Bataille de Friedland

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Bataille de Friedland
Napoléon à la bataille de Friedland, par Horace Vernet
Napoléon à la bataille de Friedland, par Horace Vernet
Informations générales
Date 14 juin 1807
Lieu Pravdinsk
(Russie actuelle)
Issue Victoire française décisive
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Commandants
Jean Lannes
puis
Napoléon
Levin August von Bennigsen
Pierre de Bagration[1]
Forces en présence
60 000 hommes 80 000 hommes
Pertes
1 645 morts
8 995 blessés
2 426 prisonniers
400 disparus
12 000 morts et blessés
10 000 prisonniers
80 canons
70 drapeaux
Quatrième coalition
Batailles
Cap-Vert (navale) — San Domingo (navale) - Río de la Plata

Campagne de Dalmatie (1806-1807)
Raguse — Castel-Nuovo


Campagne de Prusse (1806)
Saalbourg — Schleiz — Saafeld — Auerstaedt — Iéna — Halle — Magdebourg — Lübeck — Golymin — Pułtusk — Stralsund


Campagne de Pologne (1807)
Eylau — Ostrołęka — Dantzig — Guttstadt — Heilsberg — Friedland


Traité de Tilsit
Coordonnées 54° 27′ 00″ N 21° 01′ 00″ E / 54.45, 21.016666666667 ()54° 27′ 00″ Nord 21° 01′ 00″ Est / 54.45, 21.016666666667 ()  

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Friedland.

La bataille de Friedland (14 juin 1807), a vu l’armée française sous le commandement de Napoléon Ier s’imposer de manière décisive face à une armée russe dirigée par le comte Levin August von Bennigsen. Elle eut lieu sur le territoire de Friedland, nommée plus tard Pravdinsk, à environ 43 km au sud-est de Königsberg.

La bataille marqua la fin de la guerre de la Quatrième Coalition (1806-1807), au cours de laquelle les monarchies européennes se liguèrent contre la France napoléonienne. Après près de 23 heures de combats, l’armée française se rendit maîtresse du champ de bataille, abandonné par une armée russe se retirant dans le chaos le plus complet au-delà de la rivière Alle, où nombre de fuyards se noyèrent.

La conséquence directe de cette bataille fut la signature du traité de Tilsit, le 7 juillet 1807, faisant des deux nations des alliés après deux ans de guerre. Deux jours plus tard, la France signa un traité de paix avec la Prusse. Il s'agissait pour la Russie d'une paix relativement clémente, en comparaison avec celle imposée à la Prusse, défaite à l'issue de la campagne de Prusse et de Pologne. En effet, tous les territoires à l'ouest de l'Elbe lui sont amputés afin de former le nouveau Royaume de Westphalie dirigé par Jérôme, frère de l'Empereur, tandis que ses possessions gagnées lors des deuxième et troisième partages de la Pologne constituent le duché de Varsovie, associé à la Saxe alliée de Napoléon.

Plusieurs historiens considèrent la bataille de Friedland comme l'une des plus brillantes victoires de Napoléon, à l'image d'Austerlitz. En effet, rarement il n'a pu défaire une armée de façon aussi totale qu'à Friedland[2]. De plus, Friedland et Tilsit sont souvent considérés comme coïncidant avec l'apogée de l'Empire Français. En effet, à l'automne 1807, Napoléon se lance dans l'invasion du Portugal, qui mènera l'Empire dans le "bourbier" espagnol.

Prélude[modifier | modifier le code]

Deux années auparavant, la guerre de la Troisième Coalition avait été dissoute par la bataille d'Austerlitz du 2 décembre 1805. La Prusse prit alors les armes et se dressa devant Napoléon, dans le but de regagner sa place de puissance continentale.

