Naufrage du Titanic
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Le naufrage du Titanic est l'événement qui mit fin à la traversée inaugurale du RMS Titanic qui devait relier Southampton à New York[A 1]. Il se déroula dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 dans l'océan Atlantique Nord au large de Terre-Neuve en Nouvelle-Écosse. Le navire percuta un iceberg sur le flanc tribord le 14 avril 1912 à 23 h 40[1] et coula le 15 avril 1912 à 02 h 20[2]. Entre 1 491 et 1 513 personnes périrent, c'est une des plus grandes catastrophes maritimes en temps de paix et la plus grande pour l'époque. De nombreuses personnalités décédèrent durant le naufrage, parmi lesquelles Benjamin Guggenheim et John Jacob Astor.
Le Titanic était un paquebot transatlantique britannique de la White Star Line, construit sous l'initiative de Bruce Ismay en 1907[3], et il fut conçu par l'architecte Thomas Andrews des chantiers navals de Harland & Wolff. La construction débuta en 1909 à Belfast et se termina en 1911[4]. Il était le plus luxueux et le plus grand paquebot jamais construit au moment de son lancement[5],[6]. Il était précédé d'un navire quasiment identique, l'Olympic[4]. Le Titanic avait seize compartiments étanches servant à protéger le navire d'avaries importantes[B 1]. Les médias lui donnèrent ainsi une réputation de navire particulièrement solide[7].
Le naufrage fut un choc dans le monde entier, et notamment à New York et en Angleterre. Après le naufrage, plusieurs commissions d'enquête furent menées et leurs conclusions servirent à améliorer la sécurité maritime, notamment grâce à de nouvelles réglementations. Les causes du nombre de victimes, et du naufrage, sont nombreuses. Le navire ne disposait en effet pas de canots de sauvetage en nombre suffisant et l'équipage n'avait jamais été entrainé à un tel événement. L'évacuation des passagers fut mal organisée et les canots étaient en sous charge. Le comportement du commandant Edward Smith fut aussi dénoncé. Ce dernier fut accusé d'avoir maintenu le paquebot à une vitesse trop élevée. Les conditions météorologiques et climatiques jouèrent également un rôle déterminant.
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[modifier] Avant le naufrage
[modifier] La traversée
Le Titanic appareille de Southampton en Angleterre le 10 avril 1912 à midi[8]. Il atteint ensuite Cherbourg en France à 18 h 30. Le paquebot arrive ensuite à Queenstown en Irlande le 11 avril 1912 à 11 h 30[B 2]. Les passagers qui embarquent à ce moment-là sont en grande majorité des passagers de 3e classes immigrant vers les États-Unis[B 2]. Il y a alors environ 2 200 passagers à bord du Titanic. Il est cependant impossible de déterminer exactement le nombre de personnes à bord du navire à cause des annulations de dernières minutes, et de la présence de passagers clandestins[B 2].
Thomas Andrews, l'architecte du Titanic est le premier passager à monter à bord du paquebot à Southampton[B 3]. Bruce Ismay, le propriétaire du Titanic embarque un peu plus tard. Beaucoup de passagers célèbres embarquent également dans cet ville, parmi lesquels Isidor Straus, le propriétaire des grands magasins Macy's à New York[9]. À Cherbourg, d'autres passagers importants embarquent, parmi lesquels John Jacob Astor, un homme d'affaires qui se trouve être le plus fortuné des passagers[10], ainsi que Margaret Brown, une militante des droits de l'homme[11], et Benjamin Guggenheim, un magnat de l'industrie du cuivre qui voyage avec sa maitresse[12].
[modifier] Signalement d'iceberg
Le 14 avril, alors que le Titanic a déjà parcouru 1 451 milles (2 335 kilomètres), le Caronia signale, vers 9 h 00, des glaces à 42°N, 49°O jusqu'à 51°O[13]. En début d'après-midi, trois navires, le Baltic, l’America et le Noordam signalent des glaces à peu près au même endroit. En soirée, un cinquième navire, le Californian, envoie le même message mais l'équipage n'en tient pas compte et le paquebot est poussé à pleine vitesse, probablement dans l'objectif de battre le record de l’Olympic (ou tout simplement pour impressionner la presse). À 19 h 30, le paquebot reçoit trois nouveaux messages du Californian lui signalant de grands icebergs. À 21 h 40, alors que la température n'est plus que de quelques degrés, le Mesaba, envoie lui aussi un signalement de glaces mais ce dernier n'est pas remis aux veilleurs du nid-de-pie. À 22 h 00, les deux veilleurs du nid-de-pie sont remplacés par Frederick Fleet et Reginald Lee, la température extérieure devient nulle ainsi que celle de l'eau une demi-heure plus tard. À 22 h 55, le Californian, alors pris dans la glace à 20 milles au nord du Titanic, envoie un message à tous les navires alentour. Sur le Titanic, il est intercepté par l'opérateur radio qui répond « Dégagez ! Taisez-vous ! Je suis en communication avec Cape Race ! »[14]. Une demi-heure plus tard, l'opérateur radio du Californian éteint son poste.
[modifier] Déroulement du naufrage
[modifier] La collision
À 23 h 40, par 41°46' N et 50°14' O[15], alors que le RMS Titanic avance à 22,5 nœuds (41,7 km/h)[14], le veilleur Frederick Fleet aperçoit un iceberg droit devant à moins de 500 mètres et s'élevant à environ 30 mètres[14] au-dessus du niveau de l'eau, il sonne la cloche trois fois et téléphone immédiatement à la timonerie[F 2]. Le 6e officier James Paul Moody reçoit l'appel et transmet immédiatement le message au 1er officier William Murdoch, alors de quart. Celui ci essaie de faire virer le navire vers bâbord, et donne donc l'ordre de mettre la barre à tribord (« Hard a'starboard »)[F 2]. Il fait également stopper les machines pour faire marche arrière. Mais le gouvernail est trop petit par rapport à la taille du paquebot pour tourner aussi vite[F 2].
Quelque 37 secondes plus tard, le navire vire mais l'iceberg le heurte par tribord[16] et crée de multiples brèches dans la coque ouvrant des voies d'eau sous la ligne de flottaison[16]. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées par Murdoch afin d'éviter une voie d'eau plus importante. Mais l'eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau[F 3]. Or, le Titanic ne peut flotter qu'avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d'eau[F 4]. De plus, tous les compartiments ne couvrent pas toute la hauteur du navire : Joseph Ismay n'a pas voulu par exemple qu'une cloison divise le jardin d'hiver. Ainsi, une fois les premiers compartiments pleins, ils vont se déverser dans les suivants. La proue commence dès lors à couler. À 23 h 50, le niveau de la mer est déjà monté de 4 mètres à la proue, les cinq premiers compartiments étanches commencent à être inondés ainsi que la chaufferie no 5[F 5].
