David Niven

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David Niven
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David Niven en 1973.
Nom de naissance James David Graham Niven
Naissance
Londres (Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès (à 73 ans)
Château-d'Œx (Suisse)
Profession Acteur
Films notables La Lune était bleue
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
Tables séparées
Les Canons de Navarone
Les 55 Jours de Pékin
Le Cerveau

David Niven [ˈdeɪvɪd ˈnɪvən][1] est un acteur britannique né le à Londres (Royaume-Uni) et mort le à Château-d'Œx (Suisse).

Figure majeure du cinéma des années 1950 et 1960, il reçoit en particulier l'Oscar du meilleur acteur en 1959 pour son rôle dans Tables séparées. De sa vaste filmographie, on retient notamment ses interprétations dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Les Canons de Navarone, Les 55 Jours de Pékin, Casino Royale, Mort sur le Nil, Le Cerveau, La Panthère rose.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années et débuts au cinéma[modifier | modifier le code]

James David Graham Niven est né le [2] à Londres en Angleterre[3]. Son père, William Edward Graham Niven (1878-1915)[4], est un officier britannique écossais qu'il a peu connu, car il trouva la mort en 1915 lors de la bataille des Dardanelles. Sa mère est une Française, Henriette Julia Degacher (1878-1932)[4], qu'il apprendra à connaître tardivement, ainsi qu'il le relate dans ses mémoires. Ses parents choisissent le prénom David d'après sa naissance le jour de la Saint-David. Niven affirmera plus tard qu’il était né à Kirriemuir, dans le comté écossais d’Angus, en 1909, mais son acte de naissance le réfute.[5] Il a deux sœurs, Margeret Joyce Niven (1900-1981) et Grizel Rosemary Niven (1906-2007), et un frère, Henry Degacher Niven (1902-1953).

Renvoyé pour indiscipline de plusieurs écoles, il est casé par son beau-père dans une école pour cas difficiles où il n'apprend que peu de choses sinon à chaparder. Enfin, il finit par être élève dans une nouvelle public school où, fait nouveau pour lui, il bénéficie de la compréhension du directeur fondateur et fait de rapides progrès. Il pense d'abord entrer dans la Marine mais intègre l'armée et suit des études militaires au Royal Military College de Sandhurst. Il en sort diplômé en janvier 1930 comme sous-lieutenant du régiment d'infanterie écossaise Highland Light Infantry (H.L.I.)[6] et intégré au régiment de la ville de Glasgow auquel il avait expressément demandé de ne pas être affecté, car l'uniforme ne lui plaisait pas ! Il sert pendant deux ans à Malte où il rencontre Roy Urquhart. Il est promu lieutenant en 1933, mais sait qu'il n'est pas fait pour cette carrière. À la suite d'un long et ennuyeux briefing sur les mitrailleuses, qui lui fait manquer un rendez-vous galant, il répond de façon insolente à l'officier qui demandait s'il y avait des questions : « Auriez-vous l'heure ? J'ai un train à prendre ». Mis aux arrêts pour acte d'insubordination, il déjoue l'attention du gardien en le faisant boire et s'échappe par la fenêtre. Dans le bateau qui le conduit en Amérique, il envoie un télégramme pour annoncer sa démission. Il s'installe à New York où il commence une carrière dans le négoce de whisky, puis dans le rodéo. Il exerce plusieurs petits boulots, tous voués à l'échec. Après un détour par les Bermudes et par Cuba, il s'installe en Californie, à Hollywood à l'été 1934. Quand il se présente pour travailler, il constate qu'il faut un « permis de travailler ». Il s'exile alors quelques années au Mexique, où il fait notamment l'homme-canon et du nettoyage, puis revient quand on lui délivre son visa. Il se présente dans une agence de casting, qui le classe dans la catégorie « Anglo-Saxon de type no 2 008 ». Il apparaît dans quelques films. Remarqué par Samuel Goldwyn, il se voit offrir un contrat de quinze ans avec la MGM. Dès lors il enchaine des rôles plus importants dans des films célèbres comme La Charge de la brigade légère, La Huitième Femme de Barbe-Bleue ou Quatre hommes et une prière de John Ford. Il se confronte aux grandes stars comme Laurence Olivier dans Les Hauts de Hurlevent (1939) ou Errol Flynn, qui devient un ami, dans La Patrouille de l'aube. Son rôle de cambrioleur gentleman dans Raffles, gentleman cambrioleur fait de lui un acteur reconnu.

Carrière internationale[modifier | modifier le code]

David Niven dans Casino Royale (1967).

David Niven retourne en Angleterre quand celle-ci déclare la guerre en 1939 et sert dans les Commandos. Il fait également des conférences pour convaincre les femmes de s'engager dans les services féminins des armées ; il tourne également dans des films destinés à soutenir l'effort de guerre en 1942 et 1944, au service cinématographique des armées, où il rencontre Peter Ustinov. Au cours de l'un de ces tournages, The Way Ahead, dont il doit tenir rôle principal, et dont Carol Reed doit être le réalisateur, il est chargé par le colonel Dudley Clarke de former un acteur pour se faire passer pour le maréchal Montgomery : c'est l'opération Copperhead. Niven et Ustinov travaillent alors avec le lieutenant Clifton-James (Niven a rencontré à plusieurs reprises « Monty » durant la guerre et peut aider Clifton-James à mieux cerner le personnage). Niven sert ensuite dans la campagne de Normandie et débarque quelques jours après le 6 juin. Il termine la guerre comme lieutenant-colonel et reçoit la Légion du Mérite, la plus haute décoration américaine accordée à un étranger.

