Volker Schlöndorff

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Volker Schlöndorff
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Volker Schlöndorff - Łódź (Pologne),

Naissance (77 ans)
Wiesbaden
Allemagne
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemand
Profession Réalisateur
Films notables Les Désarrois de l'élève Törless
L'Honneur perdu de Katharina Blum
Le Tambour
Le Roi des aulnes

Volker Schlöndorff (ou Schloendorff), né le à Wiesbaden (Allemagne), est un cinéaste allemand. Il est l'un des représentants majeurs du Nouveau cinéma allemand des années 1960-1970 et l'un des fervents défenseurs du cinéma d'auteur européen[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1956, la famille de Volker Schlöndorff, dont le père est médecin, quitte l'Allemagne de l'Ouest pour s'établir à Vannes en Bretagne. Deux ans plus tard, Schlöndorff obtient le premier prix de philosophie du concours général alors qu'il est élève au lycée Henri-IV à Paris[2]. Il s'inscrit ensuite à l'IDHEC mais quitte rapidement l'école pour faire un stage sur Zazie dans le métro et commence sa carrière en France comme assistant d'Alain Resnais (L'Année dernière à Marienbad), de Jean-Pierre Melville (Le Doulos, Léon Morin, prêtre) et de Louis Malle (Le Feu follet).

En 1966, encouragé par Louis Malle, il réalise à vingt-six ans son premier long métrage, Les Désarrois de l'élève Törless, tiré du roman homonyme de Robert Musil. Il y révèle sa maîtrise d'une forme fluide, l'acuité de son étude psychologique et son sens du récit[1]. Le film obtient le Prix de la Critique internationale au 20e Festival de Cannes[1]. Trois ans plus tard, il adapte Michael Kohlhaas d'Heinrich von Kleist.

En 1971, il épouse l'actrice, réalisatrice et scénariste allemande Margarethe von Trotta, dont il divorcera en 1991.

Schlöndorff s'impose en Allemagne comme l'un des chefs de file du Nouveau cinéma grâce à son adaptation, en 1975, réalisée en compagnie de Margarethe von Trotta, du roman d'Heinrich Böll (Prix Nobel de littérature 1972), L'Honneur perdu de Katharina Blum, critique acerbe de l'Allemagne des années de plomb. Lui succède Le Coup de grâce, d'après Marguerite Yourcenar[1].

Le cinéaste obtient la reconnaissance internationale avec Le Tambour, tiré du chef d'œuvre d'un autre prix Nobel allemand, Günter Grass. Cette fresque dramatico-bouffonne délirante qui revisite de manière anticonformiste l'histoire de l'Europe centrale, de l'Allemagne et du nazisme à travers le parcours d'un garçon qui décide de ne plus grandir à l'âge de trois ans, est récompensée par la Palme d'or à Cannes en 1979 (ex æquo avec Apocalypse Now de Francis Ford Coppola)[1]. Elle gagne également l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood, l'année suivante[1].

Le succès planétaire du Tambour lui ouvre toutes les portes. Il reste d'abord fidèle à un mode de production indépendant et à un cinéma d'auteur européen, porteur d'une certaine noblesse culturelle tant par le choix varié des langues de tournage (allemand, français, anglais) que par une inspiration puisée dans le patrimoine littéraire[1]. Il réalise ensuite quelques films aux États-Unis avant de revenir en Europe. Il est souvent le producteur des films qu'il réalise et collabore ponctuellement avec la télévision pour boucler ses budgets[1]. Il a par ailleurs mis en scène plusieurs téléfilms.

Adaptant régulièrement des monuments de la littérature (Marcel Proust, Max Frisch, Arthur Miller, Michel Tournier etc.), Schlöndorff reste, en France, en Allemagne et aux États-Unis, lié à un certain intimisme et à des thèmes tels que les heures sombres de l'histoire, les vicissitudes du pouvoir, la frustration, la révolte et la répression : Un amour de Swann, Le Faussaire, Mort d'un commis voyageur, Colère en Louisiane, The Voyager, Le Roi des aulnes, Les Trois Vies de Rita Vogt, Le Neuvième jour[3]...