La campagne de Prusse de 1806[modifier | modifier le code]

Les Prussiens commencèrent à mobiliser leurs forces le 9 août 1806, et envoyèrent un ultimatum à Napoléon le 26 : ils sommaient les Français de se retirer au-delà du Rhin avant le 8 octobre. Napoléon ignora l'ultimatum. Son plan était simple : il devait écraser l’orgueilleuse armée prussienne avant l'arrivée des renforts russes, la Russie n'ayant toujours pas fait la paix après Austerlitz[3]. 180 000 Français marchèrent alors sur la Prusse le 2 octobre 1806, déployés en bataillon-carré qui leur permettaient d'affronter toute menace sur leurs flancs ou arrières[4]. Le 14 octobre, Napoléon et Louis-Nicolas Davout écrasaient à l'issue de deux batailles distinctes, la bataille de Iéna et la bataille d'Auerstaedt, les forces prussiennes. La campagne de Prusse s'achevait rapidement, par la prise de nombreuses villes et citadelles et la capitulation des unités prussiennes ayant pu s'échapper du désastre du 14 octobre : une force de 165 000 soldats a été dissoute, avec (140 000 prisonniers, 25 000 tués) et plus de 2 000 pièces d'artillerie saisies. Quelques unités prussiennes parvinrent à se replier à Königsberg, sous le commandement du général Anton Wilhelm von L'Estocq, tandis que les Français s'emparent de Berlin et s'avancent vers les provinces orientales de la Prusse. La Russie devait à présent affronter à nouveau la France, au plus près de ses propres frontières.

La campagne d'hiver 1806-1807 en Pologne[modifier | modifier le code]

L'arrivée des Français en Pologne suscita l'enthousiasme de la population locale, considérant Napoléon comme un libérateur[5]. L'armée russe commandée par Bennigsen abandonna Varsovie pour se replier sur la rive droite de la Vistule dans la crainte de voir les Français s'interposer entre lui et l'armée de Buxhoeveden qui était placée en relais vers le nord pour rester en contact avec l'armée prussienne de Lestocq située vers Königsberg. Le 28 novembre 1806, le maréchal Murat entrait dans Varsovie. La bataille de Pułtusk eut lieu un mois plus tard, au cours de laquelle Bennigsen et ses 40 000 Russes purent contenir 26 000 Français avant de se replier. Avec cette bataille commence également la série de mensonges de Bennigsen au Tsar. En effet, ce qui n'opposa que deux avant-gardes devint sous la plume de Bennigsen une bataille épique où il défit 60 000 Français. Pour cet habile camouflage, il reçut du Tsar le commandement général des armées russes en Pologne, et l'ordre d'en finir au plus vite avec l'armée française de Napoléon. Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne.

Après une série de manœuvres des corps d'armées français qui les ont peu à peu séparés, Bennigsen prend l'offensive, en plein hiver, le 18 janvier 1807. La bataille d’Eylau, le 8 février, marque la rencontre de l'ensemble des forces, rameutées de tous les côtés, et constitue une terrible boucherie, coûtant 25 000 hommes à chaque belligérant sans apporter aucun avantage stratégique[6]. Bennigsen, qui se retire en bon ordre du champ de bataille, alla prétendre qu'il venait d'écraser une force française commandée par Napoléon lui-même, allégeant la Grande Armée de 25 000 soldats. Napoléon reste sur la région d'Eylau durant une semaine avant de se retirer pour placer ses troupes dans des quartiers d'hiver nécessaires pour la perspective d'une campagne de printemps. Bennigsen réoccupe alors cette région, accréditant son succès aux yeux du Tsar : il conserve le commandement des troupes russes.

Bataille de Heilsberg[modifier | modifier le code]

Voir l'article principal : Bataille d'Heilsberg

L'armée russe de Bennigsen occupait des positions défensives fortes à Heilsberg, sur la rivière Alle. L'armée française, avec les corps d'armée des maréchaux Murat et Lannes, attaqua la 10 juin. Bennigsen repoussa plusieurs attaques, notamment une charge de cavalerie de Murat. Les pertes sont lourdes des deux côtés, mais Napoléon arrive avec des renforts pour limiter les dégâts côté français. 6 000 Français y laissèrent la vie, et Bennigsen se replia sur Friedland, afin de pouvoir repasser la rivière Alle et se rapprocher de Königsberg. Les Français vont tenter de lui barrer la route : la bataille peut commencer.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

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Armée russe[modifier | modifier le code]

Les états de la situation sont basés sur les rapports respectifs des deux commandants le 1er juin 1807. Bennigsen dispose en Pologne de 80 000 hommes. Le corps du comte Kamenski détaché par Bennigsen pour renforcer L'Estocq près de Königsberg est exclu. Sont également exclues les pertes subies à Heilsberg. Ainsi, en ôtant les 14 000 pertes russes et les 6 000 hommes séparés de l'armée de Bennigsen à l'issue de détachements divers, Bennigsen dispose de 60 000 hommes prêts à combattre à Friedland, et répartis comme suit[7] :

