Relais de poste

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Détail de sculpture sur bois en bas-relief d'un relais de Poste à chevaux de Launois, Ardennes
L'ancien relais de poste "Sorte Hest" (Au Cheval noir) à Copenhague.

Le relais de poste est le lieu où étaient tenus prêts des chevaux frais pour les cavaliers (et plus tard pour les voitures hippomobiles), afin de permettre une vitesse maximale à la communication par courrier.

Historique[modifier | modifier le code]

Selon Xénophon et Hérodote, le premier système de relais de poste, considéré comme une organisation d'État, remonte à Cyrus II (VIe siècle av. J.-C.).

Le système de chevaux et relais apparait en Chine sous la dynastie des Han (IIe siècle av. J.-C. av. au IIe siècle ap. J.-C.)

Ce système est repris par Auguste en 27 ap. J.-C. pour son Cursus publicus. Il ne survit pas à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident.

Genghis Khan, au XIIIe siècle préserve le système de relais dans la Chine du Nord et le développe dans tout son empire.

En 1260, le sultan Baybars crée son système de relais en Arabie.

France[modifier | modifier le code]

Relais de poste à Lurs (Alpes-de-Haute-Provence), sur la RN 96.
Relais de poste de Saint-Symphorien-de-Lay sur la RN 7.
L'ancien Relais de Poste de Condé-sur-l'Escaut
« Le Petit Louvre » de La Pacaudière.
  • Louis XI crée des relais de poste et le service des chevaucheurs du Roi en 1468 (par l'édit de Luxies). Les itinéraires ne mènent alors qu'aux théâtres d’opérations militaires et ne sont établis qu'à titre provisoire. Le réseau n'achemine que la correspondance du Roi. Les relais sont dirigés par des tenants-poste, précurseurs des maîtres de poste.
  • Louis XII ouvre le service à la disposition des voyageurs en 1506.
  • En 1630, Louis XIII nomme des maîtres de courriers agréés, chargés d'améliorer le fonctionnement des postes et protéger les responsables des relais de la concurrence déloyale. On appelle parfois « bottes de sept lieues » les bottes utilisées par les postillons. On pense généralement qu’elles sont ainsi nommées car les relais de poste sont distants d’environ sept lieues (environ 28 km). Mais les postes, distances entre deux relais, ne sont pas rigoureusement ni officiellement fixées : la distance varie énormément selon la nature des zones de parcours, plaines, montagnes, l’état des routes, etc. Elle est en moyenne, au XVIIe siècle, entre 16 et 20 kilomètres, soit quatre à cinq lieues[1].
  • En 1672, est créée une "Ferme générale des Postes".
  • Au XVIIIe siècle, le réseau routier français est réparé, modernisé et fortement développé.
  • Au début du XIXe siècle, on compte près de 1.400 maîtres de poste et 16.000 chevaux sont répartis dans les différents relais.
  • En 1818, les distances peuvent se compter en lieues ou demis-postes [2].
  • En 1827, la Poste aux lettres et la Poste aux chevaux sont officiellement unifiées. Les relais de poste se transforment petit à petit en écuries, pour permettre la poursuite de l'acheminement du courrier avec des chevaux frais, en auberges pour la restauration du personnel des Postes et des voyageurs, et en gîtes pour leur hébergement. De nombreux établissement actuels trouvent encore leur origine dans un relais de poste.
  • Concurrencés par le chemin de fer, dont le réseau s'étend rapidement sous le Second Empire et dont la vitesse surpasse celle de la malle-poste – les relais de poste voient leur fréquentation baisser. Ils sont officiellement supprimés en 1873.

Les relais de poste relèvent donc autant de l'histoire de l'acheminement du courrier et de la La Poste que de celle du transport public.

Saint-Empire, Europe centrale[modifier | modifier le code]

En 1718, tous les territoires couverts par le Saint-Empire romain germanique et/ou dépendant de la Maison d'Autriche sont parcourus de routes de poste jalonnées de relais, depuis la France et les Pays-Bas jusqu'aux confins de la Pologne et de la Hongrie turque[3].

En 1848, les routes de postes et grandes routes d'Europe vont jusqu'à Kherson et Moscou[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Jobé, Au temps des cochers : histoire illustrée du voyage en voiture attelée du XVe au XXe siècle, Lausanne, Édita-Lazarus, 1976, p. 54.
  2. Carte des Routes de Poste de France / Dressée par ordre de Mr. le Directeur Général des Postes par P.F. Tardieu, graveur des Postes. [1 : 2 222 000 env] ; Ecrit par J.J. Pachoux Auteur : Tardieu, P.F. (17..-18.. ; graveur vers 1788). Auteur du texte Auteur : Pachoux, J.-J. (17..-18..). Auteur du texte Éditeur : P.F. Tardieu (Paris) Date d'édition : 1818 gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8493469v/f1.item
  3. L'empire d'Allemagne divisé en ses principaux États, où sont exactement remarquées toutes les routes des postes et chariots de poste de l'empire, carte dressée par Alexis-Hubert Jaillot, géographe – Paris, 1718
  4. Carte routière de l'Europe indiquant les grandes routes de poste et les chemins de fer, par Auguste-Henri Dufour, éditée par Maison, libraire, Paris, 1848