Église Notre-Dame de Saint-Saturnin
| Église Notre-Dame de Saint-Saturnin |
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| Présentation | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Culte | catholique | ||||
| Type | Église | ||||
| Début de la construction | XIIe siècle | ||||
| Fin des travaux | 1850 | ||||
| Style dominant | Art roman auvergnat | ||||
| Protection | |||||
| Géographie | |||||
| Pays | |||||
| Région | Auvergne | ||||
| Département | Puy-de-Dôme | ||||
| Commune | Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme) | ||||
| Coordonnées | |||||
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Géolocalisation sur la carte : France Géolocalisation sur la carte : Auvergne Géolocalisation sur la carte : Puy-de-Dôme |
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L'église Notre-Dame est une église romane située à Saint-Saturnin, dans le département français du Puy-de-Dôme et la région Auvergne.
Elle est la plus petite, la plus sobre et la plus tardive des cinq églises dites « majeures » de Basse-Auvergne, au nombre desquelles figurent la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, l'église Saint-Austremoine d'Issoire, la basilique Notre-Dame d'Orcival et l'église de Saint-Nectaire.
Sommaire |
Historique [modifier]
L'église de Saint-Saturnin a été construite durant le troisième quart du XIIe siècle[1].
Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[2].
La flèche du clocher, détruite à la Révolution, fut reconstruite en 1850[2].
Architecture [modifier]
Architecture extérieure [modifier]
Structure du chevet [modifier]
Édifiée en arkose, l'église Notre-Dame de Saint-Saturnin présente un remarquable chevet roman auvergnat constitué d'un étagement de volumes de hauteur croissante :
- deux absidioles adossées aux bras du transept
- le déambulatoire
- le chœur
- les bras du transept
- le « massif barlong » (voir ci-dessous)
- le clocher octogonal
Des cinq églises majeures de Basse-Auvergne, l'église de Saint-Saturnin est celle qui possède le chevet le plus modeste car elle est la seule à ne pas posséder de chapelles rayonnantes autour du déambulatoire (ni de chapelle axiale comme Issoire).
La silhouette caractéristique et l'élan vertical des chevets romans auvergnats sont dus au « massif barlong », ce parallélépipède allongé transversalement qui surmonte la croisée du transept et est couronné par le clocher. L'élévation progressive des volumes est encore accentuée par les deux toits en appentis[3] du « massif barlong », qui encadrent la naissance du clocher.
Décoration extérieure [modifier]
Le chevet possède une décoration remarquable par sa polychromie, obtenue par l'utilisation de basalte. Cette décoration est cependant nettement plus sobre qu'à Issoire.
Le chevet et le déambulatoire possèdent une corniche largement débordante ornée d'une frise en damier et soutenue par des modillons à copeaux.
Sous la corniche du chœur se déploie une mosaïque de rosaces polychromes réalisées avec du basalte noir. Sous cette mosaïque, les fenêtres du chœur alternent avec des loges rectangulaires abritant chacune trois colonnettes.
Dominant le chœur, les arcs des fenêtres du « massif barlong » sont ornés de claveaux polychromes.
Architecture intérieure [modifier]
L'intérieur n'est pas polychrome comme à Issoire.
Le chœur, voûté en cul de four, est entouré de six colonnes couronnées de chapiteaux sculptés de motifs végétaux supportant des arcs surhaussés surmontés d'une deuxième série de baies, alternativement ajourées et aveugles.
Les collatéraux, étroits, sont séparés de la nef par des piliers renforcés par des colonnes engagées surmontées de chapiteaux historiés. Ils possèdent des voûtes d'arêtes séparées par de puissants arcs-doubleaux.
Mobilier [modifier]
Dans le sanctuaire, au rond point des colonnes, le maître autel que l'on dit provenir de la chapelle disparue du château, mais qui est plus sûrement l'autel même de la paroisse comme l'indique assez l’importance de son "tabernacle à repos" d'un beau style hérité de la Renaissance, présente sur les trois gradins qui font transition avec la table et le corps de l'autel les chiffres "H" et "M" couronnés. En raison d'un patriotisme local bien compréhensible, Henri du Ranquet a été porté à y voir les chiffres du roi Henri et de sa première femme, Marguerite de Valois. Mais ils ont plus de chance d'être ceux d'Henri IV et de Marie de Médicis. En effet, retenue prisonnière à Usson, Marguerite de Valois qu'Henri de Navarre avait épousé en 1570 et dont il se sépara en 1599, tout en lui reconnaissant le titre de reine, puisqu'il avait été sacré roi de France de son vivant, le 27 février 1594, à Chartres, n'avait guère de raison de s'intéresser à Saint-Saturnin où elle ne résida pas. En revanche, Marguerite de Valois fit son héritier du Dauphin Louis né en 1601 de l'union d'Henri IV et de Marie de Médicis, auxquels la bénédiction nuptiale fut donnée à Lyon, dans la cathédrale Saint-Jean, le 17 décembre 1599. A supposer que le maître autel de l'église de Saint-Saturnin ait été offert par la "Reine Margot", ce qui implique que les gradins timbrés du double chiffre "H" et "M" soient d'origine, il ne put de toutes façons être offert avant l'année 1594 qui vit l'élévation d'Henri de Navarre au trône de France. Mais à la mort de Catherine de Médicis, sa mère, en 1589, Marguerite de Valois avait été privée de son héritage auvergnat. Elle ne rentra dans ses droits qu'en 1606, date à laquelle elle fit donation de ses biens au Dauphin, futur Louis XIII, tout en en conservant l'usufruit. Si le maître-autel fut offert à cette date il ne put l'être qu'à l'église paroissiale. De fait, en 1605 le château qui avait été assiégé à deux reprises, en 1589 et 1594, ne possédait plus ni portes ni fenêtres! Il était donc inhabité. Quoiqu'il en soit, Henri IV périt assassiné en 1610 et Marguerite devait s'éteindre en 1615. A strictement parler, les trois gradins qui portent les chiffres "H" et "M" n'ont pu être exécutés qu'entre 1594 et 1610. Quant au tabernacle en bois doré dont présence est mentionnée le 12 mars 1653, à l'occasion de la première visite de l'église paroissiale effectuée par Mgr Louis d'Estaing, évêque de Clermont, il se rattache par son style à cette même période (1594-1615). On doit en conclure qu'il n'a rien de baroque et qu'il est beaucoup plus ancien qu'on ne le croit généralement, ce qui justifie pleinement son classement précoce au titre des monuments historiques, en tant qu'immeuble, en 1875" (Humbert JACOMET, Conservateur du Patrimoine).
Références [modifier]
- L'art roman dans le Puy-de-Dôme, édité par le Conseil général du Puy-de-Dôme, p.12-13
- Notice no PA00092391, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Rolf Toman, Espéraza Birgit Beyer, Angelika Gundermann, L'art roman, éditions Könemann, 1997, p.150
