Iași

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Iași
Jászvásár, Jassy
Blason de Iași
Héraldique
Hôtel de ville, ex-palace Roznoveanu
Hôtel de ville, ex-palace Roznoveanu
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région Coat of arms of Moldavia.svg Moldavie
Département Actual Iasi county CoA.svg Iași
Maire
Mandat
Gheorghe Nichita PSD
2004-2008
Code postal 700 xxx
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 308 843 hab. (2009)
Densité 2 130 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 09′ 44″ N 27° 35′ 20″ E / 47.16222, 27.58889 ()47° 09′ 44″ Nord 27° 35′ 20″ Est / 47.16222, 27.58889 ()  
Altitude 60 m
Superficie 14 500 ha = 145 km2
Divers
Cours d'eau Bahlui
Localisation

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Iași

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Iași
Liens
Site web http://www.primaria-iasi.ro

Iași (prononcé [jaʃʲ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) (traditionnellement écrit en français, anglais, allemand et russe Jassy ou Iassy, en hongrois Jászvásár, en italien Jassi, en arménien Yash, en turc Yaş) est une ville de Roumanie, chef-lieu du județ de Iași et 4e ville du pays après la capitale Bucarest[1]. Iași fut la capitale de la Moldavie entre 1564 et 1859, puis une des deux capitales des Principautés Unies de Moldavie et de Valachie entre 1859 et 1862, et enfin capitale de la Roumanie en 1916-1918.

D'après le recensement de 2011, la ville compte 290 442 habitants, soit la quatrième ville la plus peuplée de Roumanie. La métropole de Iași regroupe 13 communes, et rassemblerait environ 400 000 habitants.

Iași est le centre culturel, économique et universitaire de la région roumaine Moldavie. Plus de 60 000 étudiants fréquentent les universités de la ville, où fut fondée l'Université Alexandru Ioan Cuza, une des plus prestigieuses du pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville se trouve sur le Bahlui, un affluent de la Jijia, qui se déverse dans le Prut. Elle s'étend sur sept collines, avec une altitude qui varie entre 40 m dans le bassin du Bahlui et 400 m des collines Păun et Repedea. Les principales collines sont Copou, Tătărași et Galata.

Villes voisines[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les recherches archéologiques ont conduit à la découverte d'amphores romaines rue Ciurchi, dans les vignes de la colline de Copou ainsi qu'à quelques kilomètres de Iași à la Holboca[2]. De même, des pièces de monnaie romaine ont été trouvées près de la colline de Cetățuia. À Valea Lupului (près de l'usine d'antibiotiques) on découvre des tombes sarmates, des vases daces et des objets ornementaux. À l'époque pré-féodale, on identifie 19 regroupements de huttes dans la région de Iași, dont on a retrouvé des restes datant du IVe siècle. On a découvert également des habitations de forme rectangulaire (VIIe ‑ Xe siècles), avec des fours en forme de U et de nombreux outils, des vêtements et des ornements attribués à la culture dite Dridu (balkano-danubienne). Un objet en céramique avec des composants techniques du Xe siècle, et typique de l'artisanat de Moldavie du Nord, a également été retrouvé.

Gh. Ghibănescu[3] a montré qu'en 1238, les Tatares provoquent l'exode de 10.000 Alains vers la zone où sera établie Iași. Entre 1299 et 1302, la majorité de ces Alains quitte la Moldavie pour gagner l'Empire byzantin. On tire de ces recherche le constat suivant : le village de Iași s'est développé durant l'Antiquité puis la période pré-féodale, pour devenir un petit bourg rectangulaire. Au XIIIe siècle il a connu une brusque croissance avec l'implantation de tribus d'Alains. Le bourg a donc été successivement occupé par (non terminé)


Jassy (Iași) est mentionné pour la première fois dans un privilège commercial émis en 1408 par le Prince de Moldavie Alexandre Ier le Bon (Alexandru cel Bun), mais d'autres historiens considèrent qu'en 1395 une localité existait déjà, puisque cette date est inscrite dans l'église arménienne du vieux centre. Du point de vue historique, le nom de la ville se réfère, d'après les spécialistes, à la présence en ces lieux des Iasses (en roumain Iași), un groupe d'Alains : elle figure dans les chartes hongroises et polonaises du XIVe siècle sous le nom de Asci, civitas Iassiorum[4]. Une légende populaire place la fondation de Iași dans « des temps immémoriaux », lorsqu'un Voïvode de Valachie cria à un berger nommé Dediu de sortir de sa bergerie pour lui parler. Il lui dit : « Ieși până afară să vorbim ceva ! » (« Sors dehors, que nous puissions parler un peu ! » : ieși - sors - se prononce en roumain presque comme le nom de la ville, Iași). Cette légende est fantaisiste, c'est un jeu de mots, mais elle rappelle les occupations principalement pastorales des « Valaques » avant le fondation des principautés roumaines.

