Louis-Alexandre Berthier
Louis-Alexandre Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram, né à Versailles, le 20 novembre 1753 et mort à Bamberg le 1er juin 1815), est un maréchal d'Empire.
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Origines et famille [modifier]
Son père, Jean-Baptiste Berthier (né en 1721 à Tonnerre, décédé en 1804 à Paris), est ingénieur-géographe de l'armée, lieutenant-colonel, et avait été anobli par Louis XV pour services rendus. Sa mère, Marie-Françoise Lhuillier de la Serre (née vers 1731, décédée le 29 mars 1783 à Versailles), était femme de chambre de Monsieur (futur roi Louis XVIII) .
Il est l'aîné des quatre fils qui survivent à leur père. Tous embrassent l'état militaire. Les deux plus âgés César Berthier et Victor Léopold Berthier, sont généraux de division et le plus jeune, issu d'un second mariage, Joseph-Alexandre Berthier, 1er vicomte Berthier (1821) est maréchal de camp.
Pendant la Monarchie [modifier]
Destiné à l'état militaire, Louis-Alexandre Berthier bénéficie d'une éducation soignée. Reçu à l’École royale du génie de Mézières en 1764, il est nommé ingénieur-géographe le 1er janvier 1766, à treize ans, et fait la guerre d'indépendance des États-Unis sous les ordres du marquis de La Fayette, y gagnant le grade de colonel en 1778.
La Révolution française [modifier]
Au début de la Révolution française, comme major général de la garde nationale à Versailles, il facilite l’émigration de diverses personnalités dont le comte d’Artois, les Polignac et les deux tantes du roi.
Il est successivement employé par Rochambeau, La Fayette et Luckner, comme chef d'état-major mais est destitué après le 10 août 1792, les patriotes ayant à lui reprocher la dureté avec laquelle il rétablit l'ordre lors du ravage du palais de Bellevue.
En mai 1793, Berthier est rappelé et nommé chef d’état major du duc de Biron en Vendée. Trois semaines plus tard, il est à nouveau révoqué.
Le 2 mars 1796, il est nommé chef d’état major de l’armée d'Italie sous les ordres de Napoléon Bonaparte[1].
En 1797, il remet au Directoire le traité de Campo-Formio en compagnie de Monge. Lorsque Bonaparte part pour le congrès de Rastatt, il doit accepter, à contrecœur, le commandement de l’armée. Le 10 février 1798, il occupe Rome et prend possession du château Saint-Ange, renversant le gouvernement papal pour proclamer la république romaine[2].
Bonaparte l’emmena en Égypte où il rend de très précieux services[Lesquels ?], toujours comme chef d’état major[3]. Berthier revint en France avec son chef pour préparer le coup d'État du 18 brumaire.
Durant le Consulat, Bonaparte l'emploie comme ministre de la Guerre.
L'Empire [modifier]
Berthier fait partie de la promotion de maréchaux de 1804 et est nommé Grand veneur la même année. Comblé de faveurs, il obtient la principauté de Neuchâtel en 1806[4], est nommé vice-connétable de l'Empire en 1807 et enfin prince de Wagram en 1809.
Le 9 mars 1808, Napoléon le marie à Marie-Élisabeth en Bavière, fille du prince Guillaume de Bavière (arrière-grand-père d'Élisabeth de Wittelsbach ainsi que beau-frère et cousin du roi de Wurtemberg) qui lui donna trois enfants[5], dont un fils : Napoléon Alexandre Berthier.
Il fait toutes les campagnes de Napoléon comme major général de l'armée[6]. À Marengo, Austerlitz et Iéna, il remplit avec le plus grand zèle les importantes fonctions de chef d'état-major[7], et contribua puissamment, en 1809, à la victoire de Wagram.
Il représente Napoléon, à Vienne, au mariage avec Marie-Louise.
Durant la campagne de Russie, il tente de convaincre Napoléon de ne pas poursuivre vers Moscou. Il donne alors sa démission et est disgracié.
Enfin, durant la campagne de France, il est blessé d'un coup de lance sur la tête au combat de Brienne, le 24 février 1814.
