Spencer Tracy

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Spencer Tracy
Description de l'image Spencer Tracy.jpg.
Nom de naissance Spencer Bonaventure Tracy
Surnom Spence
Naissance
Beverly Hills, États-Unis
Nationalité Américaine
Décès (à 67 ans)
Profession Acteur
Films notables Ceux de la zone
Furie
Capitaines courageux
Des hommes sont nés
Docteur Jekyll et M. Hyde
La Femme de l'année
Un homme est passé
Devine qui vient dîner ?

Spencer Tracy est un acteur américain, né le à Milwaukee (Wisconsin) et mort le à Beverly Hills (Californie).

Classé « 9e acteur de légende » par l'American Film Institute, il a obtenu deux Oscars du meilleur acteur deux années consécutives en 1937 pour Capitaines courageux et en 1938 pour Des hommes sont nés, ainsi que le BAFTA en 1967 pour Devine qui vient dîner....

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Spencer Tracy dans Furie (1936).

Né à Milwaukee dans le Wisconsin, Spencer Bonaventure Tracy est le second fils de John Edward Tracy, vendeur de camions d'origine irlando-américaine catholique, et Caroline Brown, une protestante qui se convertit à la Science chrétienne. Enfant difficile et hyperactif [1], il manifeste un intérêt très tôt pour le cinéma, à tel point qu'il regarde des films et rejoue des scènes sous le regard de ses amis et de ses voisins [2].

Il fait ses débuts sur scène en 1921 dans une pièce de théâtre intitulée The Truth, et se décide à se lancer dans une carrière d'acteur. Il se fait remarquer. Lors d'une tournée de sa troupe, il est auditionné pour un rôle et accepté à l'American Academy of Dramatic Arts à New York. Il excelle sur les planches. En 1923, il épouse l'actrice Louise Treadwell avec qui il a deux enfants.

Carrière[modifier | modifier le code]

Spencer Tracy fait une apparition en 1930 dans des courts-métrages : Taxi Talks et The Hard Guy. Il joue ensuite dans The Last Mile. John Ford remarque sa prestation et lui propose un rôle dans son film Up the River. Le film est un succès et John Ford le juge « parfait »[3].

Ses premiers films sont considérés comme mineurs[4] : Ceux de la zone est un échec malgré les moyens mis en œuvre par la 20th Century Fox, qui mise beaucoup sur le jeune acteur, et de bonnes critiques[5]. Durant le tournage de Marie Galante en 1934, il est retrouvé inconscient dans sa chambre d'hôtel et est hospitalisé d'urgence, forçant la 20th Century Fox à interrompre le tournage. L'incident irrite la compagnie qui met un terme à son contrat l'année suivante[6].

La MGM l'engage aussitôt et lui propose de jouer dans La Double Vengeance qui marque aussi les débuts de James Stewart. D'abord employé comme second rôle pour servir les vedettes telles que Myrna Loy ou Jean Harlow[7], il s'impose définitivement grâce au succès de Furie (1936) de Fritz Lang. C'est le début d'une carrière fulgurante, où il passe des rôles difficiles ou ambigus, comme dans Un homme est passé de John Sturges, aux comédies (Une fine mouche, Madame porte la culotte) et aux films de guerre (Trente secondes sur Tokyo, La Septième Croix).

Souffre d'emphysème et de diabète, il frôle la mort en 1965 d'une ablation de la prostate. Dans la nuit du , il est terrassé par une crise cardiaque alors qu'il est en train de se préparer une tasse de thé, dix-sept jours après la fin du tournage de Devine qui vient dîner... avec Katharine Hepburn. C'est cette dernière qui le découvre mort dans sa cuisine. Le film sort en décembre, six mois après son décès.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Spencer Tracy épouse Louise Treadwell en 1923, ce qui n'empêche pas Tracy de multiplier les liaisons extra-conjugales. Le couple aura deux enfants : John et Susie. John naît en 1924 avec une malformation qui le rend sourd. Louise attendra trois ans avant de le révéler à Tracy qui, convaincu que ce qui est arrivé à son fils est le fruit de ses propres péchés[8], sombre dans l'alcoolisme[9]. Il rencontre Katharine Hepburn en 1942 sur La Femme de l'année. C'est le début d'une liaison qui durera, bien qu'entrecoupée de pauses, jusqu'à la mort de l'acteur en 1967 (en catholique fervent, Tracy refuse en effet de divorcer). Outre Katharine Hepburn, Spencer Tracy a compté parmi ses conquêtes un grand nombre de ses partenaires féminines, en marge des tournages :

