Louis-Alexandre Berthier

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Louis-Alexandre Berthier
Portrait par Andrea Appiani (1754–1817) : Berthier y porte la Légion d'honneur (écharpe et grand aigle) et l'Ordre de l'Aigle noir.
Portrait par Andrea Appiani (1754–1817) : Berthier y porte la Légion d'honneur (écharpe et grand aigle) et l'Ordre de l'Aigle noir.

Naissance
Versailles, France
Décès (à 61 ans)
Bamberg, Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Pavillon LouisXIV.svg Royaume de France
Arme Grande Armée
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 17641815
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Campagne d'Italie (1796-1797)
Campagne d'Égypte
Bataille de Marengo
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Eylau
Bataille de Friedland
Bataille d'Iéna
Bataille de Wagram
Bataille de la Moskowa
Bataille de Leipzig
Bataille de Brienne
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Commandeur de Saint-Louis
Ordre de Cincinnatus
Pair de France :4 juin 1814
Prince de Neuchâtel et Valangin
Prince de Wagram Ordre de Saint-André
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(23e colonne)
Autres fonctions Ministre de la Guerre
Vice-connétable de l'Empire
Grand-veneur de la Couronne
Colonel général des Suisses
Famille Jean-Baptiste Berthier (son père)
César Berthier (son frère)
Victor Léopold Berthier (son frère)
Joseph-Alexandre Berthier (son frère)
Napoléon Alexandre Berthier (son fils)

Emblème

Louis-Alexandre Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram, né à Versailles le et mort à Bamberg le , est un militaire français du XIXe siècle.

Un homme de Napoléon[modifier | modifier le code]

Né de parents tout deux au service du roi, il devient ingénieur-géographe comme son père et participe à la guerre d'indépendance américaine. Colonel en 1778, il passe dans la Garde nationale puis remplit les fonctions de chef d'état-major sous divers généraux, le plus notable étant Napoléon Bonaparte, commandant en chef de l'armée d'Italie. Berthier participe sous ses ordres aux campagnes d'Italie et d'Égypte et soutient le coup d’État du 18 brumaire. Sous le Consulat, il reçoit le portefeuille du ministère de la Guerre qu'il conservera jusqu'en 1807. Lors de l'instauration du régime impérial en 1804, Napoléon l'élève à la dignité de maréchal d'Empire puis l'anoblit en le faisant prince de Neuchâtel et Valangin en 1806.

Major général de la Grande Armée, Berthier participe à toutes les campagnes de l'Empire sans jamais toutefois assurer de commandement sur le champ de bataille, où il se montre piètre tacticien. Prince de Wagram et colonel général des Suisses en 1809, il reste aux côtés de l'Empereur jusqu'à l'abdication de ce dernier en 1814. Il se rallie alors à Louis XVIII qui le fait pair de France et capitaine de la Garde royale. Rentré chez sa famille à Bamberg, il y meurt défenestré (probablement un suicide) le 1er juin 1815.

Sa mort survenue peu avant la bataille de Waterloo affecte Napoléon qui dira de lui : « Nul autre n'eût pu le remplacer. »[1]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Son père, Jean-Baptiste Berthier (né en 1721 à Tonnerre, décédé en 1804 à Paris), ingénieur-géographe de l'armée, lieutenant-colonel, et avait été anobli par Louis XV pour services rendus. Sa mère, Marie-Françoise Lhuillier de la Serre (née vers 1731, décédée le à Versailles), était femme de chambre de Monsieur (futur roi Louis XVIII).

Louis-Alexandre est l'aîné des quatre fils qui survivent à leur père. Tous embrassent l'état militaire. Les deux plus âgés César Berthier et Victor Léopold Berthier, sont généraux de division et le plus jeune, issu d'un second mariage, Joseph-Alexandre Berthier, 1er vicomte Berthier (1821) est maréchal de camp.

Pendant la monarchie[modifier | modifier le code]

Louis-Alexandre Berthier, maréchal de camp, chef d'état-major en 1792 (1753-1815), François-Gabriel Lépaulle, d'après Antoine Jean Gros (1834).

Destiné à l'état militaire, Louis-Alexandre Berthier bénéficie d'une éducation soignée. Reçu à l’École royale du génie de Mézières en 1764, il est nommé ingénieur-géographe le 1er janvier 1766, à treize ans, et fait la guerre d'indépendance des États-Unis sous les ordres du marquis de La Fayette, y gagnant le grade de colonel en 1778.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Au début de la Révolution française, comme major général de la garde nationale à Versailles, il facilite l’émigration de diverses personnalités dont le comte d’Artois, les Polignac et les deux tantes du roi. Il est successivement employé par Rochambeau, La Fayette et Luckner, comme chef d'état-major mais est destitué après le 10 août 1792, les patriotes ayant à lui reprocher la dureté avec laquelle il rétablit l'ordre lors du ravage du palais de Bellevue. En mai 1793, Berthier est rappelé et nommé chef d’état major du duc de Biron en Vendée. Trois semaines plus tard, il est à nouveau révoqué.

