Harland and Wolff

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54° 36′ 29″ N 5° 54′ 03″ O / 54.60806, -5.90083

Drapeau d'Harland and Wolff.

Les chantiers Harland and Wolff sont des chantiers de construction navale situés à Belfast, en Irlande du Nord. Fondés en 1861, ils ont construit de nombreux navires, dont la plupart des paquebots de la White Star Line (avec laquelle ils avaient un accord), en particulier l’Olympic et ses sister-ships, le Titanic et le Britannic.

Nationalisés en 1977, les chantiers ont ensuite été privatisés en 1989. Au début du XXIe siècle, les chantiers Harland & Wolff, qui appartiennent au groupe norvégien Fred. Olsen Energy, construisent des pétroliers[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et débuts[modifier | modifier le code]

La sortie des chantiers Harland & Wolff durant la construction du Titanic.

Les chantiers navals Harland & Wolff sont fondés en 1861 par Edward James Harland (1831 - 1895) et Gustav Wilhelm Wolff (1834 - 1913). Harland était auparavant employé d'un chantier naval situé au même emplacement sous la direction de Robert Hickson. Il le lui avait racheté en 1857 pour 5 000 livres sterling avec l'aide de G.C. Schwabe, un armateur de Liverpool[2]. Les trois premiers navires sont construits pour la Bibby Line, compagnie maritime dans laquelle Schwabe est impliqué. En 1861, Harland s'associe donc avec Gustav Wolff, financier allemand de Hambourg et neveu de Schwabe.

Le chantier produit alors des navires de bonne qualité, proposant certaines innovations comme les ponts en acier et les coques à fond plat, qui assurent une plus grande capacité et une plus grande solidité aux navires. En 1870, les chantiers construisent un premier navire pour la White Star Line, récemment acquise par Thomas Henry Ismay : l’Oceanic. Par la suite, les chantiers construisent la plupart des navires de la compagnie, dont les cinq sister-ships de l’Oceanic.

À la mort de Harland, en 1894, William James Pirrie lui succède à la tête des chantiers jusqu'à sa mort en 1924. Son neveu, Thomas Andrews, prend alors une place prédominante dans la conception des navires du chantier dont il devient le manager général et l'architecte en 1907. Il participe ainsi à la construction des Big Four de la White Star.

Les activités des chantiers sont florissantes : en 1904, lors de l'entrée de la White Star Line au sein de l'International Mercantile Marine Company, Pirrie négocie un partenariat de dix ans avec le trust, assurant aux chantiers la construction de tous les navires de l'IMM et de ses filiales, dont la Royal Mail Steam Packet Company.

En 1907, Pirrie et Joseph Bruce Ismay, président de la White Star Line, une des plus grosses compagnies maritimes, décident de la construction de trois navires aux proportions inégalées[3] : l’Olympic, le Titanic et le Gigantic. Ces navires sont conçus par Alexander Carlisle et Thomas Andrews, et construits de 1908 à 1915. Leur construction demande la construction d'un portique Arrol de taille inégalée[1].

En 1912, Harland & Wolff font l'acquisition d'un nouveau chantier à Govan, près de Glasgow. Il est surtout utilisé pour la construction de pétroliers et de cargos, et est abandonné en 1962.

Les deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Porte-avions de classe Majestic en construction en date du 16 novembre 1944, à gauche le HMS Magnificent et à droite le HMS Powerful.

Durant la Première Guerre mondiale, les chantiers Harland & Wolff participent à l'effort de guerre en construisant des croiseurs et des navires de type Monitor — ils construisent notamment le HMS Glorious. Un nouveau chantier est construit durant cette période à l'est, de l'autre côté du canal de Musgrave. Par la suite, la compagnie se lance également dans la construction d'avions en association avec la société Short Brothers, formant Short & Harland Limited en 1936. La première commande porte sur 189 bombardiers Handley Page Hereford pour la Royal Air Force. Durant la Seconde Guerre mondiale, les chantiers produisent des Short Stirling pour remplacer les Hereford retirés du service.

Pendant cette période, les chantiers construisent également six porte-avions, deux croiseurs et 131 autres navires. Ils participent également à la réparation de 22 000 navires et produisent des pièces d'artillerie. Le chantier de Queen's Island est bombardé par la Luftwaffe en 1941 et l'usine d'avions est détruite. C'est cependant durant cette période que le chantier atteint son effectif le plus élevé, avec 35 000 hommes à son service.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la seconde guerre mondiale, la concurrence de l'avion sonne le glas du règne du paquebot. La construction navale britannique souffre aussi de la concurrence asiatique, en particulier du Japon. Les commandes déclinent et le chantier naval lance en 1960 son dernier paquebot, l'Arlanza, pour le compte de la Royal Mail Line.

La compagnie survit grâce à la construction de cargos mais aussi de plateformes pétrolières et de pétroliers supertankers. Le Myrina, construit en 1960, est le premier. La compagnie vit surtout des subsides que verse l'État britannique afin de préserver les emplois. Mais la crise des années 1970, qui affecte en particulier la construction des pétroliers après le premier choc pétrolier de 1973, est fatale à l'entreprise qui est nationalisée en 1977.

En 1989, la compagnie, dont la main d'œuvre a chuté à 3 000 employés, est rachetée par un partenariat privé contrôlé notamment par un magnat de l'industrie navale norvégienne, Fred Olsen. La compagnie devient la Harland and Wolff Holdings Plc. La nouvelle compagnie se relance dans la construction de pétroliers, les Sueztankers, capables de franchir le canal de Suez et se spécialise dans le matériel pétrolier et gazier offshore. Cependant, elle échoue contre sa rivale française, les Chantiers de l'Atlantique, à décrocher le contrat du prestigieux nouveau paquebot de la Cunard Line : le Queen Mary 2.

Une association en développement[modifier | modifier le code]

Depuis le début de l'année 2012, une association[4] s'est mise en place pour la sauvegarde et le développement du patrimoine des chantiers Harland & Wolff. Cette association s'est créée grâce à deux personnes de nationalités différentes : un Québécois (Sylvain Plamondon) et deux Français (Steve Lebourg et Philippe Mélia). Ils permettent de redécouvrir les chantiers navals comme grâce aux anciennes photos ainsi qu'aux anciens objets récupérés directement sur le site.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Les Chantiers Harland & Wolff, Le site du « Titanic ». Consulté le 28 juillet 2009
  2. (en) Harland and Wolff, Titanic-Titanic.com. Consulté le 28 juillet 2009
  3. (en) Bigger than the « Lusitania », The Times. Consulté le 29 juillet 2009
  4. (fr) S.S. Harland & Wolff

Liens externes[modifier | modifier le code]