  • avant-garde, commandée par le prince Bagration : 1 200 cavaliers, 8 100 fantassins, 200 artilleurs et 24 canons ;
  • soutien de l'avant-garde du général Markov : 6 000 fantassins dont les grenadiers de Moscou ;
  • Garde impériale russe, organisée en deux divisions (Kologrivov et Malioutine) sous le commandement direct de Bennigsen : 11 000 fantassins (dont le régiment de la garde Semionovsky), 2 200 cavaliers (dont les Chevaliers-Gardes), 300 artilleurs servant 36 canons ;
  • première ligne de bataille commandée par le général-lieutenant prince Gortchakov : 23 000 fantassins, 9 000 cavaliers, 900 artilleurs servant 108 bouches à feu ;
  • seconde ligne de bataille, commandée par le général-lieutenant Dokhtourov : 8 400 fantassins, 2 400 cavaliers, 400 artilleurs servant 48 bouches à feu ;
  • corps de harcèlement du général-lieutenant Platov : 6 000 cavaliers (17 régiments de cavalerie cosaque), 900 fantassins (1er régiment de chasseurs, 2e compagnie de milice), 100 artilleurs servant 12 bouches à feu (artillerie légère).

Armée française[modifier | modifier le code]

4e régiment de hussards français à la bataille de Friedland. «Vive l'Empereur!" par Édouard Detaille, 1891.

La quasi-totalité des sources concernant les effectifs français s'accordent à évaluer leur nombre à 80 000 hommes qui, progressivement, s'engagèrent dans la bataille. Ils sont sous le commandement suprême de Napoléon à partir de midi, le maréchal Lannes ayant commandé depuis le petit matin par l'engagement initial de son corps d'armée. Ces effectifs se repartissent ainsi :

  • Corps d'armée de la Réserve commandé par le maréchal Lannes : 15 800 fantassins, 4 500 cavaliers, 500 artilleurs servant 18 canons ;
  • VIIIe Corps du maréchal Mortier : 9 900 fantassins, 2 800 cavaliers (dont les dragons du général Grouchy), 1 200 artilleurs servant 42 pièces ;
  • Garde impériale, aux ordres du maréchal Bessières : 7 900 fantassins, 2 400 cavaliers, 900 artilleurs servant 36 pièces d'artillerie ;
  • Ier Corps du général de division Victor : 15 700 fantassins, 3 500 cavaliers, 1 700 artilleurs servant 36 pièces ;
  • VIe Corps du maréchal Ney : 10 000 fantassins, 2 400 cavaliers, 1 300 artilleurs servant 22 pièces.

La bataille de Friedland[modifier | modifier le code]

Charge des cuirassiers français à Friedland par Joseph Meissonnier le 14 juin 1807
Manœuvres française et russe du 5 juin au 14 juin 1807

La cavalerie du général Galitzine repoussa avec succès les avant-postes français de Friedland le 13 juin, et le gros de l'armée russe commença à occuper la ville dans la nuit. L'armée française marchait sur Friedland, mais demeurait dispersée, et ce, en partie à cause de la multitude de routes et de l'étroitesse de ces dernières (de longues colonnes étant des cibles de choix pour la cavalerie de harcèlement cosaque). Sachant que Napoléon était à proximité et avec au moins trois Corps (en fait quatre : ceux de Ney, de Victor, de Mortier et la Garde), Lannes dépêcha des messagers afin de demander à l'Empereur de se hâter. Avec au mieux 26 000 hommes, Lannes obligea Bennigsen à envoyer de plus en plus de troupes à travers l'Alle pour le défaire, usant ainsi ses hommes. En étirant au maximum ses lignes pour les faire paraitre plus grandes, il expose tout son front à la fragilité caractéristique de la stratégie de la ligne mince (mise en œuvre par Villars à Malplaquet notamment). Il engage dans un premier temps les tirailleurs russes dans le bois de Sortlack avec ses propres troupes légères, qui se feront relever par les grenadiers d'Oudinot, puis sur le front de Posthenen. Il est 3 heures du matin en ce 14 juin.