La Restauration [modifier]
Le 11 avril 1814, il adhère au décret du sénat qui exclut Napoléon du trône. À la Première Restauration, Louis XVIII lui fait bon accueil, en souvenir de son attitude passée à Versailles ; Berthier est fait capitaine de l'une des compagnies des gardes du corps du roi et pair de France le 4 juin 1814.
Au retour de l’Île d'Elbe, il suit le roi à Gand, contrairement à d’autres maréchaux.
Il se réfugie ensuite dans son château à Bamberg en Bavière près de son beau-père et y meurt peu après son arrivée, le 1er juin 1815, en tombant de la fenêtre du troisième étage pendant un accès de fièvre chaude. D'autres sources évoquent un suicide ou encore un assassinat perpétré par des hommes masqués, demeurés depuis inconnus[8]. Son décès précède de quelques jours la bataille de Waterloo où l'absence de cet excellent chef d'état-major se fait cruellement sentir[9].
L'organisateur [modifier]
Comme organisateur, on lui doit : la formation de la garde des consuls (décembre 1799) ; l'institution des armes d'honneur (1799) ; la création de la Légion d'honneur (20 mai 1802) ; la réunion à Metz des écoles d'application de l'artillerie et du génie (1802) ; l'école militaire spéciale de Fontainebleau (janvier 1803) ; une loi qui accorde des propriétés territoriales aux vétérans, dans les 20e et 27e divisions militaires (avril 1803) ; la création de dix-huit maréchaux d'Empire (19 mai 1804), etc.
En résumé, s'il a les qualités d'un remarquable chef d'état-major, il semble incapable de diriger seul une armée, comme le démontre le catastrophique début de la campagne de 1809, avant que Napoléon n'arrive. Choyé par l'Empereur, il use de son pouvoir au détriment d'autres maréchaux (André Masséna) ou généraux, comme Jomini, qui finit par préférer passer aux Russes en 1813.
Il donne des relations de la Campagne d'Égypte, 1800, de la Bataille de Marengo, 1804, et laisse des Mémoires, publiés en 1826.
Chronologie [modifier]
- 1753 (20 novembre) : Naissance à Versailles de Louis-Alexandre Berthier.
- 1764 : Louis-Alexandre est reçu du premier coup à l'École royale du génie de Mézières.
- 1766 (1er janvier) : À la sortie de l'École, il est nommé ingénieur-géographe, le 1er janvier 1766.
- 1772 (mars) : Il est lieutenant à la Légion des Flandres.
- 1776 (août) : Lieutenant aux Dragons de Lorraine.
- 1777 (juin) : Il est promu capitaine.
- 1780 (septembre) à juin 1783 : Il participe à la guerre d'Indépendance américaine, à l'état-major de Rochambeau.
- 1788 : Il est fait chevalier de Saint-Louis.
- 1789 : Il est nommé lieutenant-colonel en juillet 1789.
- 1789 : Il est nommé major-général de la garde nationale de Versailles.
- 1791 : Il aide Madame Adélaïde et Madame Victoire, tantes de Louis XVI, à s'enfuir.
- 1792 (mai) : Il est maréchal de camp employé à l'armée du Nord.
- 1792 (août) : À la chute de la monarchie, il est destitué.
- 1795 (mars) : Il est général de brigade et chef d'état-major de l'armée des Alpes et d'Italie.
- 1795 (juin) : Il est nommé général de division.
- 1796 (mars) : Il rencontre Bonaparte qui le nomme chef d'état-major de l'armée d'Italie.
- 1796 : Il se distingue à la bataille du Pont de Lodi.
- 1799 (novembre) à 1807 (août) : Berthier occupe le poste de ministre de la Guerre avec une courte interruption d'avril à octobre 1800.
- 1800 (14 juin) Il est blessé à Marengo
- 1804 (mai) : Il est fait maréchal d'Empire.
- 1804 (juillet) Grand veneur.
- 1805 (février) : Grand-aigle et chef de la 1re cohorte de la Légion d'honneur.
- 1805 (août) : Il est fait major général de la Grande Armée.
- 1806 (mars) : Il devient prince de Neuchâtel et Valangin (Suisse).
- 1807 (août) : Vice-connétable.
