Warren Beatty

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Warren Beatty
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Warren Beatty dans le film Shampoo en 1975.

Nom de naissance Henry Warren Beaty[1]
Naissance (79 ans)
Richmond, Virginie, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Profession Acteur, réalisateur, producteur et scénariste
Films notables Bonnie and Clyde
Reds
Dick Tracy
Bulworth

Henry Warren Beaty[1] (avec un seul « t »), plus connu sous le nom de Warren Beatty (prononcer /ˈbeɪti/)[a], né à Richmond le , est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain.

Frère de l'actrice Shirley MacLaine, Warren Beatty fut des années 1960 jusqu'en 1982 le golden boy de Hollywood, travaillant avec les meilleurs cinéastes (Elia Kazan, John Frankenheimer, George Stevens, Richard Brooks, Arthur Penn, Robert Altman...), partenaire des plus grandes actrices (Vivien Leigh, Elizabeth Taylor, Natalie Wood, Alexandra Stewart, Jean Seberg, Faye Dunaway, Julie Christie, Goldie Hawn...), écrivant, produisant et/ou réalisant quelques-uns de ses meilleurs films et de ses plus grands succès : Bonnie and Clyde, Shampoo, Le ciel peut attendre, Reds...

Warren Beatty appartient à la lignée d'acteurs tels que Montgomery Clift, Marlon Brando, James Dean, Paul Newman ou Robert Redford. L'interprète de La Fièvre dans le sang, Le Visage du plaisir, John McCabe, À cause d'un assassinat, Dollars et Bugsy occupe une place de choix dans la mythologie du mâle américain au cinéma.

Héritier de John Gilbert et Errol Flynn autant que de Howard Hughes, sa filmographie, alternant les films brillants et les navets, est relayée par une vie sexuelle débridée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Henry Warren Beaty est le frère de l'actrice Shirley MacLaine. Son père, Ira Owens Beaty, homme autoritaire et alcoolique[2] est professeur de psychologie, administrateur de l'école publique et agent immobilier. Sa mère, Kathlyn Corinne (née MacLean), surnommée « Tat[3] », est un professeur d'art dramatique, originaire de Wolfville, en Nouvelle-Écosse au Canada. Les enfants sont élevés dans la religion baptiste. Le père de Warren Beatty, alors professeur de lycée, ne comprend pas bien les aspirations de ses deux enfants. Sa sœur est la première à se rebeller ; elle devient danseuse, comédienne, et part à New York dès que possible, suivie de près par son petit frère[1].

En 1949, il suit des cours de comédie ; plus tard, dans l’une de ses rares interviews à cœur ouvert, il indique : « le théâtre m’intéresse. C’est un endroit où on peut exercer un pouvoir, apprendre à manipuler[1]. »

Brillant dans ses études surtout pour ses qualités de footballer, il passe un an à l'université Northwestern, dans laquelle il intègre la fraternité Sigma Chi avant de s’inscrire en 1956 chez Stella Adler, professeur d'art dramatique américaine, qui a fondé le conservatoire Stella Adler et grande prêtresse de l’Actors Studio (dont on dit qu’elle l’aurait fait bénéficier de cours particuliers). Il en profite pour ajouter un « t » à son nom, se faisant appeler Warren Beatty[1].

De La Fièvre dans le sang à Bonnie and Clyde[modifier | modifier le code]

Affiche du film La Fièvre dans le sang (1961).

Les débuts professionnels de Warren Beatty sont une succession de petits boulots : sportif, plongeur dans des restaurants, ouvrier pour les Ponts et Chaussées, joueur de piano dans un bar[1]. Il trouve ensuite un rôle dans une pièce, Compulsion[1]. Après plusieurs rôles secondaires dans des séries télévisées, il se lance dans le cinéma au début des années 1960. Il séduit à cette époque la starlette montante Joan Collins, ce qui lui permet d'accéder à la notoriété en tant que playboy d'opérette[4]. Elia Kazan lui offre son premier rôle dans La Fièvre dans le sang (1961) dans lequel il joue Bud Stamper, un adolescent à problèmes. Aux côtés de Natalie Wood, il « fait sensation[5] » ; il est dès lors considéré comme un des acteurs les plus prometteurs de sa génération[6].

