Sam Peckinpah

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Sam Peckinpah
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Sam Peckinpah (à gauche) avec William Holden lors du tournage de La Horde sauvage.

Nom de naissance David Samuel Peckinpah
Naissance
Fresno, Californie
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 59 ans)
Inglewood, Californie
États-Unis
Profession Réalisateur
Films notables Major Dundee,
La Horde sauvage,
Les Chiens de paille,
Guet-apens,
Pat Garrett et Billy le Kid,
Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia,
Croix de fer

Sam Peckinpah, né le à Fresno et mort le à Inglewood, est un scénariste et réalisateur américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Peckinpah prétendait avoir un grand-père indien, ce qui a été démenti par les membres de sa famille et ses biographes. Enfant, il fait souvent l'école buissonnière pour chasser dans la campagne.

Guerre[modifier | modifier le code]

Engagé dans les Marines en 1943, il est envoyé en Chine dans un rôle de support. Il ne combat pas mais assiste aux actions de guerre entre la Chine et le Japon.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Son métier consiste d'abord à écrire des scénarios et à réaliser des western pour la télévision comme Gunsmoke et L'Homme à la carabine.

Au début des années 1960, il réalise des films et gagne la réputation d'enfant terrible à Hollywood. Ce qu'il montre est d'une violence extrême, et sujet à des interprétations contradictoires. C'est cependant moins le sang répandu que la valeur sociale d'une violence rédemptrice et libératrice qui choque.

Passage au cinéma[modifier | modifier le code]

Après sa longue carrière à la télévision, Sam Peckinpah réalise son premier film, le western New Mexico. Il tourne ensuite Coups de feu dans la Sierra (1962). Le film met en vedette les vétérans Joel McCrea et Randolph Scott, dont ce sera la dernière apparition à l'écran. Coups de feu dans la Sierra est un western élégiaque qui consacre la fin des grands mythes du genre.

Son film suivant Major Dundee (1965) — dont la version director's cut de 160 minutes est mutilée de près de 40 minutes par le producteur Jerry Brestler — ne rencontre à sa sortie qu'un succès mitigé malgré la présence de Charlton Heston et Richard Harris. Peckinpah doit ensuite réaliser Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid) mais, à la suite de démêlés avec les producteurs, il est remplacé par Norman Jewison après quelques jours de tournage.

Puis il réalise La Horde sauvage (1969), peut-être son film le plus représentatif, un western élégiaque et ultra-violent pour l'époque. "Au début, un massacre. À la fin, un carnage" écrira le critique de L'Express au sujet de La Horde sauvage. Le film, qui est aujourd'hui l'œuvre la plus célèbre de Peckinpah, fait naître une controverse : l'extraordinaire violence qui y règne, magnifiée par des effets visuels parfois excessifs, fut interprétée comme l'apologie d'une sorte de « fascisme » élémentaire, alors qu'il s'agit d'un témoignage profondément tragique sur certains aspects essentiels de la nature humaine.

La démarche est la même dans Les Chiens de paille (1971), film que Peckinpah tourne en Angleterre et où un jeune mathématicien américain pacifiste, incarné par Dustin Hoffman, se voit contraint de puiser en lui un instinct de tueur dont il ignorait l'existence.

Entre La Horde sauvage et Les Chiens de paille, Peckinpah réalise Un nommé Cable Hogue, un western dans lequel on retrouve Jason Robards et David Warner. À sa sortie, la critique est unanime à remarquer que, cette fois-ci, le ton est beaucoup plus léger, gaillard et picaresque, mais tout de même teinté d'une certaine mélancolie. Et que la violence est assez peu présente.

En fait, et ceci apparaît clairement dans Un nommé Cable Hogue, c'est la liberté, beaucoup plus que la violence, qui est la préoccupation majeure de Peckinpah. Dans Junior Bonner, le dernier bagarreur (1972) et dans Guet-apens (1972), tous deux interprétés par Steve McQueen, elle trouve même une expression pathétique, atteignant à une poésie farouche et exaltée dans le second film.

Après Guet-apens, Peckinpah va au Mexique pour y tourner ce qui sera son dernier western, Pat Garrett et Billy le Kid. Une fois encore, Peckinpah voit le montage final lui échapper et désavoue le film. Ce n'est qu'en 1988 qu'une version plus conforme à la vision du réalisateur sera diffusée en cassettes.

Suit le film Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (1974) son film le plus sombre. Peckinpah signe également l'un des films de guerre les plus nihilistes : Croix de fer (1977). Filmé d'une manière moderne dans un style qui oscille entre le documentaire caméra à l'épaule et le western, le film est d'une originalité sans pareille, situant l'action côté allemand sur le front soviétique.