- 1808 (mars) : Il épouse Marie-Élisabeth de Bavière-Birkenfeld, de trente ans plus jeune que lui.
- 1809 (6 juillet) : À Wagram, son cheval est tué sous lui.
- 1809 (août) : Il est fait prince de Wagram. À cette époque il a plus d'un million de francs de rente annuelle. Il reçoit en dotation le château de Chambord et ses dépendances, et possède le château de Grosbois et à Paris, l'hôtel de la Colonnade, au coin de la rue des Capucines.
- 1810 (février) : Napoléon le choisit pour se rendre à Vienne, comme ambassadeur extraordinaire afin de demander en mariage l'archiduchesse Marie-Louise, fille de l'empereur François Ier d'Autriche.
- 1810 (5 mars) : Il fait son entrée officielle à Vienne.
- 1810 (7 mars) : Il demande solennellement la main de Marie-Louise pour l'Empereur.
- 1810 (9 mars) : L'archiduchesse renonce à ses droits sur la couronne d'Autriche.
- 1810 (11 mars) : le mariage est célébré à Vienne.
- 1810 (13 mars) : Berthier et Marie-Louise, quittent Vienne pour la France au milieu de grandes festivités.
- 1810 (27 mars) : L'impératrice arrive à Compiègne accompagnée de l'Empereur venu à sa rencontre.
- 1812 (février) à 1813 (mars) : Major-général de la Grande Armée en Russie.
- Major-général de la Grande Armée sous Napoléon en Allemagne puis en France.
- 1814 (janvier) : Il reçoit un coup de lance sur la tête à Brienne.
- À la chute de l'Empire, il se rallie aux Bourbons. Il accueille Louis XVIII à Compiègne et chevauche devant sa voiture lors de son entrée solennelle à Paris.
- 1814 (juin) : Pair de France.
- 1814 (septembre) : Il est fait commandeur de Saint-Louis.
- 1815 (mars) : Lors du retour de l'Empereur, il accompagne le roi à Gand et est alors rayé de la liste des maréchaux.
- Puis il rejoint sa famille installé au château de Bamberg, en Bavière. Pour l'empêcher de se rallier à l'Empereur, les alliés le retiennent prisonnier.
- 1815 (1er juin) : Il meurt en tombant d'une fenêtre située au troisième étage du château de Bamberg.
Décorations [modifier]
- Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem :
- Chevalier de Saint-Lazare reçu en 1773 ;
- Généalogiste en second de l'Ordre de Saint-Lazare ;
- Légion d'honneur :
- Grand aigle de la Légion d'honneur (13 pluviôse an XIII) ;
- Chef de la 1re cohorte de la Légion d'honneur ;
- Porteur du grand collier de la Légion d'honneur ;
- Ordre royal et militaire de Saint-Louis :
- Chevalier (reçu en 1788, par M. de Berthier, lieutenant-colonel d'infanterie. (Registre de l'Ordre, de 1781 à 1791.) Nous présumons que c'était son père, dont les titres sont établis ainsi dans l'État militaire de 1788., puis,
- Commandeur (septembre 1814) ;
- Grand dignitaire de l'ordre de la Couronne de fer,
- Membre de l'ordre de l'Aigle d'or de Wurtemberg,
- Membre de l'ordre de la Couronne de Saxe,
- Grand'croix de l'ordre de Saint-Henri de Saxe[réf. à confirmer][10],
- Grand-commandeur de l'ordre royal de Westphalie,
- Chevaliers de la Grand'croix de l'ordre de la Fidélité de Bade,
- Grande décoration de l'Ordre de Louis de Hesse,
- Grand-croix de l'ordre de Saint-André de Russie.
Notes et références [modifier]
- Il sait rendre leur collaboration fructueuse par son abnégation complète, se tenant toujours en réserve au deuxième rang ; sa modestie, sa discrétion séduisirent Bonaparte, qui l’utilisa à la fois comme agenda vivant pour diriger son bureau et comme technicien des cartes capable de traduire les conceptions du chef. Berthier se montra cependant toujours incapable de rédiger les ordres du jour et les proclamations pompeuses.