Pourtant ses films suivants marchent moins bien : Le Visage du plaisir du metteur en scène de théâtre José Quintero d'après le roman de Tennessee Williams Le Printemps romain de Mrs. Stone (face à Vivien Leigh), L'Ange de la violence de John Frankenheimer (avec Eva Marie Saint), Lilith, le dernier film de Robert Rossen qui offre à Jean Seberg un de ses meilleurs rôles, le romantique Promise Her Anything d'Arthur Hiller ou Le Gentleman de Londres, exercice de style mis en scène par Jack Smight, ou même Mickey One, première rencontre avec Arthur Penn, ne parviennent pas à conforter sa position.

Warren Beatty consacre à cette époque beaucoup de temps à ses conquêtes féminines et un « cynisme un peu juvénile » lui rend difficiles les relations avec la profession[5]. Il sent bien qu'il est considéré comme un play-boy par les professionnels du cinéma américain alors qu'il se voit en héritier de Marlon Brando ou de James Dean[5]. Il est alors à l'origine du film Quoi de neuf, Pussycat ?, comédie dans lequel il doit jouer le rôle d'un séducteur compulsif, et commence à l'écrire avec le producteur Charles Feldman et Woody Allen mais des divergences avec eux le font quitter le film dès l'écriture du scénario[5]. Ce film sera un grand succès et cette expérience incitera l'acteur à mieux contrôler ses projets par la suite[5].

Faye Dunaway et Warren Beatty, dans Bonnie and Clyde (1967).

C'est sur les conseils de François Truffaut, qu'il rencontre à Paris grâce à sa fiancée Leslie Caron, qu'il lit le scénario de Bonnie and Clyde : le réalisateur français lui a en effet dit qu'il aimerait beaucoup ce texte et l'acteur est toujours à la recherche d'un projet pour relancer sa carrière[5]. Alors que les scénaristes pensent qu'il sera rebuté par le fait que le personnage de Clyde, dans les premières versions du scénario, est en ménage à trois avec Bonnie et C. W. Moss, il accepte le rôle[3]. Échaudé par la déconvenue de Quoi de neuf, Pussycat ?, film qui aurait pu lui rapporter beaucoup d'argent, il décide de coproduire Bonnie and Clyde avec sa société Tatira (basée sur les noms de ses parents) afin de pouvoir en garder le contrôle[3]. Il se bat pour que ce projet aboutisse, le produisant avec la Warner Bros et dirigeant la majeure partie du film — menacé d'être enterré dès sa sortie. Le premier accueil est plutôt mitigé mais Beatty convainc Warner Bros de resortir le film qui devient un succès. Beatty accède au panthéon des stars en gangster boiteux et impuissant, récoltant une nomination à l'Oscar du meilleur acteur et le respect de toute la profession[7].

C'est à cette époque qu'il s'installe à l'année dans une suite du Beverly Wilshire Hotel (en) de Beverly Hills d'où il met en scène ses disparitions des médias, refusant régulièrement des films, à tel point qu'un acteur comme Robert Redford doit en partie sa carrière aux rôles refusés par Beatty[8].

Le golden boy de Hollywood[modifier | modifier le code]

Beatty poursuit sa carrière éclectique en s'investissant toujours plus : il participe au scénario de John McCabe (1971)[8], western atypique réalisé par Robert Altman qui sera cependant un échec au box-office. Il coécrit (avec Robert Towne), produit et joue dans la comédie auto-parodique Shampoo, qui sort en 1975 et remporte un triomphe public et critique : l'acteur interprète son propre rôle, un séducteur compulsif, transposé dans le milieu de la coiffure. Enfin, en 1978, il réalise son premier film Le ciel peut attendre (un remake du Défunt récalcitrant d'Alexander Hall) dans lequel il se réserve le rôle principal : un joueur de football américain, demi de mêlée, considéré comme mort et incinéré par erreur, qui revient à la vie dans le corps d'un millionnaire récemment assassiné, afin d'accomplir son destin. Le succès est à nouveau au rendez-vous.