Beaucoup d'événements importants pour les Roumains ont eu lieu à Jassy, capitale de la Moldavie, durant trois siècles (1566-1862). Ici se trouvait la résidence permanente ou temporaire des voïvodes Alexandru cel Bun, Étienne le Grand, Alexandru IV Lăpusneanu, Basile le Loup, et bien d'autres. Un traité entre l'Empire russe et l'Empire ottoman a été signé à Jassy en 1792. La ville a connu beaucoup de tragédies. Elle a été pillée et incendiée par les Tatars et les Cosaques, mais elle a pu renaître chaque fois. Elle a été un des théâtres des révolutions roumaines de 1821, 1848 et 1989.

Pendant la Première Guerre mondiale Jassy fut la capitale provisoire de la Roumanie, en grande partie occupée par les Allemands, et la base arrière de l'armée française Berthelot.

Comme toute la Roumanie, Iași fut soumise aux régimes dictatoriaux fasciste et communiste, de septembre 1940 à décembre 1989. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 27 juin 1941, elle fut le théâtre d'un terrible pogrom et des tentatives du pharmacien Beceanu, un « juste », de sauver les persécutés, puis elle fut violemment bombardée par les soviétiques de mars à août 1944, et occupée par eux de 1944 à 1958.

La vieille ville est comprise dans un quadrilatère limité par les rues actuelles Ștefan cel Mare (Grand-Rue), Alexandru Lăpușneanu, la rue de l'Indépendance (le pont Podul Hagioaiei), Elena Doamna et Grigore Ghica (Rue-Russe), le noyau de la ville se trouve dans la zone du Palais de la Culture (cour princière) et rue Costache Negri (Rue-Vieille).

Palais culturel
Monastère

La ville nouvelle s'est étendue dans toutes les directions, en englobant dans une première phase (aux XVIIIe et XIXe siècles) les quartiers Copou, Sărărie, Țicău, Tătărași, Ciurchi, Galata et partiellement Nicolina et Păcurari; dans une deuxième phase (au XXe siècle) ont été inclus les quartiers Păcurari (nouvelle partie, à l'ouest), Nicolina (nouvelle partie, au sud, appelé aujourd'hui CUG), Frumoasa-Poitiers, Socola, Bucium, Canta, Mircea cel Bătrân, Alexandru cel Bun, Dacia et Grădinari, plus la Zone industrielle.

Comme d'autres villes roumaines, Jassy a été noyée par la prolifération des automobiles depuis le boum économique qui a suivi le rétablissement de la phase démocratique. La circulation y est très difficile. Côté transports urbains, 10 autobus Renault R.312 venus de France ont été cédés par la RATP au réseau modeste de Jassy en octobre et novembre 2007. 10 Saviem Sc10 ont également été cédés au réseau de Jassy par la RATP. Sur les 10 Saviem Sc10 vendus par la RATP, 8 seront réformés.

Population[modifier | modifier le code]

  • 1900 : 78 000 habitants
  • 1992 : 345 000 habitants
  • 2002 : 340 000 habitants

Institutions et lieux[modifier | modifier le code]

Jassy est la ville des grandes idées, de la première grande union, du premier spectacle théâtral en langue roumaine et du premier musée littéraire mémorial (Bojdeuca din Țicău).

On trouve aussi à Jassy l'église des Trois Hiérarques, un témoignage des goûts esthétiques du grand souverain Basile le Loup (Vasile Lupu), la cathédrale du Métropolite et nombre d'autres églises dignes d'intérêt, le palais de la Culture, la maison Pogor avec la Table des Parapluies, les allées du Copou avec des senteurs de tilleuls et les échos du poème d'Eminesco le Tilleul, sans oublier le musée Mihai Eminescu, le Théâtre national (qui abrite aussi l'Opéra), la Philharmonie d'État "Moldova" et ses chœurs "Gavriil Musicescu", ainsi que les maisons mémoriales "Mihail Sadoveanu", "George Toparceanu", "Mihail Codreanu", "Otilia Cazimir".

Transports[modifier | modifier le code]

La ville compte un réseau de tramways : huit lignes qui s'étendent sur 76 kilomètres.