- Berthier y tombe amoureux de Madame Visconti. Ne supportant plus les protestations de l’opinion publique contre les exactions françaises, il remet son commandement à Masséna et rejoint la femme de ses rêves.
- Berthier était en Égypte à la tête de ceux qu'on appelait la faction des amoureux. Quand le général en chef est sur le point d'appareiller de Toulon, Berthier accourt de Paris en poste, voyageant jour et nuit, pour lui dire qu'il était malade et qu'il ne pouvait le suivre, bien qu'il fût son chef d'état-major. Le général en chef n'y fait seulement pas attention. Berthier n'était plus aux pieds de celle qui l'avait dépêché : aussi s'embarqua-t-il ; mais, arrivé en Égypte, ses souvenirs lui reviennent. Il demande et obtient de retourner en France ; il prend congé de Napoléon, lui fait ses adieux ; mais il revient bientôt après, fondant en larmes, disant qu'il ne voulait pas, après tout, se déshonorer, ni séparer sa vie de celle de son général…
- Où il ne mettra jamais les pieds bien qu'il anoblit à ce titre les banquiers Neuflize et Malet.
- Cette descendance est alliée à plusieurs maisons souveraines ou ducales d'Europe : Murat, Lambertini, Durfort Civrac, Beauvau-Craon, La Rochefoucauld, La Tour d'Auvergne, Broglie, Lannes (duc de Montebello, prince de Sievers), Caumont La Force, Noailles, Polignac, etc.
- « Berthier avait une grande activité et il était d'un caractère indécis, peu propre à commander en chef, mais possédant toutes les qualités d'un bon chef d'état-major. Il connaissait bien la carte, était rompu à présenter avec simplicité les mouvements les plus composés d'une armée » (Montholon, tome III.)
- À Sainte-Hélène, Napoléon se montra dur pour Berthier. Citons le Mémorial : Note du jeudi 16 novembre 1815 :
- « c’est que Berthier, après tout, n’était pas sans talents, mais ses talents, son mérite, étaient spéciaux et techniques (…) l’Empereur ; je suis loin de renier sa personne et mes sentiments ; mais ses talents, son mérite, étaient spéciaux et techniques, et hors de là sans nul esprit quelconque, et puis si faible. »
- « Voilà quel était le mérite de spécial de Berthier ; il était des plus grands et des plus précieux pour moi, observait l’Empereur ; nul autre n’eût pu le remplacer. »
- L'Empereur, dans ses campagnes, avait Berthier dans sa voiture. C'était pendant la route, que l'Empereur, parcourant les livres d'ordres et les états de situation, arrêtait ses plans et ordonnait ses manœuvres. Berthier exécutait les ordres et les différents détails avec une régularité, une précision et une promptitude admirables. (Las Cases, tome Ier)
- C. Mullié affirme qu'il avait persécuté les sociétés secrètes, dans sa petite principauté de Neufchâtel. Elles s'en vengèrent, comme se vengent les sociétés secrètes.
- Napoléon dira : « Si j’avais eu Berthier, je n’aurais pas eu ce malheur »
- Alexandre Mazas, Théodore Anne, Histoire de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis : depuis son institution en 1693 jusqu'en 1830, vol. 2, Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, 2e éd. [lire en ligne]
Sources partielles [modifier]
- Le comte de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, Bibliothèque de La Pléade, Gallimard
- Louis Chardigny, Les maréchaux de Napoléon, Librairie Jules Tallandier, 1977
- Armand Chaffandou, Napoléon et l’Univers Impérial SERG, 1969
- Napoleon.org, Berthier,
- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Louis-Alexandre Berthier » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)
- « Louis-Alexandre Berthier », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
Louis ARAGON en fait un des personnages principaux de son roman "la Semaine Sainte " .
Liens externes [modifier]
- Histoire du Monde, Principale source de cet article
- Biographie
- Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 6 Yd 1.
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- Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
- Naissance en 1753
- Décès en 1815
- Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis
- Chevalier de l'Ordre de Saint-André
- Famille Berthier
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Grand dignitaire de l'ordre napoléonien de la Couronne de fer
- Ordre de Cincinnatus
- Grand veneur de France
- Colonel général (France)