Rain Man

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Rain Man
Description de cette image, également commentée ci-après
Dustin Hoffman, l'acteur principal, à la cérémonie des Oscars 1989.
Titre québécois L'homme de la pluie
Titre original Rain Man
Réalisation Barry Levinson
Scénario Barry Morrow
Ronald Bass
Acteurs principaux
Sociétés de production Metro Goldwyn Mayer
Guber-Peters Company
Star Partners II, Ltd
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Road-movie
Durée 133 minutes
Sortie 1988


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Rain Man est un film américain réalisé par Barry Levinson, sorti en 1988.

Le film raconte l'histoire d'un jeune et égocentrique concessionnaire de voitures de luxe, Charlie Babbitt (Tom Cruise), qui découvre que son père défunt dont il s'était éloigné a légué la quasi-totalité de sa fortune valant plusieurs millions de dollars à son autre fils, son frère Raymond Babbitt (Dustin Hoffman), un autiste savant dont il ignorait l'existence.

Ce road-movie fut considéré comme l'un des premiers films à aborder le thème de l'autisme. Il est souvent cité de façon erronée pour avoir mis en scène un personnage souffrant du syndrome d'Asperger (autisme sans déficience intellectuelle), popularisant l'erreur de compréhension de cette forme particulière d'autisme auprès du grand public, alors que le personnage en question souffre dans le film du syndrome du savant.

Le film a notamment été récompensé par quatre Oscars, dont un pour son co-interprète principal Dustin Hoffman, ainsi que deux Golden Globes.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Charlie Babbitt, un jeune revendeur de voitures de Los Angeles, rude et égocentrique, est en difficulté financière. Il apprend le décès de son père. En froid avec celui-ci depuis ses 16 ans, Charlie compte beaucoup sur l'héritage laissé par son défunt père pour se remettre sur pieds. Mais, lors de la lecture du testament, il ne reçoit en héritage que l'ancienne voiture décapotable de son père, ainsi que des rosiers primés, et apprend que la majorité de la fortune de son père, estimée à 3 millions de dollars, sera donnée à une pension psychiatrique de Cincinnati.

Après une courte enquête, Charlie découvre qu'un des pensionnaires de cette institution n'est autre que Raymond, son frère aîné, un autiste dont il ignorait totalement l'existence. Rendu furieux par ses problèmes financiers, Charlie enlève Raymond dans le but de récupérer la part d’héritage qu’il considère comme devant lui revenir de droit.

Débute alors un voyage (road movie) à travers les États-Unis en direction de la Californie, au cours duquel les deux frères, que tout semble séparer au premier abord, apprennent à se connaître.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version québécoise sur Forum du Doublage Québécois[2] :

Production[modifier | modifier le code]

L'acteur principal Dustin Hoffman à la Mostra de Venise 1989.

Genèse[modifier | modifier le code]

Roger Birnbaum, producteur américain, a été le premier à donner son accord pour produire le film. Il l'a fait immédiatement après que Barry Morrow a écrit le scénario du film.

En souvenir de cet appui, Roger Birnbaum a reçu des remerciements spéciaux qui ont figuré dans le générique du film[3].

Martin Brest fut l'un des premiers réalisateurs envisagés pour mettre en scène le film mais, peu satisfait du scénario, il décide d'abandonner le projet. Steven Spielberg tente alors de relancer l'adaptation. Il travaille pendant plusieurs mois avec Ronald Bass sur un scénario mais finit tout de même par jeter l'éponge pour se concentrer sur le troisième opus des aventures d'Indiana Jones[4].

Le personnage de Raymond Babbitt est inspiré de Kim Peek[5], atteint du syndrome du savant.

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

Musique originale du film composée par Hans Zimmer.

Chansons additionnelles :

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Rain Man rencontre une critique majoritairement positive.

Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 89 % d'avis favorables, sur la base de 80 critiques collectées et une note moyenne de 7,90/10 ; le consensus du site indique : « Ce roadmovie au sujet d'un autiste savant et de son frère inexpérimenté est loin d'être homogène, mais la direction de Barry Levinson est impressionnante et les solides performances de Tom Cruise et Dustin Hoffman ajoutent à son attrait[6]. » Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 65 sur 100, sur la base de 18 critiques collectées ; le consensus du site indique : « Acclamation générale » (Universal acclaim)[7].

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
172 825 435 $ - -
Drapeau de la France France 6 474 520 entrées - -

Monde Total mondial 354 825 435 $ - -

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Analyse du personnage de Raymond[modifier | modifier le code]

Raymond Babbitt a des comportements répétitifs (troubles obsessionnels compulsif) : il a l'habitude de regarder la télévision à une certaine heure pour ne pas manquer son émission favorite, le moindre contretemps risquant de provoquer une crise d'angoisse, que son frère redoute (à tel point que lorsque les deux frères font un long trajet en voiture, Raymond voulant absolument regarder la télévision, Charlie doit s'arrêter à la première maison au bord de la route, et, après avoir tenté de faire illusion auprès de l'occupante des lieux avec un prétexte inventé à la hâte, demande que Raymond puisse regarder la télévision, sans quoi elle assisterait à une de ces crises).