[modifier] L'état des lieux
Le choc avec l'iceberg réveille le commandant Smith qui était dans sa cabine. Il se rend alors immédiatement sur la passerelle et se fait informer de la collision par William Murdoch. Il ordonne alors de stopper les machines et envoie le 4e officier Joseph Boxhall inspecter les dégâts. Cependant l'officier qui fait une inspection rapide ne remarque rien et rassure le commandant. Ce dernier demande pourtant une inspection plus détaillée au charpentier qui découvre qu'une voie d'eau s'est ouverte[F 6].
Le commandant fait alors appel à Thomas Andrews, l'architecte du paquebot, et les deux hommes partent faire leur inspection. Ils découvrent que la salle de tri du courrier est inondée. Thomas Andrews comprend alors que cinq compartiments sont déjà envahis alors que le navire ne peut se maintenir à flot qu'avec quatre inondés. Il établit alors un pronostic, le navire coulera dans une heure ou deux tout au plus[F 4]. À 00 h 05, le court de squash, 10 mètres au-dessus de la quille, est sous l'eau. À 00 h 20, l'eau envahit déjà les quartiers de l'équipage à l'avant du Pont E[F 7].
[modifier] Les signaux de détresse
À 00 h 10, le 4e officier Boxhall calcule la position du navire à 41°46'N, 50°14'O. À 00 h 15, le premier appel de détresse est envoyé en signal CQD[17] (Come Quickly Danger). À 00 h 45 le signal CQD est transformé en SOS et le RMS Carpathia, un navire ayant capté le signal de détresse fait route à toute vapeur, mais ce navire est lent (17 nœuds) et la présence de glaces le ralentit encore plus[F 8].
Divers navires ont apparemment aperçu ou entendu ces signaux. Effectivement, un officier de quart aurait aperçu les fusées de détresse du Titanic mais en aurait déduit qu'il s'agissait d'une fête pour célébrer la croisière inaugurale du paquebot et n'en a donc pas tenu compte. Sur le Californian, l'opérateur radio serait parti se coucher peu avant l'instant où le message de détresse du Titanic fut envoyé. Parmi les navires ayant bien reçu le SOS, l’Olympic (bateau jumeau du Titanic) était à plus de 500 milles (926 km) donc il était impossible pour lui d'arriver à temps, le Mount Temple était à 49 milles (95 km), le Frankfurt était à 153 milles (285 km), les navires Birma, Baltic et Virginian étaient respectivement à 70, 243 et 170 milles, le Carpathia étant seulement à 58 milles (107 km), c'est lui qui tenta de porter secours au Titanic[18].
À intervalles réguliers et ceci jusqu'à 1 h 40, des fusées de détresse furent envoyées. Il en est de même pour les SOS qui furent envoyés jusqu'à 2 h 17[F 9].
[modifier] L'évacuation des passagers
[modifier] L'organisation de l'évacuation
À 00 h 05, le commandant fait rassembler l'équipage et enlever les tauds des embarcations[F 10]. Pendant ce temps, en 1er classe seuls quelques passagers se sont rendu compte que le navire avait stoppé ses machines. Les stewards passent alors dans les cabines pour inviter les passagers à mettre des vêtements chauds et un gilet de sauvetage et leur demandent de se rendre sur le pont des embarcations. Afin de rassurer les passagers, l'équipage leur assure qu'il s'agit d'un simple exercice. Seuls quelques passagers inquiets se dirigent vers le pont des embarcations pour monter dans un canot. Cependant la majorité ne s'inquiète pas et reste un long moment à l'intérieur du navire[F 11]. L'évacuation des passagers dans les canots est organisée de la façon suivante : le 1er officier William Murdoch est chargé de tous les canots situés à tribord (c'est-à-dire tous les canots portant un chiffre impair en plus des canots A et C) et le 2e officier Charles Lightoller est chargé de tous les canots situés à bâbord (tous les canots portant un chiffre pair en plus des canots B et D)[F 12].
Pour assurer la bonne organisation de l'évacuation, il est vital de maintenir l'énergie électrique du navire le plus longtemps possible. Cependant l'eau froide s'introduisant dans le navire risque de faire exploser les chaudières à cause du choc de température[F 13]. Les chauffeurs sont donc mobilisés pour évacuer les vapeurs d'eau contenues dans les chaudières[F 13]. La vapeur évacuée par les cheminées du Titanic crée un bruit assourdissant sur le pont des embarcations, et les opérateurs radio sont gênés pour émettre les messages de détresse[F 14]. Les officiers occupés à préparer les canots sont alors obligés de hurler ou de communiquer par signes[F 14]. Les bruits diminuent ensuite progressivement, jusqu'à disparaitre vers 0 h 40.
[modifier] Le lent début de l'évacuation
À 00 h 25, l'ordre est donné de faire monter les femmes et les enfants en premier dans les canots de sauvetage[F 15]. Au même moment l'orchestre se met à jouer à l'avant du pont des embarcations sous les ordres du commandant Smith qui veut ainsi éviter tout début de panique[F 16]. Malgré cela l'évacuation est très lente, la majorité des passagers refusant d'embarquer, ne croyant pas à la réalité du naufrage[F 17]. Il y a vingt canots à bord du Titanic pour une capacité totale de 1 178 personnes contre 2 200 personnes à évacuer sur le paquebot. Les canots numérotés 1 et 2 peuvent contenir 40 personnes[F 18], et ceux numérotés de 3 à 16 ont une capacité de 65 personnes[F 18]. Le navire possède également 4 canots repliables identifiés par des lettres et pouvant contenir 49 personnes[F 18].
À 00 h 45, la première fusée de détresse est envoyée[B 4], et le canot no 7 est affalé à tribord avec seulement 28 passagers contre 65 possibles. Ce canot comprend pourtant beaucoup de passagers hommes[A 2], en effet William Murdoch autorise des hommes à embarquer pour compenser le faible nombre de passagers acceptant de monter dans un canot. À 00 h 55, le canot no 6 est le premier canot affalé à bâbord avec 24 personnes embarquées seulement parmi lesquels Arthur Peuchen, unique passager masculin du canot. Margaret Brown prend également place dans ce canot[F 19]. Au même moment le canot no 5 est mis à la mer avec 35 passagers à bord. Les passagers masculins sont invités à monter dans ce canot, mais malgré cela le canot n'est rempli qu'à moitié[F 20]. Les officiers s'occupent de faire monter les femmes et les enfants en priorité dans les canots, les 1res classes étant bien évidemment avantagées pour obtenir une place. À 1 h 00 le canot no 3 part avec 40 personnes[F 20], puis à 1 h 10 le canot no 1 est affalé avec seulement 12 personnes à son bord contre 40 possibles[19],[A 3], et au même moment le canot no 8 est mis à la mer avec 28 personnes à bord contre 65 possibles[A 4].