Il enchaîne avec une autre réalisation, autrement plus ambitieuse : Reds (1981), l'histoire vraie de John Silas Reed, journaliste américain parti couvrir la Révolution russe et gagné à la cause communiste. Beatty est récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur pour son travail.

La star s'illustre également dans Las Vegas, un couple, chronique sentimentale du vétéran George Stevens, dans le thriller politique À cause d'un assassinat d'Alan J. Pakula (qui évoque la mort de John Kennedy), dans la comédie Dollars réalisée par Richard Brooks (l'histoire d'un hold up se déroulant à Hambourg, sur une musique de Quincy Jones). Tous ces films ne sont pas des succès mais entretiennent son image de « beau gosse » et excellent interprète, à défaut d'accroitre sa notoriété[7].

Éclipse et retour[modifier | modifier le code]

Nancy Reagan avec Warren Beatty et Diane Keaton en 1981.

Beatty tourne moins après Reds : il est absent des écrans durant l'essentiel des années 1980. Son projet de biographie de Howard Hughes n'aboutit pas. Ce n'est qu'en 1987, qu'il réapparaît au cinéma en jouant, aux côtés de Dustin Hoffman et Isabelle Adjani dans la comédie d'espionnage Ishtar d'Elaine May, qui s'avère être un échec commercial cinglant. Ce n'est qu'en 1990 que Warren Beatty renoue avec le succès au cinéma, en réalisant et interprétant le rôle-titre de Dick Tracy, adaptation de la bande dessinée du même nom. Ce film très stylisé, dans lequel il donne la réplique à Madonna et Al Pacino, reçoit un accueil critique mitigé, mais remporte un succès commercial.

Il joue ensuite dans Bugsy de Barry Levinson (1991), un film de gangsters sur la naissance de Las Vegas qui marque la rencontre de l'acteur avec Annette Bening, puis en 1994 dans la comédie de Glenn Gordon Caron, Rendez-vous avec le destin, remake de Elle et lui. Ces deux films sont des échecs commerciaux. En 1998, il repasse derrière la caméra pour les besoins de Bulworth, film qu'il a également produit et dont il tient la vedette : l'histoire du sénateur Jay Bulworth, tellement dégoûté des mensonges, de la corruption et des autres aspects noirs de la politique, qu'il met un contrat sur sa propre tête et décide de ruiner totalement sa réputation en dévoilant au grand jour toutes ces histoires. C'est là qu'il tombe amoureux d'une très jolie femme noire, interprétée par Halle Berry. Le film est bien accueilli par la critique, mais le succès au box-office n'est pas au rendez-vous.

Nouveau retrait des écrans[modifier | modifier le code]

En 2001, la comédie Potins mondains et amnésies partielles, dont les retards de tournage et les multiples réécritures avaient démesurément augmenté le coût, est un lourd échec au box-office, entraînant une perte avoisinant les 100 millions de dollars. Après ce fiasco commercial, Warren Beatty n'apparaît plus sur les écrans. Il est un temps envisagé pour le rôle de Bill dans Kill Bill de Quentin Tarantino, il préfère finalement quitter le projet[9].

Il parvient ensuite à concrétiser son projet de longue date de film biographique sur Howard Hugues, qu'il réalise, écrit et produit, en plus d'incarner Howard Hughes. Le tournage débute en février 2014[10],[11]. Le film sortira le aux États-Unis[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Durant la période ou il joue dans la pièce Compulsion, le metteur en scène, Joshua Logan, lui présente une jeune actrice anglaise qui est en train de devenir une starlette, Joan Collins, la future héroïne de Dynastie[1]. Avant son premier film, il perd sa virginité avec elle. Joan Collins a détaillé leur relation dans ses souvenirs Passé imparfait : « accro » au sexe, aux vitamines et au téléphone — qu'il conjugue allègrement. Le jeune homme accepte de se fiancer avec Collins[1] dont la carrière américaine périclite tandis que la sienne décolle, puis il prend la poudre d’escampette[1].