Raymond n'a pas la moindre capacité à nouer des relations sociales, que ce soit avec son infirmier qui le connaît depuis des années, ou avec son frère (cependant, au cours des quelques jours mouvementés passés avec Charlie, dont il avait été séparé lorsque tous deux étaient enfants, Raymond montre des signes d'évolution inespérés en ce sens : à la fin du film il partage une danse, puis un baiser, avec la petite amie de Charlie ; il comprend mieux les plaisanteries et semble heureux à l'idée de revoir son frère régulièrement).

Il a aussi un vocabulaire limité ; il ne peut faire que des phrases très simples, et répète inlassablement les mêmes mots, les mêmes formules, les mêmes histoires dont il n'a qu'une compréhension très superficielle ; par exemple le sketch « Qui est en première base ? » (Who's on First? de Abbott et Costello), qu'il répète en boucle, notamment dans les situations stressantes, et dont Charlie tente vainement de lui expliquer le ressort humoristique.

Cependant, Raymond excelle dans certains domaines très spécifiques ; par exemple, il connaît avec précision la liste des accidents d'avion par date et par compagnie (ce qui entraîne une peur panique à l'idée de monter dans un avion), ou peut donner le numéro de téléphone d'une serveuse d'après son nom inscrit sur sa blouse après avoir littéralement appris l'annuaire. Il peut aussi compter en un seul coup d'œil un grand nombre d'objets ou réaliser de tête des opérations mathématiques complexes (il dit simplement « voir » le résultat). Au casino, dans certains jeux de cartes (Blackjack) demandant une mémoire eidétique, il est surdoué. En revanche, il est incapable de comprendre un problème concret impliquant un calcul simple.

Syndrome d'Asperger[modifier | modifier le code]

Le film est souvent cité pour avoir mis en scène un personnage avec syndrome d'Asperger et a popularisé une erreur de compréhension de cette forme d'autisme auprès du grand public[8], notamment à travers l'image — erronée — du génie autiste[9]. Roselyne Bachelot note que « pour nombre de gens qui n'ont pas l'expérience de ce handicap, l'autisme correspond au syndrome d'Asperger, illustré par le personnage incarné par Dustin Hoffman dans le film Rain Man », ce qui ne leur permet pas de comprendre la situation de la majorité des autistes[10].

Le personnage incarné par Dustin Hoffman est souvent décrit comme ayant le syndrome d'Asperger mais, dans le film, le Dr Bruner ne fait mention que d'autisme.

Le syndrome d'Asperger est un autisme sans déficience intellectuelle[11]. Raymond aurait donc le syndrome du savant. C'est pourquoi l'idée fausse que les personnes ayant le syndrome d'Asperger sont forcément savantes s'est répandue. Cette confusion est généralement considérée comme ayant porté préjudice à la perception que le grand public a du syndrome d'Asperger.

Pour plusieurs personnes diagnostiquées Asperger, dont Daniel Tammet et Josef Schovanec, le personnage de Raymond, qui ne saurait être représentatif de la diversité du spectre de l'autisme, donne en outre une vision datée[12], caricaturale[13] et en partie inexacte[14] du syndrome qu'il présente.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Le coscénariste du film Barry Morrow et initiateur du projet de film est membre des associations suivantes : l’« Association of Retarded Citizens », la « National Association of Social Workers » et de l'« Autism Society of America », prouvant ainsi son engagement personnel vis-à-vis des personnes en situation de handicap mental et qu'il revendique dans certaines déclarations personnelles[15]. Il est donc curieux qu'il assimile handicap mental et syndrome d'Asperger.
  • Dans le film, on peut découvrir, à la fin, la brève apparition de Barry Levinson dans le rôle d'un médecin.
  • Le titre québécois du film est L'homme de la pluie, cela peut sembler aller à l'encontre du scénario (en effet, dans la version originale, Charlie a construit le nom Rain man à partir de Raymond) mais, en un sens, les souvenirs qu'il garde de ce personnage (qu'il croit imaginaire), à travers ses yeux d'enfants, sont attachés au sens qu'ont ces mots (l'homme de la pluie, un surnom enfantin pour un personnage imaginaire).

Version tronquée du film diffusée par les compagnies aériennes[modifier | modifier le code]

Au cours de , au moins quinze grandes compagnies aériennes ont montré des versions éditées de Rain Man qui omettaient la scène impliquant le refus de Raymond de prendre un avion (aviophobie), quand celui-ci mentionnant les accidents aériens de l'American Airlines Flight 625 (en) (1976), du Vol Delta Air Lines 191 (1985) et du Vol Continental Airlines 1713 (1987), mais qu'il indiquait qu'il n'y avait pas eu d'accidents chez la compagnie Qantas basée en Australie[16],[17].