En 1946, il reprend le chemin des studios aux États-Unis. Il est la star avec Ginger Rogers de L'Impératrice magnifique puis de Une question de vie ou de mort la même année. Il se fâche alors avec Samuel Goldwyn pour des raisons de cachet et est exclu quelque peu des studios. Il ne tourne que dans des productions mineures et indépendantes mais reçoit tout de même le Golden Globe du Meilleur Acteur de Cinéma pour son rôle dans La Lune était bleue d'Otto Preminger. Sa carrière prend alors un nouvel envol trois ans plus tard, avec l'immense succès international du film de Michael Anderson, Le Tour du monde en 80 jours. Il apparaît alors évident, encore aujourd'hui, que personne mieux que lui ne pouvait interpréter le rôle du gentleman Philéas Fogg. Après Bonjour tristesse de Otto Preminger, il interprète aux côtés de Rita Hayworth le rôle du Major Pollock dans Tables séparées. Son interprétation lui vaut l'Oscar du Meilleur Acteur et le Golden Globe du Meilleur Acteur de Cinéma ainsi que le prix NYFCC du Meilleur Acteur décerné par les critiques de cinéma de New York.

La carrière de David Niven est inégale. Il apparaît dans un grand nombre de films oubliés, présentant peu d'intérêt mais apparaît toutefois dans des films notables comme Les Canons de Navarone avec Gregory Peck en 1961 ou Les 55 Jours de Pékin avec Charlton Heston et Ava Gardner deux ans plus tard. Il auditionne pour être le premier James Bond au cinéma : il était le choix de l'auteur Ian Fleming mais pas celui des producteurs. Il a été le troisième acteur à jouer le rôle de James Bond, après l'américain Barry Nelson et Sean Connery. Son flegme britannique, qui a fait sa réputation, est utilisé par Blake Edwards en 1963 dans La Panthère rose et par John Huston dans Casino Royale en 1967, dans le rôle de James Bond. Deux ans plus tard, il est la star britannique du film franco-italien Le Cerveau réalisé par Gérard Oury avec Jean-Paul Belmondo et Bourvil.

Ses derniers films ne sont pas ceux que les cinéphiles retiendront, à l'exception de Mort sur le Nil en 1978 ou Le Commando de Sa Majesté deux ans plus tard. David Niven s'égare dans Vampira (connu sous le titre de Les temps sont durs pour Dracula) et termine sa carrière avec Blake Edwards dans les suites plus ou moins réussies de La Panthère rose.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 1980, David Niven commence à ressentir de la fatigue, des faiblesses musculaires et des problèmes de voix. Une interview l'année suivante alarme sa famille. On lui diagnostique une sclérose latérale amyotrophique, maladie neurodégénérative plus connue sous le nom de maladie de Charcot. En 1981, il assiste à un hommage à Fred Astaire. C'est sa dernière apparition à Hollywood. Il reçoit également un prix pour l'ensemble de sa carrière aux Evening Standard British Film Awards en Angleterre.

Il rentre sous un faux nom dans un hôpital, pour éviter d'attirer la presse, apparemment pour un problème digestif. Très affaibli, il retourne à son chalet de Château-d'Œx en Suisse, où son état continue de se dégrader. Refusant toute hospitalisation, il meurt entouré de sa famille le 29 juillet 1983 à 73 ans, après avoir révélé qu'il était le fils caché de Sir Thomas Comyn-Platt, un homme politique anglais[7].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié en premières noces, le 16 septembre 1940, à Primula Rollo qui lui donne deux enfants, mais meurt accidentellement le 21 mai 1946[8], David Niven se remarie à Hjördis Genberg le 14 janvier 1948. Cette union dure jusqu'à sa mort en 1983. Ils ont adopté deux enfants[8].

Filmographie[modifier | modifier le code]

David Niven a reçu l'Oscar du meilleur acteur en 1959 pour Tables séparées.

Voix françaises[modifier | modifier le code]

et aussi :

Publications[modifier | modifier le code]

  • David Niven, Décrocher la Lune, Paris, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-03322-7)
  • (en) David Niven, Bring on the empty horses, Hamish Hamilton, (ISBN 978-0-7553-6433-6)
  • (en) David Niven, Go Slowly, Come Back Quickly, Hamish Hamilton, , 382 p. (ISBN 978-0-241-10690-7)
  • David Niven, Mémoires, Séguier, 2021, 951 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API.
  2. Vic Darkwood & Gustav Temple 2010, p. 36.
  3. (en) Karin Fowler, David Niven : a bio-bibliography, Westport, Conn, Greenwood Press, , 298 p. (ISBN 978-0-313-28044-3, lire en ligne).
  4. a et b Sheridan Morley, David Niven, Brief Lives, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0198600879), p. 413.
  5. Sheridan Morley, The Other Side of the Moon, London, Weidenfeld and Nicolson, (ISBN 0-340-39643-1).
  6. (en) « Nomination au grade de sous-lieutenant au Highland Light Infantry », The London Gazette,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Amy Oliver for The Mail on Sunday, « Revealed: Dying David Niven confessed to a suicide bid and told of his real father », sur dailymail.co.uk, Daily Mail, (consulté le ).
  8. a et b (en) Marcus Dunk, « The day David Niven put a gun to his head - and pulled the trigger », sur dailymail.co.uk, Daily Mail, (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vic Darkwood et Gustav Temple (trad. de l'anglais par Anne Maizeret, préf. Olivier Frébourg), Le Manifeste Chap : savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, Sainte-Marguerite-sur-Mer, Éditions des Équateurs, (1re éd. 2010), 135 p. (ISBN 978-2-84990-156-4), p. 36-40
  • (en) Graham Lord, NIV : The Authorized Biography of David Niven, T. Dunne Books, , 370 p. (ISBN 978-0-312-32863-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]