Après leur séparation, il collectionne les liaisons avec des célébrités : il rencontre en 1963 la Française Leslie Caron[1] dont il a vu les films et pour qui il a un faible avant même leur rencontre ; ils restent ensemble au moins deux ans[5],[1]. Il a en 1966 une liaison avec la danseuse russe Maïa Plissetskaïa, de douze ans son ainée ; il semble qu'ils aient été très amoureux malgré la barrière de la langue[13]. Il a aussi des histoires avec, entre autres, Faye Dunaway, Elizabeth Taylor, Diane Keaton[1], Julie Christie (une de ses plus longues histoires), Isabelle Adjani[1], Jacqueline Kennedy[1], Vivien Leigh[1], Barbra Streisand[1], Madonna[1] qui le fait figurer dans In Bed with Madonna et enfin Annette Bening, qui devient son épouse légitime (la première) le et la mère de ses quatre enfants[6].

Le nouveau Casanova ne s'en est pas tenu à ses partenaires à l'écran mais a essaimé généreusement, passant de Debbie Reynolds à sa fille Carrie Fisher, de Brigitte Bardot (qui a sobrement écrit « parce que c'était lui, parce que c'était moi » dans sa biographie Initiales BB) à Annette Stroyberg, du top-model Stephanie Seymour[1] à l'actrice et chanteuse Cher… Sa personnalité libidineuse a fait l'objet des commentaires les plus contradictoires : ainsi Anouk Aimée l'a assimilé au cliché de la poupée blonde écervelée, ce que sa carrière a démenti. Une biographie non autorisée parue en 2010 lui attribue 12 775 conquêtes féminines[14], ce que l'acteur a, par la voix de son avocat, formellement démenti[15].

Les amitiés de Beatty sont en général plus fidèles : le producteur Robert Evans (qui le compare à Errol Flynn dans ses mémoires), Jack Nicholson — son partenaire dans La Bonne Fortune de Mike Nichols — qu'il dirige dans Reds, Mike Nichols et sa femme Elaine May, scénariste et réalisatrice de Ishtar

Proche du parti démocrate et de la gauche américaine, Warren Beatty a un temps envisagé de se présenter à l'élection présidentielle américaine de 2000, avant de soutenir le candidat démocrate Al Gore.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Warren Beatty dans le rôle de Dick Tracy du film de même nom (1990).
Warren Beatty à la Mostra de Venise en septembre 1990.

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Distinctions principales[modifier | modifier le code]

Source : Internet Movie Database[16]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Et aussi

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme les mots « BAY » et « tee ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s « Warren Beatty, le serial lover », François Forestier, L'Obs.com, 8 août 2015 (consulté le 8 août 2015).
  2. (en) Georgia Holt, Star Mothers: The Moms Behind the Celebrities, Simon and Schuster, , p. 202
  3. a, b et c Biskind 2006, p. 30-32.
  4. (en) David Thomson, Warren Beatty and Desert Eyes : a life and a story, Vintage Books, , p. 109
  5. a, b, c, d, e, f et g Biskind 2006, p. 25-28.
  6. a et b (en) Biography sur l’Internet Movie Database
  7. a et b Biographie - Allociné.fr
  8. a et b [vidéo] Olivier Nicklaus, « Warren Beatty, une obsession hollywoodienne », documentaire sur Arte, 4 octobre 2015, 22 min 13 s.
  9. « Kill Bill : Carradine remplace Beatty », sur Allociné,‎ (consulté le 11 février 2015)
  10. (en) Brad Brevet, « Warren Beatty Begins Work on Howard Hughes Film with Alden Ehrenreich », Rope of Silicon,‎ (consulté le 26 février 2014)
  11. (en) « Warren Beatty moving forward with long-gestating Howard Hughes film », Express,‎ (consulté le 26 février 2014)
  12. « Untitled Warren Beatty Project - Release Info », Internet Movie Database (consulté le 25 novembre 2014)
  13. Biskind 2006, p. 34.
  14. Biskind 2010.
  15. There's no way I have slept with 12,775 women, claims Beatty.
  16. (en) Distinctions complètes sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]