Parmi les critiques de cette décision figuraient le réalisateur Barry Levinson, le co-scénariste Ronald Bass et George Kirgo (à l'époque le président de la Writers Guild of America, West). Lors d'une interview téléphonique, Levinson a déclaré : « Je pense que c'est une scène clé pour tout le film [...] C'est pourquoi elle est là-dedans. Elle lance toute leur odyssée à travers le pays - parce qu'ils ne pouvaient pas prendre un vol »[16],[17].

Alors que certaines de ces compagnies aériennes ont cité comme justification d'éviter que les passagers de l'avion ne se sentent mal, prenant en sympathie le personnage de Raymond pendant les divertissements en vol, la scène a été montrée intacte sur les vols de Qantas, et les commentateurs ont noté que Raymond la mentionne comme la seule compagnie aérienne dont les avions ne se sont « jamais écrasés »[16],[17].

Le film est crédité pour avoir présenté le dossier de sécurité (safety record) de Qantas aux consommateurs américains[18],[19].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

De nombreux clins d'œil à Rain Man existent dans la culture populaire, que ce soit dans l'épisode Casino (4x14) de la série Spin City, l'épisode Kafkaïen (saison 3, épisode 9) de la série télévisée Breaking Bad, les films Las Vegas 21 ou encore dans la série FBI : Duo très spécial.

De manière semblable, dans le film To the Bone, le personnage principal Ellen est citée comme étant « la Rain Man des calories » en raison de sa connaissance du nombre exact de calories dans chacun des aliments de son assiette.

  • Dans la série d'animation Les Simpson (saison 5, épisode 10, « L'Enfer du jeu »), on voit une parodie la scène du casino de Rain Man où Charlie emmène Raymond pour compter les cartes au Blackjack. Dans la série, les deux personnages sont à une table où Homer Simpson est le croupier, et qui demande à Raymond de lui remontrer de quelle façon il a compté les cartes, car cela l'a grandement impressionné.
  • Dans le film Very Bad Trip (2009) de Todd Phillips, les acteurs Bradley Cooper et Zach Galifianakis parodient eux aussi la scène en arrivant dans le même casino que celui du film, par le même escalator et en arborant des tenues et des postures assez similaires à celles de Charlie et Raymond dans Rain Man.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  2. « Fiche du doublage québécois du film », sur Forum du Doublage Québécois (consulté le 4 février 2018)
  3. fiche du film dans imdb.com
  4. Sophie Benamon, « Steven Spielberg - Les films qu'il aurait pu tourner », Studio Ciné Live, no 81,‎ , p. 50 à 53.
  5. Video"The Boy With The Incredible Brain"
  6. (en) « Rain Man (1988) », sur Rotten Tomatoes.com (consulté le 5 mars 2021).
  7. (en) « Rain Man Reviews », sur Metacritic.com (consulté le 5 mars 2021).
  8. Pierre Delion, Ecouter, soigner, Albin Michel, , 192 p. (ISBN 978-2-226-28956-8 et 2-226-28956-9, lire en ligne), p. 58.
  9. Gilles-Olivier SILVAGNI, Christian GODIN, La Psychanalyse Pour les Nuls, EDI8, coll. « Pour les Nuls Psychologie/Développement Personnel », , 432 p. (ISBN 978-2-7540-4477-6 et 2-7540-4477-9, lire en ligne), p. 115.
  10. Roselyne Bachelot, À feu et à sang : Carnets secrets d’une présidentielle de tous les dangers, Editions Flammarion, 263 p. (ISBN 978-2-08-128790-7 et 2-08-128790-0, lire en ligne), p. 96.
  11. « Groupe Asperger - Syndrome », sur asperger.autisme.ch (consulté le 15 juin 2017)
  12. Daniel Tammet, Embrasser le ciel immense, Les Arènes, , 330 p. (ISBN 978-2-35204-252-5 et 2-35204-252-6, lire en ligne), p. 19.
  13. Jean-Jacques Le Gall, « Voyage au pays de l'autisme avec Josef Schovanec », Télérama, .
  14. Christel Petitcollin, Je pense mieux : Vivre heureux avec un cerveau bouillonnant, c'est possible !, Guy Trédaniel, , 240 p. (ISBN 978-2-8132-1183-5 et 2-8132-1183-4, lire en ligne), p. 49.
  15. Site de Laura Baker
  16. a b et c (en) « Airlines Cut Scene From "Rain Man" », sur The New York Times, .
  17. a b et c (en) Steve Weinstein, « Uneasy Airlines Get Final Cut on "Rain Man" », sur Los Angeles Times, .
  18. (en) Marina Kamenev, « Qantas: Airline Safety's Golden Child No More? », sur Time, .
  19. (en) « Is Qantas still the world's safest airline? », sur News.com.au, .

Liens externes[modifier | modifier le code]