[modifier] Une évacuation de plus en plus rapide
À partir de 1 h 15, le rythme de l'évacuation s'accélère, d'abord parce que l'eau commence à envahir la proue du navire et que les passagers qui étaient incrédules auparavant commencent à se résoudre à la réalité du naufrage[B 5]. De plus, à partir de cette heure, les passagers de 3e classe commencent à arriver sur le pont des embarcations. À 1 h 20, les canots no 9 et no 10 sont affalés avec respectivement 42 et 34 passagers[F 18]. À 1 h 25, les canots no 11 et no 12, qui ont la même capacité de 65 personnes, sont mis à la mer avec respectivement 55 et 28 passagers[F 21],[F 18]. La différence de charge entre ces deux derniers canots s'explique par le fait que certains hommes sont autorisés dans les canots situés à tribord, alors qu'à bâbord les canots sont strictement interdits aux hommes. Ainsi, les canots situés à bâbord sont nettement moins remplis car les femmes et les enfants ne suffisent pas à remplir les canots[F 22]. Vers 1 h 30, les canots no 14 et no 16 sont affalés à bâbord avec environ 40 personnes dans les deux canots[F 18]. À bord du canot no 14, le 5e officier Lowe tire trois coups de feu en l'air pour dissuader les passagers de plus en plus paniqués qui tentent de monter à bord de force[F 23]. À 1 h 35, les canots no 13 et no 15 sont affalés simultanément à tribord avec 64 et 65 passagers à bord[F 18]. Ces canots sont les deux seuls à être remplis en totalité et le canot no 15 est surtout occupé par des hommes. Au moment où le canot no 13 touche l'eau, il glisse en dessous du canot no 15 qui était en train de descendre (voir image à droite). Le canot no 13 réussit à se dégager de justesse[20].
À 1 h 40, le canot pliable C est le dernier canot correctement mis à la mer à tribord avec 40 personnes à bord contre 49 possibles[A 5]. Le propriétaire du Titanic, Bruce Ismay, prend place à bord de ce canot tout juste avant qu'il soit affalé[A 6]. À 1 h 45, le canot no 2 est affalé avec 18 personnes contre 40 possibles[F 18]. Puis à 1 h 55 le canot no 4 est affalé avec 32 personnes à bord. Ce canot avait commencé à être chargé au tout début de l'évacuation, cependant il est resté environ une heure bloqué au niveau du pont A. Après avoir atteint l'eau, le canot se dirige vers l'arrière du navire et tire six hommes d'équipages de l'eau[A 7]. Enfin à 2 h 05, le canot pliable D est le dernier mis à la mer avec succès contenant 24 personnes à bord contre 49 possibles[F 18].
[modifier] Les derniers moments
À partir de 2 h 05, il ne reste que deux canots pliables qui sont attachés sur le toit du quartier des officiers. Afin de les affaler, les deux officiers tentent de faire glisser ces canots sur des rames pour les faire tomber sur le pont des embarcations. La manœuvre est réussie pour le canot pliable A situé à tribord, et les matelots attachent le canot aux bossoirs, mais le canot pliable B situé à bâbord se renverse en heurtant le pont des embarcations[F 24]. Aux alentours de 2 h 15 l'eau envahit l'avant du pont des embarcations et la passerelle de navigation[F 25]. Le canot B part à la dérive alors que le canot A est toujours attaché aux bossoirs, cependant les matelots réussirent à le libérer avant qu'il ne coule. Les canots s'éloignent du navire et des personnes nageant dans l'eau les rejoignent. Une trentaine de personnes, en majorité des membres d'équipage monte sur la coque du canot B, parmi lesquels le 2e officier Charles Lightoller et Archibald Gracie[A 8]. Une vingtaine de personnes atteint le canot A, dont plusieurs moururent de froid durant la nuit[F 18]. En effet ce canot était rempli d'eau jusqu'aux bancs de nage[A 9].
À 2 h 10, le commandant relève les opérateurs radio Jack Phillips et Harold Bride de leur fonction. À 2 h 17, Thomas Andrews est aperçu seul dans le fumoir de 1re classe, le commandant retourne sur la passerelle, l'orchestre s'arrête de jouer juste avant la chute de la cheminée avant. Peu après, la grande verrière se brise en entraînant la destruction de l'escalier d'honneur et donnant accès à l'eau à toutes les pièces de l'avant. À 2 h 18, les lumières du Titanic clignotent une dernière fois puis s'éteignent[B 6]. Un instant plus tard, le paquebot se brise en deux entre la troisième et la quatrième cheminée[21]. Alors que la partie avant coule, la partie arrière flotte pendant quelques instants et se remplit d'eau lentement jusqu'à ce qu'elle sombre à son tour 2 heures et 40 minutes après la collision[22],[23]. La température de l'eau est alors de -2°C[B 7].
Les cris d'agonies poussés par les naufragés sont largement audibles par les vingt canots situés aux alentours. Et dans plusieurs canots éclatent des débats sur la nécessité de revenir sur les lieux du naufrage. Le 5e officier Lowe, responsable du canot no 14 réunit autour de lui quatre autres canots et répartit les passagers afin de vider son propre canot[A 10]. À 3 h 00 le canot no 14 arrive sur les lieux du naufrage, 40 minutes après la fin du naufrage. Cependant le temps moyen de survie dans des eaux d'une telle température n'est que d'environ 20 minutes[B 8]. Le canot tire de l'eau quatre hommes, dont l'un décède dans le canot[F 26].
[modifier] Le sauvetage
Beaucoup plus tard, à 3 h 30, les passagers des canots aperçoivent les feux du Carpathia. Quelques 40 minutes plus tard, le premier canot, le no 2, est récupéré par le navire d'assistance[F 27]. Pendant ce temps là, la situation des canots A et B est précaire. Les rescapés se trouvant sur la coque du canot doivent se tenir debout pour éviter un chavirage. Ils embarqueront finalement dans les canot no 12 et no 4 venus à la rescousse[F 28]. Les occupants du canot A seront quant à eux secourus par le canot no 14, qui revenait des lieux du naufrage et était donc pratiquement vide[F 29].
À 5 h 30, le Californian prévenu par le Frankfürt arrive sur les lieux du désastre[B 9]. Le canot no 12, étant en surcharge, est le dernier récupéré à 8 h 30. Le second officier Charles Lightoller est le dernier à monter à bord[F 27]. Le Carpathia fait ensuite route vers New York à 8 h 50, Joseph Bruce Ismay télégraphie à la White Star Line le naufrage du RMS Titanic.
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Des survivants sur le canot de sauvetage pliable D[F 29]. |
Le canot no 12 atteint le Carpathia. |
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Le canot no 12 est hissé à bord du Carpathia. |
Le Carpathia dépose les canots du Titanic devant les quais de la White Star Line le 18 avril. |
[modifier] Le bilan
[modifier] Les chiffres
Le naufrage du Titanic fit environ 1 500 morts, les chiffres variant entre 1 491[16] et 1 513[24],[25],[14] naufragés. Il y eu donc environ 700 rescapés[14]. Les membres d'équipages furent les plus touchés puisque 76 % d'entre eux sont morts. Également 75 % des troisième classe ont trouvé la mort[B 10], ceci étant du à plusieurs facteurs : d'abord les cabines de troisième classe étaient situées très loin du pont des embarcations, et ce dernier était plus difficile d'accès. De plus les troisième classe étaient en grande majorité des immigrants et beaucoup d'entre eux ne parlaient pas anglais, il était alors difficile pour eux de s'orienter dans le navire. De nombreux passagers de troisième classe furent également retenus au début du naufrage par des grilles fermées par l'équipage[B 5]. Les deuxièmes classes furent victimes du naufrage pour 59 % d'entre eux, la grande majorité des femmes fut rescapée, alors que les hommes de deuxième classe furent encore plus touchés que les hommes de troisième classe. Quant aux passagers de première classe, 60 % furent rescapés. La quasi totalité des femmes ont survécu, et un tiers des hommes, ce qui est largement supérieur à toutes les autres classes[B 10]. Ce dernier fait est dû au choix du 1er officier William Murdoch, qui accepta que de nombreux hommes montent dans les premiers canots[F 22]. À ce moment là, les seuls passagers présents sur le pont des embarcations étaient de première classe.
D'une façon plus générale, la principale différence se situe entre les hommes et les femmes. Seul 25 % des femmes moururent durant le naufrage contre 82 % des passagers masculins. Cependant, plus de la moitié des rescapés furent des hommes. Les enfants furent davantage victimes que les femmes, 53 des 109 enfants à bord moururent[B 10]. Les enfants de deuxième classe sont tous rescapés, la mort d'un enfant de première classe s'explique par le refus de ses parents d'embarquer dans un canot[A 11]. Au contraire, la grande majorité des enfants de troisième classe fut victime du naufrage[B 10].
| 1re classe | 2e classe | 3e classe | Total des passagers | Membres d'équipage | Total | |
| Hommes victimes | 118 | 154 | 387 | 659 | 670 | 1 329 |
| Femmes victimes | 4 | 13 | 89 | 106 | 3 | 109 |
| Enfants victimes | 1 | 0 | 52 | 53 | - | 53 |
| Total des victimes | 123 (38,6 %) |
167 (58,6 %) |
528 (74,8 %) |
818 (62,2 %) |
673 (76 %) |
1 491 (67,8 %) |
| Hommes à bord | 175 | 168 | 462 | 805 | 862 | 1 667 |
| Femmes à bord | 144 | 93 | 165 | 402 | 23 | 425 |
| Enfants à bord | 6 | 24 | 79 | 109 | 0 | 109 |
| Total de personnes à bord | 325 | 285 | 706 | 1 316 | 885 | 2 201 |
Les chiffres ci-dessus ont été établis par la Commission britannique d'enquête avec l'aide des témoignages qu'elle a pu recueillir[26]. Les huit musiciens de l'orchestre sont comptés dans la partie passagers de 2e classe puisqu'ils ne faisaient pas partie de l'équipage. Les enfants sont considérés comme ayant moins de 12 ans[26].
Ces chiffres ne sont qu'approximatifs car des erreurs et des confusions ont été commises, la Commission Sénatoriale Américaine est d'ailleurs parvenue à des résultats légèrement différents[26]. De plus, des passagers étaient clandestins, d'autres ont raté l'embarquement ou encore ont annulé à la dernière minute. Le sexe des passagers n'a parfois été déterminé que par le prénom de la personne donc des erreurs ont certainement été commises[26].
[modifier] Les réactions des médias
La nouvelle de la collision du Titanic avec un iceberg est pour la première fois arrivé à New York dès le 15 avril à 1 h 20, soit une heure avant la fin du naufrage, à la rédaction du New York Times[27]. Pourtant, le matin du naufrage du Titanic, aucun journal ne prit conscience de la gravité des événements. Le New York Evening Sun titre : « Tous passagers du Titanic sauvés après collision... Paquebot remorqué sur Halifax » (voir photo en bas à gauche). Le journal explique que les passagers du navire ont été transférés sur le Carpathia et le Parisian et que l'équipage est resté sur le Titanic alors que celui ci était remorqué vers Halifax, en Nouvelle-Écosse[F 31]. Le 16 avril, à Londres, le Daily Mail titre : « Titanic coulé, pas de pertes de vie humaine »[B 11]. À New York, les bureaux de la White Star Line rassurent les proches des passagers en réaffirmant que l'accident est sans gravité. Ces fausses informations sont dues au fait que la nouvelle du naufrage fut transmise d'un bateau à l'autre, et qu'il y eut donc des confusions[B 11]. À New York, dans la journée du 15 avril, des rumeurs de plus en plus insistantes affirment que le Titanic a fait naufrage. La confirmation arrive le soir, aux alentours de 18 h 00, dans les bureaux de la White Star Line grâce à un message de l'Olympic, le frère jumeau du Titanic[B 11]. Puis, un peu plus tard, la White Star Line confirme officiellement le naufrage[F 32]. À 21 h 00, les new-yorkais apprennent que le Carpathia n'a recueilli que 700 rescapés, ce qui laisse supposer jusqu'à 1 500 morts[F 32]. Le lendemain matin, le New York Times annonce le naufrage et transmet une première liste de rescapés, transmise par le biais de l’Olympic (voir photo en bas à droite). Puis, la nouvelle est annoncée que le Carpathia arrivera à New York avec les rescapés le 18 avril. Cependant, en Angleterre, la nouvelle du naufrage n'arrivera que le 17 avril dans les journaux. Le 18 avril, lors du débarquement des rescapés du Titanic, vers 22 h 00, plus de 40 000 personnes étaient présentes et les journalistes couvrirent largement l'événement, et recueillirent de nombreux témoignages[B 12]. Par exemple, le New York Times loua un étage entier d'un hôtel pour y installer une vingtaine de journalistes, qui était directement reliée à la rédaction du journal par des lignes téléphoniques spécialement installées[28].
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Le Evening Sun du 15 avril 1912. |
Le New York Times du 16 avril 1912. |
[modifier] La recherche des corps et les mémoriaux
[modifier] Au Canada
Le 17 avril 1912, la White Star Line affréta un navire, le Mackay-Bennett, qui appareilla d'Halifax afin d'explorer les lieux de la catastrophe et de repêcher des corps[29]. Au total 328 corps furent retrouvés, dont 116 qui furent remit à la mer car trop gravement décomposés pour être identifiés[29]. Les montres qui ont été retrouvées étaient arrêtée entre 2 heures et 2 h 20[B 13]. Les 150 victimes du naufrage repêchées mais non réclamées par leur famille ont été enterrées dans les trois cimetières d'Halifax : Fairview Lawn, Mont des Oliviers et Baron de Hirsch[B 14].