Lannes put contenir Bennigsen jusqu'à l'arrivée des renforts français. 80 000 Français se massent alors sur la rive gauche de l'Alle. Les deux camps font usage de leur cavalerie afin d'éclairer puis de harceler les positions ennemies, et commence une course pour le village d'Heinrichsdorf, remportée par la cavalerie française de Grouchy et de Nansouty. Bennigsen était à présent piégé et devait se battre, car ayant jeté tous ses pontons, rendant toute retraite impossible. Son ambition démesurée et ses mensonges conditionneront sa gestion de la bataille.

Pendant ce temps, Lannes avait combattu avec hardiesse pour contenir Bennigsen. Ainsi, Napoléon craignait que les Russes n'essaient d'éviter le combat, mais à 6 heures du matin, 50 000 Russes étaient positionnés sur la rive gauche. Son infanterie, organisée en deux lignes, s'étendait entre Heinrichsdorf et Friedland et les saillants tout au long de l'Alle abritaient l'artillerie. Au-delà de la droite de l'infanterie, la cavalerie et les Cosaques s'étendaient jusqu'aux bois au nord-est d'Heirichsdorf. Quelques escadrons cosaques pénétrèrent même dans Schwonau. L'aile gauche bénéficiait également de cavalerie, et au-delà de l'Alle des batteries d'artillerie la couvrait.

Le Corps franco-polonais de Mortier apparut à Heirichsdorf et repoussa les Cosaques de Schwonau. Lannes maintint sa position, et à midi Napoléon arrivait avec 40 000 hommes. L'empereur, souriant et détendu, monte sur une hauteur d'où il peut embrasser tout le champ de bataille. Comme il est déjà tard, certains de ses lieutenants proposent de remettre l'action au lendemain. « Non, non, on ne surprend pas deux fois l'ennemi en pareille faute » répond Napoléon, et il prépare l'attaque générale. Il donna son ordre de bataille à ses subordonnés : Ney devait occuper la ligne entre Postlienen et les bois de Sortlack, Lannes devait s'approcher de sa gauche en restant au centre, Mortier restait à Heirichsdorf à gauche. Le Ier Corps de Victor et la Garde étaient en réserve à Posthenen. La cavalerie se concentra à Heinrichsdorf. L'attaque principale ciblait la gauche de l'armée russe, entassée dans une étroite bande de terre délimitée par le ruisseau du Moulin et par l'Alle.

Carte du champ de bataille le 14 juin.

En début d'après-midi, les deux armées sont rangées face à face, prêtes à livrer bataille. Acculés à la rivière Alle et massés devant Friedland, les Russes forment un demi-cercle dont la Grande Armée occupe la circonférence. C'est une des manœuvres préférées de l'Empereur : briser le centre pour battre séparément les deux ailes. La ville prise, les ponts détruits pour couper la retraite de l'ennemi et il n'aura plus qu'à culbuter les Russes à la rivière.

L'attaque commence plus tard, vers 17 heures. Napoléon saisit le bras du maréchal Ney et en désignant le village de Friedland, il lui dit : « Voilà votre but, marchez sans regarder autour de vous, pénétrez dans cette masse épaisse quoi qu'il puisse vous en coûter, entrez dans Friedland, prenez les ponts et ne vous inquiétez pas de ce qui pourra se passer à droite, à gauche ou à l'arrière. L'armée et moi sommes là pour y veiller[8]. »

Ney part aussitôt au galop pour organiser son attaque. Ses forces avancent en direction de Friedland sous le feu de l'infanterie et des 100 canons ennemis, vomissant des milliers de boulets et de boîtes à mitraille. Le maréchal ordonne la marche en avant, l'arme au bras.

La fumée, provoquée par des milliers de fusils et de centaines de canons, couvre et masque les masses de l'adversaire. Si bien que la 3e division oblique trop à droite. Ney ordonne à un colonel de l'appuyer à gauche. Mais pendant qu'il lui parle ce dernier se fait enlever par un boulet. Un commandant met aussitôt son chapeau au bout de son épée en criant : « Vive l'Empereur ! En avant ! » Un second coup arrive et le commandant tombe sur les genoux, les deux jambes coupées. Un capitaine succède et fait exécuter le même mouvement. Soudain, le maréchal Ney arrive en personne et encourage ses hommes à grands coups de « Foutres noms de Dieu ». La marche vers la ville reprend, l'ennemi est refoulé malgré l'intervention de la Garde impériale russe. « Cet homme, c'est un lion ! » s'écrie avec admiration Napoléon à Mortier.