Le , il est nommé chef d’état major de l’armée d'Italie sous les ordres de Napoléon Bonaparte[2]. En 1797, il remet au Directoire le traité de Campo-Formio en compagnie de Monge. Lorsque Bonaparte part pour le congrès de Rastatt, il doit accepter, à contrecœur, le commandement de l’armée. Le , il occupe Rome et prend possession du château Saint-Ange, renversant le gouvernement papal pour proclamer la république romaine[3].

Bonaparte l’emmena en Égypte où il rend de très précieux services[Lesquels ?], toujours comme chef d’état major[4]. Berthier revint en France avec son chef pour préparer le coup d'État du 18 brumaire. Durant le Consulat, Bonaparte l'emploie comme ministre de la Guerre.

L'Empire[modifier | modifier le code]

Berthier en tenue de Grand veneur (détail), Jacques Augustin Catherine Pajou, 1808 : Berthier y porte la Légion d'honneur (écharpe et grand aigle) et l'Ordre de la Couronne de fer.

Berthier fait partie de la promotion de maréchaux de 1804 et est nommé Grand veneur la même année. Comblé de faveurs, il obtient la principauté de Neuchâtel en 1806[5], est nommé vice-connétable de l'Empire en 1807 et enfin prince de Wagram en 1809.

Le , Napoléon le marie à Marie-Élisabeth en Bavière, fille du prince Guillaume de Bavière (arrière-grand-père d'Élisabeth de Wittelsbach ainsi que beau-frère et cousin du roi de Bavière) qui lui donna trois enfants[6], dont un fils : Napoléon Alexandre Berthier.

Il fait toutes les campagnes de Napoléon comme major général de l'armée[7]. À Marengo, Austerlitz et Iéna, il remplit avec le plus grand zèle les importantes fonctions de chef d'état-major[8], et contribua puissamment, en 1809, à la victoire de Wagram. Il représente Napoléon, à Vienne, au mariage avec Marie-Louise. Durant la campagne de Russie, il tente de convaincre Napoléon de ne pas poursuivre vers Moscou. Il donne alors sa démission et est disgracié. Enfin, durant la campagne de France, il est blessé d'un coup de lance sur la tête au combat de Brienne, le .

La Restauration[modifier | modifier le code]

Louis-Alexandre Berthier.jpg

Le , il adhère au décret du sénat qui exclut Napoléon du trône. À la Première Restauration, Louis XVIII lui fait bon accueil, en souvenir de son attitude passée à Versailles ; Berthier est fait capitaine de l'une des compagnies des gardes du corps du roi et pair de France le 4 juin 1814. Au retour de l’Île d'Elbe, il suit le roi à Gand, contrairement à d’autres maréchaux.

Il se réfugie ensuite dans son château à Bamberg en Bavière près de son beau-père et y meurt peu après son arrivée, le 1er juin 1815, en tombant de la fenêtre du troisième étage pendant un accès de fièvre chaude. D'autres sources évoquent un suicide ou encore un assassinat perpétré par des hommes masqués, demeurés depuis inconnus[9]. Son décès précède de quelques jours la bataille de Waterloo où l'absence de cet excellent chef d'état-major se fait cruellement sentir[10]. Soult, qui le remplace, est en effet largement inférieur à la tâche qui lui est confié, endossant une part de responsabilités dans la défaite face aux Anglo-Prussiens.

L'organisateur[modifier | modifier le code]

Comme organisateur, on lui doit : la formation de la garde des consuls (décembre 1799) ; l'institution des armes d'honneur (1799) ; la création de la Légion d'honneur () ; la réunion à Metz des écoles d'application de l'artillerie et du génie (1802) ; l'école militaire spéciale de Fontainebleau (janvier 1803) ; une loi qui accorde des propriétés territoriales aux vétérans, dans les 20e et 27e divisions militaires (avril 1803) ; la création de dix-huit maréchaux d'Empire (), etc.

En résumé, s'il a les qualités d'un remarquable chef d'état-major, il semble incapable de diriger seul une armée, comme le démontre le catastrophique début de la campagne de 1809, avant que Napoléon n'arrive. Choyé par l'Empereur, il use de son pouvoir au détriment d'autres maréchaux (André Masséna) ou généraux, comme Jomini, qui finit par préférer passer aux Russes en 1813.

Il donne des relations de la Campagne d'Égypte, 1800, de la Bataille de Marengo, 1804, et laisse des Mémoires, publiés en 1826.

Les papiers personnels de Louis-Alexandre Berthier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 173AP [11]

Décorations[modifier | modifier le code]

Berthier vers 1814-1815 : Légion d'honneur et Ordre de Saint-Louis.
Drapeau du Royaume de France Royaume de France / Drapeau de l'Empire français Empire français / Royaume de France Royaume de France 
Flag of the Napoleonic Kingdom of Italy.svg Royaume d'Italie
Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Flag of the Kingdom of Westphalia.svg Royaume de Westphalie
Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Flagge Großherzogtum Hessen ohne Wappen.svg Grand-duché de Hesse
Flag of the Grandduchy of Wurzburg.svg Grand-duché de Wurtzbourg
Drapeau de l'Autriche Archiduché d’Autriche
drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Général DERRECAGAIX, Le maréchal Berthier, prince de Wagram et de Neuchâtel, Paris, 1904-1905.
  • Jean COURVOISIER, Le maréchal Berthier et sa principauté de Neuchâtel, Neuchâtel, 1959.
  • Jérôme ZISENISS, Berthier, frère d'armes de Napoléon, Paris, 1985.
  • François LALLIARD, La fortune des Wagram, de Napoléon à Proust, Perrin, Paris, 2002.