Peckinpah enchaine avec Le Convoi, comédie dramatique contemporaine se déroulant dans le milieu des camionneurs. Le film met en vedette Kris Kristofferson, Ali McGraw ainsi qu'Ernest Borgnine, un ancien de La Horde sauvage. Comme d'habitude, le tournage est plutôt mouvementé. À sa sortie, le film est tièdement reçu par la critique qui lui reproche la minceur de son sujet. Paradoxe : Le Convoi sera le plus gros succès commercial de la carrière de Peckinpah.

Déclin[modifier | modifier le code]

Après Le Convoi, et malgré le succès du film, Peckinpah passe plusieurs années sans tourner. Il faut attendre jusqu'en 1983 pour voir ce qui sera son dernier film. Il finit tout de même sa carrière avec l'extraordinaire Osterman week-end (1983), drame mêlant affaires d'espionnage et manipulations politiciennes.

Peu avant sa mort, Sam Peckinpah travaillait sur un scénario de Stephen King, sa première incursion dans le cinéma fantastique depuis sa participation en tant qu'assistant à L'Invasion des profanateurs de sépultures, de Don Siegel. Le projet fut abandonné après son décès.

Alcoolique, c'est aussi l'abus de drogues comme la cocaïne qui l'obligea à recevoir un stimulateur cardiaque et le fit mourir.

Controversée, et mouvementée, l'œuvre de Sam Peckinpah a symbolisé le formidable déferlement de violence baroque qui a marqué le cinéma américain des années 1960, au point de faire oublier qu'elle comportait également de bouleversants moments de tendresse et de mélancolie.

Peckinpah influencera notamment le maître de l'horreur John Carpenter qui rend un hommage ouvert à La Horde sauvage dans son film Vampires sorti en 1998. Il est aussi cité dans Mon nom est Personne, où les "méchants" sont nommés par Personne « La horde sauvage », puis plus tard dans le film dans un cimetière, Personne lit le nom de Sam Peckinpah sur une croix, avant d'en trouver une autre avec le frère de Beauregard.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Assistant-réalisateur[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Sam Peckinpah apparaît dans le film de Monte Hellman China 9, Liberty 37, dans le petit rôle d'un romancier. Il fait aussi de courtes apparitions dans deux de ses propres films. Ainsi, dans Pat Garrett et Billy le Kid, il est fabriquant de cercueil, et dans Le Convoi, il est présent en tant que cadreur lorsque Rubber Duck est interviewé sur la route. Il apparaît brièvement dans L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Gérard Camy, Sam Peckinpah - Un réalisateur dans le système hollywoodien des années soixante et soixante-dix, Harmattan, (ISBN 2-7384-5823-8, lire en ligne).
  • François Causse, Sam Peckinpah, la violence du crépuscule, Dreamland, (ISBN 2910027724).
  • Jean-François Fourny, Les tourments de Samuel Peckinpah : du vieil ouest à l'état de sécurité nationale, Séguier, (ISBN 978-2-84049-565-9).
  • Fabrice Revault, La Horde sauvage de Sam Peckinpah, Yellow Now, collection « Côté films », (ISBN 978-2873402112).
  • Jean-Baptiste Thoret, Le Cinéma américain des années 1970, Cahiers du Cinéma, .
  • Collectif, Feux croisés - Le cinéma américain vu par ses auteurs (1946-1997), Actes Sud Beaux Arts / Institut Lumière, (ISBN 978-2-7427-1361-5).

En anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Bliss, Justified Lives: Morality and Narrative in the Films of Sam Peckinpah, Southern Illinois University, (ISBN 0809318237) (extraits).
  • (en) Michael Bliss, Doing it Right: The Best Criticism on Sam Peckinpah, SIU Press, (ISBN 0809318636) (extraits).
  • (en) Garner Simmons, Peckinpah, A Portrait in Montage, University of Texas Press, (ISBN 0-292-76493-6).
  • (en) Kevin J. Hayes, Sam Peckinpah: interviews, University Press of Mississippi, (ISBN 978-1-934110-63-8) (extraits).
  • (en) Stephen Prince, Sam Peckinpah's The Wild Bunch, Cambridge Film Handbooks, (ISBN 9780521586061) (extraits).
  • (en) Stephen Prince, Savage cinema : Sam Peckinpah and the rise of ultraviolent movies, University of Texas Press, (ISBN 0-292-76582-7).
  • (en) David Weddle, If they move...Kill'em ! The Life and Times of Sam Peckinpah, Grove Press, (ISBN 0802137768) (extraits).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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