  • Loretta Young, en 1933 pendant le tournage de Ceux de la zone. Très épris l'un de l'autre, ils envisagent le mariage mais celui-ci ne se concrétise pas en raison de leurs croyances religieuses[10]. Bien que publique, leur relation prend fin, marquant l'acteur profondément[11]. Il reviendra vers Louise mais restera officiellement séparé[12] ;
  • Myrna Loy, en 1935-1936 durant les tournages de On a volé les perles Koronoff et Une fine mouche. Tracy raconte à Garson Kanin : « J'aurais préféré faire une série de films avec elle plutôt qu'avec l'autre [Katharine Hepburn]. Myrna avait certains penchants et je pense l'en avoir guérie. Dieu merci, j'ai couché avec Myrna Loy avant que l'autre ne vienne tout gâcher. »[13]. L'actrice qui a repoussé les avances des plus grandes stars comme Clark Gable et Lionel Barrymore et qui jouit d'une bonne réputation, étant officiellement fiancée avec Arthur Hornblow Jr, fait étrangement une exception pour Tracy mais celui-ci renonce finalement, tout en continuant à rendre visite clandestinement à Myrna Loy sur certains de ses tournages[14],[15],[16] ;
  • Joan Crawford, en 1937 pendant le tournage de Mannequin. Leur liaison torride laisse à l'actrice une mauvaise impression à cause des problèmes d'alcoolisme de Tracy[17],[18],[19] ;
  • Ingrid Bergman, en 1942 pendant Docteur Jekyll et M. Hyde. L'actrice suédoise qui a une liaison avec Victor Fleming est aussi très liée avec Spencer Tracy[20]. Comme avec ses précédentes partenaires, la relation tourne court, tous deux étant sentimentalement instables [21] ;
  • Gene Tierney, en 1952 pendant le tournage de Capitaine sans loi. Le clap final coïncida avec la fin de leur éphémère liaison[22],[23].

Postérité et hommages[modifier | modifier le code]