Dans les années 1990, il accepte la direction des Studios Babelsberg, dans la banlieue est de Berlin, l'ex-siège du Hollywood allemand lorsque l'UFA y était installée dans la première moitié du XXe siècle et propriété de la Compagnie générale d'immobilier et de services. Il enseigne également le cinéma et la littérature à l'école européenne de Saas-Fee (Suisse), notamment lors de séminaires estivaux.

En 2009, Schlöndorff a mis en scène la dernière pièce de Léon Tolstoï Et la lumière luit dans les ténèbres (Espace scénique: Mark Lammert) au château de Neuhardenberg avec Angela Winkler. Un film consacré à la conférence de Berlin (1885) est par ailleurs à l'étude[4].

En mai 2016, Volker Schlöndorff réalise la mise en scène de la cérémonie du centenaire de la bataille de Verdun, une mise en scène considérée comme un « outrage » par le Daily Mail[5] et qui provoque différents commentaires en France[6].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

En 2016, il dirige une scénographie à l'ossuaire de Douaumont pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun. Le spectacle met en scène des milliers de jeunes figurants, vêtus de tee-shirts multicolores, courant au milieu des tombes des soldats[7], accompagnés par les Tambours du Bronx, un groupe de percussions urbaines de la Nièvre, dont la musique consiste à frapper violemment sur des bidons[8]. La mort qui frappa ces 300 000 soldats, est représentée par un personnage juché sur des échasses[9].

Certaines personnalités politiques - toutes de droite ou d’extrême-droite - ont exprimé leur désapprobation devant ce qu'elles considèrent, de leur propre point de vue, comme un manque de respect envers les victimes de cette bataille[10].

La presse britannique, dont le pays perdit aussi environ un million de soldats, parle d'outrage[11].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Volker Schlöndorff (trad. Jeanne Etoré et Bernard Lortholary), Tambour battant : Mémoires de Volker Schlöndorff [« Licht, Schatten und Bewegung. Mein Leben und meine Filme »], Paris, Éditions Flammarion, , 430 p. (ISBN 978-2081223943)
  • Volker Schlöndorff, La Mer à l'aube : Les dernières heures de Guy Môquet, Paris, Éditions Saint-Simon, , 192 p. (ISBN 978-2915134-58-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) Article de l'encyclœpedia Universalis sur Volker Schlöndorff, consulté le 03 novembre 2012.
  2. Émission À voix nue de France Culture le 31 mars 2015.
  3. (fr) Article de l'encyclopédie Larousse sur Volker Schlöndorff, consulté le 03 novembre 2012.
  4. Après Hitler, Volker Schlöndorff s’attaquera à Léopold II - Le Soir, le
  5. Outrage as thousands of children run over the graves of fallen soldiers from WWI’s Battle Of Verdun in stunt organised by German filmmaker during 100th anniversary commemorations in France. dailymail.co.uk, 30 mai 2016
  6. Running tragique entre les tombes à Verdun, Daniel Schneidermann, rue89.nouvelobs.com, 30 mai 2016
  7. [1] La chorégraphie surprenante de 3 400 jeunes Français et Allemands en hommage aux morts de Verdun
  8. Verdun : le spectacle n'est pas du goût de tous
  9. Running tragique entre les tombes à Verdun
  10. La cérémonie de la bataille de Verdun indigne la droite et le FN
  11. Outrage as thousands of children run over the graves of fallen soldiers from WWI’s Battle Of Verdun in stunt organised by German filmmaker during 100th anniversary commemorations in France
  12. « Ouverture du Festival de Venise », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. (de) Volker Schlöndorff - Von 1984 bis 1993 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin (West), Sektion Film- und Medienkunst. Seit 1993 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin, Sektion Film- und Medienkunst sur le site de l'Akademie der Künste

Liens externes[modifier | modifier le code]

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