-Dame. Il en reste deux tours, que des travaux en cours (2012) doivent mettre en valeur.
- Fontaine de Sé. C'est une source située sous l'église, au pied du promontoire. C'est là, selon la légende, qu'un jeune et hardi chevalier, Raymondin, rencontra la fée Mélusine.
Le patrimoine environnemental [modifier]
La commune de Lusignan possède deux zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique :
- Le coteau de la Touche
- La forêt de Saint-Sauvant, qui représente 6 % de la superficie de la commune.
Personnalités liées à la commune [modifier]
- Voir : Maison de Lusignan
- Seigneur le plus connu : Guy de Lusignan. Connétable de Chypre (? - † 1302).
- Jacques Babinet, physicien, inventeur du compensateur, est né à Lusignan.
- Ernest Chebroux, né le 28 septembre 1840 à Lusignan, mort en 1910, poète, chansonnier, goguettier, dessinateur, artiste peintre, membre de sociétés chantantes : la Lice chansonnière, le Caveau, etc.
- André Léo, (1824-1900), de son véritable nom Léodile Béra, femme de lettre féministe et républicaine, membre de l'Association internationale des travailleurs, communarde.
Spécialités culinaires [modifier]
Spécialités des alentours:
- Le Tourteau fromager.
- Le Broyé poitevin.
Sources [modifier]
- Illustration filmée : Émission La Carte Au Trésor diffusée sur France 3 le 6 juillet 2009
- Crozer (R), Histoire du Poitou - Collection Que sais je ? PUF
- Labande (E.R) (sous la direction de), Histoire du Poitou,du Limousin et des Pays Charentais - PRIVAT - 1976
- Tarrade (J) (sous la direction de), La Vienne de la préhistoire à nos jours - Ed BORDESSOULES - 1986
- Thibaud (Robert-Jacques) : Dictionnaire de l'Art Roman - Ed DEVRY - 1994 - ISBN 2-85076-645-3
Bibliographie [modifier]
Notes [modifier]
- Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 27/09/2008.
- Chambre Régionale d'agriculture de Poitou-Charente - 2007
- Observatoire Régional de l'Environnement de Poitou-Charente
- Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charente
- Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p 308
- Robert Petit, Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne, Poitiers : Éditions CLEF 89/Fédération des œuvres laïques, 1989, p. 201
- Roger Picard, La Vienne dans la guerre 1939/1945 : la vie quotidienne sous l’Occupation, Lyon : Horvath, 1993. 264 pages. ISBN : 2-7171-0838-6, p. 18
- Christian Richard, 1939-1945 : la guerre aérienne dans la Vienne, Geste éditions, 2005. 348 p. (ISBN 2-84561-203-6) , p. 29
- Roger Picard, op. cit., p. 66 et 112
- Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
- Recensement de la population au 1er janvier 2007, sur Insee. Consulté le 8 janvier 2010
- Lusignan sur le site de l'Insee
- Site "Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui"