Solaris (film, 2002)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Steven Soderbergh. Pour le film d'Andreï Tarkovski, voir Solaris.
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Solaris

Titre original Solaris
Réalisation Steven Soderbergh
Scénario Steven Soderbergh
Sociétés de production 20th Century Fox
Lightstorm Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 2002
Durée 99 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Solaris est un film américain réalisé par Steven Soderbergh, sorti en 2002, inspiré du roman éponyme de Stanislas Lem, déjà adapté en 1972 par Andreï Tarkovski.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Chris Kelvin (George Clooney), psychologue, est appelé au secours par un de ses amis parti en observateur dans une station en orbite autour de la planète Solaris. Celle-ci semble avoir une étrange influence sur les scientifiques de la station qui ne répondent plus aux appels. N'ayant rien à perdre, Chris s'y rend à son tour. À son arrivée, il découvre que son ami s'est suicidé. Comme tous les autres membres d'équipage avant lui, il vit une expérience dramatique : l'un de ses proches décédés (en l'occurrence, sa propre femme) lui apparaît en chair et en os, vivante. Les survivants de la station cherchent désespérément à comprendre rationnellement ce qui leur arrive.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Coproducteurs : Charles V. Bender et Michael Polaire
Producteur délégué : Gregory Jacobs
Drapeau des États-Unis États-Unis : 20th Century Fox
Drapeau de la France France : UGC Fox Distribution
Drapeau des États-Unis États-Unis : 19 novembre 2002 (avant-première)
Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau du Canada Canada : 27 novembre 2002
Drapeau de l'Allemagne Allemagne : 8 février 2003 (Berlinale 2003)
Drapeau de la France France : 19 février 2003

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

James Cameron avait le film comme projet depuis plusieurs années[2]. Après une longue procédure avec le gouvernement russe, il achète les droits du roman de Stanislas Lem via sa société Lightstorm Entertainment[3],[2]. Mais en raison de nombreux projets dans les années 1990, James Cameron ne peut concrétiser cette adaptation.

En 2000, alors que Steven Soderbergh travaille sur Traffic, il parle d'une adaptation de Solaris à James Cameron, et aux producteurs Rae Sanchini et Jon Landau. James Cameron est intrigué par les idées du réalisateur et commence à redévelopper le projet[4]. Alors que le développement de Traffic stagne, Steven Soderbergh commence à écrire un premier jet de Solaris, en utilisant également le film russe de 1972. Il y développe des thèmes qu'il n'avait jamais pu aborder dans ses films précédents[5]. Il insiste pour écrire seul le scénario : « Je leur ai dit que j'avais une idée en tête, mais que j'avais envie d'écrire le scénario en spéculation, sans attaches légales. Je leur ai exposé ma vision, ce que je voulais développer et comment je comptais me démarquer du roman et du film de Andreï Tarkovski »[2]. Le projet est ensuite présenté à 20th Century Fox.

Casting[modifier | modifier le code]

Steven Soderbergh souhaitait à l'origine Daniel Day-Lewis pour le rôle principal[2]. L'acteur est cependant engagé sur Gangs of New York de Martin Scorsese. George Clooney, partenaire du réalisateur au sein de la société Section Eight, reçoit une copie du script. Un mois plus tard, alors que Ocean’s Eleven est en montage, le réalisateur reçoit une lettre de l'acteur disant qu'il est prêt pour endosser le rôle[6].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage principal débute le 5 mai 2002 à Downtown Los Angeles. Il a ensuite lieu sur les plateaux 19 et 20 des studios de la Warner à Burbank en Californie[7].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Ce film est la troisième adaptation cinématographique du roman de Stanislas Lem. Cette version de Solaris est un film de science-fiction particulier, il s'agit d'un lent psychodrame méditatif sur une histoire d'amour. Le roman présenté dans ce film pose la question de l'amour vrai : celui qui emprisonne l'autre dans le désir et les souvenirs ne lui reconnaît pas sa personnalité humaine... Le personnage ne vit que dans un rêve ; le réveil peut être brutal. Ce film intellectuel a pris à contre-pied le milieu du cinéma américain.

Cette version est également redevable au Solaris d'Andreï Tarkovski car, bien qu'elle ait été « ré-imaginée » par le réalisateur, Clooney et McElhone ressemblent beaucoup à Donatas Banionis et à Natalya Bondarchuk qui ont joué les rôles originaux. En fait, plus qu'une adaptation du roman, ce film semble être influencé à la fois par le roman de Lem et le film de Tarkovski.

Cependant, Steven Soderbergh affirme que son film diverge de la version russe, notamment dans la relation passée de Kelvin et sa femme[2].

Soderbergh indique "qu'il ne souhaitait pas faire de Solaris un remake du film de Tarkovsky, mais davantage une nouvelle version de la nouvelle de Stanislaw Lem"[8]. Bien qu'il n'ait pas vu le film, Lem considérait l'adaptation de Soderbergh comme un "remake du film de Tarkovsky" et critiquait le film pour ce qu'il en savait comme s'écartant sensiblement des intentions originelles, en se focalisant exclusivement sur la psychologie des deux personnages principaux, et rélégant à quasi rien les réflexions sur l'humanité de l'étrange et gigantesque océan [9]:

« ...d'autant que je sache, le livre n'était pas consacré aux problèmes érotiques de personnes dans l'espace... [...] En tant qu'auteur de Solaris, je me permets de rappeler que je souhaitais seulement figurer une rencontre de l'homme avec quelque chose dont l'existence est certaine, peut-être imposante, mais qui ne peut être réduit à des concepts, des idées ou des images humains. C'est pourquoi ce livre s'intitule "Solaris" et non pas "L'Amour dans l'espace". »

— Stanislaw Lem, The Solaris Station (December 8, 2002)[9]

En 2010, Solaris fit partie de la liste du Time magazine's "Top 10 Hollywood Remakes", pour "sa réalisation exquise et experte" et sa "façon d'extraire ce but trop rarement atteint dans un film de science-fiction : l'émotion."[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  2. a, b, c, d et e Secrets de tournage - AlloCiné
  3. (en) Solaris: Sci-fi with a Soderbergh Difference - UrbanCinefile.com
  4. (en) STEVEN SODERBERGH UNLEASHED: Part 2 - FilmThreat.com
  5. (en) STEVEN SODERBERGH UNLEASHED: Part 3 - FilmThreat.com
  6. (en) Solaris is about more than just George Clooney's naked butt - The Seattle Times
  7. (en) Notes de production - ContactMusic.com
  8. a et b Glen Levy, « Solaris (2002) / Solyaris (1972) », Time,‎ 1 octobre 2010 (lire en ligne)
  9. a et b Stanisław Lem, « The Solaris Station », Stanisław Lem's official website,‎ 8 décembre 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]