Stephen Frears

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Stephen Frears
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Stephen Frears au Odessa Film Festival 2014.
Nom de naissance Stephen Arthur Frears
Naissance (77 ans)
Drapeau du Royaume-Uni Leicester,
Midlands de l'Est, Angleterre
Nationalité britannique
Profession Réalisateur et producteur
Films notables voir filmographie.

Stephen Frears, né le à Leicester (Midlands de l'Est), est un réalisateur et producteur anglais.

Après avoir signé plusieurs drames sociaux anglais durant les années 1980, il s'impose en 1988 avec la comédie de moeurs en costumes Les Liaisons dangereuses. Le réalisateur confirme sa francophilie quelques années plus tard en signant Dirty Pretty Things (2002), avec l'actrice Audrey Tautou, puis en tournant en France un nouveau film en costumes, Chéri (2009), avec Michelle Pfeiffer. Mais durant les années 2000, il réalise surtout plusieurs films aux États-Unis - dont Mary Reilly (1998) et High Fidelity (2000).

À partir de la fin des années 2000, il se consacre, avec succès, à des biopics de femmes plus ou moins connues : Madame Henderson présente (2005), Tamara Drewe (2010), Philomena (2014), Florence Foster Jenkins (2015). Il signe aussi deux explorations de la monarchie britannique : le multirécompensé The Queen (2006) et Confident Royal (2017).

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et révélation comme cinéaste (années 1970-1980)[modifier | modifier le code]

Le réalisateur en Suède, en 1989.

Stephen Frears fait ses études à la Gresham's School et au Trinity College de l'Université de Cambridge où il suit des cours de droit avant de travailler pour le théâtre. Il commence sa carrière au cinéma comme assistant de Karel Reisz[1] et réalise son premier film pour la BBC en 1970 : Gumshoe. Initialement prévu pour une diffusion télévisée, My Beautiful Laundrette, histoire d'amour entre un jeune paumé et un Pakistanais, sort en salles en 1985. Le film qui rend compte de la rudesse sociale dans l'Angleterre de l'ère Thatcher, le rend célèbre sur le plan international.

Frears récidivera dans cette veine du film hybride entre fresque sociale et romance avec Sammy et Rosie s'envoient en l'air réalisé en 1987. Film à suspense avec le théâtre pour toile de fond, Prick Up Your Ears est récompensé à Cannes la même année. En 1988, il porte à l'écran l'adaptation par Christopher Hampton des Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos. Il y dirige une distribution prestigieuse : Glenn Close, John Malkovich et Michelle Pfeiffer tiennent les rôles principaux. Le film est un triomphe planétaire, couronné par 3 Oscars.

Carrière hollywoodienne (années 1990)[modifier | modifier le code]

Passé aux États-Unis, Frears réalise d'abord un film noir : Les Arnaqueurs avec John Cusack, Anjelica Huston et Annette Bening puis une comédie satirique sur l'héroïsme et la célébrité interprétée par Dustin Hoffman, Andy García et Geena Davis : Héros malgré lui.

De retour au Royaume-Uni, il met en scène deux films sociaux mêlant humour et gravité : The Snapper et The Van, puis retourne à Hollywood pour filmer plusieurs films indépendants : le le film d'horreur Mary Reilly avec Julia Roberts qui joue une bonne fascinée par la double identité de son maître, le docteur Jekyll ; puis le drame The Hi-Lo Country (1998), rendant hommage au western américain, avec Woody Harrelson et Billy Crudup ; enfin la comédie dramatique High Fidelity (2000), portée par John Cusack.

Le , il réalise la prouesse de diriger le téléfilm Point Limite en direct sur la chaîne américaine CBS. Il tourne aussi le drame historique Liam pour la télévision britannique.

La décennie suivante, il tourne surtout en Europe.

Retour en Europe et consécration (années 2000)[modifier | modifier le code]

Le cinéaste au Festival du Film de Cardiff 2006, l'année de sortie de The Queen.