Parmi les corps repêchés par le Mackay-Bennett se trouvait un enfant âgé d'environ 2 ans et de sexe masculin, il fut le seul enfant récupéré[30]. Il ne sera pas réclamé, et ne put pas être identifié. C'est l'équipage du Mackay-Bennett qui se chargea de l'enterrement dans le cimetière de Fairview Lawn à Halifax (photo à droite)[31]. Depuis, plusieurs familles estimèrent que l'enfant enterré était des leurs, et voulurent que la plaque soit changée, cependant, en l'absence de preuve formelle, la plaque resta toujours anonyme[31]. Une exhumation et des analyses ADN en 2001 et 2002 aboutirent à des conclusions différentes[32]. Enfin, en 2007, l'enfant inconnu fut officiellement identifié comme Sydney Leslie Goodwin[32], un garçon âgé de un ans et demi, passager de 3e classe[33].
[modifier] Aux États-Unis
À New York, le Titanic Memorial Lighthouse fut érigé au sommet du presbytère des marins au 25 South Street en 1913[34]. Ce phare blanc de 16 mètres fut déplacé en 1968 devant le musée maritime de South Street[35].
À Washington, le Women's Titanic Memorial, une statue de 6 mètres représentant un homme aux bras déployés se trouve actuellement à Fort McNair[36]. Elle fut déplacée en 1966 de Rock Creek Park où elle fut inaugurée le 26 mai 1931 par Helen Herron Taft, veuve du président américain William Howard Taft et en présence du président de l'époque Herbert Clark Hoover[36]. Sur le socle de la statue on peut lire deux inscriptions : « Aux hommes courageux qui périrent dans le naufrage du Titanic, le 15 avril 1912. Ils donnèrent leur vie pour que les femmes et les enfants soient sauvés. Érigé par les femmes d'Amérique. » et « Aux jeunes et aux vieux, aux riches et aux pauvres, aux ignorants et aux érudits, à tout ceux qui ont noblement donné leur vie pour sauver des femmes et des enfants[35]. »
[modifier] Au Royaume-Uni
À Southampton, dans l’East Park, un mémorial dédié aux 35 mécaniciens du Titanic tous disparus dans le naufrage fut inauguré le 22 avril 1914 par sir Archibald Denny, président de l’Institute of Marine Engineers devant une foule de plus de 100 000 personnes. Sous la statue en bronze, se trouve une inscription entourée des 35 noms des mécaniciens[35]. Dans un bureau de poste situé à l'intersection de High Street et de East Street, une plaque de bronze fondue à partir de la pale d'une hélice de rechange du Titanic a été posée en l'honneur des postiers du paquebot[35]. Le Titanic Musicians Memorial, dédié aux membres de l'orchestre du Titanic, fut inauguré le 19 avril 1913 dans la bibliothèque de la ville[35]. Dédié aux stewards du Titanic, une fontaine en pierre fut inaugurée à Southampton le 27 juillet 1915[35].
À Lichfield, une grande statue de bronze représentant le commandant Edward Smith fut inaugurée par sa fille le 29 juillet 1914[37].
À Colne (Lancashire), dans le parc de la ville, un buste représentant Wallace Hartley, est érigé sur un socle en marbre à la mémoire du chef d'orchestre du Titanic[38].
[modifier] En Irlande du Nord
La statue du Titanic Memorial de Belfast, inaugurée le 26 juin 1920, fut érigée grâce à une souscription à laquelle participèrent la population de Belfast, les employés des chantiers Harland & Wolff, la White Star Line et la famille de Thomas Andrews. D'abord située sur le Donegall Square, elle fut déplacée dans les jardins de l'hôtel de ville. Il porte le nom des 22 membres d'équipage du Titanic tous originaires de l'Ulster et victimes du naufrage[39].
Le Thomas Andrews Memorial Hall est un bâtiment dédié à la mémoire de l'architecte naval du Titanic et directeur général des chantiers de Harland & Wolff, il est situé dans la ville natale de l'architecte, à Comber. Il fut construit en 1914 et inauguré en février 1915[40].
[modifier] Les derniers rescapés
- Eva Hart (31 janvier 1905 - 14 février 1996) passagère de seconde classe
Angleterre[41]. - Edith Eileen Brown (27 octobre 1896 - 20 janvier 1997) passagère de seconde classe
Afrique du Sud[42]. - Louise Laroche (2 juillet 1910 - 28 janvier 1998) passagère de seconde classe
France[43]. - Eleonor Ileen Johnson (23 août 1910 - 7 mars 1998) passagère de troisième classe
États-Unis[44]. - Michel Marcel Navratil (12 juin 1908 - 30 janvier 2001) passager de seconde classe
France[45]. - Winnifred Quick (23 janvier 1904 - 6 juillet 2002) passagère de seconde classe
Angleterre[46]. - Lillian Asplund (21 octobre 1906 - 6 mai 2006) passagère de troisième classe
États-Unis[47],[48]. - Barbara West (24 mai 1911 - 16 octobre 2007) passagère de seconde classe
Angleterre[49],[50]. - Millvina Dean (2 février 1912 - 31 mai 2009) passagère de troisième classe
Angleterre[51],[52].
Millvina Dean était, jusqu'à son décés le dimanche 31 mai 2009, la dernière survivante du drame mais elle était trop jeune lors du naufrage pour se rappeler quoi que ce soit. Barbara West est décédée le 16 octobre 2007 à l'âge de 96 ans, elle était également trop jeune lors de la catastrophe[50]. Lillian Asplund était la dernière survivante ayant des souvenirs, elle décéda en 2006[48]. Michel Marcel Navratil était le dernier homme survivant et aussi le dernier Français, il mourut en 2001[45]. De plus, Bertha Watt et Ellen Natalia Shine, les onzième et douzième rescapées, sont décédées à seulement un jour d'intervalle le 4 et le 5 mars 1993 à respectivement 93 et 101 ans[53],[54].
[modifier] Les causes du naufrage et de son lourd bilan
[modifier] Causes identifiées à l'époque
[modifier] Causes naturelles
Le 14 avril, durant la nuit de la collision, beaucoup de conditions étaient réunies pour augmenter le risque de naufrage. La météo était calme : il n'y avait que peu de vent et très peu de vagues[B 15]. La présence de vent aurait formé une écume autour de l'iceberg, et l'aurait rendu plus visible pour les veilleurs de quart[B 15]. De plus, la Lune était absente, rendant ainsi la nuit plus obscure[B 15]. Malgré tous les avertissements d'icebergs, le commandant a décidé de ne pas ralentir la vitesse, le paquebot avançait à 22,5 nœuds soit 41,7 km/h[14]. Le commandant emprunta pourtant une route plus au sud, prévue par la White Star Line pour éviter les icebergs[55]. Mais cette année là, l'hiver avait été plus doux, et les icebergs étaient descendus plus au sud que les autres années[56].