Le résultat semble incertain, mais la vaillance des dragons du général Latour-Maubourg permet à Ney de se dégager. De plus pour appuyer l'action du maréchal, Napoléon met à la disposition du général Sénarmont 36 pièces d'artillerie. Celui-ci réalise un exploit : tirant 2 800 boulets à 120 mètres des troupes en progression, ignorant leur feu, l'artillerie française décime à bout portant les carrés russes et fait rebrousser chemin à une charge de cavalerie. Il donne la victoire, une victoire éclatante et totale aux Français. En effet, Ney repart à l'assaut puis s'empare de Friedland et détruit les ponts.

Le flanc droit russe est culbuté dans la rivière par une dernière charge à la baïonnette des troupes de Lannes et Mortier.

La victoire est totale vers 22 heures 30.

Le coût[modifier | modifier le code]

Les pertes françaises s'élèvent à 1 645 tués et 9 000 blessés.

Les pertes russes sont énormes : 6 500 morts et 2 500 blessés, 80 canons et 70 drapeaux pris, 10 000 prisonniers, car dans les deux jours suivant la bataille, les soldats russes, exténués, se couchaient dans les champs et se laissaient prendre.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Les généraux russes supplient le Tsar de solliciter un armistice : les émissaires qu'il envoie à Napoléon, le 16 juin, sont bien accueillis. Le même jour, Königsberg tombe aux mains des Français et, trois jours plus tard, la Grande Armée atteint la rive du Niémen, mais l'Empereur ne se sent pas les moyens de poursuivre l’ennemi au-delà de ce fleuve. Il craint surtout de voir l’Autriche rejoindre la coalition et attaquer la Grande Armée si loin de ses bases. De son côté, Alexandre redoute une révolte de paysans en Ukraine et une offensive des Turcs ottomans sur le Danube.

Le 25, le Tsar rencontre l'Empereur de tous les Français sur un radeau placé au milieu du Niémen, « la nouvelle frontière du monde » s’exclame Napoléon. Alexandre aurait abordé Napoléon en disant « Sire, je hais autant les Anglais que vous » et Napoléon de répliquer : « En ce cas la paix est faite ! ».

Le 7 juillet, les deux chefs d'état signent, à Tilsit, le traité du même nom. La Russie devient alliée de la France, elle abandonne ses territoires en Méditerranée, les îles Ioniennes en particulier, et elle adhère au Blocus continental. Ce traité comporte aussi des articles secrets, comme le projet de dépeçage de l’Empire ottoman.

Le traité est catastrophique pour le Royaume de Prusse : il perd l’ensemble de ses territoires à l’ouest de l’Elbe qui formeront le royaume de Westphalie, avec à sa tête le frère de l’Empereur, Jérôme. il doit céder également ses possessions en Pologne afin de constituer le grand duché de Varsovie et doit verser une lourde indemnité de guerre. Jamais l’Empereur Napoléon n’avait atteint un tel degré de puissance.

Littérature[modifier | modifier le code]

Jeux de simulations historiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Razoux, Histoire de la Géorgie, la clé du Caucase, p. 100
  2. P. Facon, R. Grimaud, F.Pernot, 2003. Les plus belles victoires de Napoléon, éditions Atlas, 127 p. ISBN 2731227915
  3. McLynn p. 355
  4. McLynn p. 356
  5. Todd Fisher and Gregory Fremont-Barnes, The Napoleonic Wars: The Rise and Fall of an Empire, p. 76
  6. Fisher & Fremont-Barnes p. 84
  7. Les Grandes Batailles de l'Histoire, no 17, Friedland 1807, p. 63-70
  8. André Castelot, Napoléon, 1968, Perrin, p. 195
  9. Le Médecin de campagne, Bibliothèque de la pléiade, 1978, t. IX, p. 389-390

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Naulet : Friedland (14 juin 1807) : La campagne de Pologne, de Danzig aux rives du Niémen, Economica, 2007,(ISBN 978-2717854350)
  • François-Guy Hourtoulle : Eylau-Friedland : La campagne de 1807, Histoire et Collections, 2007, (ISBN 978-2352500209)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Simulation de la bataille