Quarante ans plus tard, Tracy est toujours reconnu comme l'un des plus talentueux acteurs de son époque. Son jeu réaliste tranche avec celui daté et plus stylisé de ses partenaires dans les années 1930. Ainsi, dans La Septième Croix, il est convaincant dans le rôle d'un prisonnier échappé d'un camp de concentration en dépit de sa corpulence. L'acteur Van Johnson surnomma Tracy « mon mentor »[réf. nécessaire]. En 1988, l'université de Californie et Susie Tracy créent l'UCLA Spencer Tracy Award. Cette récompense honore les acteurs pour leur apport au cinéma. Parmi les lauréats se trouvent William Hurt, James Stewart, Michael Douglas, Denzel Washington, Tom Hanks, Sir Anthony Hopkins, Jodie Foster, Harrison Ford, Anjelica Huston, Nicolas Cage, Kirk Douglas, Jack Lemmon et Morgan Freeman.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Spencer Tracy dans L'Enjeu (1948).
Spencer Tracy dans Procès de singe.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Alcoolique, il disparaissait souvent et s'isolait dans une chambre d'hôtel pour boire. Ivre, il lui arrivait de mettre la chambre en piteux état et de se retrouver en état d'arrestation ensuite. Il était parfois retrouvé dans un état proche du coma éthylique[24].
  • Il s'est souvent battu avec le réalisateur William A. Wellman qui était aussi irascible que lui, notamment à cause de Loretta Young[25]. Il lui arrivait de lever le poing contre des reporters et des journalistes qui tentaient d'en savoir plus sur ses relations adultères[26].
  • Il eut parfois des réactions violentes vis-à-vis de certaines actrices lorsqu'il était ivre. Il harcela sexuellement Irene Dunne pendant le tournage de Un nommé Joe[27]. Il fallut l'intervention de Louis B. Mayer pour le calmer : « Si je dois virer quelqu'un, ce sera Spence et non Irene »[28]. Durant une nuit à New York, à la suite d'une dispute, il tenta d'étrangler Katharine Hepburn dans leur chambre d'hôtel, laquelle parvint à le maîtriser[29]. Il se disputa avec Joan Crawford durant sa liaison avec elle, pendant le tournage de Mannequin[30]. Alors que les deux acteurs jouaient Mannequin pour une émission radiophonique sur Lux Radio Theater, Tracy lui fit une remarque désobligeante sur une scène (« Joan, je pensais que tu étais une pro »), blessant profondément l'actrice[31]. Lors de sa première rencontre, Myrna Loy confia avoir été pourchassée par Tracy en ville[32]. Elle évoqua aussi une dispute avec lui, une nuit dans sa chambre d'hôtel au St. Regis, ainsi que la rudesse de son amant, qui finalement se contentera de briser une tasse[33],[34]. Hedy Lamarr reconnut en Tracy un grand acteur mais dira ne pas avoir d'estime pour lui et qu'il lui aurait causé du chagrin durant le tournage de Cette femme est mienne[35].
  • Friand de pâtisseries, il commença à prendre du poids à partir du tournage d'Une fine mouche en 1936[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. James Curtis, Spencer Tracy: A Biography, First Edition, Knopf, 2011, p.31.
  2. James Curtis, op. cit., p.40.
  3. James Curtis, op. cit., p.135.
  4. James Curtis, op. cit., p.188.
  5. James Curtis, op. cit., p.223.
  6. James Curtis, op. cit., p.241.
  7. James Curtis, op. cit., p.293.
  8. James Curtis, op. cit., p.85-95.
  9. Jane Ellen Wayne, The Leading Men of MGM, First Carroll and Graf, 2005, p.207.
  10. James Curtis, op. cit., p.?
  11. Jane Ellen Wayne, op. cit., 208.
  12. James Curtis, op. cit., p.424.
  13. Darwin Porter, Katharine the Great: A Lifetime of Secrets, 2004, p. 372.
  14. James Curtis, op. cit., p.300.
  15. Christopher Andersen, An Affair to Remember: The Remarkable Love Story of Katharine Hepburn and Spencer Tracy, William Morrow et Company, 1997, p.86.
  16. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.209.
  17. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.209-210.
  18. Lawrence J. Quirk, William Schoell, Joan Crawford: The Essential Biography, 2013, p. 89.
  19. [1]
  20. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.212.
  21. David Smit, Ingrid Bergman : The Life, Career and Public Image, 2012.
  22. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.219.
  23. Joe Williams, Hollywood Myths: The Shocking Truths Behind Film's Most Incredible Secrets, 2012.
  24. Spencer Tracy, A Life in Pictures: Rare, Candid, and Original, New England Vintage Film Society, 2012, p.315
  25. William Wellman Jr., Wild Bill Wellman: Hollywood Rebel, 2015.
  26. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.208.
  27. George Rehrauer, Cinema Booklist: Supplement Two, 1974
  28. Scott Eyman, Lion of Hollywood: The Life and Legend of Louis B. Mayer, 2008, p.356.
  29. [2]
  30. Charlotte Chandler, Not the Girl Next Door: Joan Crawford, A Personal Biography, 2012, p.?
  31. Jane Ellen Wayne, op. cit., p.210.
  32. James Kotsilibas-Davis et Myrna Loy, Myrna Loy: Being and Becoming, Alfred A. Knopf, New York, 1987, p. 122.
  33. Emily W. Leider, Myrna Loy: The Only Good Girl in Hollywood, 2011, p. 238.
  34. James Kotsilibas-Davis et Myrna Loy, op. cit., p. 154.
  35. Stephen Michael Shearer, Beautiful: The Life of Hedy Lamarr, 2010.
  36. James Curtis, op. cit., p.?

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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