En 2003, il dévoile Dirty Pretty Things, 'un thriller social avec la désormais star internationale, l'actrice française Audrey Tautou. Puis il réalise le biopic Madame Henderson présente, avec Judi Dench et Bob Hoskins dans les rôles principaux. Il y dresse le portrait d'une veuve fortunée décidant, à la fin des années 1930, de mener une revue de spectacles dévêtus.

Mais surtout, il met en scène Helen Mirren dans le biopic The Queen, primé à Venise et aux Oscars. La comédienne y tient le rôle de la reine Élisabeth II, fragilisée par le décès de son ex-belle fille Lady Diana. Suite à ce succès de l'année 2006, le réalisateur fait une pause avant de revenir trois ans plus tard avec un long-métrage renouant avec la comédie de moeurs et le film en costumes avec Chéri, histoire d'amour à la Belle Époque entre une prostituée d'âge mûr et un jeune mondain. Le réalisateur a tourné en France pour cette adaptation de l'oeuvre éponyme de Colette.

Il conclue cette décennie avec une autre adaptation et un autre portrait de femme : Tamara Drewe est une transposition du roman graphique de Posy Simmonds avec Gemma Arterton dans le rôle-titre.

Biopics (années 2010)[modifier | modifier le code]

Le cinéaste au festival de Cannes 2010, pour la présentation de Tamara Drewe.

Le réalisateur retourne à Hollywood pour signer la comédie policière Lady Vegas : Les Mémoires d'une joueuse, pour laquelle il dirige Catherine Zeta-Jones et Bruce Willis. Les critiques sont cependant très mauvaises. Le cinéaste rebondit déjà en Angleterre l'année suivante avec la comédie dramatique Philomena, une histoire vraie portée par l'actrice Judi Dench, associée à Steve Coogan, qui produit aussi le long-métrage. Quatre nominations aux Oscars saluent le film.

Le cinéaste s'attelle à une autre histoire vraie, en explorant les dessous du dopage dans le cyclisme en transposant l'affaire Lance Armstrong avec la co-production internationale The Program. Les rôles principaux sont confiés à Ben Foster et Chris O'Dowd. Le film passe cependant inaperçu. Il rebondit avec un autre biopic, Florence Foster Jenkins, qui lui permet de mettre en scène un duo d'acteurs inattendu, Meryl Streep et Hugh Grant. Ce long-métrage racontant la vie de la riche héritière du même nom dotée d'une passion pour l'art lyrique mais chantant terriblement faux, est acclamée par la critique.

Le réalisateur retrouve Judi Dench en 2017, pour une nouvelle exploration de la monarchie britannique, Confident Royal. Le long-métrage, une romance entre deux personnes que la société oppose, permet au cinéaste de renouer avec un récit comparable à celui de My Beautiful Laundrette.

Par la diversité des genres qu'il aborde et ses accents audacieux voire provocateurs, Stephen Frears est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands cinéastes internationaux[1]. Il a eu la chance de diriger plusieurs grandes stars dont il a su tirer le meilleur (Hoffman, Streep, Roberts, Malkovitch, Close, Pfeiffer, Mirren, Huston, Daniel Day-Lewis, Judi Dench, Kathy Bates, Gary Oldman...).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il a épousé Anne Rothenstein en 1992. Il avait eu, d'un précédent mariage, deux enfants : le réalisateur Will Frears et une fille.

Il fut président du jury au 60e Festival de Cannes, qui s'est tenu du 16 au 27 mai 2007[2]. Le , il est fait commandeur des arts et des lettres[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Producteur TV[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

Stephen Frears est le parrain de l'association internationale de scénaristes DreamAgo, depuis 2005.

Études universitaires[modifier | modifier le code]

  • Lionel Souquet, « Kitsch, classes sociales et multiculturalisme dans My Beautiful Laundrette (Stephen Frears, 1985) », Revue LISA/LISA e-journal [En ligne], vol. XV-n°1 | 2017, mis en ligne le 07 septembre 2017, URL : http://lisa.revues.org/9054

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Biographie de Stephen Frears sur le site du Festival de Cannes
  2. « Stephen Frears, président
    du jury du 60e Festival
     », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 25 avril 2018)
  3. « Stephen Frears, commandeur des arts et lettres », sur FIGARO, (consulté le 26 janvier 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]