[modifier] La Commission américaine
Peu après le naufrage du Titanic, le gouvernement américain mit en place une commission d'enquête ayant pour but d'identifier les causes et les coupables de la catastrophe. Celle-ci débuta le 19 avril 1912 et pris fin le 25 mai 1912[B 16]. Le sénateur du Michigan, William Alden Smith en prit la tête[B 16]. La commission s'intéressa notamment au fait que les veilleurs ne disposaient pas de jumelles dans le nid-de-pie. Les veilleurs affirmèrent que s'ils avaient disposé de jumelles, ils auraient pu éviter l'iceberg à temps[57]. En effet, l'iceberg a été vu à environ 500 mètres du navire, et il aurait fallu environ 800 mètres au navire pour s'arrêter avec les machines en arrière toute[58]. Or, les jumelles auraient pu permettre de voir l'iceberg à une distance beaucoup plus élevée[59]. Les veilleurs pensaient avoir oublié les jumelles à Southampton, mais il est maintenant connu qu'ils avaient en réalité oublié la clé permettant d'accéder aux jumelles[60]. Pourtant de nombreux officiers du Titanic possédaient des jumelles, mais aucune ne fut prêtée aux veilleurs[61]. La commission appela Bruce Ismay à témoigner, il fut accusé d'avoir fait des pressions sur le commandant pour accélérer la vitesse du Titanic[B 16]. Cependant la commission ne trouva aucune preuve, et la responsabilité de Bruce Ismay ne put être engagée[B 16].
[modifier] La commission Mersey
Peu après la mise en place de la commission américaine, une commission similaire fut mise en place en Angleterre. Celle ci fut ouverte par le ministère du commerce britannique, elle commença le 2 mai 1912 et pris fin le 3 juillet 1912[B 17]. Les débats furent menés par le magistrat Lord Mersey[62] à Londres, dans une salle de réceptions prés du palais de Buckingham. Pendant 63 jours, la commission tint 36 séances qui étaient ouvertes au public, et 97 témoins ont été interrogé. La commission retint trois causes principales : la navire allait trop vite, la veille n'était pas assurée de façon appropriée, et l'évacuation des passagers dans les canots ne fut pas organisée de façon convenable[B 17]. Cependant, contrairement à la commission américaine, la commission Mersey ne reprocha rien à Bruce Ismay, et n'adressa pas de blâme à Edward Smith[B 17]. Le 30 juillet 1912, la commission établie un rapport, qui comprenait 24 recommandations concernant l'amélioration de la sécurité maritime.
[modifier] Évacuation des passagers
D'autres causes expliquent le nombre important de victimes. Les canots de sauvetage du Titanic avaient une capacité de 1 178 personnes, or il n'y eut que 711 rescapés, soit une différence de 467 personnes. Durant la commission d'enquête, le 2e officier du Titanic, Charles Lightoller, qui était chargé de la moitié des canots, déclara qu'il n'était pas au courant des tests fait sur les chaloupes. Il pensait que les canots ne pouvaient pas être chargés à leur pleine capacité sans que les cordes se cassent, ou que les canots se brisent. L'officier ne remplit totalement aucun des 10 canots dont il avait la charge[F 18]. Et, sur les 20 canots du navire, seuls 4 ont été chargés à plus de 70 % de leur capacité[F 18]. Les premiers canots mis à la mer étaient pratiquement vides parce que les passagers refusaient d'embarquer dans un canot, ne croyant pas à la réalité du naufrage, et ayant peur d'être précipité à la mer alors que le Titanic ne donnait aucun signe de naufrage, et qu'il n'y avait aucun signe de panique[Note 1],[7]. De plus, l'équipage fit croire aux passagers qu'il s'agissait d'un simple exercice, et l'orchestre joua des musiques entrainantes pour éviter ainsi toute panique[F 13]. De nombreux passagers ont donc préférés rester à l'intérieur du navire, ne voyant aucune raison d'avoir peur. Le chargement des canots débuta à 00 h 25, et les passagers ont tous pris conscience du naufrage aux alentours de 01 h 15, du fait de la gîte de plus en plus importante du navire[B 5]. Ce qui signifie que l'évacuation fut lente durant 50 minutes.
[modifier] Nouvelles causes apparues
[modifier] La manœuvre d'évitement
Le soir de la collision, au moment où Frederick Fleet alerta la passerelle de la présence d'un iceberg droit devant, le 1er officier William Murdoch fit virer le navire à tribord et mit les machines en arrière toute[F 2]. Cependant il apparait aujourd'hui que l'officier n'ait pas pris la meilleure décision. Le fait de mettre les machines en arrière toute ralentit le navire et le fit tourner moins vite[B 18]. Le Titanic aurait donc eu plus de chances d'éviter l'iceberg avec les machines en avant toute[B 18]. Il est aussi démontré que si le Titanic n'avait pas tourné et avait heurté l'iceberg de plein fouet, il aurait pu se maintenir à flot car il n'y aurait eu qu'un seul compartiment étanche inondé[B 18].
[modifier] La découverte de l'épave
Tout au long du XXe siècle, de nombreux projets d'expéditions pour retrouver l'épave engloutie virent le jour sans succès[B 19]. L'épave fut finalement localisée le 1er septembre 1985[64] à 1 h 05 par une expédition franco-américaine dirigée par Jean-Louis Michel de l'IFREMER et le Dr Robert Ballard[64] de la Woods Hole Oceanographic Institution. Elle fut trouvée à une profondeur de 3 821 m[65], à , à 650 km au sud-est de Terre-Neuve[16]. Le première découverte importante concernant l'épave, fut que celle ci était brisée en deux parties. Jusqu'ici, le scénario retenu était que le navire avait coulé sans se casser[B 20]. En effet la majorité des témoignages affirmèrent que le navire avait coulé en un seul morceau[A 12].
Depuis le naufrage du Titanic et jusqu'en 1996, le scénario retenu sur le début du naufrage était que l'iceberg avait découpé une balafre longue de 90 mètres dans la coque[B 18]. Mais la découvert de l'épave le 1er septembre 1985[64], et les examens de la coque du bateau fait par Robert Ballard en 1996 par un sonar, remirent en cause ce scénario. En effet il fut découvert que les tôles étaient déformées et disloquées, mais non fendues[B 18]. En réalité, l'iceberg ne fit pas de trou dans la coque, mais le choc fit tomber les rivets et ouvrit ainsi une voie d'eau[B 18]. Cette découverte montre donc un défaut dans la conception du Titanic : les rivets étaient trop fragiles[63].