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Capelle et Demory 2008, p. 8
  2. Il sait rendre leur collaboration fructueuse par son abnégation complète, se tenant toujours en réserve au deuxième rang ; sa modestie, sa discrétion séduisirent Bonaparte, qui l’utilisa à la fois comme agenda vivant pour diriger son bureau et comme technicien des cartes capable de traduire les conceptions du chef. Berthier se montra cependant toujours incapable de rédiger les ordres du jour et les proclamations pompeuses.
  3. Berthier y tombe amoureux de Madame Visconti. Ne supportant plus les protestations de l’opinion publique contre les exactions françaises, il remet son commandement à Masséna et rejoint la femme de ses rêves.
  4. Berthier était en Égypte à la tête de ceux qu'on appelait la faction des amoureux. Quand le général en chef est sur le point d'appareiller de Toulon, Berthier accourt de Paris en poste, voyageant jour et nuit, pour lui dire qu'il était malade et qu'il ne pouvait le suivre, bien qu'il fût son chef d'état-major. Le général en chef n'y fait seulement pas attention. Berthier n'était plus aux pieds de celle qui l'avait dépêché : aussi s'embarqua-t-il ; mais, arrivé en Égypte, ses souvenirs lui reviennent. Il demande et obtient de retourner en France ; il prend congé de Napoléon, lui fait ses adieux ; mais il revient bientôt après, fondant en larmes, disant qu'il ne voulait pas, après tout, se déshonorer, ni séparer sa vie de celle de son général…
  5. Où il ne mettra jamais les pieds bien qu'il anoblit à ce titre les banquiers Neuflize et Malet. Cf. Courvoisier, Jean, Le maréchal Berthier et sa principauté (1806-1814), Neuchâtel : Société d’histoire et d’archéologie, 1959.
  6. Cette descendance est alliée à plusieurs maisons souveraines ou ducales d'Europe : Murat, Lambertini, Durfort Civrac, Beauvau-Craon, La Rochefoucauld, La Tour d'Auvergne, Broglie, Lannes (duc de Montebello, prince de Sievers), Caumont La Force, Noailles, Polignac, etc.
  7. « Berthier avait une grande activité et il était d'un caractère indécis, peu propre à commander en chef, mais possédant toutes les qualités d'un bon chef d'état-major. Il connaissait bien la carte, était rompu à présenter avec simplicité les mouvements les plus composés d'une armée » (Montholon, tome III.)
  8. À Sainte-Hélène, Napoléon se montra dur pour Berthier. Citons le Mémorial : Note du jeudi 16 novembre 1815 :
    « c’est que Berthier, après tout, n’était pas sans talents, mais ses talents, son mérite, étaient spéciaux et techniques (…) l’Empereur ; je suis loin de renier sa personne et mes sentiments ; mais ses talents, son mérite, étaient spéciaux et techniques, et hors de là sans nul esprit quelconque, et puis si faible. »
    mais, plus loin :
    « Voilà quel était le mérite de spécial de Berthier ; il était des plus grands et des plus précieux pour moi, observait l’Empereur ; nul autre n’eût pu le remplacer. »
    L'Empereur, dans ses campagnes, avait Berthier dans sa voiture. C'était pendant la route, que l'Empereur, parcourant les livres d'ordres et les états de situation, arrêtait ses plans et ordonnait ses manœuvres. Berthier exécutait les ordres et les différents détails avec une régularité, une précision et une promptitude admirables. (Las Cases, tome Ier)
  9. C. Mullié affirme qu'il avait persécuté les sociétés secrètes, dans sa petite principauté de Neufchâtel. Elles s'en vengèrent, comme se vengent les sociétés secrètes.
  10. Napoléon dira : « Si j’avais eu Berthier, je n’aurais pas eu ce malheur »
  11. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y14bgpc--1k0vm38i15z2v&pogId=FRAN_POG_06&search=
  12. Alexandre Mazas, Théodore Anne, Histoire de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis : depuis son institution en 1693 jusqu'en 1830, vol. 2, Firmin Didot frères, fils et Cie,‎ 1860, 2e éd. (lire en ligne)
Précédé par Louis-Alexandre Berthier Suivi par
Edmond Louis Alexis Dubois de Crancé
Ministre français de la Guerre
1799-1800
Lazare Nicolas Marguerite Carnot
Lazare Nicolas Marguerite Carnot
Ministre français de la Guerre
1800-1807
Henri Jacques Guillaume Clarke