Education[modifier | modifier le code]

Université Alexandru Ioan Cuza
  • La première institution d'enseignement supérieur du territoire roumain fut le l'Académie Vasiliană (1640) créée par le Prince Vasile Lupu comme école supérieure pour l'enseignement du latin et des langues slaves qui fut suivie par l'académie Princely de Jassy en 1707.
  • Le premier établissement enseignement supérieur en langue roumaine fut créé à l'automne 1813 par l'ingénieur Gheorghe Asachi qui mit en place une classe d'ingénieurs dans les locaux de l'académie grecque Princely.
Bibliothèque centrale
  • En 1860, par décret par Alexandru Ioan Cuza trois facultés de l'académie de Mihai (Academia Mihăileană) forment le noyau de l'université de Jassy, la première université de Roumanie. Elle compte aujourd'hui 15 facultés et plus de 35 000 étudiants. Le bâtiment principal, monument d'architecture, a été construit en 1896.
  • En 1937, les deux facultés de sciences de l'université de Jassy deviennent des département de l'université technique Gheorghe Asachi nouvellement créée.
  • Dans la période de la seconde guerre mondiale l'université technique renommée en École polytechnique en 1948 étend ses domaines d'activité en ingénierie et redevient l'université technique en 1993.

On peut trouver aussi en ville des instituts d'enseignement supérieur : l'université agronomique, l'université technique, l'université de médecine et de pharmacie et l'université des arts Georges Enesco. Place Eminesco, durant l'entre-deux-guerres, on a construit le bâtiment de la Fondation culturelle royale, qui héberge aujourd'hui la Bibliothèque centrale universitaire Mihai Eminescu, avec un fonds documentaire d'à peu près un million de livres, dont certains sont très rares. Les principaux campus étudiants sont ceux de Tudor Vladimirescu, Titu Maiorescu, Târgușor-Copou, Codrescu (dont le complexe international) et celui d'Agronomie.

Jumelage[modifier | modifier le code]

La ville de Iași est jumelée avec[5] :

D'autres jumelages et partenariats sont en cours de finalisation avec (les dates sont celles du lancement du projet de jumelage) :

Personnalités[modifier | modifier le code]

À Jassy ont vécu ou ont été formés des hommes comme les métropolites Varlaam et Dosoftei,les chroniqueurs Grigore Ureche, Miron Costin, Nicolae Milescu Spătarul et Ion Neculce, le savant de renommée européenne Dimitrie Cantemir. D'ici se sont élevés Gheorghe Asachi, Mihail Kogalniceanu, Alexandru Ioan Cuza, Vasile Alecsandri, Alecu Russo, A. D. Xenopol, Vasile Conta, Titu Maiorescu, Mihai Eminescu, Ion Creangă, George Ibrăileanu, Mihail Sadoveanu, Nicolae Iorga, Marian Râlea, dr. C. I. Parhon, Horia Hulubei, Gr. Cobalcescu, Petru Poni, Radu Cernătescu, Otilia Cazimir, Ionel Teodoreanu, Costache Negruzzi, Alexandru Philippide, Theodor Pallady et Emil Racoviță. Le seul Roumain qui a reçu un prix Nobel, George Emil Palade, est né à Jassy.

Lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Auberge Trei Sarmale de Iași
  • le Palais de la Culture
  • la Métropolie de Moldavie et de Bucovine
  • le théâtre national
  • le palais Roznovanu
  • le monastère des Trois Saints Hiérarques
  • la maison Dosoftei - l'église Saint-Nicolas-Domnesc
  • l'église Bărboi
  • le monastère Golia
  • la bibliothèque centrale Universitaire
  • l'université Alexandre Jean Cuza
  • le parc Copou
  • le Jardin Botanique
  • le monastère Cetățuia
  • la Bojdeuca Ion Creangă
  • l'auberge des trois sarmale

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://ro.wikipedia.org/wiki/Ora%C5%9Fele_Rom%C3%A2niei#cite_note-hotnews-census2011data-1
  2. C. Cihodaru, G. Platon, Istoria orașului Iași, Editura Junimea, 1980, p. 30-50
  3. Gh. Ghibănescu, Originile Iașilor, în „Arhiva”, Iași,1904, p. 42-46
  4. N. P. Comnène, Romania through the ages/La terre roumaine à travers les âges (en anglais et français), Payot, Paris-Lausanne 1919
  5. Orase infratite

Liens externes[modifier | modifier le code]

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