Une étude plus récente menée par deux chercheurs américains[66] s'appuyant sur des analyses scientifiques de pièces extraites de l'épave et sur l'examen des archives des chantiers navals Harland & Wolff conservées à Belfast, a une nouvelle fois mis en cause la qualité des rivets utilisés pour fixer les plaques d'acier de la coque à l'avant du navire[66]. En effet, ceux-ci étaient en fer et non pas en acier comme dans la partie centrale, en raison de l'impossibilité des fournisseurs à suivre les rythmes et les quantités imposés par le constructeur[66]. La résistance moindre de ces rivets en fer explique que de nombreuses tôles se soient disjointes au contact de l'iceberg. Les auteurs de l'étude supposent que des rivets en acier, plus résistants, auraient peut-être, sinon sauvé le navire, du moins accordé un délai suffisant pour permettre aux secours d'arriver à temps[66].
[modifier] Les conséquences du naufrage
[modifier] Conséquences sur les mesures de sécurité
[modifier] Les messages de détresse
L'une des principales choses à laquelle s'intéressa la commission américaine sur le naufrage fut la non-intervention du Californian. La commission déclara que le Californian se trouvait à moins de 31 kilomètres et que le navire aurait pu se porter au secours du Titanic[B 17]. Deux raisons expliquent la non-réaction du Californian, d'abord l'opérateur radio dormait et ne pouvait donc pas entendre les messages de détresse envoyés par le Titanic[A 13]. Ensuite, les fusées blanches lancées par le Titanic furent mal interprétées par les marins du Californian qui pensaient que les fusées de détresse devaient être rouges. La commission émit alors comme recommandation que la télégraphie sans fil devrait être assurée 24 heures sur 24[B 16], même sur les bâtiments plus petits. Ceci était impossible pour le Californian puisqu'il n'y avait à bord qu'un seul opérateur radio et que donc celui-ci ne pouvait pas assurer la radio 24 heures sur 24 contrairement au Titanic où les deux opérateurs radio se relayaient. Concernant la couleur des fusées de détresse, celle ci devait déjà être blanche car plus visible dans la nuit[B 9]. Aujourd'hui, il apparait que le Californian et son commandant servirent de bouc émissaire, en effet il est désormais prouvé que le Californian se trouvait trop loin du Titanic pour sauver les passagers[67].
[modifier] Les canots de sauvetage
La White Star Line, compagnie maritime propriétaire du Titanic était en conformité avec la réglementation britannique, établie par le Board of Trade (ministère britannique du Commerce) concernant le nombre de canots à bord, et allait même au delà de cette réglementation. Les dirigeants de la White Star Line se servirent de cet argument pour se défendre de négligences concernant les moyens de sécurité à bord du Titanic. Le nombre minimum de canots de sauvetage était basé, non sur le nombre de passagers mais sur le tonnage du navire ; le Titanic aurait pu se contenter de seize canots de sauvetage, or il en avait vingt. Cette réglementation, qui datait de 1894[68], n'était plus adaptée à la taille des navires de l'époque. En effet, la réglementation britannique exigeait que la capacité totale des canots soit d'au moins 962 personnes pour tous les navires de plus de 10 000 tonnes[69] alors que le Titanic avait un tonnage de plus de 52 000 tonnes[7].
« La circonstance dominante (...) est le fait que l'on ait omis durant tant d'années de réviser les règlements de 1894 (...). Le tonnage brut d'un vaisseau n'est pas à mon avis une base satisfaisante pour le calcul du nombre de bateaux de sauvetage. »
— Lord Mersey, 1912, [68]
La commission américaine et la commission Mersey demandèrent alors que tous les navires disposent d'assez des canots de sauvetage pour tous les occupants[B 17]. La commission Mersey déclara également que la manœuvre des canots de sauvetage ne fut pas convenablement organisée, et recommanda un meilleur entrainement des matelots[B 17]. Aujourd'hui, les paquebots modernes doivent avoir des engins de sauvetage d'une capacité de 25 % supérieure au nombre de personnes pouvant embarquer[B 21].
[modifier] Les icebergs
Après le naufrage du Titanic, une patrouille internationale des glaces fut créée le 20 janvier 1914[B 21]. Celle ci est placée sous l'autorité des Garde-Côtes des États-Unis. Cette patrouille a pour but de surveiller le déplacement des icebergs dans l'Atlantique nord-ouest. Les icebergs sont alors localisés, permettant ainsi d'assurer la sécurité des bateaux circulant dans cette zone[B 21]. Cette patrouille a permis de sécuriser toute cette région. Ainsi, depuis 1912 et le naufrage du Titanic, aucune catastrophe maritime impliquant un iceberg ne se produisit plus.
[modifier] Conséquences sur la conception des navires
[modifier] Mise en travaux de l'Olympic
Le 24 avril 1912, l'équipage de l’Olympic refusa d'appareiller de Southampton, et les chauffeurs se mirent en grève[B 22]. Ce devait être le premier voyage de l’Olympic depuis le naufrage du Titanic[B 22] qui eut lieu neuf jours plus tôt. Comme l’Olympic était le frère jumeau du Titanic, les deux navires étaient en tous points semblables, et avaient donc les mêmes faiblesses au niveau de leur sécurité. Les grévistes réclamaient davantage de canots de sauvetage[B 22]. De plus les réservations des passagers sur l’Olympic chutèrent fortement, ce qui poussa la White Star Line à mettre le navire en travaux[B 22]. Trois grandes transformations furent alors apportées au navire. D'abord 48 canots de sauvetage furent rajoutés, passant donc à 68 canots au total[B 22]. Ensuite, cinq des seize compartiments étanches du navire furent rehaussés jusqu'au niveau de pont B[B 22],[70], alors qu'ils s'élevaient jusque là au pont E, soit une différence de trois étages. Le navire pouvait alors résister à des avaries bien plus importantes. Enfin, la hauteur du double fond fut augmentée, rendant la coque du paquebot plus résistante[B 22]. Le paquebot fut immobilisé pendant six mois, le temps que les travaux soit terminés[70].
[modifier] Recommandations de la commission Mersey
Les cinq premières recommandations concernaient la conception des navires : par exemples les cloisons étanches devraient être relevées, et les navires devraient avoir un double fond jusqu'à la ligne de flottaison.
(cf aussi Recommandations de la commission Mersey du 30 juin 1912)
Voici quelques sources tirées de livres publiés et traitant du travail et des conclusions de la commission Mersey :
Bien entendu, toutes ces sources comportent bien d'autres informations utiles que les débats menés par Lord Mersey.
Retrouver les modifications apportées effectivement par le Board of Trade (Ministère du Commerce britannique), et celles apportées au Merchant Shipping Act (Règlement de la Marine Marchande), puisque la commission Mersey n'a émis que des recommandations.
[modifier] Les autres désastres maritimes les plus meurtriers
À son époque, le naufrage du Titanic est le plus grand désastre maritime en temps de paix[14],[16] (1 491 à 1 513 morts), mais il a été largement dépassé depuis par des faits de guerre, notamment durant la Seconde Guerre mondiale.
Durant la Seconde Guerre mondiale eurent lieu des événements records en terme de pertes de vies humaines :
- Le Wilhelm Gustloff, coulé par un sous-marin russe en 1945, a fait de 5 000 à 7 000 morts. De récentes études avancent le nombre de 10 000 victimes dont 4 000 seraient des enfants[71].
- Le 29 juin 1944, le Ryusei Maru et le Toyama Maru, tous deux paquebots japonais, furent coulés par l'USS Rasher, un sous-marin américain, en emportant plus de 10 500 personnes dans la mort[72].
- Pour deux bateaux dans la même attaque, le Cap Arcona et le Thielbek, coulés par des Typhoons de la RAF le 3 mai 1945, emportèrent 8 000 déportés[73].
Voici les catastrophes maritimes les plus meurtrières qui, en temps de paix, ont touché des paquebots :
- Le Doña Paz, un traversier, coula après être entré en collision avec un pétrolier, Vector, le 20 décembre 1987 dans le détroit de Tablas, aux Philippines et aurait fait plus de 4 000 victimes[74].
- Le Toya Maru, un navire japonais, sombra et causa la mort de 1 155 personnes le 26 septembre 1954. Il fut emporté dans un cyclone tropical entre les îles japonaises Hokkaidō et Honshū[75].
- L'Empress of Ireland, de la Canadian Pacific, coula le 29 mai 1914 entraînant 1 012 personnes dans la mort. Il fut heurté par un cargo norvégien alors qu'il se trouvait dans un nuage de brume près de Rimouski au Québec[76].
[modifier] Le naufrage du Titanic au cinéma
L'histoire du naufrage du Titanic a été illustrée dans de nombreux films et de téléfilms :
- 1912 : In Nacht und Eis, film muet allemand de Fritz Lang, avec certains rescapés[77].
- 1943 : Titanic, film allemand de propagande nazie[78].
- 1953 : Titanic, film américain de Jean Negulesco[79].
- 1958 : Atlantique, latitude 41° (A Night to Remember), film britannique de Roy Ward Baker, le 2e officier Lightoller est le personnage principal, interprété par Kenneth More[80].
- 1979 : S.O.S. Titanic, téléfilm américano-britannique de William Hale[81].
- 1980 : La Guerre des abîmes (Raise the Titanic), film américain de Jerry Jameson, adapté du roman de Clive Cussler[82].
- 1996 : Le Titanic, téléfilm américain de Robert Lieberman[83].
- 1997 : Titanic, film américain de James Cameron, c'est le film sur le Titanic qui eut le plus de succès[84].
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
- Titanic
- Canots de sauvetage du Titanic
- Passerelle de navigation du Titanic
- RMS Olympic
- HMHS Britannic
- RMS Carpathia
- SS Californian
[modifier] Liens externes
- dark-stories.com - Histoire et naufrage du Titanic
- Le site du Titanic - Naufrage en illustrations
- Le site du Titanic - Chronologie d'un naufrage
- Le site du Titanic - Composition détaillée de chaque canot
[modifier] Bibliographie
- Djana Pascal, Michel Pascal, Titanic Au-delà d'une malédiction, Anne Carriere Eds, 2004, 213 p. (ISBN 2-84337-245-3)
- Max Allan Collins, Les meurtres du Titanic, Rivages, coll. « Rivages Noir, numéro 43 », 2001, 261 p. (ISBN 2-74360-839-0)
- Joëlle Quentin-Doucet, Le mystérieux bébé du Titanic, Cheminements, coll. « Une Histoire Pour L'histoire », 2006, 624 p. (ISBN 2-84478-484-4)
- Philippe de Baleine, Dernière conversation sur le Titanic, Presses de la Renaissance, 1998, 127 p. (ISBN 2-85616-717-9)
- Gert Hoffman, Conversation à bord du Titanic lors de son naufrage entre Sir John Jacob Astor et son coiffeur, Actes Sud, 2001, 165 p. (ISBN 2-86869-955-3)
- (en) Clive Cussler, Renflouez le Titanic !, Lgf, coll. « Ldp Thriller, numéro 17202 », 2001 (ISBN 2-25317-202-2)
- Walter Lord, La nuit du Titanic, J'ai lu, coll. « et "J'ai lu leur aventure" n°A45 », 1998, 244 p. (ISBN 2-29004-928-X)
- Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, (ISBN 2-84634-298-9).
- Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, « Éditions Glénat », 1999, (ISBN 2-7234-2882-6).
- Archibald Gracie, Rescapé du Titanic, « Éditions Ramsay », 1998, (ISBN 2-84114-401-1).
[modifier] Notes
- ↑ Cependant, la réputation du Titanic d'être un navire insubmersible n'est apparue qu'après le naufrage. Il est pourtant vrai que la presse avait déjà surnommé le Titanic insubmersible, mais ceci était courant à l'époque concernant les paquebots modernes
[modifier] Références
Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 157, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ a b c d Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 94, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 94 et 96, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ a b Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 100, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 146, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 97 et 98, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 148, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 267, (ISBN 2-84634-298-9).
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- ↑ Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 281, (ISBN 2-84634-298-9).
- ↑ a b Corrado Ferruli, Titanic, « Hachette collections », 2003, p. 282, (ISBN 2-84634-298-9).
Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, « Éditions Glénat », 1999, (ISBN 2-7234-2882-6).
- ↑ Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, « Éditions Glénat », 1999, p. 45, (ISBN 2-7234-2882-6).
- ↑ a b c Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, « Éditions Glénat », 1999, p. 26, (ISBN 2-7234-2882-6).
- ↑ Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Titanic, « Éditions Glénat », 1999, p. 18, (ISBN 2-7234-2882-6).
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| RMS Titanic | ||
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|
| Membres d'équipage |
Edward Smith, commandant | Henry Wilde, commandant en second William Murdoch, 1er officier | Charles Lightoller, 2e officier | Herbert Pitman, 3e officier Joseph Boxhall, 4e officier | Harold Lowe, 5e officier | James Moody, 6e officier Jack Phillips, opérateur radio | Harold Bride, opérateur radio | Frederick Fleet, veilleur | Reginald Lee, veilleur |
|
| Fiction | Titanic (film, 1943) | Titanic (film, 1953) | A Night to Remember | Titanic (film, 1997) | |




